Lucifer

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Statue de Lucifer dans la cathédrale Saint-Paul de Liège, par Guillaume Geefs (variante de l'original, signé de Jozef Geefs)

Lucifer (du latin lux, « lumière », et ferre, « porter », signifiant « Porteur de lumière ») est —  dans la mythologie des premiers monothéistes abrahamiques — la figure lumineuse du Malin, c'est-à-dire le Diable dissimulé derrière un aspect angélique. Ce personnage est évoqué dans la bible : « Satan lui même se camoufle en ange de lumière. » (2 Corinthiens 11:14)[1],[2].

Dans l'Histoire, c'est chez le peuple juif qu'on parle de Lucifer pour la première fois, à l'époque d'Isaïe, aux alentours du VIIIe siècle av. J.-C. Dans la pensée de ce judaïsme tardif les démons sont regardés comme des anges déchus, complices de Satan et devenus ses auxiliaires[3]. Pour évoquer leur chute, on utilise l'imagerie mythique de la guerre des astres (cf Isaïe 14:12)[4],[5],[3]. On croit d'ailleurs que Michel (archange) et ses armées célestes que sont les anges de Dieu sont en lutte perpétuelle contre Lucifer et ses anges déchus et qu'ils viennent aux secours des hommes face à eux (cf Daniel 10:13)[3],[6],[7].

Associé à l'orgueil, le Lucifer d'Isaïe est, à ces époques anciennes des prophètes juifs, déjà assimilé par la tradition juive à Satan et présenté un peu plus tard entre le IIIe siècle av. J.-C. et le IVe siècle av. J.-C. dans le livre d'Hénoch comme un puissant archange déchu à l'origine des temps pour avoir défié Dieu et ayant entraîné les autres anges rebelles dans sa chute.

Ultérieurement à son apparition dans le Tanakh et la tradition juive[8], "Lucifer" fut aussi utilisé par les Romains pour désigner l'« étoile du matin », autrement dit la planète Vénus (qui était appelée Vesper quand elle devenait « étoile du soir ») .

Dans la tradition chrétienne[modifier | modifier le code]

Le combat de Lucifer contre Dieu[modifier | modifier le code]

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Dans le récit judéo-chrétien, la rage de Lucifer contre Dieu est sans limite et elle atteint son paroxysme lorsqu'il apprend que Dieu a pour projet de créer les hommes et de demander à tous les anges de les aimer, de les servir et de les aider. Lucifer connaissait Dieu, ses points forts comme ses points faibles, et il connaissait l'amour infini qu'il éprouve et qu'il a toujours éprouvé pour les hommes. Ainsi Lucifer voulut démolir Dieu de cette manière monumentalement perverse et détournée qu'est de s'attaquer aux faibles hommes, ceux-là que Dieu aime tant. Lucifer éloigna donc les hommes de Dieu afin de les détruire pour se venger. Pour cela Lucifer, avec grande rage, poussa les hommes dans des révoltes mortelles, et cela en les rendant orgueilleux à son image à lui. Et lui qui était homicide et meurtrier dès l'origine (cf Jean 8:44) et animé d'un désir déicide, comprit malicieusement qu'en s'attaquant à celle qui pouvait enfanter l'homme-Dieu, il s'en prendrait à l'homme-Dieu Lui-même et pourrait mieux manœuvrer à la fois contre l'humanité et contre le plan de Dieu. Sa haine et ses manœuvres d'attaques sont extrêmes contre la Vierge Marie, élue Reine et Immaculée, et contre Jésus, Dieu fait homme[9].

Saint-Michel terrassant Lucifer.

Jésus, la réponse de Dieu face à Lucifer[modifier | modifier le code]

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Pour sauver les hommes face au roi de l'orgueil qu'est Lucifer, Dieu a envoyé son roi d'humilité, Jésus. L'humilité étant la seule force capable de déjouer l'orgueil de l'intérieur du cœur de l'homme et ainsi de le ramener vers son Divin créateur. Jésus a incarné l'humilité dans son paroxysme, celui d'un Dieu qui renonce à sa condition divine pour prendre la condition si précaire d'un être humain, condition qui amène jusqu'à la mort, et il a ainsi sauvé le monde du paroxysme de sa perdition[10].

Lucifer et sa mise en fuite[modifier | modifier le code]

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De nos jours pour mettre Lucifer en fuite, on fait appel à l'archange Michel, l'ange de Dieu qui a la victoire sur l'adversaire[6],[7], en récitant par exemple la Prière à Saint Michel Archange[11].

