Lucifer

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Lucifer est un nom latin signifiant « porteur de lumière », composé de « lux (lumière) » et « ferre (porter) ».

À l'origine, pour les Romains, Lucifer personnifiait l'« astre du matin » (Vénus). Précédant le soleil, il annonçait la venue de la lumière de l'aurore.

Les chrétiens ont donné successivement trois sens au mot lucifer puis Lucifer :

  • le premier, adjectif, issu du sens latin « qui porte la lumière », a été utilisé par certains chrétiens avec le sens figuré de « qui porte la vérité » ;
  • le second, nom commun, issu du sens « étoile du matin », a été utilisé dans la Vulgate pour traduire l'expression « astre brillant » du livre d'Isaïe, entre autres ;
  • le troisième, nom propre, sous la forme définitive de Lucifer, est devenu le nom d'un ange déchu pour s'être rebellé contre Dieu. Certains l'ont rapidement diabolisé et assimilé à Satan. Cette figure, définitive, sera développée jusqu'à nos jours dans les religions chrétiennes et les arts.
Le Lucifer de Liège (cathédrale Saint-Paul, Liège).

Origine latine du mot[modifier | modifier le code]

À l'origine, lucifer est un adjectif élaboré avec le nom commun « lux (lumière) » et le verbe « ferre, fero (porter) »[1]. Il signifie « qui apporte la lumière, qui donne de la clarté »[2].

L'adjectif sera substantivé et désignera, dans la mythologie romaine, l'« astre du matin » (planète Vénus). Il correspond, dans la mythologie grecque, au dieu Eosphoros, « Celui qui porte, qui amène, la lumière de l'Aurore », aussi appelé Phosphoros « Celui qui porte la lumière » (du fait que la planète Vénus est encore visible peu avant l'aurore). Frère jumeau de Vesper-Hespéros (représentant l'« astre du soir »), tous deux fils de la déesse Aurora-Eos, ils seront représentés sous les traits de deux jeunes hommes.

Persistance des premiers sens latins chez les chrétiens[modifier | modifier le code]

Le sens latin « porteur de lumière »[modifier | modifier le code]

À la fin du IVe siècle, le poète chrétien Prudence (né en 348, mort après 405), dans son ouvrage Psychomachie, 2, vers 625-628[3], utilise encore l'adjectif lucifer avec le sens « qui apporte la lumière » mais au sens figuré de « qui produit la vérité »[1] : « quaerite luciferum caelesti dogmate pastum, qui spem multiplicans alat inuitiabilis aeui, corporis inmemores: memor est qui condidit illud subpeditare cibos atque indiga membra fouere ».

Prudence dans son autre ouvrage Cathemerinon, XII. Hymnus Epiphaniae, vers 29-36[4] donne une assimilation de l'étoile du matin à Lucifer : « Quod ut refulsit, ceteri cessere signorum globi, nec pulcher est ausus suam conferre formam Lucifer. Quis iste tantus, inquiunt, tegnator astris inperans, quem sic tremunt cælestia, cui lux et æthra inserviunt », ce qui peut se traduire par « Dès qu’il eut brillé, les autres astres pâlirent; l’étoile du matin, malgré sa beauté, n’osa pas se montrer auprès de lui ».

Le nom Lucifer est encore utilisé comme prénom au IVe siècle : Lucifer de Cagliari (ou Lucifer Calaritanus) (? - mort 370/371) est un évêque de Cagliari (Sardaigne) avant 354. Il est à l'origine du schisme « luciférien ». Il est parfois appelé « saint Lucifer » en raison d'une chapelle en son honneur dans la cathédrale Sainte-Marie de Cagliari.

Le sens latin « étoile du matin » : Lucifer, surnom du Christ ?[modifier | modifier le code]

Le mot lucifer est utilisé dans le deuxième épître de saint-Pierre (2 Pierre 1,19) de la Vulgate latine : « Et habemus firmiorem propheticum sermonem: cui benefacitis attendentes quasi lucernae lucenti in caliginoso loco donec dies elucescat, et lucifer oriatur in cordibus vestris » qui est aujourd'hui traduit par « Ainsi nous tenons plus ferme la parole prophétique : vous faites bien de la regarder, comme une lampe qui brille dans un lieu obscur, jusqu'à ce que le jour commence à poindre et que l'astre du matin se lève dans vos cœurs »[5]. Le mot lucifer désigne encore « l'astre du matin », soit la planète Vénus en tant qu'étoile du matin, mais certains l'ont interprété comme une image du Christ[6],[source insuffisante].

  • Dans la Vulgate (Apocalypse 22, 16), Jésus parle : « Ego Jesus misi angelum meum testificari vobis haec in ecclesiis. Ego sum radix, et genus David, stella splendida et matutina. », ce qui peut se traduire par « Moi, Jésus, j’ai envoyé mon ange pour vous attester ces choses dans les Églises. Je suis le rejeton et la postérité de David, l’étoile brillante du matin »[6]. Il est bien question de l'étoile du matin associée au Christ mais le mot Lucifer n'est pas mentionné.
  • Cet usage a perduré jusqu'à nos jours dans l’Exultet, le chant liturgique par lequel l'Église catholique, durant la veillée pascale du Samedi saint, proclame l'irruption de la lumière dans les ténèbres, symbolisée par celle du cierge pascal qui vient d'être allumé : « Flammas eius lucifer matutinus inveniat : ille, inquam, lucifer, qui nescit occasum, Christus Filius tuus qui, regressus ab inferis, humano generi serenus illuxit. », soit : « Qu'il brûle toujours lorsque se lèvera l'astre du matin, celui qui ne connaît pas de couchant, le Christ ton Fils ressuscité qui, revenu des enfers, répand sur les hommes sa lumière et sa paix. »

