Bowling for Columbine

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Bowling for Columbine
Titre original Bowling for Columbine
Réalisation Michael Moore
Scénario Michael Moore
Acteurs principaux
Sociétés de production Dog Eat Dog Films
Salter Street Films
Vif Babelsberger Filmproduktion GmbH & Co. Zweite KG
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Documentaire
Durée 114 minutes
Sortie 2002

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Bowling for Columbine est un film documentaire américain du réalisateur Michael Moore, sorti dans les salles aux États-Unis le .

Ce film a obtenu le Prix du 55e anniversaire du festival de Cannes 2002, l'Oscar du meilleur film documentaire et le César du meilleur film étranger. Film controversé, il a reçu autant de louanges que de blâmes, que ce soit pour son genre (documentaire-fiction) ou le genre dans lequel il se présente.

Résumé[modifier | modifier le code]

Dessin représentant Michael Moore provoquant Charlton Heston (représentant le lobby des armes par le biais de la NRA) en duel.

Ce film est un documentaire critique de la société américaine qui tente de répondre à cette question : « Pourquoi le nombre d'homicides par arme à feu est-il proportionnellement plus élevé aux États-Unis que dans les autres pays ? ». Le titre fait référence à la fusillade du lycée Columbine à Littleton (Colorado) en 1999 où 12 lycéens et un professeur sont assassinés par deux de leurs camarades.

Le titre Bowling for Columbine provient de la dernière phrase prononcée par Michael Moore dans le film, qui précise que les auteurs du massacre, Eric Harris et Dylan Klebold, ont joué au bowling de h à h du matin la veille de l'attaque.

En réponse à la tuerie de Newtown, Michael Moore promeut la diffusion large d'une version pirate de son documentaire sur YouTube[1].

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Message véhiculé par le film[modifier | modifier le code]

Message dans le film[modifier | modifier le code]

Dans ce film Michael Moore essaye de transmettre son point de vue sur le contrôle des armes à feu aux États-Unis. Selon lui, le système est défaillant. Pour développer cette idée, Michael Moore utilise plusieurs stratagèmes cinématographiques qui font appel aux émotions ainsi qu’à la réflexion, laissant penser « qu'il y a 100 fois plus de meurtres par balles aux États-Unis qu'ailleurs »[2].

Pour rentrer dans le vif du sujet qui est la violence, Michael Moore fait le choix de diffuser de nombreuses vidéos d’archives de conflits armés auxquels les États-Unis sont liés, si ce n’est responsable. Il utilise par exemple des extraits d’archives de la Guerre du Vietnam, le coup d’État au Chili en 1973, etc. Cette succession de scènes est posée sur un fond de « What a Wonderful World » (littéralement : « Quel magnifique monde » en français) de Louis Armstrong, en utilisant le côté ironique que ce titre peut avoir, en décalage avec les images de violence.

Ces images sont appuyées par des chiffres sur les nombres d’actes de violence par arme à feu dans différents pays, par année. Les chiffres sont les suivants :

Allemagne : 381

Australie : 65

Canada : 165

États-Unis : 11 127

France : 255

Grande-Bretagne : 68

Japon : 39

Selon Moore, même en faisant le prorata par rapport au nombre d’habitants, les États-Unis sont nettement au-dessus de tous les autres pays occidentaux.

Dans un autre registre de dénonciation, Michael Moore explique sous les traits d’un dessin animé l’origine, selon lui, de l’obsession pour les armes à feu chez les Américains. Il développe donc dans ce passage l’idée que les États-Unis d’Amérique ont toujours eu une histoire violente (Guerre d’Indépendance, les guerres de territoires contre les Amérindiens, les Guerres mondiales, etc.), et que ce climat de peur est toujours entretenu par les jeux vidéo, mettant en scène l’armée américaine notamment, ou encore par la télé et le cinéma (films d’action, de guerres).

Pour appuyer ses propos, Moore fait appel à différentes personnes qu’il juge utile d’interviewer. C’est le cas de l’artiste Marilyn Manson. Le réalisateur a voulu en savoir plus sur les nombreuses critiques qui le touchaient après la fusillade de Columbine. En effet, sa musique était qualifiée comme un des facteurs responsables de cette tragédie puisqu’un des criminels portait un t-shirt et du maquillage similaires à ce que l’artiste porte sur scène. Manson partage l’avis de Moore sur l’idée du climat de peur et explique que la peur sert même de moyen pour pousser à la consommation, et utilise l’exemple de marque comme Colgate en disant « if you have a bad breath, they (people) are not going to talk to you » (« si tu as une mauvaise haleine, ils (les gens) ne vont pas venir te parler »). Pour marquer cette dépendance aux armes à feu, Moore fait appel à Charlton Heston, président de la NRA (National Rifle Association), soit l’association des armes à feu des États-Unis. Carreteiro et Enriquez expliquent que chaque fois qu’Heston prend la parole suite à des drames, comme après la fusillade de Columbine, c’est pour défendre le fait que ce ne sont pas les armes le problème, « comme pour nier ce qu’il s’est passé »[3]. Quand Moore interpelle ce dernier pour lui poser des questions, celui-ci explique que le droit de port d’armes est un droit américain, et que ces derniers ne devraient pas pouvoir se le faire retirer. Il dit plus tard : « I have only five words for you: from my cold dead hands ! », qui signifie dans son contexte « Vous me retirerez mes armes lorsque je serai mort ».

