Sittelle torchepot

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Sitta europaea

La Sittelle torchepot (Sitta europaea) est une espèce de passereau de la famille des sittidés. Le nom de sittelle vient du grec ancien σίττη / sittè, sorte de pie ou de pivert, donné à cet oiseau par Aristote[1].

Elle est très sociable, excepté en période de reproduction. Elle est extrêmement agile et escalade les arbres avec facilité. On la voit souvent descendre le long des troncs d'arbres, la tête en bas. Elle vit jusqu'à 1 500 mètres d'altitude en Europe et Asie tempérées et niche dans des arbres morts.

Description[modifier | modifier le code]

La sittelle eurasiatique mesure 14 cm de long et a une grosse tête, une queue courte et de puissantes pattes. Elle est bleu-gris sur le dessus et a une bande noire au niveau de l’œil, des joues et une gorge claires.

Nourriture[modifier | modifier le code]

Elle se nourrit d'insectes et de larves, ainsi que de graines, baies, noix, noisettes, glands, faînes souvent coincés dans l'écorce pour être fendus à l'aide de son bec. Elle vient aux mangeoires et se montre alors agressive, repoussant les autres espèces d'oiseaux. Elle découpe les gros insectes à l'aide de son bec.

Habitat[modifier | modifier le code]

Répartition de l'espèce en saumon foncé. En noir, la répartition de la Sittelle de Sibérie, autrefois considérée comme une sous-espèce de la torchepot.

Cet oiseau peuple les boisements plutôt âgés, mixtes ou de feuillus, bocages, parcs et grands jardins avec vieux arbres. Elle occupe généralement un petit territoire de 1000 m². Une fois implantée dans un territoire, elle y reste toute l'année et en sort uniquement si elle ne trouve pas assez de nourriture (en hiver par exemple).

Reproduction[modifier | modifier le code]

Elle niche dans des trous, des crevasses, d'anciennes loges de pic ou des nichoirs, garnis d'écorce et de feuilles. Elle fabrique un torchis avec sa salive et de la boue pour réduire l'entrée des sites de nidification qu'elle utilise, ce qui lui a valu le nom de torchepot. Il y a généralement une seule ponte par an, exceptionnellement deux. La femelle dépose 7 à 9 œufs d'avril à juillet. Les œufs de taille 15 à 20 mm sont de couleur blanc lait avec de grosses taches brunes. La couvaison dure environ deux semaines. Les oisillons prennent leur envol 24 jours après l'éclosion.

Génétique[modifier | modifier le code]

La génétique des populations apporte parfois des surprises. L'étude de l'ADN de différentes espèces de sittelles a ainsi prouvé que la sittelle corse avait peu en commun avec la sittelle torchepot mais qu'elle était assez proche de la sittelle de Chine (Sitta villosa) dont elle se serait séparée il y a environ un million d'années.

Protection[modifier | modifier le code]

La Sittelle torchepot bénéficie d'une protection totale sur le territoire français depuis l'arrêté ministériel du 17 avril 1981 relatif aux oiseaux protégés sur l'ensemble du territoire. Il est donc interdit de la détruire, la mutiler, la capturer ou l'enlever, de la perturber intentionnellement ou de la naturaliser, ainsi que de détruire ou enlever les œufs et les nids, et de détruire, altérer ou dégrader son milieu. Qu'elle soit vivante ou morte, il est aussi interdit de la transporter, de la colporter, de l'utiliser, de la détenir, de la vendre ou de l'acheter.

Sous-espèces[modifier | modifier le code]

D'après Alan P. Peterson, il existe 15 sous-espèces :

  • Sitta europaea albifrons Taczanowski 1882 ;
  • Sitta europaea amurensis Swinhoe 1871 ;
  • Sitta europaea asiatica Gould 1835 ;
  • Sitta europaea bedfordi Ogilvie-Grant 1909 ;
  • Sitta europaea caesia Wolf 1810 ;
  • Sitta europaea caucasica Reichenow 1901 ;
  • Sitta europaea cisalpina Sachtleben 1919 ;
  • Sitta europaea europaea Linnaeus 1758 ;
  • Sitta europaea hispaniensis Witherby 1913 ;
  • Sitta europaea levantina Hartert 1905 ;
  • Sitta europaea persica Witherby 1903 ;
  • Sitta europaea roseilia Bonaparte 1850 ;
  • Sitta europaea rubiginosa Tschusi & Zarudny 1905 ;
  • Sitta europaea seorsa Portenko 1955 ;
  • Sitta europaea sinensis J. Verreaux 1870.

La Sittelle de Sibérie (S. arctica) était jusqu'en 2006 généralement considérée comme une sous-espèce de la torchepot.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Aristote, Histoire des animaux, IX, 1, 21 et IX, 17, 1.

Exemples de chants et de cris de Sittelle torchepot Sitta europea