Naomi Kawase

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Naomi Kawase
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Naomi Kawase au festival de Cannes 2014.

Naissance (47 ans)
Nara, Drapeau du Japon Japon
Nationalité Drapeau : Japon Japonaise
Profession Réalisatrice
écrivain
Films notables Suzaku
Shara
La Forêt de Mogari
Les Délices de Tokyo
Site internet kawasenaomi.com

Naomi Kawase (河瀬 直美, Kawase Naomi?, aussi appelée Naomi Sento durant son mariage avec le producteur Takenori Sento) est une écrivain et réalisatrice japonaise née le 30 mai 1969 à Nara. Elle s'est distinguée aussi bien pour ses fictions que pour ses documentaires autobiographiques.

Biographie[modifier | modifier le code]

La jeune Naomi, abandonnée par ses parents, est élevée par sa grand-tante et son grand-oncle (cette famille adoptive sera le sujet de ses premiers documentaires). Elle étudie la photographie à l'École des Arts Visuels d'Ōsaka, dont elle obtient le diplôme en 1989, après avoir réalisé quelques courts-métrages expérimentaux[1]. Elle enseigne dans cette école pendant quatre ans[2]. Elle se marie en octobre 1997 avec le producteur Takenori Sento puis divorce en mars 2000.

Les premiers films de Naomi Kawase sont rapidement primés, d'abord au Japon, où elle obtient en 1993 le prix d'encouragement au Festival de l'Image de Tōkyō pour Dans ses bras et où elle remporte la même année le prix de la presse FIPRESCI durant le Festival International du film Documentaire de Yamagata. Ensuite en Europe, où Suzaku, son premier long-métrage, obtient en 1997 la Caméra d'or à Cannes[3] (première japonaise et plus jeune lauréate à obtenir ce prix[4]) et un prix FIPRESCI à Rotterdam[5]. Elle reçoit à nouveau un prix FIPRESCI en 2000 au festival de Locarno (en Suisse) pour Les Lucioles[6], et Shara est en compétition officielle à Cannes en 2003[7] (mais ne fut pas primé au cours de ce festival).

Elle remporte le Grand prix lors du Festival de Cannes 2007 pour son film La Forêt de Mogari.

Ses réalisations, aux budgets relativement modestes, sont produites et distribuées par des indépendants (dont son ex-mari Takenori Sento) ou par des chaînes de télévision. La chaîne ARTE France, en particulier, a coproduit trois de ses documentaires (Dans ses bras, La Danse des souvenirs et Naissance et Maternité), et il est arrivé que des chaînes japonaises (telles que NHK et TV Tokyo) participent. Ses films explorent généralement de nouveaux modes narratifs tout en restant fidèles à une tradition artistique japonaise ancestrale[8]. Ils abandonnent les notions d'intrigue ou de progression dramatique et mêlent éléments de fiction, images documentaires, vidéos et photographies de la société japonaise[8]. Ses longs-métrages se déroulent souvent dans un cadre rural[8]. Son cinéma tente de saisir l'essence sacrée de l'univers familier, des gestes quotidiens et des rituels sociaux et brosse une représentation mythologique, intimiste et poétique du monde contemporain[8].

Naomi Kawase a novélisé le film Suzaku et prépare une novélisation de son film Les Lucioles[9].

À l'automne 2010, elle présente son dernier long-métrage Genpin, au Festival International de San Sebastian (du 17 au 25 septembre). Elle y recueille les confidences des femmes suivies par le médecin obstétricien Yoshimura Tadashi, qu'elle filme au plus près, caméra 16 mm à l'épaule[10].

En 2011, elle présente en compétition au 64e Festival de Cannes Hanezu, l'esprit des montagnes.

En 2013, elle est membre du jury du 66e Festival de Cannes, présidé par Steven Spielberg[11].

L'année suivante, elle présente un nouveau film en compétition au 67e Festival de Cannes : Still the Water.

En décembre 2015 elle est membre du jury du 15e Festival international du film de Marrakech, présidé par Francis Ford Coppola.

En mai 2016 elle est présidente du jury de la section Cinéfondation et courts métrages lors du 69e Festival de Cannes.

Filmographie (partielle)[modifier | modifier le code]

Les dates indiquées pour la sortie de ses films peuvent varier selon les sources (par exemple entre IMDB et JMDB) ; cela s'explique en partie en raison des spécificités du marché vidéo (par lequel son travail est généralement distribué). En cas d'ambiguïté, nous retenons les dates indiquées dans la filmographie de son site personnel (en japonais) et dans le dossier de presse de La Forêt de Mogari.

Longs métrages[modifier | modifier le code]

Naomi Kawase (en blanc), accompagnée de l'équipe du film Still the Water lors de sa présentation au festival de Cannes 2014.

