Lucifer

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Phosphoros-Lucifer, étoile du matin (levant sa torche), et Hespéros, étoile du soir.
Le Lucifer de Liège (cathédrale Saint - Paul, Liège).

Le nom Lucifer signifie en latin : « Porteur de lumière », de « lux (lumière) » et « ferre (porter) ».

À l'origine, pour les Romains, l'« astre du matin » (c'est-à-dire la planète Vénus) était un dieu appelé Lucifer. Précédant le soleil, il annonçait la venue de la lumière de l'aurore.

Les Chrétiens ont donné successivement trois sens au mot lucifer. Le premier, issu du sens latin « qui porte la lumière » a été utilisé par certains des premiers Chrétiens avec le sens figuré de « qui porte la vérité ». En ce sens, il a pu être attribué au Christ lui-même. Le second, issu du sens « étoile du matin » a été utilisé dans la Vulgate (première traduction latine de la Bible chrétienne) pour traduire l'expression « astre brillant » du livre d'Isaïe, entre autres. Le troisième, sous la forme définitive de Lucifer, est devenu le nom d'un ange déchu pour s'être rebellé contre Dieu. Certains l'ont rapidement assimilé à Satan.

Origine latine du mot[modifier | modifier le code]

À l'origine, lucifer est un adjectif fabriqué avec le nom commun « lux (lumière) » et le verbe « ferre, fero (porter) »[1]. Il signifie « qui apporte la lumière, qui donne de la clarté »[2].

Par extension, le mot signifie aussi « qui porte un flambeau »[3]. Les divinités porte-flambeau étaient qualifiées par les Romains de lucifer[4]. Elles pouvaient aussi être qualifiées de « taedifer (porteur de torche) »[4],[5].

Par extension, le mot est appliqué à des objets célestes particulièrement brillants :

  • substantivé (nom propre masculin), Lucifer désigne la planète Vénus en tant qu'étoile du matin (elle annonce ou « amène » la lumière de l'aurore)[6] et, par extension, il prend le sens commun de « jour »[7] ;
  • substantivé (nom propre féminin), Lucifera est le surnom de la déesse Diane, assimilée à la Lune[8] ;
  • le roumain a conservé l'usage du sens latin « qui porte la lumière » pour désigner certaines étoiles fixes particulièrement brillantes :
    • l'étoile Aldébaran (constellation du Taureau) est appelée Luceafărul-Porcesc (qui fait comme un porc) et Luceafărul-Porcar (qui s'occupe des porcs),
    • l'étoile Sirius (constellation du Grand Chien) est appelée Luceafărul-de-Ziuă (du jour) et Luceafărul-din-Zori (de l'aurore),
    • l'étoile Véga (constellation de la Lyre) est appelée Luceafărul-cel-Mare-de-Miezul-Nopţii (le grand de minuit) et Luceafărul-cel-Frumos (le beau).

La tradition romaine[modifier | modifier le code]

La planète Vénus[modifier | modifier le code]

La planète Vénus est le troisième objet le plus brillant du ciel après le Soleil et la Lune. Comme Vénus est sur une orbite plus proche du soleil que celle de la Terre, elle est visible avant l'aurore ou après le crépuscule. Elle est bien évidemment présente dans le ciel pendant la journée mais la lumière du soleil la cache (comme pour les autres planètes et les étoiles).

Étoile du matin[modifier | modifier le code]

Les Romains ont donné le nom de Lucifer à l'étoile du matin (la planète Vénus[9] lorsqu'elle se lève peu avant l'aurore).

Les mythes latins ont subi par la suite une forte hellénisation et Lucifer a été assimilé au mythe grec concernant l'étoile du matin que les Grecs avaient appelée « Eωσφόρος, Eōsphóros (porteur de la lumière de l'aurore) » ou « Φωσφόρος, Phōsphoros (porteur de lumière) ». Le grec Phosphoros a été latinisé en Phosphorus[10],[11].

Le nom Lucifer apparaît notamment à la fin du deuxième chant de l’Énéide de Virgile comme porteur de l'aurore alors que les Troyens sont assiégés (avant la chute de Troie) :

Iamque summae surgebat Lucifer Idae
ducebatque diem, Danaique obsessa tenebant
limina portarum, nec spes opis ulla dabatur.

« Déjà sur les crêtes du haut Ida se levait Lucifer,
amenant le jour avec lui ; les Danaens tenaient assiégées
les portes de la ville, et aucun espoir de secours ne restait[12]. »

Virgile utilise le même sens dans l'un de ses poèmes bucoliques :

« Mais quand l'été riant à l'appel des Zéphyrs enverra dans les clairières et les pacages l'un et l'autre troupeau,
parcourons les fraîches campagnes aux premiers feux de Lucifer, dans la nouveauté du matin et le givre des prairies,
quand la rosée si agréable au bétail perle sur l'herbe tendre[13]. »

D'autres auteurs latins ont utilisé Lucifer pour désigner l'étoile du matin :

