Accident nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux de 1969

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Accident nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux
Les réacteurs graphite-gaz A1 et A2 de la centrale
Les réacteurs graphite-gaz A1 et A2 de la centrale

Type Accident nucléaire de niveau 4
Pays Drapeau de la France France
Localisation Saint-Laurent-des-Eaux
Coordonnées 47° 43′ 12″ nord, 1° 34′ 49″ est
Date
Classement de l'événement sur l'échelle INES élaborée en 1990 à la suite de l'accident de Tchernobyl

L’accident nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux de 1969 est un accident nucléaire classé au niveau 4[1] de l'échelle INES qui s’est produit le dans le réacteur A1 (filière UNGG) de la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux, en France.

En 1980, il y a eu un autre accident similaire dans le réacteur A2 de cette centrale.

Circonstances[modifier | modifier le code]

Le , 50 kg de dioxyde d’uranium sont entrés en fusion au cœur du réacteur lors d’une opération de chargement du réacteur graphite-gaz no 1, sur l’ancienne centrale[2].

La contamination aurait été limitée au site. L'endommagement et la mise à l'arrêt prolongée d'une installation nucléaire ne pouvant être dissimulée aux employés et riverains, l'intention de rétention d'information est peu probable[3]. Cependant à défaut de preuve d'une communication au public[3], certaines sources considèrent qu'aucune information n’a été révélée à la population[4],[5].

L'événement a été ultérieurement classé au niveau 4 (accident) de l'échelle Inès créée en 1990 à la suite de l’accident de Tchernobyl[2].

Le nettoyage[modifier | modifier le code]

Une dizaine de jours après l’accident, le temps que le combustible nucléaire refroidisse, les opérations de nettoyage commencent. Celles-ci ont été faites principalement à l’aide de moyens commandés à distance[6], mais ont aussi mobilisé des centaines de « nettoyeurs » qui restaient environ 2 min dans l’enceinte[2] (une dizaine selon l’IRSN[6]). Pendant deux semaines, 105 travailleurs sont entrés dans le caisson règne un débit de dose de 20-30 rem/h (300 mSv). Les agents qui ont travaillé directement dans l’entresol (zone la plus exposée) ont reçu des doses allant de 2 à 5,4 rem (20 à 54 mSv). La rotation des interventions et la faible irradiation du combustible (quasi neuf) ont évité des doses plus importantes[7].

Au terme des opérations de nettoyage, 47 kg d’uranium ont été récupérés. Le réacteur a été redémarré le [6].

Il a été construit sur le site (hors zone) une maquette grandeur nature de l’ensemble à nettoyer dédié à l'entraînement des nettoyeurs afin qu’ils puissent travailler plus vite[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), « Page de l'accident sur le site de l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) », sur https://www.asn.fr
  2. a b c et d Le jour où la France a frôlé le pire, Le Point, le , consulté le
  3. a et b Philippe GUIGNARD, Serge CATOIRE, « Rapport à Madame la Ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie : Les incidents et accidents nucléaires dans la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux sur les réacteurs uranium naturel – graphite – gaz », sur vie-publique.f, (consulté le )
  4. Nucléaire : la politique du mensonge ?, reportage vidéo de Jean-Baptiste Renaud pour Spécial Investigation, diffusé sur Canal+ le .
  5. Le Point magazine, « Le jour où la France a frôlé le pire », sur Le Point, (consulté le )
  6. a b et c Note d’information sur les accidents ayant affecté les réacteurs nucléaires du site de Saint-Laurent-des-Eaux en 1969 et en 1980, site de l’IRSN, le , consulté le
  7. M.J Grand et M. J Hurtiger, « Aspect de radioprotection pendant les interventions de Saint-Laurent-des-Eaux », Bulletin d'information de l'Association technique pour l'énergie nucléaire (ATEN), n° n°91, septembre-octobre, 1971,‎ , p. 38-53 (Non dispo)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Jean-Michel Décugis, Christophe Labbé et Olivia Recasens, « Le jour où la France a frôlé le pire : Exclusif. C’est à Saint-Laurent-des-Eaux qu’a eu lieu le plus grave accident nucléaire français », Le Point, no 20405 « Spécial nucléaire – 60 ans de secrets d’État, notre enquête »,‎ , p. 86-88 (ISSN 0242-6005, lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]