Ce passage latin a son équivalent grec : « καὶ ἔχομεν βεβαιότερον τὸν προφητικὸν λόγον, ᾧ καλῶς ποιεῖτε προσέχοντες ὡς λύχνῳ φαίνοντι ἐν αὐχμηρῷ τόπῳ, ἕως οὗ ἡμέρα διαυγάσῃ καὶ φωσφόρος ἀνατείλῃ ἐν ταῖς καρδίαις ὑμῶν »[7]. L'étoile du matin y est transcrite par φωσφόρος , phôsphoros (avec une minuscule).

Glissement de sens vers « l'ange déchu », puis « Satan »[modifier | modifier le code]

Parallèlement, à partir de la Bible grecque (traduction de la Bible hébraïque), de la Bible chrétienne en grec puis de la Vulgate, les chrétiens ont progressivement identifié Eôsphoros (astre du matin) et Lucifer, son équivalent latin, à un ange déchu puis à Satan par un raisonnement théologique rapprochant plusieurs éléments de la Bible hébraïque et d'autres sources (orientales et occidentales).

Le livre d'Isaïe[modifier | modifier le code]

Rappels concernant la Bible hébraïque :

Isaïe (14, 4) a l'ordre de stigmatiser un personnage : « Tu entonneras le chant que voici sur le roi de Babylone : Comment a disparu l'oppresseur, cessé la tyrannie ». Puis Isaïe (14, 12 à 14) parle de la chute et de la mort de ce roi. S'adressant à ce roi, il dit : « Comme tu es tombé du ciel hêylêl (astre brillant), fils de l'aurore ! Comme tu as été renversé jusqu'à terre, dompteur des nations ! Tu disais en ton cœur : Je monterai au ciel, au-dessus des étoiles de Dieu j'érigerai mon trône, je m'assiérai sur la montagne du rendez-vous, dans les profondeurs du Nord. Je monterai sur les hauteurs des nuées, je serai l'égal du Très-Haut »[8]. La traduction de la Bible de Jérusalem confirme : « Comment es-tu tombé des cieux, Astre du matin, fils de l'Aurore ? »[9]. Dans le contexte de l'oracle d'Isaïe, il s'agissait de décrire l’ascension et la chute d'un tyran, ici la chute d'un souverain babylonien (VIIIe / VIIe siècle av. J.-C.)[10].

Certains font l'hypothèse qu'Isaïe semble avoir utilisé un thème emprunté à un mythe cananéen qui fait allusion à la déesse Sahar, l'« Aurore »[11].

Hyll (ou hylyl dans l'un des manuscrits de la mer Morte) vient de la racine hâlal (« briller, luire », mais aussi « vouloir briller, se vanter, extravaguer[12] »). Les lexicographes Brown, Driver et Briggs, ainsi que Koehler et Baumgartner le traduisent par shining one (« celui qui brille »), qu'ils interprètent comme « étoile du matin »[13].

Une note dans l'édition de la Bible de Jérusalem précise à propos du passage d'Isaïe 14, 3 à 21 : « ce mashal, satire contre un tyran abattu, aurait été composé, selon certains, par Isaïe lui-même, pour célébrer la mort de Sargon II (ou celle de Sennachérib) et complété au temps de l'exil par quelques lignes d'introduction pour être appliqué à un roi de Babylone. Mais selon beaucoup d'autres, le poème aurait été composé directement contre Nabuchodonosor ou Nabonide[9] » (Isaïe a vécu et écrit au -VIIIe siècle, soit avant la prise de Jérusalem par les Babyloniens et l'Exil).

Une deuxième note de la même édition précise : « cette partie du poème présente plusieurs points de contact avec la mythologie phénicienne : la « montagne de l'assemblée » des dieux ; le « Très Haut », nom de Yahvé, mais aussi du Baal phénicien. Les Pères (de l'Église) ont compris la chute de l'Astre du Matin (Vulgate Lucifer) comme celle du prince des démons, dont le tyran païen est le représentant et le symbole[9] ». Dans cette note, le mot « Lucifer » possède une majuscule alors que dans le texte de la Vulgate, il a une minuscule.

Il s'agit d'un roi de Babylone qui rêvait d'être l'égal de Dieu. Cependant, rien ne permet de dater précisément le passage du texte ni de donner le nom du roi incriminé[14].

La chute spectaculaire de l'« astre brillant du matin » (roi de Babylone) du livre d'Isaïe devient dans la Bible latine la chute de Lucifer.

De la même manière, certains chrétiens interprètent un passage d'Ezéchiel. Ezéchiel (28:14) rapporte la demande que lui fait Dieu : « prononce une complainte contre le roi de Tyr ». Dieu s'exprime (à travers Ezéchiel) en s'adressant au roi de Tyr : « Tu étais un modèle de perfection... Tu étais en Eden... Avec un chérubin protecteur je t'avais placé, tu étais sur la montagne sainte de Dieu... Tu fus exemplaire dans ta conduite depuis le jour de ta création jusqu'au jour où fut trouvé en toi le mal... Je t'ai précipité de la montagne de Dieu et le chérubin protecteur t'a fait périr... C'en est fait de toi à jamais[9] ». La Bible de Jérusalem ajoute cependant une note en bas de page : « Par une accommodation spontanée, la tradition chrétienne a souvent appliqué ce poème à la chute de Lucifer[9] ».