  • Tibulle (ca.-54 ou -50 à -19/18) : Elégies, I, 9, 62 : « Illam saepe ferunt convivia ducere Baccho, dum rota Luciferi provocet orta diem. »[14] / « Souvent, ils conduisent ceux qui se rendent à Bacchus lors de banquets, tandis que le char de Lucifer annonce l'aube. »
  • Ovide (-43 à +17/18) : Métamorphoses, 2, 114–115 : « … vigil nitido patefecit ab ortu purpureas Aurora fores et plena rosarum atria: diffugiunt stellae, quarum agmina cogit Lucifer et caeli statione novissimus exit » / « Aurora, awake in the glowing east, opens wide her bright doors, and her rose-filled courts. The stars, whose ranks are shepherded by Lucifer the morning star, vanish, and he, last of all, leaves his station in the sky ».
  • Ovide : Amores, I, 6, 65 : « Iamque pruinosus molitur Lucifer axes, inque suum miseros excitat ales opus. »[15], « Déjà l'étoile du matin paraît à l'horizon, et le coq appelle à sa tâche le pauvre artisan »[16].
  • Lucain (39 à 65) : De bello civili (ou La Pharsale), X, 434-435 : « Lucifer a Casia prospexit rupe diemque misit in Aegypton primo quoque sole calentem »[17] / « Lucifer, du haut du mont Casius, regarde l'Égypte, et y répand le jour qui, dans ces climats, est brûlant dès sa naissance »[18] (cette traduction remplace « Lucifer » par « Aurore »).
  • Stace (40 à 96) : Thebais, 2, 134-150. : « Et iam Mygdoniis elata cubilibus alto impulerat caelo gelidas Aurora tenebras, rorantes excussa comas multumque sequenti sole rubens; illi roseus per nubila seras aduertit flammas alienumque aethera tardo Lucifer exit equo, donec pater igneus orbem impleat atque ipsi radios uetet esse sorori » / « Déjà, sortie de sa couche de Mygdon, l'Aurore avait chassé du ciel les ténèbres glacées; de ses cheveux elle exprimait la rosée, et le Soleil, la suivant, colorait son visage; Lucifer, à travers les nuages, tourne vers elle les feux tardifs de son char, et se retire lentement de l'éther, qui n'est plus son domaine; puis le dieu de la lumière envahit le monde, et ne permet pas même un rayon à sa soeur »[19] (Mygdon est une région à l'est de l'Anatolie, au levant).
  • Claudien (ca.370 à ca.404) : De Raptu Proserpinae, II, 119 : « La troupe des déesses s'élance à travers ces campagnes semées de fleurs que Cytérée (Vénus) les invite à cueillir : « Allez, mes soeurs, leur dit-elle, allez pendant que l'air est encore humide des pleurs de l'Aurore, et que Lucifer, mon étoile chérie, semant la rosée sous les pas de son coursier, arrose les plaines jaunissantes »[20].

L'usage d'appeler la planète Vénus du nom de Lucifer a persisté jusqu'à nos jours en roumain (langue dérivée du latin). Elle est appelée Luceafăr mais, comme étoile du matin, elle porte les noms de Luceafărul-de-Dimineaţă (du matin), Luceafărul-de-Ziuă (du jour), Luceafărul-Porcilor (des porcs), Luceafărul-Boului (du taureau).

Étoile du soir[modifier | modifier le code]

Comme les Grecs, les Latins ont fait la distinction entre l'étoile du matin et l'étoile du soir (bien qu'en réalité, il s'agisse de la même planète). Ils ont appelé l'étoile du soir Vesper, Vesperugo, Noctifer et Nocturnus. A un moment, ils ont aussi latinisé le grec Ἓσπερος en Hesperus[10],[21].

Le roumain a gardé l'usage d'appeler la planète Vénus (Luceafăr), en tant qu' étoile du soir, avec les noms : Luceafărul-de-Seară (du soir), Luceafărul-de-Noapte (de nuit), Luceafărul-Ciobanilor (des bergers). Le poète roumain Mihai Eminescu lui consacrera un poème « Luceafărul » racontant son aventure amoureuse avec une jeune mortelle. Le mot roumain Luceafărul est directement tiré du latin lux et doit se comprendre comme « porteur de lumière ». Il s'agit dans le poème de l'étoile du soir et non de l'étoile du matin[22]. Dans le poème, Hypérion est un autre nom pour Luceafărul-cel-Mare-de-Noapte (le Grand de Nuit).

Deux noms pour un seul astre[modifier | modifier le code]

Cicéron (De Natura Deorum 2, 20, 53) écrit : « Stella Veneris, quae Φωσφόρος Graece, Latine dicitur Lucifer, cum antegreditur solem, cum subsequitur autem Hesperos » / « L'étoile de Vénus, appelée Φωσφόρος en grec et Lucifer en latin lorsqu'elle précède le soleil, Hesperos quand elle le suit »[23].

Pline l'Ancien (Histoire naturelle 2, 36) écrit : « Sidus appellatum Veneris… ante matutinum exoriens Luciferi nomen accipit… contra ab occasu refulgens nuncupatur Vesper » / « L'étoile appelée Vénus… lorsqu'elle se lève le matin porte le nom de Lucifer… mais lorsqu'elle brille au coucher du soleil, elle s'appelle Vesper ».

Galerie « païenne » et fin d'une époque[modifier | modifier le code]

Ce paragraphe est consacré aux représentations du Lucifer romain et de ses équivalents grecs (en tant qu'étoile du matin).

  • IIe siècle : Séléné, déesse de la lune, entourée des Dioscures ou de Phosphoros (l'étoile du matin) et Hespéros (l'étoile du soir). Marbre, art romain (Italie). Note : l'image suivante, plus précise, infirme l'hypothèse des Dioscures.
  • IIe siècle : La déesse Séléné, illustration du Meyers Lexikon de 1888. Elle est entourée par Phosphoros (torche vers le haut) et Hespéros (torche vers le bas).
  • 1704 : G.H. Frezza
  • 1763 : F. Boucher : Eos (Aurore), Céphale, et Phosphoros (qui tient la torche).
  • non daté : Statue de l’un des douze Lucifers sur la colonne de la Sainte-Trinité à Olomouc (République tchèque).
  • 1881 : Evelyn de Morgan (1855-1919). Phosphoros se lève à l'est (à droite), Hespéros se couche à l'ouest (à gauche).
  • 1897 : Wyspiański - Dzieła malarskie - Jutrzenka (Pologne) : Hélios (au fond), Phosphoros, une femme (Eos (Aurore) ?), Hespéros.