Dans le livre de Daniel, l'archange Gabriel apparaît au prophète Daniel (cf Daniel 8:16 et 9:21) pour lui expliquer ses visions et lui révèle également qu'il était en train de combattre avant de lui venir en aide. Durant ce combat, l'archange Gabriel rencontra une forte opposition de la part de l'adversaire et il fallut l'intervention de l'archange Michel en personne pour que Gabriel s'en sorte, et qu'ils remportent ensemble la victoire sur l'ennemi (cf Daniel 10:13)[6],[7]. Saint Michel est l'ange qui vient mettre un terme au combat en terrassant Lucifer, et en cela il donne la victoire à la milice céleste.

De très nombreuses œuvres artistiques mettent en image cette histoire de l'ange déchu (Lucifer) terrassé, coincé et maintenu fermement sous le pied de Saint Michel.[réf. nécessaire]

Le porteur de lumière d'Isaïe[modifier | modifier le code]

La chute de Lucifer, illustration de Gustave Doré pour Le Paradis perdu de John Milton.

La tradition chrétienne puise dans la Bible la notion d'ange déchu et un passage d'Isaïe l'a associée au concept de porteur de lumière.

  • Le livre d'Ézéchiel fait référence à un ange déchu, un « chérubin protecteur » : « Je t'avais installé, et tu y étais, sur la sainte montagne de Dieu […] et ce jusqu'à ce qu'on trouve de l'injustice en toi[12]. »
  • Le livre d'Isaïe chante, au chapitre XIV, la mort du roi de Babylone et dit, au verset 4 : « Tu entonneras le chant que voici sur le roi de Babylone : Comment a disparu l'oppresseur, cessé la tyrannie. » Les versets 12 à 14 chantent ceci : « Comme tu es tombé du ciel HêYLêL, astre brillant, fils de l'aurore ! Comme tu as été renversé jusqu'à terre, dompteur des nations ! Tu disais en ton cœur : "Je monterai au ciel, au-dessus des étoiles de Dieu j'érigerai mon trône, je m'assiérai sur la montagne du rendez-vous, dans les profondeurs du Nord. Je monterai sur les hauteurs des nuées, je serai l'égal du Très-Haut[13]." ». C'est de ce deuxième passage que vient le nom Lucifer donné à l'ange rebelle. Jérôme de Stridon, vers 408[14], qui traduit dans sa Vulgate l'hébreu HêYLêL du passage d'Isaïe par le nom Lucifer. HêYLêL (ou HYLYL dans l'un des manuscrits de la mer Morte) vient de la racine HâLaL (« briller, luire », mais aussi « vouloir briller, se vanter, extravaguer[15] »). Les lexicographes Brown, Driver et Briggs, ainsi que Koehler et Baumgartner le traduisent par shining one (« celui qui brille »), qu'ils interprètent comme « étoile du matin[16]. » Dans la Septante, on lit ὁ ἑωσφόρος ὁ πρωὶ ἀνατέλλων / ó éôsphóros ò prôì ánatéllôn, qui signifie « le porteur d'aurore, celui qui se lève le matin ».
Azazel, représentation moderne tirée du Dictionnaire infernal de Collin de Plancy (Paris, 1825)
« Azazel apprit aux hommes à fabriquer des épées, des armes, des boucliers, des cuirasses. Choses enseignées par les anges. Il leur montra les métaux et la manière de les travailler, ainsi que les bracelets, les parures, l'antimoine, le fard des paupières, toutes les sortes de pierres précieuses et les teintures. Il en résulta une grande impiété. Les hommes se débauchèrent, s'égarèrent et se perdirent dans toutes les voies[17]. »
« Tu vois tout ce qu'a fait Azazel : c'est lui qui a enseigné tous les forfaits commis sur la terre et qui a révélé les mystères éternels gardés dans le ciel, et les hommes mettent en pratique ce qu'ils ont appris[18]. »
« Il dit à Raphaël : Enchaîne Azazel par les pieds et par les mains, jette-le dans les ténèbres, ouvre le désert qui est à Dadouël et jette-le dedans. Mets sur lui des pierres rugueuses, et aiguës, enveloppe-le de ténèbres, et qu'il demeure là à perpétuité. Recouvre son visage, et qu'il ne voie pas la lumière[19]. »
« La terre entière a été dévastée par les œuvres apprises d'Azazel : impute à celui-ci tous les péchés[20]. »

Lucifer, un titre donné à Jésus ?[modifier | modifier le code]

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Si le nom Lucifer est utilisé dans la Vulgate pour traduire le « porteur de lumière » du livre d'Isaïe, le nom Lucifer apparait aussi une fois dans la Vulgate comme un titre du Christ, dans « et Lucifer oriatur in cordibus vestris » (2 Pierre 1:19). Cela signifie assez simplement, que Lucifer s'est révélé depuis l'origine comme étant le faux « porteur de lumière », puisqu'il s'est servi de sa lumière pour attirer les hommes dans sa chute, alors qu'à l'opposé Jésus s'est révélé comme étant un vrai « porteur de lumière », parce que par la Lumière il relève l'homme.[réf. nécessaire] Ainsi, à une certaine époque, le nom Lucifer a été attribué à Jésus-Christ par l'expression « Christus verus Lucifer », signifiant : « Christ véritable porteur de lumière »[21].

