Morsiglia

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Morsiglia
Mursiglia (co)
Vue du hameau de Stanti
Vue du hameau de Stanti
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Corse
Département Haute-Corse
Arrondissement Bastia
Canton Capobianco
Intercommunalité Communauté de communes du Cap Corse
Maire
Mandat
Honorine Nagaglioni, épouse Sadowski
2014-2020
Code postal 20238
Code commune 2B170
Démographie
Gentilé Morsigliais
Mursigliesi (co)
Population
municipale
143 hab. (2011)
Densité 11 hab./km2
Géographie
Coordonnées 42° 56′ 47″ N 9° 21′ 54″ E / 42.9463888889, 9.365 ()42° 56′ 47″ Nord 9° 21′ 54″ Est / 42.9463888889, 9.365 ()  
Altitude 200 m (min. : 0 m) (max. : 604 m)
Superficie 13,34 km2
Localisation

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Morsiglia (en corse Mursiglia, prononcé [mur.ˈsiː.ʎa]) est une commune française située dans le département de la Haute-Corse et la région Corse.

Géographie[modifier | modifier le code]

Vue d'une partie de la commune de Morsiglia

Situation[modifier | modifier le code]

Morsiglia est une commune au nord-ouest du Cap Corse, dans le canton de Capobianco, l'une des dix-huit communes regroupées dans la Communauté de communes du Cap Corse. Elle est située sur la côte occidentale du Cap, au Sud de Centuri et au Nord de Pino.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Mer Méditerranée Centuri Rogliano Rose des vents
Mer Méditerranée N Meria
O    Morsiglia    E
S
Pino Pino, Luri Luri

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Le Cap Corse est un bloc de schistes lustrés édifiés au tertiaire lors de la surrection des Alpes sur un socle hercynien[1]. Les ophiolites, roches très résistantes qui donnent des reliefs aigus et abrupts, sont à Morsiglia composées essentiellement de roches volcaniques, laves basiques en milieu océanique au secondaire nommées Pillow lavas, souvent déformés et transformés par le métamorphisme alpin en prasinites (de teinte verte par la présence d'épidotes) ou en glaucophanites (de teinte bleue).

Les limites de son territoire sont définies par une ligne partant au nord depuis la petite plage de galets incluant la marine de Mute et où se trouve l'embouchure du petit fiume Guadi[2], longeant la rive droite du cours d'eau presque jusqu'à sa source sur le flanc méridional de la Pointe de Colombara (380 m - Centuri), rasant le sommet de la dite pointe (513 m)[3], se poursuivant par Bocca di Lumaca, col à 471 m d'altitude, et le Col Sainte-Catherine (508 m), une ligne de crête allant jusqu'à Punta di Razzeta (452 m) qui marque l'extrémité orientale de la commune, redescendant par Punta di Fornellu (554 m), Punta di Gualfidone (606 m - Meria), Punta di a Filetta Suprana (590 m), Monte Popolu (496 m) qui marque l'extrémité méridionale de la commune, enfin repartant vers la côte au Sud du golfe d'Alisu par Punta Pastricciola (305 m) et Punta d'Alisgia (155 m).

Article détaillé : Anse d'Aliso.

La façade maritime est comprise entre le nord de Mute sa marine, et le sud du golfu Alisu. Elle comporte quatre embouchures, celui du fiume Guadi cité précédemment, et ceux des fiume di Tuffo, fiume Giuncula et fiume d'Alisu. Elle présente une pointe remarquable, Capu Corcoli au nord du golfe d'Alisu (ou anse d'Aliso). Hormis la plage de Mute et la plage de l'Alisu, toute la côte est déchiquetée, inhospitalière.

Le territoire est cloisonné, formé de quatre bassins fluviaux dont un seul est ouvert sur la côte orientale du Cap, celui du ruisseau de Giunchetto qui prend sur Meria le nom de ruisseau de Meria. Le plus important est celui du fiume d'Alisu où se réunissent les eaux de plusieurs vallons qui sont autant de cirques sauvages : Gattaia, Piubese, Mandrione, Bottifangu et Carpinetu.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le territoire communal est formé de nombreux petits vallons dans lesquels s'écoulent autant de petits ruisseaux. Ils sont, du nord au sud, le fiume Guadi, long de 3,6 km[4], le ruisseau de Santuariu, long de 3,6 km[5] (autre nom : fiume di Tuffo), le fiume di Giuncula qui arrose Mucchieta, le fiume d'Alisu ou ruisseau de Carpinetu qui reçoit les eaux des ruisseaux de Gattaia, et du ruisseau de Bottifangu, et le fiume di l'Algaju. Le ruisseau de Meria[Note 1] qui prend naissance sur Pino sous le nom de ruisseau de Giunchetto, est tributaire de la mer Thyrénéenne.