Une deuxième note de la même édition dit : « Ces vers semblent s'inspirer, non seulement des souvenirs bibliques du paradis terrestre, mais de divers éléments de la mythologie orientale : montagne des dieux, localisée à l'extrême nord (cf. Psaumes, 48, 2.-3), allusion au Kérub protecteur (cf. Genèse, 3, 24) et aux charbons ardents (Ezéchiel, 10, 2), chute et anéantissement (vers 16) ; mais certains détails restent obscurs pour nous[9] ».

Le contexte chrétien[modifier | modifier le code]

La Bible chrétienne prend place dans un contexte influencé par d'anciennes traditions, orientales et occidentales.

  • Après le retour de l'Exil à Babylone (autorisé par le grand-roi Cyrus de Perse en 539 avant notre ère), au cours de la période du Second Temple (VIe siècle av. J.-C./1er siècle), il s'était développé au sein du judaïsme l'idée qu'il existait entre la sphère divine et le monde des hommes un monde intermédiaire peuplé d'anges. Ces anges étaient capables de modifier le cours des événements. Les anges mauvais étaient responsables de l'apparition du mal dans la Création[15].
  • Le Livre d'Hénoch (rédigé du -IV/IIIe siècle au -Ier siècle, reconnu par la seule Bible éthiopienne mais pas par la Bible hébraïque et la Bible chrétienne) parle de ces anges déchus dont le chef est Azazel. Dans le Deuxième livre d'Hénoch, Satan est présenté comme un archange déchu dès la Création pour avoir défié Dieu et ayant entraîné les autres anges rebelles dans sa chute[16].
  • Certains ont aussi proposé un rapprochement avec le mythe grec de la chute de Phaéton[17],[18].
  • Dans la mythologie gréco-latine, outre Phaéton, d'autres mythes évoquent une « chute » : Héphaïstos, Bellérophon, les Titans (voir la Titanomachie), les Géants (voir la Gigantomachie) dont certains ont le corps finissant en queue de serpent, tous punis par Zeus.

Les premières Bibles chrétiennes en grec[modifier | modifier le code]

Pour rappel, au IIIe siècle avant notre ère, la Bible hébraïque avait été traduite en grec : la Septante. Le mot hébreu hêlēl avait été traduit par Éosphoros dans l'expression hêlēl ben šāḥar « (astre) brillant fils de l'aurore » qui figure dans le livre d'Isaïe (14, 3 à 21). Dans la Septante, on lit « ὁ ἑωσφόρος ὁ πρωὶ ἀνατέλλων / ó éôsphóros ò prôì ánatéllôn » qui signifie « le porteur d'aurore, celui qui se lève le matin ».

La première Bible chrétienne sera rédigée en grec. Elle intégrera, en première partie, une nouvelle formulation de la Septante, puis ajoutera ce que nous appelons le Nouveau testament. Les auteurs de langue grecque, Origène (4, 45) puis Grégoire de Naziance (3, 443) garderont le nom « Eôsphoros » pour désigner le Lucifer-Satan des chrétiens de langue latine[19].

Origène (ca.185 à ca. 253) écrit, en grec, son Traité des principes en 231[20] ou en 217[21].

L'Évangile de Luc[modifier | modifier le code]

Sur la base d'une parole de Jésus dans l'Évangile de Luc (10,18), les chrétiens finissent par associer Éosphoros et Lucifer, le porteur de lumière déchu, à Satan : « Je voyais Satan tomber du ciel comme l'éclair[9] ».

Les premières mentions (en latin) de Lucifer (avant la Vulgate)[modifier | modifier le code]

La Vetus latina[modifier | modifier le code]

Avant la Vulgate, il y a eu plusieurs tentatives de traduction en latin de la Septante. L'ensemble de ces textes porte le nom de Vetus Latina. Le mot lucifer y apparaît en Job 11:17[22] et Esaïe 8:12[23].

Cyprien de Carthage[modifier | modifier le code]

Cyprien de Carthage (200-258) est un Berbère converti au christianisme et mort en martyr. Le poète Prudence lui a consacré le poème Peristephanon 13. D'après Saint Augustin, il est l’un des plus grands témoins de la doctrine de l’Église Latine des premiers siècles[24].

Il écrit en latin. Certains de ses écrits sont étudiés dans la Patrologie Latine de l’Abbé Migne. Notamment une œuvre qui s’intitule Testimoniorum Ad Quirinum Adversus Judaeos[25] que Cyprien écrit pour un de ses amis nommé Quirinum. Cette œuvre est composée de trois livres. Dans le troisième, écrit vers l'an 249[26], on trouve la mention de Lucifer au chapitre CXIX[27].