Documentaires[modifier | modifier le code]

  • 1992 : Dans ses bras aussi appelé Étreinte (につつまれて, Ni tsutsumarete)
  • 1993 : White Moon (白い月, Shiori tsuki), moyen-métrage
  • 1994 : Escargot (かたつもり, Katatsumori)
  • 1995 : Regardez le ciel (天、見たけ, Ten, mitake), court-métrage
  • 1996 : Hi wa katabuki
  • 1996 : This World (現しよ, Arawashi yo ou Utsishiyo) coréalisé avec Hirokazu Kore-Eda
  • 1998 : Les Enracinés de la montagne (杣人物語, Somaudo monogatari)
  • 1999 : Kaleidoscope (万華鏡, Manguekyo)
  • 2001 : Dans le silence du monde (きゃからばあ, Kya ka ra ba a), moyen-métrage
  • 2002 : La Danse des souvenirs parfois appelé Lettre d'un cerisier jaune en fleur (追臆のダンス, Tsuioku no dansu)
  • 2004 : Ombre (影-Shadow, Kage-Shadow)
  • 2006 : Naissance et Maternité (垂乳根, Tarachime)

Correspondance filmée[modifier | modifier le code]

  • 2009 : In between days (avec Isaki Lacuesta)

Prix[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (it) Maria Roberta Novielli (dir.), Kawase Naomi: I Film, Il Cinema, Cantalupa, Effata, (ISBN 978-8874020126)
  • (es) José Manuel López (dir.), Kawase Naomi: El cine en el umbral, Madrid, T&B Editores,
  • (fr) Éloge de Naomi Kawase, Érik Bullot, in Renversements 1, Paris Expérimental, 2010, pp. 79-91. (ISBN 978-2-912539-39-7)

Anecdotes et citations[modifier | modifier le code]

  • « Dans l'industrie cinématographique japonaise, réaliser des films est considéré comme quelque chose dont il faut se défausser, ou qu'il faut faire en souffrant – vous êtes supposés perdre les nécessités basiques de la vie au passage. Cette condition, poursuivre un rêve, sans s'économiser, est quelque chose qui serait pardonné à un homme, mais pas à une femme. Cette sorte d'intolérance de la vieille génération est toujours apparente au Japon et c'est toujours une grande barrière à dépasser. » (interview de Naomi Kawase à Rotterdam[12]).
  • « Je pense que le cinéma a une histoire trop brève pour qu'on s'y réfère. La façon dont la littérature japonaise raconte des histoires, décrit les émotions humaines est très différente. Raconter des histoires c'est dire comment les gens vivent, souffrent, s'unissent et se séparent. »[13].
  • En 2004 le cinéaste français Vincent Dieutre termine la réalisation d'une vidéo Les accords d'Alba, commencée en avril 2002, sur ses rapports artistiques avec Naomi Kawase.
  • À l'occasion de la remise de prix au festival de Cannes 2007 : « Dans une vie, beaucoup de choses vous font hésiter ou trébucher sur le chemin. Je crois, dans ces moments-là, qu’on cherche quelque chose au fond de soi qui peut nous redonner de la confiance et de la force. On essaie de se trouver des forces – ce n’est pas l’argent, des voitures ou des vêtements – ce n’est pas forcément quelque chose de visible. Ça peut être le vent, la lumière, le souvenir des Anciens. Et quand on trouve ce point d’appui dans le monde, on peut être tout seul et continuer. »
  • En 2008 Laetitia Mikles réalise le documentaire Rien ne s'efface, (prod. Zeugma Films, Prix Découverte de la Scam 2010), suite de rencontres avec Naomi Kawase sur les thématiques intimes qui traversent son cinéma.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Mini biographie de Naomi Kawase.
  2. « Naomi Kawase », Fluctuat.net (consulté le 7 septembre 2008)
  3. Voir la fiche du film Suzaku sur le site du Festival de Cannes.
  4. Comme le relève pertinemment sa notice pour le Osaka European Film Festival.
  5. Les indications détaillées des prix qu'elle a reçu sont précisées sur le (en) site personnel de Naomi Kawase.
  6. Cf. le site du FIPRESCI.
  7. Sa biographie officielle, incomplète, n'en fait pas état. Mais l'information est vérifiable par exemple sur la fiche du film sur le site du Festival.
  8. a, b, c et d « An interview with Naomi Kawase, director of “The Mourning Forest” », Meniscus Magazine, USA (consulté le 7 mai 2012)
  9. Indiqué dans la biographie de son site personnel.
  10. (en) Voir la fiche du film Genpin sur le site du 58e Festival de San Sebastian Donostia Zinemalda.[1].
  11. (en) Thomas Morel, « Festival de Cannes : le jury dévoilé », Europe 1,‎ (consulté le 24 avril 2013)
  12. (en) Interview de Naomi Kawase par Robin Gatto et Emi Yuki, Festival de Rotterdam, 2001 (traduit par Wikipédia).
  13. Robin Gatto et Emi Yuki, op. cit.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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