Institut national des radioéléments

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Institut National

des Radioéléments (IRE)

logo de Institut national des radioéléments

Création 1971
Slogan L'excellence Pour La Vie
Siège social Avenue de l’Espérance 1, 6220 Fleurus
Drapeau de Belgique Belgique
Activité Médecine nucléaire
Filiales IRE, IRE ELiT, IRE Lab
Effectif 278 (fin 2020)
Site web https://www.ire.eu/

L’IRE[1] ou Institut National des Radioéléments est une fondation d‘utilité publique belge créée en 1971 dont l’activité principale est la production de radio-isotopes pour des applications de diagnostic et de thérapie dans le domaine de la médecine nucléaire. Elle est implantée dans le site industriel situé à Fleurus, dans le Hainaut.

Activités[modifier | modifier le code]

L’IRE est le leader mondial de la production de Molybdène-99, l’isotope « parent » du Technetium-99 métastable, et le plus utilisé en médecine nucléaire pour de nombreux examens (le cœur, les os, les poumons, la thyroïde, le cerveau, les reins, etc.). Au-delà de ses activités de production, l'IRE contribue à la protection et à la surveillance de l’environnement via ses services de mesure de la radioactivité dans divers échantillons ; de caractérisation radiologique de déchets et d’éléments contaminés et de consultance et d’assistance technique dans les domaines radiologique et nucléaire.

C'est le pendant wallon du SCK-CEN de Mol. L'entreprise ne dispose pas de réacteur nucléaire sur le site et fait appel au réacteur BR-2 du SCK-CEN, au réacteur Osiris du CEA de Saclay et au réacteur HFR de Petten[2] aux Pays-Bas.

De son côté, IRE ELiT est la filiale Innovation de l’IRE fondée en 2010 pour développer dans leur intégralité des médicaments radiopharmaceutiques utilisés pour l’imagerie et le traitement de certains cancers et les soins palliatifs.

Histoire[modifier | modifier le code]

Pionnier du nucléaire, René Constant a créé l’Institut national des Radioéléments à Fleurus, en 1971, au moment où Charleroi prend conscience de la nécessité d’assurer sa reconversion. Docteur en Chimie de l’Université libre de Bruxelles, spécialiste du nucléaire (il a travaillé au Centre de l’Énergie nucléaire dans les années 1960), R. Constant consacre sa vie au développement de l’IRE. Directeur général de l’Institut national des Radioéléments (IRE), il reçut le Prix Bologne-Lemaire du Wallon de l’Année 1987[3].

Années 1971 à 1978[modifier | modifier le code]

1971, création de l'IRE

Entre 1971 et 1973, L'institut national des radioéléments est créé et les premières constructions apparaissent[4].

1973-1978, construction de six bâtiments sur le site de Fleurus

Entre 1973 et 1978, le premier transfert d'activités s'effectue vers Fleurus. Sur ce site, six bâtiments seront créés. Ces locaux serviront à lancer la production d'131I et de 99Mo ainsi que la première fabrication d'123I. Il y aura deux innovations majeures durant cette période, l'une sera la création d'une section de radioimmunologie et l'autre sera la création d'une unité de traitement par irradiation au 60Co. Le matériel médical va également connaître des changements, celui-ci va commencer à être stérilisé[5] dans le but d'éliminer ou de tuer les micro-organismes portés par des milieux inertes contaminés.[6]

Années 1978 à 1991[modifier | modifier le code]

Durant cette vingtaine d'années, l'Institut des radioéléments va grandement se développer et être reconnue dans le domaine pharmaceutique. L'entreprise va créer deux infrastructures pour améliorer le contrôle de sa production. La première est son premier cyclotron et la seconde est sa filiale de transport : TRANSRAD.

Pendant cette période, l'IRE va lancer cinq productions différentes :

  • Une production de thymidine tritiée.
  • Une production de détecteurs d'incendie au 85Kr.
  • Une production de disques de 60Co.
  • Une production de gammagraphie industrielle à l'192Ir.
  • Les préparations radioactives injectables à partir du 59Fe, du 47Ca, du 197Hg, du 85Sr, ainsi que des fils et épingles d'192Ir (utilisés en curiethérapie).
Cellule pour la production d'iridium-192


L'entreprise publique va être à l'origine du concept d'élution répétitive de générateur sec 99mTc et va réussir à créer des molécules marquées au tritium et au 14C[5].