CXIX. - In homine veniat. Homo futurus est. Quod reges Assyrii et Chaldaei Israelitis hoc Anti-Christus Christianis. Quemadmodum ergo sub Luciferi coelos ruentis shemate regis Babyloniae clades designabatur Isa 14,12 pari etiam terroris apparatu a primis Christianis descriptus erat Antichristus, ut sit nimirum malus quidam genius et cacodaemonum princeps. Tertullian, de Resurectione caruis, caput 25 : “ Bestia Antichristus, cum suo pseudopropheta certamen Ecclesiae ei inferat, atque ita Diabolo in abyssum relegato”, etc. Quae respicere videntur Apoc. XX, ubi Draco, serpens antiquus, qui est diabolus et Satanas, describitur. Certe Hippolytus martyr aperte erat in illas sententia, Antichristum fuisse ipsum diabolum plantastico et aereo corpore contectum.

— Cyprien de Carthage, Testimoniorum Ad Quirinum Adversus Judaeos - Liber Tertius - Caput CXIX

« En homme, il vient. Un homme qui s’incarnera dans le futur. C’est cet Anti-christ qui s'était déjà incarné dans les rois d’Assyrie et de Chaldée qui avaient régné sur Israël. Comment ainsi donc des cieux fut précipité Lucifer, comme y fait allusion Isaïe dans le passage 14,12 de son livre en figurant et schématisant cela par le désastre et la calamité du roi de Babylone. Ce passage du livre d’Isaïe est une image bien plus semblable encore à ce que les premiers chrétiens vont par la suite décrire comme étant l’Antichrist incarnant le mal, le génie et le prince des démons : Tertullien, De Résurrectione, chapitre 25 : “La Bête Antichrist, avec son faux-prophète, porta une guerre à l’assemblée [des chrétiens], et le diable fut relégué dans l'abysse”, etc. Nous pouvons voir [le passage de] l’Apocalypse 20.[2] où est décrit le Dragon, l’antique serpent qui est le Diable et Satan. Certes, le martyr Hippolyte s’était révélé par ce principe : l’Antichrist est le diable en personne, à la fois incarné sur la terre et à la fois animé d’un corps d’esprit qui se dissimule. »

— Testimoniorum Ad Quirinum Adversus Judaeos - Liber Tertius - Caput CXIX

.

Il décrit l'Antichrist comme un homme qui doit venir s'incarner dans un avenir certain. Cyprien le rapproche des rois d'Assyrie et de Chaldée qui avaient régné un temps sur Israël, reprenant ainsi la manière utilisée par Isaïe lorsqu'il comparait le roi de Babylone à Lucifer (Livre d'Isaïe, 14.12[28]).

Lactance[modifier | modifier le code]

Entre 303 et 311, Lactance (ca. 250-ca. 325) cite plusieurs fois Lucifer dans son livre principal, les Divinae institutiones (en) :[29]

Dicimus nos, parvulam moram intercessisse inter Lucifer supremi Angeli creationem, et ejus lapsum.

ce qui peut se traduire par « On dit que peu de temps s’écoula entre la création et la chute de Lucifer, cet Ange suprême ... ».

Peccatum quoque malorum angelorum idem fuesse quod Luciferi, nempe superbiae peccatum.

ce qui peut se traduire par « Le péché des anges déchus est le même que fut celui de Lucifer, à savoir, le péché d'orgueil ».

Statim autem atque peccaverant, damnad sunt, et cum Lucifero e caelo deturbati.

ce qui peut se traduire par « Immédiatement après que leur péché fut commis, ils furent damnés, et avec Lucifer, du ciel ils furent délogés ».

Diabolum quidem id est, Luciferum illico in infernum detrusum, quidam doctores arbitrantur

ce qui peut se traduire par « C'est en effet le diable, Lucifer qui fut jeté immédiatement en enfer, comme le pensent certains docteurs (de la foi) ».

Augustin d'Hippone[modifier | modifier le code]

Augustin d'Hippone (354-430) est l'un des quatre pères de l'Église occidentale et l’un des trente-six docteurs de l’Église. Il a été canonisé.

En 383, il commente le verset d'Isaïe 14:12 : « Le prophète Isaïe a dit du démon : Comment es tu tombé des cieux, Lucifer, étoile du matin ? Toi qui foulais les nations, tu t'es brisé contre la terre. Tu disais en ton coeur : Je monterai aux cieux, j'élèverai mon trône au-dessus des étoiles; je m'assiérai au haut de la montagne, par-delà les hautes montagnes qui sont du côté de l'Aquilon; je monterai par dessus les plus hautes nuées et je serai semblable au Très-Haut. Et toutefois te voilà plongé dans les enfers . Il y a dans cette peinture du démon, représenté sous la figure du roi de Babylone, une foule de traits qui conviennent au corps que Satan se forme dans le genre humain, principalement à ceux qui s'attachent à lui par orgueil et renoncent aux commandements de Dieu.[30]. »

En 397, Augustin fait référence au passage d'Isaïe et assimile la chute de Lucifer à celle du diable[31],[32].

Rufin d'Aquilée[modifier | modifier le code]

En 398, Rufin traduit en latin le texte grec d'Origène qui fait référence au passage de Luc. Origène avait déjà assimilé Éosphoros au diable. Rufin traduit Éosphoros par Lucifer.

