Moorea

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Moorea
Vue aérienne de Moorea.
Vue aérienne de Moorea.
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Archipel Îles de la Société
Localisation Océan Pacifique
Coordonnées 17° 29′ 31″ S, 149° 50′ 08″ O
Superficie 134 km2
Point culminant Mont Tohi'e'a (1 207 m)
Administration
Collectivité d'outre-mer Polynésie française
Démographie
Population 17 718 hab. (2017)
Densité 132,22 hab./km2
Plus grande ville 'Āfareaitu
Autres informations
Fuseau horaire UTC−10:00
Géolocalisation sur la carte : Polynésie française
(Voir situation sur carte : Polynésie française)
Moorea
Moorea
Géolocalisation sur la carte : îles Tahiti et Moorea
(Voir situation sur carte : îles Tahiti et Moorea)
Moorea
Moorea
Îles en France

Moorea (en tahitien : Mo'orea) est une île de Polynésie française qui fait partie des îles du Vent dans l'archipel de la Société. Située face à Tahiti, elle est le chef-lieu de la commune de Mo'orea-Mai'ao.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte de Tahiti avec Moorea à l'ouest.

Située à 17 kilomètres à l'ouest-nord-ouest de Tahiti, Mo'orea en est séparée par un profond chenal dépassant par endroits les 1 500 mètres.

De forme triangulaire, « l'île sœur » de Tahiti possède deux baies principales : la baie d'Ōpūnohu (ce nom vient des mots tahitiens ōpū : « ventre » et nohu : « poisson-pierre ») et la baie de Cook (du nom du célèbre navigateur James Cook).

Le tour de l'île fait 62 km.

Elle est entourée par une barrière de corail ouverte sur l'océan Pacifique en douze passes. Le lagon est classé comme zone humide d'importance internationale au titre de la convention de Ramsar.

D'une superficie de 133,50 km2, elle compte plus de 16 000 habitants regroupés dans plusieurs villages, principalement sur le littoral : Te'avaro, Maharepa, Paopao, Papeto'ai, Ha'apiti, 'Āfareaitu, Ti'ai'a et Vai'are.

Elle compte huit montagnes, en partant du point culminant de l'île :

- le mont Tohiea (1 207 m),

- le mont Rōtui, entre les baies de Cook et d'Ōpūnohu (899 m),

- le Mou'a roa (880 m),

- le Mou'a puta, "montagne percée" (830 m),

- le mont Tearai (770 m),

- le mont Tautuapae (769 m),

- le mont Fairurani (741 m),

- le mont Matotea (714 m).

Mou'a puta, comme son nom l'indique (mou'a : « montagne », puta : « percée ») a la curieuse particularité de présenter un large trou en son milieu. La légende raconte que c'est Pai[1] qui, avec sa lance, a percé cette montagne.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Jadis appelée 'Aimeho ou 'Eimeo, le nom tahitien actuel de Mo'orea se traduit par « lézard jaune », de moʻo qui signifie lézard et de rea qui signifie jaune[2]. Un grand prêtre serait à l'origine de ce changement de nom, sur un "Marae" (lieu de culte des anciens polynésiens).

Histoire[modifier | modifier le code]

L'île s'est peuplée à la même époque que Tahiti, il y a plus de 1000 ans, par des navigateurs venus de l'Asie du Sud-Est sur de grandes pirogues doubles.

Débarquant à Tahiti en 1767, Samuel Wallis est le premier Européen à l'apercevoir[3] mais ne jugea pas utile de l'explorer. Il l'appelle seulement l'île du Duc d'York.

Plus tard l'illustrateur Herman Spöring, le chirurgien Monkhouse et le naturaliste Joseph Banks, officier en second de James Cook et mandaté par lui, s'y rendent pour établir un observatoire astronomique depuis le motu irioa afin d'observer le transit de Vénus de 1769 depuis un second site.

Lors de son troisième et dernier voyage pour la Polynésie en 1777, James Cook se rend à Mo'orea pour la première fois. Il reste quelques jours dans la baie d'Ōpūnohu : la baie adjacente à celle-ci est nommée, en son honneur, baie de Cook. En 1817, des missionnaires anglais s'installent pour convertir les habitants de l'île et y construisirent une sucrerie et une usine de textile, sans succès car en 1843, la France annexe la Polynésie française.

Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, l'économie de l'île était basée sur le coprah, la vanille et le café.

Les années 60 sont marquées par le début des essais nucléaires, sous l'impulsion du CEP (Centre d'Expérimentation du Pacifique). Les essais se poursuivront jusqu'en 1996. En parallèle, le soutien financier de l'Etat français entraîne la mise en place d'une économie basée sur le tourisme et la perle notamment.

Dans les années 1970, on continue de cultiver du coprah, l'ananas dans la vallée de 'Ōpūnohu et on y construit une usine de jus de fruits (Jus Rotui). Cette usine est un pôle économique à Mo'orea, elle emploie une quarantaine d'employés. Mo'orea est devenue le principal centre de plantation d'ananas en Polynésie française.

Vue panoramique de la baie de Cook avec Mou'a puta (à gauche), Mou'a roa, aussi connu sous le nom mont Bali Hai (au centre) et le mont Rōtui (à droite), Mo'orea, Polynésie française (octobre 2008)

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1977.

À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee, mais la loi relative à la démocratie de proximité du a, dans ses articles consacrés au recensement de la population, instauré des recensements de la population tous les cinq ans en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française, à Mayotte et dans les îles Wallis-et-Futuna, ce qui n’était pas le cas auparavant.