La tradition chrétienne[modifier | modifier le code]

Persistance du sens latin « porteur de lumière » chez les premiers Chrétiens[modifier | modifier le code]

À la fin du IVe siècle, le poète chrétien Prudence (né en 348, mort après 405), dans son ouvrage Psychomachie, 2, vers 625-628[24], utilise encore l'adjectif lucifer avec le sens « qui apporte la lumière » mais au sens figuré de « qui produit la vérité »[1] : « quaerite luciferum caelesti dogmate pastum, qui spem multiplicans alat inuitiabilis aeui, corporis inmemores: memor est qui condidit illud subpeditare cibos atque indiga membra fouere ».

Prudence dans son autre ouvrage Cathemerinon, XII. Hymnus Epiphaniae, vers 29-36[25] donne une assimilation de l'étoile du matin à Lucifer : « Quod ut refulsit, ceteri cessere signorum globi, nec pulcher est ausus suam conferre formam Lucifer. Quis iste tantus, inquiunt, tegnator astris inperans, quem sic tremunt cælestia, cui lux et æthra inserviunt », ce qui peut se traduire par « Dès qu’il eut brillé, les autres astres pâlirent; l’étoile du matin, malgré sa beauté, n’osa pas se montrer auprès de lui ».

Le nom Lucifer est encore utilisé comme prénom au IVe siècle : Lucifer de Cagliari (ou Lucifer Calaritanus) (? - mort 370/371) est un évêque de Cagliari (Sardaigne) avant 354. Il est à l'origine du schisme « luciférien ». Il est parfois appelé « saint Lucifer » en raison d'une chapelle en son honneur dans la cathédrale Sainte-Marie de Cagliari.

Persistance du sens latin « étoile du matin » chez les premiers Chrétiens : Lucifer, surnom du Christ ?[modifier | modifier le code]

Le mot lucifer est utilisé dans le deuxième épître de saint-Pierre (2 Pierre 1,19) de la Vulgate latine : « Et habemus firmiorem propheticum sermonem: cui benefacitis attendentes quasi lucernae lucenti in caliginoso loco donec dies elucescat, et lucifer oriatur in cordibus vestris » qui est aujourd'hui traduit par « Ainsi nous tenons plus ferme la parole prophétique : vous faites bien de la regarder, comme une lampe qui brille dans un lieu obscur, jusqu'à ce que le jour commence à poindre et que l'astre du matin se lève dans vos cœurs »[26]. Le mot lucifer désigne ici « l'astre du matin », soit la planète Vénus en tant qu'étoile du matin, mais certains l'ont interprété comme une image du Christ.

  • Ce passage latin a son équivalent grec : « καὶ ἔχομεν βεβαιότερον τὸν προφητικὸν λόγον, ᾧ καλῶς ποιεῖτε προσέχοντες ὡς λύχνῳ φαίνοντι ἐν αὐχμηρῷ τόπῳ, ἕως οὗ ἡμέρα διαυγάσῃ καὶ φωσφόρος ἀνατείλῃ ἐν ταῖς καρδίαις ὑμῶν »[27]. L'étoile du matin y avait été transcrite par φωσφόρος , phôsphoros (avec une minuscule).

Dans la Vulgate, [Apocalypse 22, 16], Jésus parle : « Ego Jesus misi angelum meum testificari vobis haec in ecclesiis. Ego sum radix, et genus David, stella splendida et matutina. », ce qui peut se traduire par « Moi, Jésus, j’ai envoyé mon ange pour vous attester ces choses dans les Églises. Je suis le rejeton et la postérité de David, l’étoile brillante du matin »[28]. Il est bien question de l'étoile du matin associée au Christ mais le mot Lucifer n'est pas mentionné.

Cet usage se retrouve dans l’Exultet, le chant liturgique par lequel l'Église catholique, durant la veillée pascale du Samedi saint, proclame l'irruption de la lumière dans les ténèbres, symbolisée par celle du cierge pascal qui vient d'être allumé : « Flammas eius lucifer matutinus inveniat : ille, inquam, lucifer, qui nescit occasum, Christus Filius tuus qui, regressus ab inferis, humano generi serenus illuxit. », soit : « Qu'il brûle toujours lorsque se lèvera l'astre du matin, celui qui ne connaît pas de couchant, le Christ ton Fils ressuscité qui, revenu des enfers, répand sur les hommes sa lumière et sa paix. »

Glissement de sens vers « l'ange déchu », puis « Satan »[modifier | modifier le code]

Les premiers Chrétiens ont progressivement identifié Lucifer (étoile du matin) à un ange déchu puis à Satan par un raisonnement théologique rapprochant plusieurs éléments de la Bible hébraïque et d'autres sources.