Années 1991 à 2008[modifier | modifier le code]

Vente des activités radiopharmaceutiques au groupe NORDION

Durant cette période, l'IRE subit une régionalisation d'une partie de ses activités. Cela va engendrer :

  • La vente des activités radiopharmaceutiques au groupe NORDION
  • Cession des activités de stérilisation et radio immuno essais.
  • Recentrage de l'IRE sur la production des radioisotopes 99Mo, 131I, 133Xe.


L'entreprise va connaître des investissements importants dans le cadre du redéploiement des activités radiopharmaceutiques. Elle va développer différents équipements de télésurveillance de la radioactivité de l'environnement et missions de surveillance radiologique du territoire. IBA va réaliser un investissement majeur dans le cyclotron prototype 14 MeV SE sur le site de Fleurus.[7]

Années 2008 à 2010[modifier | modifier le code]

La société se développe, elle va étendre ses activités commerciales au niveau mondial (Amérique du nord, Asie, ...). Durant ces 2 années, l'IRE va imposer sa prise de leadership au niveau mondial pour la production de 99Mo et d'131I, elle va également réaliser des investissements considérables dans la rénovation des installations au niveau de la sûreté, sécurité et qualité[8].

En 2010, la filiale IRE ELiT est créée. Il y a une reprise des activités radiopharmaceutiques dans les domaines du diagnostic et de la thérapie (188Re, 68Ga, ...)[9].

L'entreprise va signer d'importants contrats d'expertise au niveau mondial (Commission Européenne, IAEA, ...)[7].

Logo IRE-IRE ELiT

Années 2010 à 2015[modifier | modifier le code]

Au niveau de son chiffre d'affaires, la société va connaître une évolution constante : +140% entre 2010 et 2015. Le personnel va également connaître une forte croissance : +53 %.

L'institut des radioéléments va mettre en place une nouvelle politique de communication orientée vers son environnement. l'IRE va créer un premier partenariat avec les universités belges dans le domaine de la recherche médicale et ouvrir un partenariat de recherche au niveau mondial. Elle va prendre une participation majeure dans le HLG (High Level Group) du NEA/OCDE pour la sécurité de l'approvisionnement des radioisotopes médicaux.

L'IRE va commencer à prendre un rôle important dans l'AIPES (Association of Imaging Producers & Equipment Suppliers). Et elle va également commencer à jouer un rôle dans le Health Cluster de BIOWIN.[7]

Années 2015 à 2020[modifier | modifier le code]

En 2016, IRE ELiT lance le Galli Eo (générateur de Germanium-68/Gallium-68) sur le marché, il s'agit d'une avancée majeure et totalement innovante dans le domaine de l'imagerie des cancers.[10]

Galli Eo (générateur de Germanium-68/Gallium-68)


En 2018, l'IRE annonce un partenariat avec la société ASML, ayant pour but de développer une nouvelle méthode de production d'isotopes médicaux, sans fission, tel que le Mo-99/Tc-99m. C'est le début du projet SMART.[11]

Projet SMART


L'IRE et le SCK Cen annoncent la signature d'une partenariat public-public baptisé RECUMO qui apporte une solution structurelle pour gérer les résidus issus de la production de radio-isotopes médicaux entreposés sur le site de l'IRE à Fleurus.

La filiale franchit une étape clé dans la conquête du marché des produits radiopharmaceutiques et obtient l'autorisation de mise sur le marché en Europe, de son générateur de Gallium-68, qui s'appellera désormais Galli Ad sur ce territoire[7].

Logo IRE Lab

En 2019, l'IRE va encore s'agrandir en officialisant l'acquisition des activités de la Business Unit Service de sa filiale IRE ELiT. La BUS s'appelle désormais IRE Lab[12].

La Business Unit Service d'IRE ELiT lance officiellement RAMSES, le premier système automatique de surveillance radiologique en temps réel, sur le marché lors du congrès SFRP.

Le premier transport de matière irradiée a été réalisé de Fleurus à Mol. Ce transport s'inscrit dans le contexte du partenariat public-public qu'a conclu l'IRE et le SCK CEN.[13]

IRE ELiT et Isologic annoncent l'approbation comme médicament du générateur de Gallium-68, Galli Eo, au Canada[14].

