Astérix et les Normands

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Astérix et les Normands
9e album de la série Astérix le Gaulois
Logo de l'album.
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Scénario René Goscinny
Dessin Albert Uderzo

Personnages principaux Astérix, Obélix
Lieu de l’action Armorique

Éditeur Dargaud
Première publication 1966
Nb. de pages 48

Prépublication Pilote à partir du 28 avril 1966
Albums de la série

Astérix et les Normands est le neuvième album de la série de bande dessinée Astérix de René Goscinny (scénario) et Albert Uderzo (dessin). Il a été prépublié dans Pilote du no 340 () au no 361 () et édité en album en 1966.

Cet album a été tiré à 1 200 000 exemplaires et adapté en dessin animé en 2006 sous le titre Astérix et les Vikings .

Synopsis[modifier | modifier le code]

Afin qu'on fasse de lui un homme, Goudurix, jeune barde lutécien sans cervelle, peureux et fainéant, est envoyé chez son oncle Abraracourcix, le chef du village gaulois d'Astérix. Durant son séjour, Astérix et Obélix sont chargés de veiller sur le jeune homme, et essaient de l'initier à la danse, à la course et la chasse.

Pendant ce temps, des Normands, qui ne connaissent pas la peur, débarquent de leur drakkar sur la plage non loin du village, à la recherche de gens pouvant leur apprendre la peur. Leur chef, Olaf Grossebaf ayant entendu dire que « la peur donne des ailes », a pris cette expression au pied de la lettre et croit pouvoir apprendre à voler par ce biais. Malheureusement, il est mal tombé : les Gaulois du village ne connaissent pas davantage la peur. Goudurix, jeune homme peureux, semble par contre être un candidat idéal pour être un instructeur de la peur. Les Normands s'arrangent pour s'emparer de lui et le kidnappent.

Astérix et Obélix partent à sa recherche. Une fois arrivés au camp normand, et après avoir défait la plupart des hommes de Grossebaf (dans une bagarre à laquelle est mêlée une petite patrouille de légionnaires romains malchanceux), les deux compères apprennent la vraie raison de la capture de Goudurix. Astérix, rusé, propose alors une alternative à Grossebaf (qui prévoit de lancer le jeune Lutécien terrifié du haut d'une falaise pour le voir voler), et demande à Obélix de retourner au village afin de ramener la seule chose pouvant terrifier les guerriers : les chants insupportables du barde Assurancetourix. Astérix reste en otage chez les Normands.

Or Assurancetourix a trouvé en Goudurix son seul admirateur : il a été charmé par ce garçon qui vient de la capitale et qui aime sa musique. Le barde, grisé par les dires de Goudurix sur la vie lutécienne des artistes musicaux, vient de s'en aller pour Lutèce. Obélix part donc rattraper le barde sur la route, et le ramène enfin aux Normands : Assurancetourix est ravi de chanter pour un nouveau public.

Durant son récital insupportable, les Normands épouvanté par sa musique connaissent enfin la peur, mais découvrent qu'ils ne peuvent pas voler et, le comble, commencent à craindre plusieurs dangers dont ils ne soupçonnaient pas l'existence jusqu'alors. Exaspéré par la situation, le peureux Goudurix explose de colère, devenant étonnamment courageux. Les Normands repartent donc chez eux et, sur le chemin, parviennent finalement à dominer leur peur.

Goudurix, quant à lui, sort grandi de cette expérience, devenu enfin courageux et volontaire. C'est la fin de son séjour, et un banquet est organisé au village en l'honneur de son départ pour Lutèce.

Personnages principaux[modifier | modifier le code]

  • Barbe-Rouge (non nommé), chef des pirates,
  • Baba (non nommé), vigie des pirates (on entend juste sa voix) ;
  • décurion romain ;
  • Arrédebus, légionnaire romain ;
  • Olibrius, nouveau légionnaire romain, faisant du zèle ;
  • centurion du camp romain ;
  • Selfservix, tenancier de l'auberge Chez Selfservix.

Analyse[modifier | modifier le code]

Personnages[modifier | modifier le code]

Le barde Assurancetourix joue dans cette histoire un rôle central, puisque sa musique se révèle être très utile pour le dénouement de l'histoire : comme ce sera aussi le cas dans l'album Astérix chez Rahàzade, ce sont ses talents musicaux qui sauvent la situation. Ils lui valent même, pour la première de la série, une invitation au traditionnel banquet final : c'est son éternel « ennemi » Cétautomatix qui se retrouve ligoté à un arbre.

Apparaît pour la première fois dans la série le facteur gaulois Pneumatix, qui apporte la lettre prévenant l'arrivée de Goudurix à Abraracourcix. Il ne semble pas être épuisé de son lourd fardeau (le courrier est pourtant gravé sur des plaques de marbre). Son nom fait référence aux tubes pneumatiques, un système de transport de courriers, missives urgentes et autres objets, utilisé dans beaucoup de rédactions de journaux à l'époque, dont certainement celle du journal Pilote.

Le forgeron Cétautomatix acquiert dans cet album son aspect physique définitif : torse-nu, massif et musclé, avec un tablier de forgeron, ce qui n'était pas le cas auparavant.

