Perruche à collier

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Psittacula krameri

Description de cette image, également commentée ci-après

Couple de perruches à collier (le mâle est à droite).

Classification (COI)
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Aves
Ordre Psittaciformes
Famille Psittacidae
Genre Psittacula

Nom binominal

Psittacula krameri
(Scopoli, 1769)

Statut de conservation UICN

( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Statut CITES

Sur l'annexe  III  de la CITES Annexe III , Rév. du 26/02/76

La Perruche à collier (Psittacula krameri) est une espèce de grandes perruches afro-asiatiques. L'espèce porte le nom du naturaliste autrichien Wilhelm Heinrich Kramer.

Elle est souvent élevée en captivité pour la beauté de son plumage, et des populations retournées à la vie sauvage existent dans différents pays d'Europe.

Répartition naturelle et sous-espèces[modifier | modifier le code]

Perruche à collier mâle (Psittacula krameri) à Syon Park (Londres).

La perruche à collier habite naturellement les savanes arborées et les zones cultivés tropicales d'Afrique et d'Asie. Elle est sédentaire. L'espèce Psittacula krameri est subdivisée en quatre sous-espèces très proches morphologiquement mais ayant des aires de répartition différentes :

En Afrique

  • P. k. krameri, communément appelée perruche à collier-africaine nominale (Scopoli, 1769) localisée du Sénégal à l'Ouest de l'Ouganda et au Sud du Soudan;
  • P. k. parvirostris, communément appelée perruche à collier-abyssinienne (Souance, 1856) localisée de l'Est du Soudan au Nord de l'Éthiopie et en Somalie.

En Asie

  • P. k. borealis, communément appelée perruche à collier-boréale alias de Neumann (Neumann, 1915) localisée de l'Est du Pakistan jusqu'au Myanmar;
  • P. k. manillensis, communément appelée perruche à collier-indienne (Bechstein, 1800) localisée au Sud de l'Inde et au Sri Lanka.

Les différences morphologiques entre sous-espèces sont mineures et concernent la taille de l'oiseau, celle de son bec et la couleur de ce dernier.

Le genre Psittacula comprend 15 espèces de perruches dont la très rare perruche de Maurice (Psittacula echo), strictement localisée sur l'Île Maurice, et la grande perruche Alexandre (Psittacula eupatria)[1].

Description[modifier | modifier le code]

La Perruche à collier mesure de 40 à 41 cm de longueur pour une envergure de 47 cm et une masse de 117 g. C'est une perruche très répandue dans le monde. Elle possède un plumage à prédominance verte et un cri distinctif ; on dit qu'elle siffle ou jacasse. La queue est longue et présente des nuances bleu azur. Le ventre et le dessous des ailes sont jaunâtres. Une ligne noire relie la cire (base du bec) aux yeux. La mandibule supérieure du bec est rouge, alors que l'inférieure est noire.

Il existe un dimorphisme sexuel :

  • Le mâle se distingue par un collier noir qui s'étend du bec au cou ainsi que par une mince bande rouge sur la nuque ;
  • La femelle et les juvéniles des deux sexes (jusqu'à l'âge de 3 ans) sont souvent plus clairs et ont une queue plus courte ; ils ne présentent pas de collier ou alors un simple ombrage gris et des bandes claires sur la nuque (toujours de même couleur mais de teintes plus pâles que le plumage environnant).

Comportement[modifier | modifier le code]

Le vol est rapide et direct, associé avec des cris lors des vols en groupe.

Les perruches à collier sont grégaires lors de leurs périodes d'alimentation et de reproduction. Elles se rassemblent à la tombée du jour sur un arbre dortoir pour y passer la nuit. Au petit matin elles s'envolent pour se nourrir. Lors de la période de reproduction (mars-avril), le dortoir est en général abandonné au profit des sites de reproduction jusqu'à l'automne.

Reproduction[modifier | modifier le code]

La nidification est dite cavernicole, ce qui signifie que les pontes se font dans des anfractuosités, souvent dans des arbres creux. Les vieux platanes sont souvent utilisés. Les couvées sont de 2 à 6 œufs qui sont incubés 21 jours. Les jeunes, en général 2 à 3, sont nourris au nid pendant environ quarante jours[2].

Longévité[modifier | modifier le code]

L'espérance de vie est de trente ans environ en captivité

Alimentation[modifier | modifier le code]

La perruche à collier se nourrit essentiellement de fruits et de graines. Elle est opportuniste. En Afrique, son alimentation est basée sur les fruits (comme ceux des Ficus et des baobabs, les figues, les mangues et les goyaves) et les graines.

En Europe, l'espèce préfère les milieux urbains où la température est plus élevée et où elle peut trouver sa pitance (fruits, graines, pousses) en particulier dans les mangeoires à oiseaux. On ne lui impute donc pas pour l'instant de préjudices important aux récoltes en Europe[3]. Elle est par contre considérée comme un fléau pour les récoltes de céréales et de fruits en Asie[2].

En captivité, la nourriture préférée de cet oiseau est constituée par des végétaux variés (amandes, arachides, baies, céréales, fleurs comestibles, fruits, germes de graines et/ou de légumineuses, légumes, légumineuses très cuites, noix, pâtes alimentaires al dente, quinoa, riz, verdure...).

Aviculture[modifier | modifier le code]

Les perruches à collier sont très appréciées des éleveurs. Elles sont robustes et faciles à élever. Ces perruches sont essentiellement de la sous-espèce P. k. manillensis, plus rarement P.k. borealis et P. k. krameri. Les perruches à collier implantées en Europe sont très probablement des perruches d'élevage libérées ou échappées. De nombreuses mutations de la couleur du plumage ont été sélectionnées: lutino, bleu, bleu turquoise, albinos, crème-ino, cinnamon, lacewing, buttercup [4]...