Le glissement de sens débute vers 408[29], lorsque Jérôme de Stridon (ca. 347 à 420, un des quatre Pères de l'Église latine, docteur de l'Église et canonisé) traduit, dans la Vulgate (version chrétienne latine de la Bible), l'hébreu hêylêl (ou hêlēl dans l'expression hêlēl ben šāḥar « (astre) brillant fils de l'aurore » qui figure dans le livre d'Isaïe) par le mot lucifer. C'est à ce moment-là que le mot lucifer (puis Lucifer) entre véritablement dans la Bible chrétienne. Jérôme de Stridon, travaillant sur la version hébraïque et la version grecque, garde l'usage latin de traduire le Eosphoros grec par Lucifer. En effet, au IIIe siècle avant notre ère, la Bible hébraïque a déjà été traduite en grec : la Septante. Le mot hébreu hêlēl a été traduit par Éosphoros dans l'expression hêlēl ben šāḥar « (astre) brillant fils de l'aurore » qui figure dans le livre d'Isaïe (14, 3 à 21). Dans la Septante, on lit « ὁ ἑωσφόρος ὁ πρωὶ ἀνατέλλων / ó éôsphóros ò prôì ánatéllôn » qui signifie « le porteur d'aurore, celui qui se lève le matin ».

Dans la Vulgate, on trouve aussi lucifer dans :

  • Bible hébraïque : livre de Job 11:17 : « Et quasi meridianus fulgor consurget tibi ad vesperam ; et cum te consumptum putaveris, orieris ut lucifer », soit : « Plus brillante que midi alors monte ta vie, les ténèbres seront comme le matin » ;
  • Bible hébraïque : livre de Job 8:32 : « Numquid producis luciferum in tempore suo, et vesperum super filios terræ consurgere facis ? ».

La traduction latine prend place dans un contexte influencé par d'anciennes traditions, orientales et occidentales.

  • Après le retour de l'Exil à Babylone (autorisé par le grand-roi Cyrus de Perse en 539 avant notre ère), au cours de la période du Second Temple (VIe siècle av. J.-C./1er siècle), il s'était développé au sein du judaïsme l'idée qu'il existait entre la sphère divine et le monde des hommes un monde intermédiaire peuplé d'anges. Ces anges étaient capables de modifier le cours des événements. Les anges mauvais étaient responsables de l'apparition du mal dans la Création[30]. Dans la pensée du judaïsme de la période du Second Temple, les démons étaient regardés comme des anges déchus.
  • Le Livre d'Hénoch (rédigé du -IV/IIIe siècle au -Ier siècle, reconnu par la seule Bible éthiopienne mais pas par la Bible hébraïque et la Bible chrétienne) parle de ces anges déchus dont le chef est Azazel. Dans le Deuxième livre d'Hénoch, Satan est présenté comme un archange déchu dès la Création pour avoir défié Dieu et ayant entraîné les autres anges rebelles dans sa chute[31].
  • Certains ont aussi proposé un rapprochement avec le mythe grec de la chute de Phaéton[32],[33],[34].
  • Dans la mythologie gréco-latine, outre Phaéton, d'autres mythes évoquent une « chute » : les Titans (voir la Titanomachie), les Géants (voir la Gigantomachie) dont certains ont le corps finissant en queue de serpent, Héphaïstos, Bellérophon, tous punis par Zeus.

C'est ce passage du livre d'Isaïe (14, 3 à 21) qui provoque l'assimilation, par les Chrétiens, du Lucifer-étoile du matin à un ange déchu.

Isaïe (14, 4) a l'ordre de stigmatiser un personnage : « Tu entonneras le chant que voici sur le roi de Babylone : Comment a disparu l'oppresseur, cessé la tyrannie ». Puis Isaïe (14, 12 à 14) parle de la chute et de la mort de ce roi. S'adressant à ce roi, il dit : « Comme tu es tombé du ciel hêylêl (astre brillant), fils de l'aurore ! Comme tu as été renversé jusqu'à terre, dompteur des nations ! Tu disais en ton cœur : Je monterai au ciel, au-dessus des étoiles de Dieu j'érigerai mon trône, je m'assiérai sur la montagne du rendez-vous, dans les profondeurs du Nord. Je monterai sur les hauteurs des nuées, je serai l'égal du Très-Haut »[35]. La traduction de la Bible de Jérusalem confirme : « Comment es-tu tombé des cieux, Astre du matin, fils de l'Aurore ? »[36]. Dans le contexte de l'oracle d'Isaïe, il s'agissait de décrire l’ascension et la chute d'un tyran, ici la chute d'un souverain babylonien (VIIIe / VIIe siècle av. J.-C.)[37].

Certains font l'hypothèse qu'Isaïe semble avoir utilisé un thème emprunté à un mythe cananéen qui fait allusion à la déesse Sahar, l'« Aurore ».

hyll (ou hylyl dans l'un des manuscrits de la mer Morte) vient de la racine hâlal (« briller, luire », mais aussi « vouloir briller, se vanter, extravaguer[38] »). Les lexicographes Brown, Driver et Briggs, ainsi que Koehler et Baumgartner le traduisent par shining one (« celui qui brille »), qu'ils interprètent comme « étoile du matin »[39].

Une note dans l'édition de la Bible de Jérusalem précise à propos du passage d'Isaïe 14, 3 à 21 : « ce mashal, satire contre un tyran abattu, aurait été composé, selon certains, par Isaïe lui-même, pour célébrer la mort de Sargon II (ou celle de Sennachérib) et complété au temps de l'exil par quelques lignes d'introduction pour être appliqué à un roi de Babylone. Mais selon beaucoup d'autres, le poème aurait été composé directement contre Nabuchodonosor ou Nabonide[36] » (Isaïe a vécu et écrit au -VIIIe siècle, soit avant la prise de Jérusalem par les Babyloniens et l'Exil).