D'autres noms d'habitants du village sont cités : Boulimix, Aventurépix, Porquépix, Allégorix, Élèvedelix.

Tous les noms des Normands ont un suffixe en -af, sur le modèle du roi Olaf II de Norvège.

On ignore de quel camp romain le centurion et les légionnaires de l'album proviennent.

On ignore si le facteur Pneumatix vit ou non dans le village. On le reverra dans les albums Astérix légionnaire, L'anniversaire d'Astérix et Obélix - Le Livre d'or et Le Papyrus de César.

Triple-Patte, habituellement parmi les pirates, n'apparaît pas dans cet album.

Éléments culturels[modifier | modifier le code]

Normands et Normandie[modifier | modifier le code]

Les auteurs jouent avec les représentations dans la culture populaire des guerriers Vikings, notamment en leur faisant tous porter des casques à cornes. Or, aucune preuve historique n'atteste que ce fut réellement le cas ; s'il est possible qu'ils en aient porté, cela devait être en de rares occasions[1].

Les Normands possèdent eux aussi une sorte de potion magique, le calva, qu'ils boivent dans le crâne de leurs vaincus. En effet, à travers tout l'album, Goscinny prend un malin plaisir à mélanger les références aux Normands scandinaves (les Vikings) et celles aux Normands de la future province française de Normandie. C'est ainsi qu'en plus du calva, Les Normands de l'album utilisent beaucoup de crème dans leur cuisine, font des réponses de Normand, creusent des trous normands, mais crient Mort aux rennes ! pour Mort aux vaches !, etc. Et, évidemment, ils débarquent en Gaule en chantant « Je veux revoir ma Normandie », en référence aux paroles de Ma Normandie de Frédéric Bérat.

En parallèle, Assurancetourix quitte en chantant le village pour tenter sa chance à Lutèce (à l’Olympix de Lutèce, rappelant l’Olympia de Paris). Lors de son passage dans la future Normandie, son chant effraie les animaux et les vaches locales et fait tourner leur lait.

Années yéyé[modifier | modifier le code]

Goudurix représente une synthèse de la jeunesse parisienne et française des années 1960, chantant le Monkix : c'est un jeune homme de la ville, branché, chevelu, amateur de musiques énergiques yéyé et de harpes saturées. Il arrive au village en coupé sport : un « char sport fabriqué à Mediolanum », référence directe aux voitures Alfa Romeo, dont les usines historiques sont installées à Milan.

Éléments historiques[modifier | modifier le code]

Lorsqu'Astérix et Obélix sont dans la tente du chef des Normands Grossebaf, Astérix demande : « Si on vous apprend la peur, vous relâchez Goudurix ? » et Grossebaf répond : « Oui. Nous ne sommes pas venus ici pour faire la guerre. Pour ça, nos descendants s'en chargeront dans quelques siècles. ». Cette réponse fait référence aux futures invasions normandes, les raids vikings en France, à l'époque des Carolingiens.

Chansons[modifier | modifier le code]

  • Le Monkix, chanté par Goudurix, parodiant la chanson The Monkey.
  • Le Folklore armoricain, chanté par Assurancetourix, parodiant Le Folklore américain, chanson de Sheila.
  • Je veux revoir ma Normandie, chanté par les Normands débarquant en Gaule, parodiant Ma Normandie, chanson de Frédéric Bérat.
  • Un milia passuum à pied, ça use les caligulas, chanté par Assurancetourix, parodiant la chanson Un kilomètre à pied, ça use les souliers.
  • J'aime la Gaule, la cervoise, Toutatis et les femmes, les femmes, les femmes qui ont les yeux bleus…, chanté par Assurancetourix, parodiant Un rien me fait chanter, chanson de Charles Trenet.
  • Ça balance ! Oh, oui !, chanté par Assurancetourix.
  • Ma mère ma dit : Assurancetourix, fais-toi tresser les cheveux…, chanté par Assurancetourix, parodiant Les Élucubrations d'Antoine, chanson d'Antoine.
  • Et tout ça, ça fait, d'excellents Gaulois !, chanté par Assurancetourix, parodiant Ça fait d'excellents Français, chanson de Maurice Chevalier.
  • Ça se balance ! Ça se balance !, chanté par Assurancetourix.

Citations latines[modifier | modifier le code]

  • Vah donc eh, faba ! : phrase prononcée par un légionnaire à l'intention d'Olibrius, le traitant de « fayot » (faba signifiant fève, haricot, fayot), car Olibrius fait du zèle pour se faire bien voir de ses supérieurs.
  • Sol lucet omnibus (Le soleil luit pour tout le monde) : phrase prononcée par le légionnaire Olibrius, après avoir été assommé par Obélix.
  • Mergitur ou pas, fluctuat ! Compris ! Fluctuat ! (Il sombre ou pas, il flotte !), parodiant Fluctuat nec mergitur (Il flotte mais ne sombre pas) (devise de la ville de Paris) : phrase prononcée par Goudurix énervé, pour que Normands s'en aille enfin à bord de leur drakkar.

Publications[modifier | modifier le code]

Adaptations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Did Vikings really wear horns on their helmets? », The Straight Dope,‎ 7 décembre 2004 (consulté le 1er novembre 2008)