Dans le Traité des Principes d'Origène, traduit en latin par Rufin d'Aquilée en 398[21], le commentaire grec d'Origène sur la texte d'Isaïe (14:12) donne en latin : « Manifestissime etiam per haec ostenditur cecidisse de caelo is utique, qui prius erat Lucifer et qui mane oriebatur. Si enim, ut putant aliqui, natura tenebrarum erat, quomodo ante fuisse Lucifer dicitur ? Vel quomodo poterat oriri mane qui nihil in se habebat ex luce ? Sed et saluator docet nos de diabolo dicens : Ecce uideo Satanan cecidisse de caelo sicut fulgur; lux enim erat aliquando. »[33]. La traduction proposée est : « Cela montre très clairement qu'il est assurément tombé du ciel, celui qui était auparavant Lucifer et qui se levait à l'aurore. Si, comme certains le pensent, il était de la nature des ténèbres, comment l'appelle-t-on auparavant Lucifer ? Comment pouvait-il se lever à l'aurore, lui qui n'avait en lui rien de lumière ? Mais le Seigneur lui-même nous enseigne ce qui suit du diable : Voici que je vois Satan tombé du ciel comme la foudre. Il fut donc jadis lumière. ».

La Vulgate[modifier | modifier le code]

Vers 408[34], Jérôme de Stridon (ca. 347 à 420, un des quatre Pères de l'Église latine, docteur de l'Église et canonisé), travaillant sur la version hébraïque et la version grecque, garde l'usage latin de traduire par Lucifer le Eosphoros grec, lui-même traduisant l'hébreu hêylêl (ou hêlēl dans l'expression hêlēl ben šāḥar « (astre) brillant fils de l'aurore » qui figure dans le livre d'Isaïe).

Dans la Vulgate, on trouve aussi lucifer dans :

  • Bible hébraïque : livre de Job 11:17 : « Et quasi meridianus fulgor consurget tibi ad vesperam ; et cum te consumptum putaveris, orieris ut lucifer », soit : « Plus brillante que midi alors monte ta vie, les ténèbres seront comme le matin » ;
  • Bible hébraïque : livre de Job 8:32 : « Numquid producis luciferum in tempore suo, et vesperum super filios terræ consurgere facis ? ».

Développements ultérieurs de la figure de Lucifer-Satan[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Bernard de Clairvaux (1090-1153, docteur de l'Église, canonisé) fait remarquer dans un sermon que Lucifer portait la lumière, sans porter la chaleur, dans un désir orgueilleux de surpasser Dieu : « Et toi, malheureux, tu n'as eu que la lumière, tu n'as point eu la chaleur. Il eût mieux valu pour toi que tu fusses ignifer plutôt que lucifer, et, dans ton amour excessif de luire, tu n'aurais pas, glacé comme tu l'étais, choisi une région du ciel glacée aussi comme toi. En effet, tu t'es écrié : « Je monterai plus haut que les nuées les plus élevées, et j'irai m'asseoir aux flancs de l'Aquilon » (Isaïe XIV, 14). « Pourquoi cet empressement à te lever le matin, Lucifer ? Pourquoi ce bonheur de l'emporter sur tous les astres que tu surpasses en éclat ? Ta gloire sera courte »[réf. nécessaire].

Dans certains groupes gnostiques, malgré l'identification de Satan avec Lucifer par les docteurs de l'église, Lucifer était encore considéré comme une force divine et vénéré comme un messager du Dieu réel et inimaginable. Dans certains systèmes gnostiques, le « Fils premier-né de Dieu » s'appelait Satanael. Pour les Bogomiles, comme pour les anciens Euchites, le « premier-né » s'appelait Lucifer-Satanael[35].

Pour les Cathares, dont la doctrine et les rituels sont repris par les Bogomiles, Lucifer était, avec Jésus, la première émanation du Dieu suprême[36]. Dans la vision du monde des Cathares, le monde terrestre était considéré comme le royaume du mal. Lucifer avait séduit une partie de ses habitants mais Dieu avait autorisé son existence. Selon les Cathares, la cause du péché était la séduction, car ils attribuaient l'origine du péché des bons esprits à la séduction de l'être primitif maléfique qui éliminait leur libre arbitre[37].

Pour Bonaventure de Bagnoregio (1217-1274, docteur de l'Église, canonisé), ministre général franciscain au Moyen Âge (1257) et biographe, dans sa Leyenda mayor, de François d'Assise, l'humilité de saint François était si grande, son imitation du Christ si parfaite qu’il avait été jugé digne d’occuper, auprès de Dieu, la place qu’occupait Lucifer au paradis avant d’en être chassé[38].

Vers 1250 : Le Roman de la poire (en)[39]: « [Ses yeux] Tant sont clair com se Lucifer, La plus claire estoile qui soit D'autres estoiles, s'en issoit »[40].

À partir de 1288, Lucifer désigne le prince des démons dans la tradition chrétienne (les adjectifs luciférien et luciférienne, dérivés de ce nom à l'aide du suffixe -ien, n'apparaîtront qu'au XVIIIe siècle)[41].

Lucifer apparaît dans l'ouvrage Renard le Nouvel composé par le poète Jacquemart Giélée (voir le vers 7220)[42],[43].

XIIIe siècle : Arch. des missions scientif. 2e série, t. III, p. 297 : « Dieus veut que li homs si le serve, Qu'en bien servant le liu deserve [mérite] Que Lucifer perdi jadis »[40].

Vers 1376-1378 : Le Songe du vergier, I, 147 : « Il semble qu'il appartient bien que le roy ait aulcune vesture laquelle n'appartiengne à aulcun autre ; mais plusieurs veulent ressembler, comme Lucifer, en magnificence au plus grand »[40].