Moore interview aussi Matt Stone, cocréateur de South Park ayant grandi à Littletown, ville voisine de Columbine. Il dit explicitement : « Yeah, Columbine, it's just, you know, a crappy school in the middle of a bunch of crappy houses » (« Oui, Columbine c'est juste, vous savez, une école merdique au milieu de maisons merdiques »), appuyant l’idée de climat de peur énoncé.

Message hors du film[modifier | modifier le code]

Récompensé à de nombreux festivals, notamment le Festival de Cannes et la cérémonie des Oscars, Moore est interviewé à de nombreuses reprises pour parler de son film. Lors de ces interviews, ce dernier développe son point de vue sur son œuvre.

Lors d’une interview donnée au magazinePopmatters en 2002, Moore déclare à propos du « climat de peur » que ce n’est pas une relation A et B, mais que ça s’apparente plus à un entremêlement de nombreux facteurs (un tissage, « weave »). Il appuie ses propos en explicitant que dans un rayon de 2 heures autour de Littletown (fusillade de Columbine), on peut compter un lieu de création d’armes à destruction massive, des accusés de l’attentat d’Oklahoma City, ou encore la milice du Michigan. Selon lui, ce n’est pas une coïncidence[4]. Cette idée fait écho à différents passages de l’œuvre, notamment quand on reprend les mots de Matt Stone dans le film quand il synthétisait le fait que Littletown avait une ambiance étrange.

Interviewé par l’Expresse le 1er juin 2002, Moore avoue que son film est « un moyen d’incitation à l’action politique »[5]. Comme Christensen l‘appui, la renommée de ce réalisateur a le bénéfice d’appuyer ses ventes, mais aussi l’action politique que ce film va engendrer . Lors de cette interview, il explique que les attentats du 11 septembre 2001 étaient arrivés pendant le tournage. Il dit : « ces attentats m’ont donné l’assurance que j’étais sur la bonne voie. Je parlais de notre culture de la violence, des gens qui se tuent les uns les autres et de la façon dont nous « exportons » ces meurtres dans le monde entier »[6].

Critiques[modifier | modifier le code]

Le film a été fortement critiqué par les détenteurs d'armes américains. Ceux-ci estiment qu'il n'y a pas de lien de cause à effet entre le nombre d'armes détenues légalement et le taux d'homicide. Ils affirment également que la vaste majorité des crimes commis avec les armes à feu l'est avec des armes détenues illégalement.

Matt Stone, un des créateurs de la série South Park, est interviewé dans le film puisqu'il est originaire de Littleton. Il a fortement critiqué le dessin animé montré dans le film appelé Une brève histoire des États-Unis d'Amérique. Les deux créateurs de South Park se sont plaints que ce dessin animé était fait dans un style proche de South Park et qu'il est montré peu après l'interview de Stone, ce qui a conduit de nombreux fans à penser à tort qu'ils ont créé l'animation. Pour se venger, les créateurs de South Park ont représenté Michael Moore dans leur film Team America, police du monde (2004) en bouffon obèse mangeur de hot-dogs, qui finit par commettre un attentat-suicide contre les « gentils » du film[7].

Dans la dernière scène du film, Michael Moore s'invite chez Heston en se prétendant membre du NRA, l'accuse d'insensibilité et exige de lui des excuses à la communauté de Flint. Heston, insulté et confus quitte alors l'interview. Certains commentateurs ont reproché les méthodes de Moore qu'ils jugent semblables à celles d'un « guet-apens »[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) "Michael Moore encourage le piratage de Bowling For Columbine", Numerama, 17 décembre 2012
  2. Eric Derobert, « Bowling for Columbine : Le Franciscain de Flint », Positif - Revue mensuelle de cinéma,‎
  3. « Le modèle américain de la violence. Réflexions sur le film Bowling for Columbine », Nouvelle revue de psychosociologie,‎
  4. (en) « Bowling for Columbine: An Interview with Michael Moore », PopMatters,‎ (lire en ligne)
  5. « Michael Moore », LExpress.fr,‎ (lire en ligne)
  6. Christian Christensen, « Succès-surprise des documentaires contestataires », Le Monde diplomatique, vol. n°643, no 10,‎ , p. 22B–23 (ISSN 0026-9395, lire en ligne)
  7. (en) "Team America" takes on moviegoers, msnbc, 15 octobre 2004
  8. (en) Alan A. Stone, Cheap Shots, Boston Review, 2003

Voir également[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]