Nodens

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Nodens (Nodons) est un dieu celte.

Le dieu celte[modifier | modifier le code]

En tant que dieu celte, il est associé à la guérison, la mer, et les chiens. Mais le chien, animal psychopompe dans la culture celtique, et son aspect de pêcheur l'associent également au royaume des morts, dont il aurait été le roi. Il était vénéré en Angleterre, notamment dans un temple à Lydney Park, dans le Gloucestershire, et en Gaule également[réf. nécessaire][1]. Il est souvent comparé aux dieux romains Mars, Mercure, Neptune ou Silvanus, ou encore au dieu irlandais Nuada ou au Gallois Nudd.

À l'instar du dieu nordique Týr, il perd une main, mais bien que cela lui coûte sa royauté (un roi infirme ne peut pas régner, dans la société celtique), il est plus chanceux que ce dernier, car le dieu chirurgien, Diancecht, lui fait un bras d'argent pour compenser sa perte.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom Nodens dérive probablement de la souche gaélique *noudont- ou *noudent-, que le philologue J. R. R. Tolkien a relié à une racine germanique signifiant « acquérir, avoir l'usage de », et plus anciennement « attraper, piéger » [2]. En faisant la connexion avec Nuada, il détecta « un écho de l'ancienne célébrité de la main magique de Nodens l'Attrapeur ». De même, Julius Pokorny fait descendre le nom d'une racine proto indo-européenne *neu-d- signifiant « acquérir, utiliser, pêcher »[3]. Le Gallois Llud Llaw Eraint (« Llud à la Main d'Argent ») dérive de Nudd Llaw Eraint[4],[5]. Ainsi, le légendaire roi breton Lud pourrait en fait être une évocation de Nodens. Toutefois, toutes ces interprétations n'ont pu être vérifiées.

Mythologie[modifier | modifier le code]

L'hypothèse étymologique prend toutefois du poids par le fait que Nodens est parfois cité comme un dieu psychopompe, pêchant les âmes des hommes. À ce titre, le Roi pêcheur du cycle arthurien, Pellès, est souvent considéré comme inspiré de Nodens. Les deux ont en commun le pouvoir de guider les hommes vers un autre état : la mort pour Nodens, un état de conscience supérieur (symbolisé par le Graal) pour Pellès.

Sinon, comme dit plus haut, il est souvent pris pour Nuada Main d'Argent, qui pourrait n'être qu'un aspect du vieux dieu, déformé par le temps.

Fictions[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Dieux très anciens.

Sous le nom de Nodens le « Seigneur du Grand Abîme » (Nodens, Lord of the Great Abyss), la divinité celtique apparaît dans deux nouvelles de l'écrivain américain Howard Phillips Lovecraft : L'Étrange maison haute dans la brume (The Strange High House in The Mist) et La Quête onirique de Kadath l'inconnue (The Dream-Quest of Unknown Kadath). L'auteur s'est vraisemblablement inspiré du roman Le Grand Dieu Pan (1894) de l'écrivain britannique Arthur Machen, où figure une inscription romaine fictive évoquant le « Grand Nodens (le dieu des grandes profondeurs ou de l'abysse)[6]. »

Par la suite, l'écrivain August Derleth, continuateur littéraire et éditeur posthume de Lovecraft, incorpore Nodens dans un panthéon fictif composé des Dieux très anciens, divinités bénignes opposées aux Grands Anciens du « mythe de Cthulhu[7]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. César le cite notamment dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules, en tant qu'équivalent de Mars.
  2. J. R. R. Tolkien, "The Name Nodens", en appendice à Report on the excavation of the prehistoric, Roman and post-Roman site in Lydney Park, Gloucestershire, Reports of the Research Committee of the Society of Antiquaries of London, 1932. Réédité dans Tolkien Studies: An Annual Scholarly Review, Vol. 4, 2007
  3. Julius Pokorny, Indogermanisches Etymologisches Wörterbuch, p. 768
  4. James Mackillop, Dictionary of Celtic Mythology, 1998, p. 266
  5. Dyfed Lloyd Evans, Nudd/Lludd/Nodons, Nemeton, 2005
  6. (en) S. T. Joshi, The Rise, Fall, and Rise of the Cthulhu Mythos, Hippocampus Press, , 357 p. (ISBN 978-1-61498-135-0, présentation en ligne), p. 63.
  7. (en) S. T. Joshi, The Rise, Fall, and Rise of the Cthulhu Mythos, Hippocampus Press, , 357 p. (ISBN 978-1-61498-135-0, présentation en ligne), p. 207-208.

Liens externes[modifier | modifier le code]