Introduction[modifier | modifier le code]

La perruche à collier a été introduite en Europe et en Amérique à partir de son aire de répartition naturelle. Des populations férales existent en Angleterre (50 000 individus environ à Londres)[5], en Espagne (notamment en Andalousie et en Catalogne), en Allemagne (Cologne, Bonn), aux Pays-Bas (Amsterdam, Utrecht) et dans certaines villes d'Europe[3]. Cette perruche est considérée comme une espèce invasive [6], [7], [8].

À Bruxelles, à titre d'exemple, la population des perruches à collier est évaluée à plusieurs milliers d'individus (environ 10 000) et est en pleine expansion[9]. Les spécialistes s'inquiètent de la concurrence avec les espèces aviaires locales telles que le moineau domestique, la sittelle torchepot et l'étourneau sansonnet[10] dont les habitudes de nidification sont similaires.

Elle est également présente en Île-de-France depuis plusieurs années (environ 1 100 individus en 2008), notamment dans les parcs et jardins ; elles ont d'abord été signalées près des aéroports d'Orly et Charles-de-Gaulle, par lesquels elles sont probablement arrivées[11],[12],[13]. On les trouve aussi dans le midi de la France, en particulier dans la région de Fréjus, Cannes et de Marseille (> 300 individus) [14],[15]. Des petites colonies (moins de 50 individus) sont présentes en région parisienne, et probablement dans d'autres villes françaises comme dans la banlieue de Lille où l'on dénombre une centaine d'individus, avec une population en hausse[16]. À Nancy, il existe également une colonie d'une centaine d'individus dans le parc de la Pépinière[17].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Mario D., Conzo G. Perroquets du monde. Ed De Vecchi 2008, ISBN 978-2-7328-9254-2
  2. a et b Clergeau P., Vergnes A., Delanoue R. (2009) La perruche à collier Psittacula krameri introduite en île-de-France: distribution et régime alimentaire. Alauda (Revue internationale d'Ornithologie) 77(2):121-132
  3. a et b Le Point, d'après AFP, 6/11/2008
  4. Prin J., Prin G. (2002) La perruche à collier et autres Psittacula. Ed Prin ISBN 2-909136-13-2
  5. BBC2 The Great British Parakeet Invasion, 28 février 2008.
  6. Clergeau P. (2009) Les villes terres d'accueil, La conquête des espèces, Dossier N°65, Oct-Déc 2009, Pour la Science
  7. [PDF]DAISIE site web (Inventaire Européen des espèces invasives, commission Européenne
  8. [PDF]Dubois, P.J. (2007) Les oiseaux allochtones en France: statut et interactions avec les espèces indigènes. Ornithos 14(6):329-364
  9. [PDF]http://ecolonews.blog.fr/2010/07/24/invasion-de-perruches-a-bruxelles-9030957/, A. Weiserbs (2009). Oiseaux communs de Bruxelles - Evolution 1992-2008. Oiseaux de Bruxelles n° 1. Aves, Liège
  10. « Les invasions sauvages », Sciences et Avenir.com, 04/02/2008.
  11. Les perruches ont colonisé les parcs, Le Parisien, 11 août 2009.
  12. [PDF]Brochure de l’Observatoire Départemental de la Biodiversité Urbaine (ODBU) avec l’aide du Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN)et du département de la Seine-Saint-Denis, 1 mars 2009
  13. Clergeau P., Vergnes A., Delanoue R. (2009) La perruche à collier Psittacula krameri introduite en île-de-France: distribution et régime alimentaire. Alauda (Revue internationale d'Ornithologie) 77(2):121-132.
  14. Dubois P.J., Le Maréchal P., Oliosa G., Yésou P. Nouvel inventaire des oiseaux de France. Ed Delachaux et Niestlé, Paris 2008, ISBN 2603016229
  15. Flitti A., Kabouche B., Kayser Y., Olioso G. Atlas des oiseaux nicheurs de Provence-Alpes-Côte d'Azur. Ed Delachaux et Niestlé, Paris 2009, ISBN 2603016229.
  16. La perruche à collier : gourmande, exotique et pacifique envahisseuse, La Voix du Nord, 6 décembre 2008.
  17. Perruches dans la ville Vosges matin, 18 juillet 2013.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Forshaw J.M. (2006) Parrots of the World. An identification guide. Princeton University Press, Princeton, Oxford, 172 p.
  • del Hoyo J., Elliott A. & Sargatal J. (1997) Handbook of the Birds of the World, Volume 4, Sandgrouse to Cuckoos. BirdLife International, Lynx Edicions, Barcelona, 679 p.
  • Dominique Mario et Gino Conzo (trad. Giusi Furno et Sandrine Morel), Le Grand Livre des perroquets, Paris, de Vecchi,‎ 2004, 287 p. (ISBN 2732835404, OCLC 420002720)
  • Strubbe D., Matthysen E. (2007) Invasive ring-necked parakeets Psittacula krameri in Belgium : habitat selection and impact on native birds. Ecography, 30(4), 578-588.
  • Dubois P.J., Le Maréchal P., Olioso G., Yésou P. (2008) Nouvel inventaire des oiseaux de France. Ed Delachaux et Niestlé.
  • Clergeau P., Vergnes A., Delanoue R. (2009) La perruche à collier Psittacula krameri introduite en île-de-France: distribution et régime alimentaire. Alauda (Revue internationale d'Ornithologie) 77(2):121-132
  • Flitti A., Kabouche B., Kayser Y., Olioso G. (2009) Atlas des oiseaux nicheurs de Provence-Alpes-Côte d'Azur. Ed Delachaux et Niestlé, Paris.
  • BBC2 The Great British Parakeet Invasion, 28 février 2008.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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