Une deuxième note de la même édition précise : « cette partie du poème présente plusieurs points de contact avec la mythologie phénicienne : la « montagne de l'assemblée » des dieux ; le « Très Haut », nom de Yahvé, mais aussi du Baal phénicien. Les Pères (de l'Église) ont compris la chute de l'Astre du Matin (Vulgate Lucifer) comme celle du prince des démons, dont le tyran païen est le représentant et le symbole[36] ». Dans cette note, le mot « Lucifer » possède une majuscule alors que dans le texte de la Vulgate, il a une minuscule.

La chute spectaculaire de l'« astre brillant du matin » (roi de Babylone) du livre d'Isaïe devient dans la Bible latine la chute de Lucifer. Elle est interprétée comme la description de la chute d'un ange, ce qui favorise l'assimilation de Lucifer à Satan[40].

De la même manière, certains Chrétiens interprètent un passage d'Ezéchiel (premières décennies du -VIe siècle). Ezéchiel (28, 14) rapporte la demande que lui fait Dieu : « prononce une complainte contre le roi de Tyr ». Dieu s'exprime (à travers Ezéchiel) en s'adressant au roi de Tyr : « Tu étais un modèle de perfection... Tu étais en Eden... Avec un chérubin protecteur je t'avais placé, tu étais sur la montagne sainte de Dieu... Tu fus exemplaire dans ta conduite depuis le jour de ta création jusqu'au jour où fut trouvé en toi le mal... Je t'ai précipité de la montagne de Dieu et le chérubin protecteur t'a fait périr... C'en est fait de toi à jamais[36] ». La Bible de Jérusalem ajoute cependant une note en bas de page : « Par une accommodation spontanée, la tradition chrétienne a souvent appliqué ce poème à la chute de Lucifer[36] ».

Une deuxième note de la même édition dit : « Ces vers semblent s'inspirer, non seulement des souvenirs bibliques du paradis terrestre, mais de divers éléments de la mythologie orientale : montagne des dieux, localisée à l'extrême nord (cf. Psaumes, 48, 2.-3), allusion au Kérub protecteur (cf. Genèse, 3, 24) et aux charbons ardents (Ezéchiel, 10, 2), chute et anéantissement (vers 16) ; mais certains détails restent obscurs pour nous[36] ».

Dans un dernier temps (après le glissement du Lucifer, étoile du matin, à Lucifer, ange déchu), sur la base d'une parole de Jésus dans l'Évangile de Luc (10,18), les premiers Chrétiens finissent par associer Lucifer, le porteur de lumière déchu, à Satan : « Je voyais Satan tomber du ciel comme l'éclair[36] ».

Développements ultérieurs[modifier | modifier le code]

Moyen-Âge[modifier | modifier le code]

À partir du Moyen Âge, Lucifer et Satan sont considérés comme des noms pour le diable[40].

Augustin d'Hippone (354-430, un des quatre Pères de l'Église occidentale et l’un des trente-six docteurs de l’Église, canonisé) interprète le verset d'Isaïe 14:12 : « Il y a dans cette peinture du démon, représenté sous la figure du roi de Babylone, une foule de traits qui conviennent au corps que Satan se forme dans le genre humain, principalement à ceux qui s'attachent à lui par orgueil et renoncent aux commandements de Dieu »[41],[42].

En 510 : Antefisse a figura intera dal tempio delle venti celle a pyrgi, 510 ac ca., demone alato phosphoros-lucifero (Rome, Villa Giulia).

Bernard de Clairvaux (1090-1153, docteur de l'Église, canonisé) fait remarquer dans un sermon que Lucifer portait la lumière, sans porter la chaleur, dans un désir orgueilleux de surpasser Dieu : « Et toi, malheureux, tu n'as eu que la lumière, tu n'as point eu la chaleur. Il eût mieux valu pour toi que tu fusses ignifer plutôt que lucifer, et, dans ton amour excessif de luire, tu n'aurais pas, glacé comme tu l'étais, choisi une région du ciel glacée aussi comme toi. En effet, tu t'es écrié : « Je monterai plus haut que les nuées les plus élevées, et j'irai m'asseoir aux flancs de l'Aquilon » (Isaïe XIV, 14). « Pourquoi cet empressement à te lever le matin, Lucifer ? Pourquoi ce bonheur de l'emporter sur tous les astres que tu surpasses en éclat ? Ta gloire sera courte[43]. »

Dans certains groupes gnostiques, malgré l'identification de Satan avec Lucifer par les docteurs de l'église, Lucifer était encore considéré comme une force divine et vénéré comme un messager du Dieu réel et inimaginable. Dans certains systèmes gnostiques, le « Fils premier-né de Dieu » s'appelait Satanael. Pour les Bogomiles, comme pour les anciens Euchites, le « premier-né » s'appelait Lucifer-Satanael[44].

Pour les Cathares, dont la doctrine et les rituels sont repris par les Bogomiles, Lucifer était avec Jésus, la première émanation du Dieu suprême[45]. Dans la vision du monde des Cathares, le monde terrestre était considéré comme le royaume du mal. Lucifer avait séduit une partie de ses habitants mais Dieu avait autorisé son existence. Selon les Cathares, la cause du péché était la séduction, car ils attribuaient l'origine du péché des bons esprits à la séduction de l'être primitif maléfique qui éliminait leur libre arbitre[46].

Pour Bonaventure de Bagnoregio (1217-1274, docteur de l'Église, canonisé), ministre général franciscain au Moyen Âge (1257) et biographe, dans sa Leyenda mayor, de François d'Assise, l'humilité de saint François était si grande, son imitation du Christ si parfaite qu’il avait été jugé digne d’occuper, auprès de Dieu, la place qu’occupait Lucifer au paradis avant d’en être chassé[47]

Vers 1250 : Le Roman de la poire (en)[48]: « [Ses yeux] Tant sont clair com se Lucifer, La plus claire estoile qui soit D'autres estoiles, s'en issoit »[49].