Concernant la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2002, les précédents recensements ont eu lieu en 1996, 1988, 1983, 1977 et 1971. son évolution est la suivante :

1848 [4] 1860 [5] 1887 [6] 1977 1983 1988 1996 2002 2007 2012[7] 2017[8]
1 372 1 114 1 557 5 788 7 249 9 032 11 965 14 550 16899 17816
Sources ISPF[9] - Bulletin Officiel de l'Océanie 1848 - Messager de Tahiti 1861

Monuments[modifier | modifier le code]

Depuis 1998, le lagon de Moorea a la particularité de détenir 8 statues immergées, des Tiki, représentants les dieux polynésiens.[10]

L'artiste a souhaité immerger ces oeuvres en face du temple protestant érigé autrefois par les colons anglais, pour symboliser la violence du rejet du culte polynésien par les occupants anglais de l'époque. Ainsi, les anciens polynésiens étaient contraints de renoncer à leurs croyances.

Les statues étant situées à faible profondeur et regroupées, elles sont visibles depuis la surface et facilement accessibles par des activités nautiques telles que le snorkeling.

Par ailleurs, Moorea détient en ses terres plusieurs Marae, lieux de cultes sacrés où les anciens habitants pratiquaient des cérémonies religieuses ou des activités de vie commune.

Ces monuments étaient constituées notamment d'assemblages de pierres de faible hauteur à l'intérieur desquels, concernant certains Marae, seuls les personnes importantes étaient autorisées à pénétrer.

Les 17 Marae de Moorea sont répartis sur les territoires de 4 villages.

Transport[modifier | modifier le code]

Il existe deux moyens de transport pour la traversée de Mo'orea à Tahiti :

Économie[modifier | modifier le code]

Champ d'ananas

Les principales activités sont le tourisme, la culture de l'ananas et la pêche. On y trouve également une plantation de vanille bien que le seul insecte pollinisateur de cette plante, l'abeille mélipone, ne soit pas présente en Polynésie française.

Moorea est la troisième île la plus visitée de la Polynésie française après Tahiti et Bora-Bora. De nombreuses plages de sable blanc et plusieurs complexes hôteliers s'offrent aux touristes.

Moorea également réputée comme l'« île des chercheurs » de Polynésie française par la présence de deux stations de recherche internationales importantes : la station Richard B. Gump, station de terrain de l'université de Californie à Berkeley en baie de Cook, et l'Institut des récifs coralliens du Pacifique, issu du CRIOBE[11] (Centre de recherches insulaires et observatoire de l'environnement), rattaché à l'École pratique des hautes études (EPHE) en baie de 'Ōpūnohu.

L'écomusée Fare Natura, inauguré par le Président de la République Emmanuel Macron lors de sa visite en Polynésie française en juillet 2021, a vocation à vulariser et transmettre au grand public des connaissances scientifiques et culturelles sur le milieu naturel polynésien.

Né en 2012 d'une idée originale des chercheurs du CRIOBE et soutenu par le Gouvernement de Polynésie française, le Fare Natura propose une pluralité d'approches de la richesse de la biodiversité polynésienne, par les sciences naturelles et sociales, ainsi que par des approches naturalistes, artistiques et même sensorielles.

Le musée regroupe 4 aquariums :

- le premier présente la mangrove dans un milieu semi-aquatique, avec notamment des crabes et des nurseries de poissons,

- le deuxième met en scène les poissons multicolores du lagon avec des coraux issus des tables de bouturage du CRIOBE,

- le troisième représente la crête récifale avec des vagues reproduites artificiellement,

- le quatrième fait découvrir au visiteur un milieu de "moyenne lumière", situé entre 50 et 100 m de profondeur, sur la pente externe de l'océan.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Lagon près d'un hôtel.
Navire dans la baie Cook.

Les activités proposées sont essentiellement nautiques : plongée, promenade en pirogue, découverte des animaux du lagon. Aujourd'hui interdite à l'intérieur du lagon, une des activités phare mais contestée est le nourrissage de requins (requins à pointes noires, requins-citrons, requins gris de récif)[12].

A l'intérieur des terres, l'ile recèle des endroits remarquables tels que :

- le point de vue de Toatea à Temae, permettant d'admirer le lagon et la vue sur Tahiti,

- le belvédère, situé à 240 m d'altitude, qui donne une vue imprenable sur les 2 baies avec, au centre, le Mont Rotui.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Les quatre saisons de L'Île des vérités y sont tournées (de 2011 à 2014). Tout comme les trois saisons de Tahiti Quest. La quatrième a été tournée en .

Personnalités[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Vue satellite de l'île.
Depuis Tahiti
  1. Légende de Pai et sa lance magique
  2. En tahitien moderne, jaune se dit reʻareʻa alors que reʻa désigne le safran d'Océanie, Académie tahitienne, Dictionnaire tahitien-français en ligne [lire en ligne]
  3. Pierre-Yves Toullelan, Tahiti et ses archipels, Éditions Karthala, , p. 61.
  4. Bulletin Officiel de l'Océanie du mois d'avril 1848 / Messager de Tahiti de 1861, n°23 p.3
  5. Messager de Tahiti de 1861, n°23 p.3
  6. Annuaire des Etablissements Français de l'Océanie, 1892, p.239
  7. [1], Institut de la statistique de la Polynésie française (ISPF), consulté le 11 mai 2020.
  8. [2],Institut de la statistique de la Polynésie française (ISPF), consulté le 11 mai 2020.
  9. Population, naissances et décès entre deux recensements (RP), Institut de la statistique de la Polynésie française (ISPF), consulté le 27 février 2019.
  10. « Sculpture sous-marine, le monde englouti de Mu », Tahiti héritage,‎ (lire en ligne)
  11. Centre de Recherches Insulaires et Observatoire de l’Environnement (CRIOBE) sur ird.fr
  12. (fr) GIE Plongée, Mo'orea [lire en ligne]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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