Jean Froissart (ca.1337 à ca.1410) : L'Espinette amoureuse : « Lucifer, qui la nuit chace... »[40]

Renaissance[modifier | modifier le code]

Dans La Divine Comédie de Dante Alighieri, Lucifer réside dans le neuvième cercle de l'Enfer, au centre de la Terre. Immergé jusqu'au buste dans le lac gelé Cocyte, il est responsable du froid glacial qui règne au sein des Neufs Cercles, par les mouvements de ses six ailes qui tentent de le dégager. C'est sa chute depuis les Cieux qui a créé la forme en entonnoir de l'Enfer. Il broie éternellement avec ses trois faces (l'une rouge de feu, la seconde livide, la troisième noire, représentant la haine, l'impuissance et l'ignorance) Brutus, Judas Iscariote et Cassius.

Les représentations de cette œuvre, et du personnage, se succèdent durant les siècles suivants :

  • 1491 : Petrus de Plasiis (ou Piero de Piasi, ou Petrus Veronensis), localisé à Venise en 1479-1494 : Illustration dans la première édition imprimée entièrement illustrée de La Divine Comedie de Dante (chant 34). Lucifer est en train de dévorer Brutus, Judas Iscariote et Cassius.
  • 1506 : Le contenu de la Divine Comédie de Dante décrit dans six planches. (Partie 7) : la tombe de Lucifer.
  • 1534 : Alessandro Vellutello, artiste de Lucques, grave les différentes planches illustrant l'ouvrage. Lucifer n'y a toutefois plus qu'une tête ; plongé dans son lac, il dévore les damnés.
  • non daté : William Blake (1757-1827) : illustration pour La Divine Comédie de Dante.
  • 1861-1868 : Gustave Doré (1832-1883) : gravure avec légende de Gustave Doré illustrant le chant 34 de La Divine Comedie , Inferno, de Dante Alighieri. Légende: Lucifer, roi de l'enfer. On le voit plongé dans son lac.
  • non daté (avant 1886) : Francesco Scaramuzza (1803-1886) : illustration pour le chant 34 de la Divine Comedie, Inferno. Lucifer est plongé dans son lac et dévore les damnés.

XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

En 1642-1647 : François de La Mothe Le Vayer (1588-1672) : Vertu des païens, II, Zénon : « Mais de se mettre au-dessus du trône du Tout-Puissant, il n'y a eu depuis Lucifer, comme je crois, que les stoïciens qui l'aient osé entreprendre »[40].

En 1654 : Salomon Savery : Gravure dans la première édition de Lucifer de Vondel : l'archange Michael, de sa foudre, fait chuter Lucifer du ciel.

En 1667 puis 1674 : Le Paradis perdu de John Milton[44]. Nous trouvons au moins une mention de Lucifer (en anglais) dans le livre 7, vers 131.

  • 1808 : William Blake (1757-1827) : Illustration (aquarelle) pour Le Paradis perdu de Milton.
  • 1866 : Gustave Doré (1832-1883) : Illustration pour Le Paradis perdu de John Milton. Livre 2 (quatrième illustration)
  • 1866 : Gustave Doré : Illustration pour Le Paradis perdu de John Milton. Livre 3 (troisième illustration) : La chute.
  • 1866 : Gustave Doré : Illustration pour Le Paradis perdu de John Milton. Livre 4 (première illustration)
  • 1866 : Gustave Doré : Illustration pour Le Paradis perdu de John Milton. Livre 4 (septième illustration)
  • 1866 : Gustave Doré : Illustration pour Le Paradis perdu de John Milton. Livre 9 (troisième illustration)

En 1692-1694 : Nicolas Boileau : Satires, X : « Il lui fera bientôt, aidé de Lucifer, goûter en paradis les plaisirs de l'enfer »[40].

Au XVIIe siècle (avant 1695) : Jean de la Fontaine[40] :

  • Psaut. : « Laissez mon voile, esprit de Lucifer ».
  • Ballade sur Escobar : « Lucifer, chef des infernales cours, Pour éviter les traits de ta furie, Escobar sait un chemin de velours ».

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Pour le jésuite Tournemine au XVIIIe siècle, Lucifer est celui qui apporte la clarté, les « lumières », la connaissance et la révolte. Tournemine sera vivement critiqué pour avoir rapproché Lucifer du Titan Prométhée qui, dans la mythologie grecque, a désobéi à Zeus et donné le feu aux hommes[45].

En 1764, Voltaire, Dictionnaire philosophique (article « Ange », page 201) : « On a donné le nom de Lucifer au prince des anges qui firent la guerre dans le ciel ; et enfin ce nom, qui signifie phosphore et aurore, est devenu le nom du diable »[40],[46].

  • Voltaire cite aussi Lucifer dans un article sur les brahmanes hindoux : « C’est incontestablement des brachmanes que nous tenons l’idée de la chute des êtres célestes révoltés contre le souverain de la nature ; et c’est là probablement que les Grecs ont puisé la fable des Titans. C’est aussi là que les Juifs prirent enfin l’idée de la révolte de Lucifer, dans le Ier siècle de notre ère. »[47].
    • Le mot « brahmane » vient en fait du sanskrit brāhmaṇa (lié au sacré), écrit ब्राह्मण en devanagari.

En 1789, paraît La Correspondance infernale, ou Epitre adressée au Seigneur Lucifer[48]

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1822-1853 : Victor Hugo : Odes et Ballades, Ball. VIII : « Ce reflet émané du corps de Lucifer, C'était le pâle jour qu'il traîne en nos ténèbres, Le rayon sulfureux qu'en des songes funèbres Il nous apporte de l'enfer »[40].