XIIIe siècle : Arch. des missions scientif. 2e série, t. III, p. 297 : « Dieus veut que li homs si le serve, Qu'en bien servant le liu deserve [mérite] Que Lucifer perdi jadis »[49].

Vers 1376-1378 : Le Songe du vergier, I, 147 : « Il semble qu'il appartient bien que le roy ait aulcune vesture laquelle n'appartiengne à aulcun autre ; mais plusieurs veulent ressembler, comme Lucifer, en magnificence au plus grand »[49].

Jean Froissart (ca.1337 à ca.1410) : L'Espinette amoureuse : « Lucifer, qui la nuit chace... »[49]

Renaissance[modifier | modifier le code]

Dans La Divine Comédie de Dante Alighieri, Lucifer réside dans le neuvième cercle de l'Enfer, au centre de la Terre. Immergé jusqu'au buste dans le lac gelé Cocyte, il est responsable du froid glacial qui règne au sein des Neufs Cercles, par les mouvements de ses six ailes qui tentent de le dégager. C'est sa chute depuis les Cieux qui a créé la forme en entonnoir de l'Enfer. Il broie éternellement avec ses trois faces (l'une rouge de feu, la seconde livide, la troisième noire, représentant la haine, l'impuissance et l'ignorance) Brutus, Judas Iscariote et Cassius.

Les représentations de cette œuvre, et du personnage, se succèdent durant les siècles suivants :

  • 1491 : Petrus de Plasiis (ou Piero de Piasi, ou Petrus Veronensis), localisé à Venise en 1479-1494 : Illustration dans la première édition imprimée entièrement illustrée de La Divine Comedie de Dante (chant 34). Lucifer est en train de dévorer Brutus, Judas Iscariote et Cassius.
  • 1506 : Le contenu de la Divine Comédie de Dante décrit dans six planches. (Partie 7) : la tombe de Lucifer.
  • 1534 : Alessandro Vellutello, artiste de Lucques, grave les différentes planches illustrant l'ouvrage. Lucifer n'y a toutefois plus qu'une tête ; plongé dans son lac, il dévore les damnés.
  • non daté : William Blake (1757-1827) : illustration pour La Divine Comédie de Dante.
  • 1861-1868 : Gustave Doré (1832-1883) : gravure avec légende de Gustave Doré illustrant le chant 34 de La Divine Comedie , Inferno, de Dante Alighieri. Légende: Lucifer, roi de l'enfer. On le voit plongé dans son lac.
  • 1886 ou XIXe siècle (non daté /avant 1886) : Francesco Scaramuzza (1803-1886) : illustration pour le chant 34 de la Divine Comedie, Inferno. Lucifer est plongé dans son lac et dévore les damnés.

XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

En 1642-1647 : François de La Mothe Le Vayer (1588-1672) : Vertu des païens, II, Zénon : « Mais de se mettre au-dessus du trône du Tout-Puissant, il n'y a eu depuis Lucifer, comme je crois, que les stoïciens qui l'aient osé entreprendre »[49].

En 1654 : Salomon Savery : Gravure dans la première édition de Lucifer de Vondel : l'archange Michael, de sa foudre, fait chuter Lucifer du ciel.

En 1667 puis 1674 : Le Paradis perdu de John Milton[50]. Nous trouvons au moins une mention de Lucifer (en anglais) dans le livre 7, vers 131.

  • 1808 : William Blake (1757-1827) : Illustration (aquarelle) pour Le Paradis perdu de Milton.
  • 1866 : Gustave Doré (1832-1883) : Illustration pour Le Paradis perdu de John Milton. Livre 2 (quatrième illustration)
  • 1866 : Gustave Doré : Illustration pour Le Paradis perdu de John Milton. Livre 3 (troisième illustration) : La chute.
  • 1866 : Gustave Doré : Illustration pour Le Paradis perdu de John Milton. Livre 4 (première illustration)
  • 1866 : Gustave Doré : Illustration pour Le Paradis perdu de John Milton. Livre 4 (septième illustration)
  • 1866 : Gustave Doré : Illustration pour Le Paradis perdu de John Milton. Livre 9 (troisième illustration)

En 1692-1694 : Nicolas Boileau : Satires, X : « Il lui fera bientôt, aidé de Lucifer, goûter en paradis les plaisirs de l'enfer »[49].

Au XVIIe siècle (avant 1695) : Jean de la Fontaine[49] :

  • Psaut. : « Laissez mon voile, esprit de Lucifer ».
  • Ballade sur Escobar : « Lucifer, chef des infernales cours, Pour éviter les traits de ta furie, Escobar sait un chemin de velours ».

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Pour le jésuite Tournemine au XVIIIe siècle, Lucifer est celui qui apporte la clarté, les « lumières », la connaissance et la révolte. Tournemine sera vivement critiqué pour avoir rapproché Lucifer du Titan Prométhée qui, dans la mythologie grecque, a désobéi à Zeus et donné le feu aux hommes[51].

Au XVIIIe siècle (avant 1778) : Voltaire : Dict. phil. Ange : « On a donné le nom de Lucifer au prince des anges qui firent la guerre dans le ciel ; et enfin ce nom, qui signifie phosphore et aurore, est devenu le nom du diable »[49].