Cependant il est nécessaire de préciser que cette époque, contrairement à ce qu'il est souvent dit, ne correspond pas du tout aux premiers temps du christianisme, car la Vulgate est la version latine de la Bible, qui a été traduite par Jérôme de Stridon, entre 390 et 405, depuis le texte hébreu pour l'Ancien Testament et du texte grec pour le Nouveau Testament, c'est-à-dire entre 3 et 4 siècles après l'époque des premiers chrétiens. De plus ce titre n'a pas été donné à Jésus par tous les chrétiens, mais seulement par le courant du christianisme latin.

Le fait que le nom de Lucifer était déjà donné à l'ange déchu mentionné par Isaïe, c'est-à-dire au Diable, fit petit à petit abandonner l'usage en question, certains chrétiens s'étant probablement rendu compte que de donner l'un des noms du Diable à l'incarnation de leur Dieu sur terre, s'était rendre la tâche trop facile au démon, lui qui est toujours à la recherche d'une nouvelle manière pour se faire passer pour Dieu devant les hommes en se servant de ses pouvoir angéliques conservés depuis l'origine[22].

Dans la culture romaine[modifier | modifier le code]

Lucifer (latin) et Phosphoros (grec) sont deux épithètes données à la planète Vénus dans l'Antiquité, selon le William Smith’s Smaller Classical Dictionary, parmi d'autres désignations comme Hesperus, Vesperugo, Vesper, Noctifer et Nocturnus quand elle apparaît dans le ciel du soir plutôt que celui du matin, elle introduit alors l'obscurité plutôt que la lumière du jour. La planète Vénus est le troisième objet le plus brillant du ciel avec une magnitude apparente de -4,6, après le Soleil (-26,73) et la Lune (-12,6). Comme Vénus est sur une orbite plus petite que celle de la Terre, elle ne semble jamais loin du soleil. D'où son nom d'étoile du matin quand elle précède de peu le lever du Soleil.

La Lune et Vénus au-dessus de l'observatoire du Paranal au Chili

Ce nom apparaît notamment à la fin du deuxième chant de l’Énéide de Virgile comme porteur de l'aurore au lendemain de la chute de Troie :

« Iamque iugis summae surgebat Lucifer Idae
ducebatque diem, Danaique obsessa tenebant
limina portarum, nec spes opis ulla dabatur.
 »

« Déjà sur les crêtes du haut Ida se levait Lucifer,
amenant le jour avec lui ; les Danaens tenaient assiégées
les portes de la ville, et aucun espoir de secours ne restait[23]. »

Lucifer est aussi employé dans la mythologie romaine pour désigner plusieurs déesses de la Lumière comme Artémis, Aurore et Hécate[réf. nécessaire].

Pour le jésuite Tournemine au XVIIIe siècle, Lucifer est celui qui apporte la clarté, les « lumières », la connaissance et la révolte. Il y voit une parenté avec le Titan Prométhée qui, dans la mythologie grecque, a désobéi à Zeus et donné le feu aux hommes[24].

Dans le spiritualisme[modifier | modifier le code]

Selon l'anthroposophie, il existe deux principes démoniaques qui s'opposent à l'évolution de l'humanité, mais qui la rendent aussi possible, Lucifer et Ahriman[25][réf. insuffisante]. Rudolf Steiner identifie Ahriman à Satan, lequel est bien distinct de Lucifer. Il est l'être qui fait de l'homme un être terrestre assujetti à la matière, alors que Lucifer et les forces lucifériennes tendent à l'en détacher. Ainsi, Lucifer agirait par exemple en l'homme dans toute activité artistique et toute activité intellectuelle, car elle élève l'homme au-dessus de sa nature physique[réf. nécessaire]. L'influence de Lucifer deviendrait malsaine quand elle agit au-delà de son action nécessaire, par exemple quand l'homme s'abandonne à l'égoïsme ou au narcissisme[réf. nécessaire].