En 1826, dans son ouvrage Dictionnaire infernal[49], Jacques Collin de Plancy mentionne Lucifer dans sa liste : « Selon certains magiciens, Lucifer règne sur l'Est et commande les Européens et les Asiatiques. Il est souvent qualifié de roi de l'enfer et il est supérieur à Satan.selon certains démonologues. Il a été évoqué lundi au milieu d'un cercle portant son nom et demeurant contenu lorsqu'un souris ou un liseron de venaison lui a été offert. L'un d'eux dit qu'il est facétieux et qu'il tire souvent des balais de sorcières pendant leur voyage vers le sabbat et les conduit sur ses épaules. Les sorcières de Moira en Suède l'ont attesté en 1672. Ils décrivent également Lucifer comme étant gris avec des bras bleus et des jupes-culottes rouges décorées de rubans. Lucifer a le visage d'un beau jeune enfant qui devient monstrueux et enflammé lorsqu'il est en colère. Selon certains démonologues, il est un amoureux de la justice en enfer. Il est également le premier à être invoqué dans les litanies du sabbat »[50].

  • 1863 : Lucifer. Illustration du Dictionnaire infernal de Jacques Auguste Simon Collin de Plancy par Louis Le Breton, 6e édition, 1863.

En 1872-1877, Émile Littré, Dictionnaire de la langue française[40].

Galerie[modifier | modifier le code]

  • 1840 : Antonio María Esquivel (1806-1857) : La loi de Luzbel, (Musée du Prado) : saint Michel archange et Lucifer.
  • 1848 : Guillaume Geefs (1805-1883) : Le Lucifer de Liège (cathédrale Saint - Paul, Liège).
  • 1850-1900: Andrea Malfatti (1832-1917) : Angelo caduto (Lucifero).
  • 1862 : Numéro trois d'une série de partitions illustrées à New York par Samuel Canty. Davis endormi sur une chaise à droite, sur le point d'être couronné par un démon ailé, Lucifer, qui se tient derrière lui.
  • 1870 : artiste inconnu : Punchinello Mayor Hall.
  • 1886 : Une des gravures du document de Léo Taxil, Les Mystères de la Franc-Maçonnerie, Paris, 1886. Cette illustration semble reprendre, sous une autre forme, l'accusation formulée contre les Templiers du Moyen-Âge que l'on avait accusés de vénérer le démon Baphomet lors d'une cérémonie secrète.
  • 1887 : couverture (en couleur) de l'édition du poème de Mario Rapisardi (it) Lucifero (écrit en 1877).

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Selon l'anthroposophie (début XXe siècle), il existe deux principes démoniaques qui s'opposent à l'évolution de l'humanité, mais qui la rendent aussi possible, Lucifer et Ahriman[51][source insuffisante]. Rudolf Steiner identifie Ahriman à Satan, lequel est bien distinct de Lucifer. Il est l'être qui fait de l'homme un être terrestre assujetti à la matière, alors que Lucifer et les forces lucifériennes tendent à l'en détacher. Ainsi, Lucifer agirait par exemple en l'homme dans toute activité artistique et toute activité intellectuelle, car elle élève l'homme au-dessus de sa nature physique[réf. nécessaire]. L'influence de Lucifer deviendrait malsaine quand elle agit au-delà de son action nécessaire, par exemple quand l'homme s'abandonne à l'égoïsme ou au narcissisme[réf. nécessaire].

Galerie[modifier | modifier le code]

  • 1902 : Mihály Zichy (1827-1906) / peintre et graphiste hongrois) : Lucifer contre le Seigneur (Madach).
  • 1910 : Richard Roland Holst (1868-1938) : Affiche théâtrale de Richard Roland Holst pour la mise en scène de la tragédie Lucifer de Joost van den Vondel en 1910.
  • 1915 : Caricature de Lucifer avec Juan Luis Sanfuentes (Espagne).

Culture (figure de Lucifer-Satan)[modifier | modifier le code]