En 1789, paraît La Correspondance infernale, ou Epitre adressée au Seigneur Lucifer[52]

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1822-1853 : Victor Hugo : Odes et Ballades, Ball. VIII : « Ce reflet émané du corps de Lucifer, C'était le pâle jour qu'il traîne en nos ténèbres, Le rayon sulfureux qu'en des songes funèbres Il nous apporte de l'enfer »[49].

En 1826, dans son ouvrage Dictionnaire infernal[53], Jacques Collin de Plancy mentionne Lucifer dans sa liste : « Selon certains magiciens, Lucifer règne sur l'Est et commande les Européens et les Asiatiques. Il est souvent qualifié de roi de l'enfer et il est supérieur à Satan.selon certains démonologues. Il a été évoqué lundi au milieu d'un cercle portant son nom et demeurant contenu lorsqu'un souris ou un liseron de venaison lui a été offert. L'un d'eux dit qu'il est facétieux et qu'il tire souvent des balais de sorcières pendant leur voyage vers le sabbat et les conduit sur ses épaules. Les sorcières de Moira en Suède l'ont attesté en 1672. Ils décrivent également Lucifer comme étant gris avec des bras bleus et des jupes-culottes rouges décorées de rubans. Lucifer a le visage d'un beau jeune enfant qui devient monstrueux et enflammé lorsqu'il est en colère. Selon certains démonologues, il est un amoureux de la justice en enfer. Il est également le premier à être invoqué dans les litanies du sabbat »[54].

  • 1863 : Lucifer. Illustration du Dictionnaire infernal de Jacques Auguste Simon Collin de Plancy par Louis Le Breton, 6e édition, 1863.

En 1872-1877, Émile Littré, Dictionnaire de la langue française[49].

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Selon l'anthroposophie (début XXe siècle), il existe deux principes démoniaques qui s'opposent à l'évolution de l'humanité, mais qui la rendent aussi possible, Lucifer et Ahriman[55][source insuffisante]. Rudolf Steiner identifie Ahriman à Satan, lequel est bien distinct de Lucifer. Il est l'être qui fait de l'homme un être terrestre assujetti à la matière, alors que Lucifer et les forces lucifériennes tendent à l'en détacher. Ainsi, Lucifer agirait par exemple en l'homme dans toute activité artistique et toute activité intellectuelle, car elle élève l'homme au-dessus de sa nature physique[réf. nécessaire]. L'influence de Lucifer deviendrait malsaine quand elle agit au-delà de son action nécessaire, par exemple quand l'homme s'abandonne à l'égoïsme ou au narcissisme[réf. nécessaire].

Galerie « chrétienne »[modifier | modifier le code]

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

  • 1840 : Antonio María Esquivel (1806-1857) : La loi de Luzbel, (Musée du Prado) : saint Michel archange et Lucifer.
  • 1848 : Guillaume Geefs (1805-1883) : Le Lucifer de Liège (cathédrale Saint - Paul, Liège).
  • 1850-1900: Andrea Malfatti (1832-1917) : Angelo caduto (Lucifero).
  • 1862 : Numéro trois d'une série de partitions illustrées à New York par Samuel Canty. Davis endormi sur une chaise à droite, sur le point d'être couronné par un démon ailé, Lucifer, qui se tient derrière lui.
  • 1870 : artiste inconnu : Punchinello Mayor Hall.
  • 1886 : Une des gravures du document de Léo Taxil, Les Mystères de la Franc-Maçonnerie, Paris, 1886. Cette illustration semble reprendre, sous une autre forme, l'accusation formulée contre les Templiers du Moyen-Âge que l'on avait accusés de vénérer le démon Baphomet lors d'une cérémonie secrète.
  • 1887 : couverture (en couleur) de l'édition du poème de Mario Rapisardi (it) Lucifero (écrit en 1877).

XXe siècle[modifier | modifier le code]

  • 1902 : Mihály Zichy (1827-1906) / peintre et graphiste hongrois) : Lucifer contre le Seigneur (Madach).
  • 1910 : Richard Roland Holst (1868-1938) : Affiche théâtrale de Richard Roland Holst pour la mise en scène de la tragédie Lucifer de Joost van den Vondel en 1910.
  • 1915 : Caricature de Lucifer avec Juan Luis Sanfuentes (Espagne).

Culture[modifier | modifier le code]

Article principal : Lucifer (homonymie).

Le nom de Lucifer est utilisé dans de nombreuses œuvres de fiction traitant de l'ancien archange (tels Lucifer, film belge de 2014, ou Lucifer, série télévisée de 2016). Le nom est également utilisé pour baptiser un antagoniste dans une œuvre de fiction (Lucifer chez Marvel Comics, Lucifer dans Cendrillon).