Deux évènements majeurs se dérouleront en 2020, l'IRE et le centre de recherche SCK CEN signent un partenariat public-public dont le but est, dans un premier temps, la production du radio-isotope lutétium-177 (Lu-177). IRE ELiT étend sa gamme de produits en lançant sur le marché mondial un générateur dédié à la recherche pré-clinique, Galli RD.[7]

IRE ELiT[modifier | modifier le code]

Afin de se rapprocher des patients et de renforcer son rôle international d’acteur majeur dans le domaine de la médecine nucléaire, l’IRE - IRE ELiT a diversifié ses activités dans la production de produits radiopharmaceutiques.[12]

A l’aide d’investissements significatifs dans des installations cGMP permettant d’effectuer les étapes nécessaires de purification et de stérilisation d’Ingrédients Pharmaceutiques Actifs (produits radiochimiques), nous fournissons désormais des solutions répondant aux exigences requises de qualité de produits radiopharmaceutiques et pouvant être administrées directement aux patients par des médecins spécialisés pour le diagnostic ou le traitement de maladies.[15]

Le Ga-68 est principalement utilisé dans le domaine de l’oncologie, grâce au développement et à la disponibilité de nouvelles molécules marquées au Ga-68 comme, par exemple, pour le diagnostic des tumeurs neuroendocrines ou la détection du cancer récurrent de la prostate[16].

IRE Lab[modifier | modifier le code]

Activités IRE Lab

En ligne avec la vision d’IRE-IRE ELiT que tout être humain a droit à la santé dans un environnement sain, IRE Lab contribue au quotidien à la protection de l’environnement, des travailleurs et de la population.

Grâce à son accompagnement personnalisé et son expérience industrielle reconnue, IRE Lab est le partenaire de référence en conseil et solutions sur mesure pour le contrôle et l’analyse de la radioactivité.

IRE Lab propose une approche unique de la mesure et du contrôle de la radioactivité centrée sur l’accompagnement personnalisé de ses clients. La structure est flexible, dynamique et multidisciplinaire bénéficiant d’un large parc d’équipements modernes. Dans cette optique, elle développe des solutions adaptées à la demande du client en garantissant des services de qualité toujours centrés sur votre satisfaction[17].

Nouveau cyclotron[modifier | modifier le code]

Cyclotron d'une énergie de 30 MeV prévu pour 2023

L’IRE a choisi IBA pour installer sur son site un cyclotron d’une énergie de 30 MeV et dont la mise en service est prévue pour 2023. L’installation de ce nouvel accélérateur de particules, le Cyclone IKON, permettra à l’IRE de produire directement et à la demande le Germanium-68 (Ge-68), matière première des générateurs de Germanium-68/ Gallium-68, dont la demande est en croissance rapide, et qui sont fabriqués sur le site de Fleurus par sa filiale pharmaceutique IRE ELiT pour servir les hôpitaux du monde entier.

Cet investissement donnera l’opportunité à l’IRE de maîtriser la chaîne de production complète de ses générateurs radiopharmaceutiques de Ga-68 pour approvisionner au mieux ses clients, mais aussi de diversifier ses activités de recherche avec la possibilité dans le futur de produire via ce cyclotron d’autres radioisotopes pour des applications innovantes en médecine nucléaire. Ce projet est en ligne avec la stratégie d’innovation et de diversification de l’Institut. Le projet dans sa globalité est estimé à 30 millions d'euros. [18]

Irradiation d'un travailleur chez Sterigenics en 2006[modifier | modifier le code]

Le 11 mars 2006, un ouvrier travaillant à l'irradiation des aliments chez Sterigenics a été fortement irradié par la source de rayonnement ionisant au Cobalt-60. Il est entré dans le local alors que la source n'avait pas été mise en sécurité et a reçu une forte dose, potentiellement mortelle, de 4,4 à 4,8 grays. C'est un accident INES 4. L'IRE avait un contrat de gestion de la sécurité dans l'entreprise[19].