Le nom de Lucifer est utilisé dans la contre culture et dans de nombreuses œuvres de fiction.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « lucifer - Dictionnaire Gaffiot français-latin - Page 923 », sur www.lexilogos.com (consulté le 9 mai 2019).
  2. Gaffiot - lucifer 1934 : Cicéron, De natura deorum, 2, 68 ; Lucrèce, De natura rerum, 5, 726 ; Ovide, Héroïdes, 11, 46.
  3. « Prudentius Psychomachia - Dickinson College Wiki », sur wiki.dickinson.edu (consulté le 8 mai 2019)
  4. « Prudence, cathemerinon. », sur remacle.org (consulté le 8 mai 2019)
  5. « Bible Gateway passage: II Petri 1 - Biblia Sacra Vulgata », sur Bible Gateway (consulté le 8 mai 2019)
  6. a et b « Bible Gateway passage: Apocalypsis 22 - Biblia Sacra Vulgata », sur Bible Gateway (consulté le 8 mai 2019)
  7. https://saintebible.com/sbl/2_peter/1.htm
  8. Zadoc Kahn (dir.), La Bible : traduite par le Rabbinat Français, , p. 774.
  9. a b c d e f et g Ecole biblique de Jérusalem, La Sainte Bible, Paris, Editions du CERF, 1955-1961.
  10. (en) Matthijs J. de Jong, Isaiah among the Ancient Near Eastern Prophets : A Comparative Study of the Earliest Stages of the Isaiah Tradition and the Neo-Assyrian Prophecies, coll. « Supplements to the Vetus Testamentum », , p. 139-142.
  11. McKay 1970, p. 451-464
  12. Sander & Trenel, Dictionnaire hébreu-français, p. 142.
  13. (en)Doug Kutilek, Notes on “Lucifer” (Isaiah 14:12, KJV)
  14. Les Pères de l'Église et Lucifer (Lucifer d'après Is 14 et Ez 28). Jean-Marc Vercruysse. Revue des sciences religieuses 75 n°2, 2001, pages 148 et 149. (Lien)
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  16. (en) Grant Macaskill, « 2 Enoch: Manuscripts, Recensions, and Original Language », dans Andrei A. Orlov et Gabriele Boccaccini (dir.), New Perspectives on 2 Enoch : No Longer Slavonic Only, , p. 93.
  17. (en) J. W. McKay, « Helel and the Dawn-Goddess: A Re-Examination of the Myth in Isaiah XIV 12-15 », Vetus Testamentum, Brill, vol. 20,‎ , p. 451-464 (JSTOR 1516469).
  18. (en) « The Mythological Provenance of Isaiah 14:12-15: A Reconsideration of the Ugaritic Material », sur webcache.googleusercontent.com (consulté le 10 mai 2019). Cette référence est tirée du cache d'une publication d'une organisation baptiste. La traduction automatique peut poser problème
  19. Bailly, Dictionnaire Grec Francais, Paris, Hachette, 1935-1995 (ISBN 2-01-001306-9, lire en ligne), "eôphoros", page 878
  20. Origène - Traducteur : Henri Crouzel, Traité des principes (Traduction et Commentaires en 5 Tomes de l'Original en 4 Volumes), Cerf (collection Sources chrétiennes), 1978-1984
  21. a et b Origène, Traité des principes, tome I. Livres I et II Introduction, texte critique de la version de Rufin, traduction par Henri Crouzel et Manlio Simonetti., Cerf (Sources chrétiennes 252), , 414 p. (ISBN 978-2-204-01325-3)
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  23. Bibliorum Sacrorum latinae versiones antiquae : seu, Vetus italica, et caeterae quaecunque in codicibus mss. & antiquorum libris reperiri potuerunt : quae cum Vulgata latina, & cum textu graeco comparantur., vol. 2, (lire en ligne), p. 543
  24. Charles Saumagne, « Saint Cyprien, évêque de Carthage, « Pape » d'Afrique (248-258). Contribution à l'étude des « persécutions » de Dèce et de Valérien », Études d'Antiquités africaines, no 2,‎ (ISSN 0768-2352, lire en ligne, consulté le 23 mai 2020)
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  27. (la) Jacques-Paul Migne, Patrologiae Cursus Completus, Series Latina - Tome IV - CYPRIANI, Paris, édition par l'éditeur Garnier, en 1891 d'un livre écrit en l'an 249, 698 p. (lire en ligne), Testimoniorum Ad Quirinum Adversus Judaeos - Liber Tertius, p635
  28. (la) La Vulgate - Bible Latine (lire en ligne), p. Livre d'Isaïe, verset 14.12
  29. Patrologiae cursus completus : Series latina (à lire à partir du Caput XV (chapitre 15), les mentions de Lucifer commencent à partir du deuxième paragraphe), t. 6 (lire en ligne), p. 472
  30. Saint Augustin, De la Genèse au sens littéral, livre 11, ch.24, §31 / [lire en ligne (page consultée le 13/06/2019)].
  31. De doctrina Christiana, Livre 3 (à propos d'Isaïe 14:12) : « Quod enim scriptum est apud Isaiam : "Quomodo cecidit de caelo Lucifer mane oriens ?", et cetera quae, sub figura regis Babyloniae de eadem persona vel ad eamdem personam dicta sunt in ipsa contextione sermonis, de diabolo utique intelleguntur ». La traduction proposée est : « Ces paroles d'Isaïe : "Comment a pu tomber Lucifer, qui s'élevait avec tant d'éclat dès le matin ?", et les suivantes qui, sous la figure du roi de Babylone, s'adressent à la même personne, s'appliquent clairement au diable ».
  32. Patrologia Latina - Tome 34 colonne 88 c.a.d à la page 49/662 de la version pdf consultable en ligne. Ou encore DE DOCTRINA CHRISTIANA LIBRI QUATUOR - Liber III - paragraphe 37. 55.
    Et en ce qui concerne la traduction française : Augustin d'Hippone, Œuvres Complètes de Saint Augustin (Annoté), 17 tomes, Louis Guérin, 1864 (French Edition). Édition du Kindle, emplacement 61296.
  33. (el) Jacques-Paul Migne, Patrologiae cursus completus, series graeca, t. 11, (lire en ligne), « Origenis ΠΕΡI AΡΧΩΝ. Libri Quatuor. Interpreta Rufino Aquileiensi presbytero. », p. 163-164
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  45. Le thème de Prométhée dans la littérature européenne Par Raymond Trousson
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  48. La Correspondance infernale, ou Epitre adressée au Seigneur Lucifer par son très-cher ou féal Lieutenant le sieur Th***, & Reponse dudit Seigneur Lucifer, De l'impr. infernale, (lire en ligne)
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