Climat[modifier | modifier le code]

Arbuste genêt de corse

De par sa situation au Nord du Cap Corse, la commune est soumise au libeccio vent dominant sec et fort d'ouest, assez fréquent et souvent mêlé au ponant (punente), à la tramuntana hivernale, saine, soufflant du nord et aux traînes de mistral (provinza ou maistrale) venant du nord-ouest, sec et violent l'été, humide et froid l'hiver. Morsiglia est en grande partie protégée du gricale ou crecale, vent humide du Nord-est, et du levante humide et malsain d'Est. Les écarts thermiques y sont modérés. Comme dans l'ensemble du Cap Corse, l'hiver est plus chaud et l'été plus tempéré que partout ailleurs du littoral de l'île, sous l'effet de la mer qui réchauffe les températures. En hiver il ne gèle presque jamais au bord de mer. Les étés sont en général secs. En raison de ces facteurs, le territoire présente ainsi dès l'été, de grands risques d'incendie et fait l'objet d'une surveillance accrue de tous les services de lutte contre les incendies.

On distingue trois étages dans la couverture végétale de la commune. Sur le bord de mer, c'est un maquis ras, fait d'épineux notamment de genêts de Corse (genista corsica), de cistes et de lentisques, sculpté par les vents. Au-dessus, le sol est couvert d'un manteau de chênes verts, d'arbousiers et des bruyères. Enfin, sur les hauteurs, là où ont sévi de nombreux incendies, on retrouve le maquis traditionnel, plus clairsemé vers les crêtes.

Le climat est propice à certaines cultures comme la vigne, le cédrat ou encore l'orge. Leurs cultures au XIXe siècle avaient fait la prospérité du Cap corse. Des ruines de moulins à vent et à eau sont encore visibles, tout comme la présence de nombreuses et étroites terrasses autrefois cultivées sur lesquelles aujourd'hui, le maquis a très souvent repris ses droits. Certaines d'entre elles sont toujours cultivées en vigne, produisant un muscat renommé.

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Accès routiers[modifier | modifier le code]

La commune de Morsiglia est desservie par la route D80 qui fait le tour du Cap Corse et qui passe à Centuri au nord et à Pino au sud. La D35, l'une des deux routes départementales traversant latéralement le Cap et qui relie les littoraux occidental et oriental, permet de se rendre de Morsiglia à la marine de Meria. Baragogna se trouve à la jonction de la D80 avec la D35 qui franchit la dorsale du Cap en passant par Bocca di Campu Merlinu, col à 386 m, puis longe le ruisseau de Méria sur tout son parcours jusqu'à la côte.

Au début du XXe siècle, le car mettait 4 heures pour relier Bastia à Mucchieta via Macinaggio (Rogliano). Au sud de Mucchieta, la sinueuse D80 épouse la côte, contourne la Cima di Ficaria (201 m) à flanc de montagne, longeant à plus de 100 m d'altitude des falaises tombant à pic dans la mer.

Transports[modifier | modifier le code]

Morsiglia est distant, par route, de :

Toponymie[modifier | modifier le code]

Morsiglia est un nom d'origine grecque de 2 mots qui sont mὸros, soit imposé par le destin, et sàlos, soit mouillage.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

La commune a la particularité d'abriter 6 tours carrées d'époque génoise, anciennes maisons d'habitations des patriciens, dont certaines ont été restaurées. Elle est composée de 8 hameaux(quartiers ou lieux-dits) qui sont Mute, Stanti, Baragogna, Pecorile, Mucchieta, Posacce, Sundi et Pruno.

Mute[modifier | modifier le code]

Mute est une petite marine au nord de la commune. Les Mute situées à l'embouchure du fiume Guadi, autour d'une plage de galets, sont parfois nommées Marina di Morsiglia. Elles disposaient[1] à la fin du XVIIIe siècle, de plus de 40 magazzini (entrepôts) et de 20 petits bateaux. Les derniers bateaux, ceux de pêche, ont disparu en 1946. Mute abrite la chapelle San Sebastianu. Au Sud-est de la marine, un des rares campings du Nord Cap Corse est exploité en saison. À 1 100 m des Mute se trouve la petite source de Racamo, minérale, ferrugineuse et tiède.

Stanti[modifier | modifier le code]

Vue du hameau de Pecorile

Stanti est un petit village moyenâgeux, bâti sur un promontoire. Stanti vient du grec istànai qui veut dire "dressé". S'y trouvent la chapelle San Roccu ainsi qu'une tour carrée du XIIIe siècle. Cette tour haute de 17 m, a été incendiée au XVIe siècle par les Sarrasins.

Au sud de Stanti, se dresse la tour carrée de Gaspari, du XVIe siècle, également haute de 17 m. À 30 m au sud de la tour on distingue encore les ruines de l'antique village d'Acamorsiglia fondé il y a 25 siècles par les Phocéens, abandonné vers 1905 et nommé Camorsiglia de nos jours.

Cunventu di l'Annunziata

Au nord, entre Mute et Stanti, isolé dans une clairière au milieu d'une yeuseraie, situé au bout d'une petite route en cul-de-sac, l'ancien couvent dédié à l'Annunziata. Ce couvent fondé en 1479 dans le style roman, était occupé par des Servites de Marie, ensuite par des Capucins. Il a été pillé en 1563 par Mammi Pacha dit Mammi Corsu, renégat originaire de Pino. Le couvent et son église protégée sont inscrits aux Monuments historiques.