Mais le nom est également utilisé dans la contre culture, pour le titre d'un journal anarchiste (Lucifer, The Light-Bearer) ou d'un groupe, d'un album ou d'une chanson rock (Lucifer (en), groupe de rock britannique ; Lucifer Sam, chanson des Pink Floyd).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « lucifer - Dictionnaire Gaffiot français-latin - Page 923 », sur www.lexilogos.com (consulté le 9 mai 2019).
  2. Gaffiot - lucifer 1934 : Cicéron, De natura deorum, 2, 68 ; Lucrèce, De natura rerum, 5, 726 ; Ovide, Héroïdes, 11, 46.
  3. Gaffiot - lucifer 1934 : Ovide, Héroïdes, 20 et 192.
  4. a et b Magasin encyclopédique, ou Journal des sciences, des lettres et des arts, Impr. du Magasin Encyclopédique, 1795. Lire en ligne
  5. « Taedifera - Dictionnaire Gaffiot français-latin - Page 1538 », sur www.lexilogos.com (consulté le 9 mai 2019).
  6. « Lucifer - Dictionnaire Gaffiot français-latin - Page 923 », sur www.lexilogos.com (consulté le 9 mai 2019) : « Cicéron, De natura deorum, 2, 53 ; Pline l'Ancien 2, 36 ; Ovide, Tristia, 1, 3, 71 ».
  7. Gaffiot - Lucifer 1934, p. 923 : « Ovide, Fasti, 1, 46 ».
  8. « Lucifera - Dictionnaire Gaffiot français-latin - Page 923 », sur www.lexilogos.com (consulté le 9 mai 2019) : « Cicéron, De natura deorum, 2, 68 »
  9. Pline l'Ancien, Histoire naturelle (2.6), Cicéron, De natura deorum (2.20)
  10. a et b (en) William Smith, A Smaller Classical Dictionary of Biography, Mythology, and Geography, Londres, John Murray, (lire en ligne), page 244.
  11. « Phosphorus - Dictionnaire Gaffiot français-latin - Page 1177 », sur www.lexilogos.com (consulté le 28 mai 2019).
  12. Virgile, Énéide, II, 800-802.
  13. « Virgile : Georgiques III », sur Université catholique de Louvain (consulté le 14 juin 2019).
  14. « Tibullus Book I », sur www.thelatinlibrary.com (consulté le 4 juin 2019)
  15. [http://agoraclass.fltr.ucl.ac.be/concordances/Ovide_amoursI/texte.htm « Itinera Electronica: Du texte � l'hypertexte »], sur agoraclass.fltr.ucl.ac.be (consulté le 4 juin 2019)
  16. « TRADUCTION DES AMOURS D'OVIDE », sur remacle.org (consulté le 4 juin 2019)
  17. « Lucan Liber X », sur www.thelatinlibrary.com (consulté le 5 juin 2019)
  18. « Lucain : la Pharsale : livre X (traduction) », sur remacle.org (consulté le 4 juin 2019)
  19. « Stace : Thébaïde, livre II », sur remacle.org (consulté le 4 juin 2019)
  20. « Claudien - L'Enlèvement de Proserpine », sur mediterranees.net (consulté le 4 juin 2019)
  21. « Hesperus - Dictionnaire Gaffiot français-latin - Page 744 », sur www.lexilogos.com (consulté le 2 juin 2019)
  22. « Luceafărul (Eminescu) - Wikisource », sur ro.wikisource.org (consulté le 12 mai 2019)
  23. « Cicero: De Natura Deorum II », sur www.thelatinlibrary.com (consulté le 5 juin 2019)
  24. « Prudentius Psychomachia - Dickinson College Wiki », sur wiki.dickinson.edu (consulté le 8 mai 2019)
  25. « Prudence, cathemerinon. », sur remacle.org (consulté le 8 mai 2019)
  26. « Bible Gateway passage: II Petri 1 - Biblia Sacra Vulgata », sur Bible Gateway (consulté le 8 mai 2019)
  27. https://saintebible.com/sbl/2_peter/1.htm
  28. « Bible Gateway passage: Apocalypsis 22 - Biblia Sacra Vulgata », sur Bible Gateway (consulté le 8 mai 2019)
  29. Philippe Henne, Saint Jérôme, Cerf, coll. « Histoire », , p282.
  30. (en) Paolo Sacchi, The History of the Second Temple Period, T&T Clark, p. 343
  31. (en) Grant Macaskill, « 2 Enoch: Manuscripts, Recensions, and Original Language », dans Andrei A. Orlov et Gabriele Boccaccini (dir.), New Perspectives on 2 Enoch : No Longer Slavonic Only, , p. 93.
  32. (en) J. W. McKay, « Helel and the Dawn-Goddess: A Re-Examination of the Myth in Isaiah XIV 12-15 », Vetus Testamentum, Brill, vol. 20,‎ , p. 451-464 (JSTOR 1516469).
  33. (en) « Helel and the Dawn-Goddess a Re-Examination of the Myth in Isaiah XIV 12-15 », sur 123Slides.org (consulté le 10 mai 2019).
  34. (en) « The Mythological Provenance of Isaiah 14:12-15: A Reconsideration of the Ugaritic Material », sur webcache.googleusercontent.com (consulté le 10 mai 2019).
  35. Zadoc Kahn (dir.), La Bible : traduite par le Rabbinat Français, , p. 774.
  36. a b c d e f et g Ecole biblique de Jérusalem, La Sainte Bible, Paris, Editions du CERF, 1955-1961.
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  38. Sander & Trenel, Dictionnaire hébreu-français, p. 142.
  39. (en)Doug Kutilek, Notes on “Lucifer” (Isaiah 14:12, KJV)
  40. a et b (en) Rosemary Ellen Guiley, « Lucifer », dans The encyclopedia of Demons and Demonology, .
  41. Saint Augustin, De la Genèse au sens littéral, livre 11, ch.24, §31 / [lire en ligne (page consultée le 13/06/2019)].
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  51. Le thème de Prométhée dans la littérature européenne Par Raymond Trousson
  52. La Correspondance infernale, ou Epitre adressée au Seigneur Lucifer par son très-cher ou féal Lieutenant le sieur Th***, & Reponse dudit Seigneur Lucifer, De l'impr. infernale, (lire en ligne)
  53. Collin de Plancy, First Page of Collin de Plancy's Dictionnaire infernal, (lire en ligne)
  54. (en-US) « Lucifer » (consulté le 16 mai 2019)
  55. Rudolf Steiner, Lucifer et Ahriman, Éditions Anthroposophiques Romandes, 1977.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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