Inondation de la centrale nucléaire du Blayais en 1999

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45° 15′ 21″ N 0° 41′ 35″ O / 45.255833, -0.693056

Lieu de la centrale nucléaire du Blayais en France
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Localisation de la France dans le Monde
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Lieu de la centrale nucléaire du Blayais en France

L'inondation de la centrale nucléaire du Blayais est un incident nucléaire classé au niveau 2[1] qui s'est produit le à la centrale nucléaire du Blayais.

Circonstances[modifier | modifier le code]

Les vents violents produits par la tempête Martin provoquèrent une brusque montée des eaux de l'estuaire de la Gironde et l'inondation d'une partie de la centrale.

Gonflées par une grande marée et poussées par des vents de plus de 140 km/h, les vagues ont franchi la digue qui devait protéger la centrale[2].

Dès 20h00, la route d'accès à la centrale devient impraticable[2].

Une surtension sur le réseau électrique va d'abord provoquer l'arrêt d'urgence de deux réacteurs (le 2 et le 4). Pendant l'incident, le refroidissement des deux cœurs est assuré par les moteurs Diesel de secours[2].

Un peu plus tard, le courant électrique est rétabli sur l'une des deux lignes à très haute tension qui prend ainsi le relais des groupes électrogènes[2].

À 0h30, des débris charriés par la Gironde en crue viennent obstruer une pompe de refroidissement du réacteur 1, qui se met lui aussi en arrêt d'urgence. En sous-sol, les galeries techniques sont noyées par une eau boueuse qui envahit le bâtiment de stockage du combustible. Le réacteur perd deux systèmes essentiels pour sa sûreté. À 0h30, le local qui abrite les deux stations de pompage du circuit de refroidissement du réacteur 1 est inondé[2].

Devant la gravité des événements, l'autorité de sûreté à Paris actionne pour la première fois la gestion nationale de crise[2].

Ce jour-là, selon la presse alternative Dissident Media[3] : on a frôlé la catastrophe majeure[2],[4]. De nombreux journaux ont mentionné un « accident »[5]. Pourtant, l'incident a été classé au niveau 2 seulement sur l'échelle INES.

Un reportage de France 3 donne un aperçu du site quelques jours après l'inondation[6]. Le Réseau Sortir du nucléaire médiatise l'incident en y dénonçant un « Tchernoblaye raté »[7].

Mesures de protection insuffisantes[modifier | modifier le code]

Deux ans avant l'inondation, EDF savait que la digue de protection n'était pas assez haute. En 1997, une note technique émanant du service de l'équipement d'EDF (révélée à l'époque par Le Point n° 1426), préconisait de rehausser la digue de 50 cm. Par la suite, la Direction régionale de l'Industrie, de la Recherche et de l'Environnement avait demandé que les travaux soient engagés dans les plus brefs délais. La DRIRE avait déclenché une inspection sur les risques d'« agressions externes »[2]. Un mois avant l'inondation elle écrivait :

« Contrairement à ce qui avait été annoncé, l'inspection n'a pu que constater le décalage dans la mise en conformité de vos installations par rapport au risque d'inondation. »

— DRIRE Aquitaine, le [2]

Les suites[modifier | modifier le code]

Le 23 avril 2000, en réaction à l'inondation de décembre 1999, une manifestation organisée par l'association Tchernoblaye rassemble (selon les sources) de 1 000 à 2 000 personnes pour exiger la fermeture de la centrale[8].

Selon la physicienne nucléaire Monique Sené, chercheuse au CNRS et cofondatrice du GSIEN, 16 réacteurs français sont menacés par ces inondations en cas de forte tempête[2].

Laurent Stricker, directeur de la production nucléaire à EDF, indique, en avril 2000, que l'inondation de décembre 1999 a eu des effets sur l'ensemble du parc des centrales d'EDF : il a été demandé aux directeurs des dix-neuf sites nucléaires français de vérifier toutes les procédures et le fonctionnement des mécanismes en cas d'inondations pour, si nécessaire, les renforcer. Les dispositions de conception des centrales ont été revues « une par une » pour « empêcher l'eau de pénétrer dans l'installation et, si elle passait quand même, faire en sorte qu'elle ne touche désormais aucun des circuits vitaux de l'installation »[9].

L'autorité de sureté nucléaire a demandé à EDF de prendre des engagements pour conforter la protection de la centrale contre l’inondation . Dans son rapport de 2007, l'ASN estime «  globalement satisfaisante la sûreté nucléaire de la centrale du Blayais »[10].

En mars 2011, le groupe des élus Europe Écologie Les Verts Communauté Urbaine de Bordeaux, rappelant l'incident de 1999, demande l'extension du périmètre du plan particulier d'intervention à l'agglomération bordelaise située à 45 kilomètres de la centrale, alors qu'actuellement il concerne seulement les territoires inclus dans un rayon de 10 kilomètres[11].

En août 2011, la Commission locale d'information nucléaire (Clin) de la centrale du Blayais rappelle que la centrale est située dans une zone inondable ainsi en décembre 1999 la route d'accès à la centrale avait été inondée rendant impossible l'accès des secours. Aussi la Clin demande des travaux afin de rendre accessible la centrale nucléaire lors de futures inondations. Le niveau de la route doit être remonté d'un mètre[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]