Rejet d'iode radioactif en 2008[modifier | modifier le code]

Le 25 août 2008, l'IRE fait aveu d'un incident ayant provoqué un rejet d'iode-131, par une cheminée, estimée à 45 gigaBecquerel (incident provisoirement évalué à 3 sur l'échelle de l'INES). L'émission, longue, mais de faible intensité n'a pas été détectée par le réseau Telerad[20].

Contamination d'un employé en 2016[modifier | modifier le code]

le 14 janvier 2016, Lors d'une opération de "remise en état" de cellules de production, une contamination à de l'iode 131 a eu lieu dans un laboratoire de l'IRE. Plusieurs employés étaient sur place, dont un a présenté une faible irradiation (sous le seuil réglementaire). Par ailleurs, une émanation d'iode 131 a eu lieu au niveau d'une cheminée, aussi en quantité faible. L' incident a été classé niveau 1 sur l'échelle INES, échelle allant de 0 à 7[19].

Incidents de conditionnement et d'envois en 2018[modifier | modifier le code]

Le 23 juin 2018, une erreur de conditionnement dans un envoi de colis a eu lieu. Trois flacons de molybdène-99 envoyé par l'IRE à un client étaient en surcapacité. Ils contenaient chacun 1 à 2 millilitres excédentaires dans des flacons normalement limités à 20 millilitres. Cet évènement fut classé de Niveau 1 sur l'échelle INES[21]. (échelle allant de 0 à 7)

Le 27 juin 2018, l’IRE a inversé deux colis et leurs destinataires, contenant de l’iode 131 à la suite d'une erreur humaine. L’incident a également été classé à 1 sur l’échelle INES.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « IRE - IRE ELiT - S'investir pour la vie. », sur www.ire.eu (consulté le )
  2. (nl) Kerncentrale Petten (nl)
  3. « René Constant | Connaître la Wallonie », sur connaitrelawallonie.wallonie.be (consulté le )
  4. « Notre histoire », sur www.ire.eu (consulté le )
  5. a et b « Notre histoire », sur www.ire.eu (consulté le )
  6. « Désinfection et stérilisation des instruments médicaux - Conseil santé », sur www.pharma-gdd.com (consulté le )
  7. a b c d et e « Notre histoire », sur www.ire.eu (consulté le )
  8. « Notre histoire », sur www.ire.eu (consulté le )
  9. « Nouvelle filiale pour l'IRE à Fleurus », sur RTBF Info, (consulté le )
  10. « Fleurus: l'IRE lance un nouvel outil pour diagnostiquer les cancers », sur RTBF Info, (consulté le )
  11. « Financement du projet SMART de l'Institut national des Radioéléments | News.belgium », sur news.belgium.be (consulté le )
  12. a et b « L’Institut des Radioéléments officialise l’acquisition des activités de la Business Unit « Services » de sa filiale IRE ELiT », sur institute-for-radioelements.prezly.com (consulté le )
  13. « Le Centre d'étude SCK-CEN va recycler de l'uranium en isotopes pour la recherche contre le cancer (projet RECUMO). Ce transport est le premier résultat concret de cette collaboration entre deux acteurs importants de la médecine nucléaire belge. », sur Forum Nucléaire (consulté le )
  14. « IRE Elit et Isologic annoncent l’approbation comme médicament du générateur de Gallium-68, Galli Eo®, au Canada », sur institute-for-radioelements.prezly.com (consulté le )
  15. « IRE ELiT - Produits Radiopharmaceutiques », sur www.ire.eu (consulté le )
  16. Elsevier Masson, « Le DOTATOC-(68Ga) pour l’imagerie TEP des tumeurs endocrines digestives : présentation d’un cas et revue de la littérature », sur EM-Consulte (consulté le )
  17. « IRE lab - Nos activités », sur www.ire.eu (consulté le )
  18. « IBA choisi par l'IRE pour sa production de radioisotopes », sur L'Echo, (consulté le )
  19. a et b « IRE Fleurus: un employé légèrement contaminé par un incident de niveau 1 le 14 janvier », sur RTBF Info, (consulté le )
  20. DH Les Sports+, « IRE Fleurus : plus grave qu'annoncé », sur DH Les Sports +, (consulté le )
  21. DH Les Sports+, « Deux incidents nucléaires en quatre jours à l’IRE », sur DH Les Sports +, (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]