Littérature[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bible - Traduction œcuménique, , 2081 p., p. 1873 - 2 Corinthiens 11:14
  2. Apôtre Paul, Deuxième épître aux Corinthiens
  3. a, b et c Xavier Léon-Dufour, Vocabulaire de Théologie Biblique, p. 258-259
  4. Isaïe, Livre d'Isaïe
  5. Bible - Traduction œcuménique, , 2081 p., p. 495 - Isaïe 14:12
  6. a, b et c Bible - Traduction œcuménique, , 2081 p., p. 1143 - Daniel 10:13
  7. a, b et c Daniel, Livre de Daniel
  8. L'astronomie-astrologie n'est apparue dans la Rome antique qu'après Alexandre le Grand, voir Guillaume Bigourdon, L'astronomie : Évolution des idées et des méthodes
  9. Jean-Raphaël Eglin, SAINT MICHEL, Conduis nous au Christ !, PIERRE Téqui, p. 23
  10. François Varillon, L'Humilité de Dieu, Le Centurion
  11. Don Nicola Ricci, Les Grandeurs de Saint Michel Archange, p. 145-146
  12. Ézéchiel 28:14
  13. La Bible, texte hébraïque traduit par les membres du Rabbinat Français sous la direction du Grand-Rabbin Zadoc Kahn, édition 1994, page 774.
  14. Philippe Henne, Saint Jérôme, Cerf, coll. « Histoire », , p282
  15. Sander & Trenel, Dictionnaire hébreu-français, page 142.
  16. (en)Doug Kutilek, Notes on “Lucifer” (Isaiah 14:12, KJV)
  17. I Hénoch VIII, 1-2.
  18. I Hénoch IX, 6.
  19. I Hénoch X, 4-5.
  20. I Hénoch X, 8.
  21. Laurent Vissière, Le Diable - Mon nom est légion, Historia
  22. Jean-Raphaël Eglin, SAINT MICHEL, Conduis nous au Christ !, PIERRE Téqui, p. 26
  23. Virgile, Énéide II:800-802
  24. Le thème de Prométhée dans la littérature européenne Par Raymond Trousson
  25. Rudolf Steiner, Lucifer et Ahriman, Éditions Anthroposophiques Romandes, 1977.
  26. (ro) Voir le document Luceafărul, de Mihai Eminescu, disponible sur Wikisource en roumain.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Albert Réville (préf. Pierre-Yves Ruff), Histoire du diable : ses origines, sa grandeur et sa décadence, Saint-Martin-de-Bonfossé, Théolib, coll. « "Liber***" », , 139 p., couv. ill. en coul. ; 23 cm (ISBN 978-2-36500-057-4, ISSN 2259-5430, notice BnF no FRBNF43521045)
  • Grégoire Holtz (Directeur de publication) et Thibaut Maus de Rolley (Directeur de publication) (préf. Frank Lestringant), Voyager avec le diable : voyages réels, voyages imaginaires et discours démonologiques, XVe ‑ XVIIe siècle, Paris, Presses de l'Université Paris-Sorbonne, coll. « Imago mundi » (no 14), , 321 p., ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul. ; 24 cm (ISBN 978-2-84050-542-6, ISSN 1627-6914, notice BnF no FRBNF41192770)
  • Marianne Closson, L'imaginaire démoniaque en France,1550-1650 : genèse de la littérature fantastique, Genève, Droz, coll. « Travaux d'Humanisme et Renaissance » (no 341), , 544 p., 26 cm (ISBN 2-600-00432-7, ISSN 0082-6081, notice BnF no FRBNF37121089)
  • Elaine H. Pagels, L'origine de Satan, Paris, Bayard éd., , 270 p., couv. ill. en coul. ; 22 cm (ISBN 2-227-13723-1, notice BnF no FRBNF36697340)
  • (en) Gerhard Jaritz (Éditeur scientifique), Angels, devils : the supernatural and its visual representation, Budapest, Central European university, coll. « CEU medievalia » (no 15), , 205 p., ill. ; 25 cm (ISBN 978-615-5053-21-4, ISSN 1587-6470, notice BnF no FRBNF42468715)
  • (en) Andrei A. Orlov, Dark mirrors : Azazel and Satanael in early Jewish demonology, Albany (N.Y.), State University of New York Press, , 201 p., 24 cm (ISBN 9781438439518, notice BnF no FRBNF42590345)
  • (de) Andrea Imig, Luzifer als Frau? : zur Ikonographie der frauengestaltigen Schlange in Sündenfalldarstellungen des 13. bis 16. Jahrhunderts, Hamburg, Kovac, coll. « Schriften zur Kunstgeschichte » (no 25), , 253 p., ill. en noir. ; 21 cm (ISBN 9783830044642, ISSN 1617-8610, notice BnF no FRBNF42303374)

Articles connexes[modifier | modifier le code]