Serge Toubiana

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Serge Toubiana
Description de cette image, également commentée ci-après
Serge Toubiana animant une table ronde[1]
à la Cinémathèque française.
Naissance (68 ans)
Sousse
Nationalité française
Profession critique de cinéma

Serge Albert Toubiana, né le à Sousse en Tunisie, est un journaliste et critique de cinéma français. Il a été, de 2003 à 2016, le directeur de la Cinémathèque française. Il est président d'Unifrance depuis juillet 2017[2],[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Serge Toubiana naît en Tunisie de parents juifs sépharades ; son père est horloger, sa mère institutrice. Il a un frère et deux sœurs. Ses parents sont des adhérents militants du parti communiste tunisien. En juillet 1962, la famille déménage à Grenoble à cause de la crise de Bizerte.

Le premier film, du moins son premier souvenir-écran qu'il visionne, est La strada de Federico Fellini en 1956 ; il décrit une relation de peur, de claustrophobie ; il ne revoit le film qu'en 2009 lors d'une rétrospective à la cinémathèque[4].

Il est scolarisé à Grenoble, puis part à Paris, en juillet 1971, suivre des cours de cinéma à l'université Paris 3 - Sorbonne Nouvelle (Centre Censier). Il s'éduque au lycée Champollion — son professeur est Jean-Louis Leutrat.

Serge Toubiana rejoint les Cahiers du cinéma fin 1972 dans le numéro double 242-243. C'est le moment de la période maoïste militante poussée par Philippe Pakradouini, une période décrite comme catastrophique, éloignée du cinéma. La parution est trimestrielle ; Serge Daney témoigna même d'une période commerciale catastrophique (2 000 abonnés dont 500 universités nord-américaines qui renouvellent automatiquement). Les Cahiers créent un journal de 16 pages à l'intérieur, Toubiana en est le rédacteur en chef. En 1978, il gère les Éditions de l'étoile. Il est à l'origine du rapprochement temporaire Cahiers du Cinéma-Gallimard[5].

L'apport de Toubiana est marqué par un retour au cinéma, l'invention du terme péjoratif de « fiction de gauche »[6] et la réhabilitation de François Truffaut. Il participe alors à sa seule collaboration scénaristique, qu'il décrit comme sans lendemain : Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère... de René Allio d'après Michel Foucault[7].

Serge Daney quitte les Cahiers du cinéma pour Libération en juin 1981, et Toubiana devient rédacteur en chef de la revue. Son travail sera marqué par les numéros centenaires, ceux en hommage à Truffaut, Les Yeux verts, les numéros Made in USA puis Made in Hong-Kong et Made in URSS[8].

En 1992, il confie la rédaction à Thierry Jousse au no 459 mais reste directeur de la rédaction, un poste symbolique. Il reste gérant des Éditions de l'étoile. La même année, il est membre du jury du festival de Cannes dirigé par Gérard Depardieu, une expérience mitigée par le palmarès controversé qui ne satisfit guère.

De 1991 à 1995, il se chargea avec Michel Piccoli et Alain Crombecque de gérer l'opération Premier Siècle de cinéma.

Il revient aux Cahiers en 1996 comme directeur de la rédaction, il déclara qu'il regrettait cette décision. Il quitta définitivement les Cahiers en 2000[9].

En 2000, il collabora avec Marin Karmitz sur la conception de bonus des DVD de la collection vidéo MK2[10].

En 2001, il présenta sur France Culture l'émission Bandes à part[11].

Serge Toubiana devient directeur de la Cinémathèque française en mai 2003.

Le , il est nommé président du conseil d'administration de l'École nationale supérieure d'architecture de Paris-Malaquais[12]. Son mandat est renouvelé le [13].

En 2015 et 2016, il est président de la commission d'avance sur recettes[14].

Il annonce son départ de la Cinémathèque française en juillet 2015 ; Frédéric Bonnaud lui succède en janvier de l'année suivante. En 2016, le jour de la passation de pouvoir entre l'ex et le nouveau directeur de la Cinémathèque française, une lettre filmée d'une étudiante et ex-employée dénonce les conditions de travail des personnels d'accueil de l'institution[15].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il était le compagnon d'Emmanuèle Bernheim, écrivaine, décédée le 10 mai 2017[16],[17].

Décorations[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

Scénarios[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le sur la question « Mai 68 a-t-il été filmé ? ».
  2. « Serge Toubiana nommé à la tête d'Unifrance », Les Inrocks,‎ (lire en ligne)
  3. « Serge Toubiana élu à la présidence d'UniFrance », Unifrance,‎ (lire en ligne)
  4. Toubiana 2016, chap.1 La Strada.
  5. Toubiana 2016, chap. 9 à 14.
  6. Selon Mythologie politique du cinéma français, il employa ce terme lors de la sortie d'Un condé, désignant les films réactionnaires critiquant les institutions en place pour que la gauche accède au pouvoir.
  7. Toubiana 2016, chap.8 : Vitesse du Cinéma.
  8. Toubiana 2016, chap. 15 : Partir Revenir.
  9. Toubiana 2016, chap.20 : Retour critique.
  10. Toubiana 2016, chap.23 : Vive le DVD.
  11. Toubiana 2016, chap.24 : Bandes à part.
  12. Arrêté du 29 mai 2009 portant nomination du président du conseil d'administration de l'Ecole nationale supérieure d'architecture de Paris-Malaquais.
  13. Arrêté du 24 juin 2011 portant nomination du président du conseil d'administration de l'École nationale supérieure d'architecture de Paris-Malaquais.
  14. Toubiana 2016.
  15. A Medvedkine, « Lettre ouverte à la Cinémathèque française », (consulté le 31 juillet 2017).
  16. « Serge Toubiana : "dès qu'il y a de la violence, ma vision rétrécit" », sur Libération,
  17. a et b « Récit. Serge Toubiana dans la lumière d'Emmanuèle Bernheim ». Avec « Les Bouées jaunes », le critique de cinéma livre un adieu solaire à sa compagne, l'écrivaine Emmanuèle Bernheim, morte en mai 2017.
  18. Décret du 31 décembre 2015.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]