Baragogna[modifier | modifier le code]

Baragogna est le hameau à l'ouest du gros village de Pecorile. Il recèle la chapelle l'Annunziata.

Au sud du hameau, un chemin conduit au hameau de Posacce. Il permet de se rendre aux ruines d'une chapelle San Bartolomeu ainsi qu'à la station de pompage d'Arrivo, du latin rivus et du grec réô qui signifient "sans ruisseau".

Pecorile[modifier | modifier le code]

Vue du hameau de Pecorile

Village remarquable avec ses 4 tours carrées dont l'une a été transformée. La plus esthétique est située en haut du village, au lieu-dit Pianasca. Elle a 16 mètres de haut et des murs décorés de trous de boulin, ceux qui ont servi à l'échafaudage pour sa construction. Pecorile possède également une chapelle San Roccu, du XVIIe siècle.

Mucchieta[modifier | modifier le code]

Mucchieta est un village situé à un kilomètre au sud de Pecorile. Il renferme un oratoire San Giuvanni ainsi qu'une tour. Le bas du village est traversé par la route D80. Plus au sud, cette route contourne la Cima di Ficaria, à 201 m, à flanc de montagne, longeant des falaises tombant à pic dans la Méditerranée.

Posacce[modifier | modifier le code]

Posacce est un hameau voisin de Casanova, autre hameau beaucoup plus petit. Ils sont tous deux situés à peu de distance au nord de Sundi et séparés par la route D35. Posacce était autrefois aussi appelé Pilusacce. On y trouve un oratoire San Bartulumeu. À 50 m au nord de Casanova se dresse la tour carrée de Petrillo qui avait été héroïquement défendue en 1563 lors de la razzia du renégat Mammi Pacha.

Sundi[modifier | modifier le code]

La côte et les anciens moulins de Monte Rossu

Sundi est un village souvent nommé Giovannacce, du nom de la tour carrée qu'il renferme et qui est accolée à une maison. S'y trouve un oratoire Santa Trinità. Proche du village, les ruines du castello di Morsiglia détruit par Gênes au XVIe siècle. À 500 m à l'est, la chapelle Santa Lucia désaffectée près de laquelle était le village de Poggio dit autrefois Puggjola, lequel a été brûlé en 1560 par Mammi Pacha. Ce dernier venait d'épargner le couvent San Francesco de Pino.

Pruno[modifier | modifier le code]

Petit village, Pruno (Prunu) est situé à l'est de Pecorile. Pour y accéder, il faut emprunter une route en cul-de-sac. Pruno possède une chapelle San Giacumu. Le village avait 65 habitants en 1875[1] et n'en a plus que 4 en hiver. De Pruno part un sentier vers l'Est permettant de rejoindre Rogliano via le col Sainte-Catherine 508 m et la chapelle ruinée de San Agostino 567 m.

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Morsiglia était un antique comptoir commercial installé par des Phocéens au VIe siècle av. J.-C., comme Massalia (Marseille) qui fut fondée à la même époque par d'autres Phocéens qui transformèrent le petit port de Lacydon existant avant leur arrivée.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Du IXe siècle à 1197, Morsiglia[1] était aux seigneurs Peverelli, puis de 1198 à 1248 aux Avogari qui l'ont cédé à Ansaldo da Mare (Seigneurie de San Colombano).

En 1348, à la mort de Galeotto da Mare dit "Giachetto", arrière-petit-fils d'Ansaldo, son fief est partagé entre ses enfants Babiano, Bartolomeo et Nicolas fils de Crescione. Nicolas hérite de Morsiglia. Le petit fief de Morsiglia ne dura que très peu de temps, jusqu'en 1358 date à laquelle une révolte populaire dirigée par Sambucucciu d'Alandu chasse de leurs fiefs les seigneurs et les remplace par des Caporali.

Morsiglia possédait un château nommé Morsiglia qui fut pris en 1558 par les Génois avec son défenseur Jean d'Ortinola qui était partisan de la France. Ce château a été entièrement détruit.

Vers 1563 et 1583, Morsiglia est ravagé par les Barbaresques. À cette époque deux familles originaires de Morsiglia font fortune. Ce sont les Lenci et les Gaspari.

  • Les Lenci associés à des Marseillais, exploitent le corail sur les côtes algériennes entre 1547 et 1604, et animent le commerce et la vie politique à Marseille, sous la protection du roi Louis XIV (le roi de France fut l'hôte des Lenci à Marseille en 1669). De cette famille, Tomaso Lenciu était un riche armateur qui possédait un splendide palais à Marseille et qui fut créé en 1553 gentilhomme par Henri II sous le nom de Thomas de Lenche. Son neveu, Antoine Lenche était élu 2e consul. Il sera assassiné à Marseille le 28 août 1588 par les ligueurs. Ce riche marchand marseillais soutenait les intérêts du roi de France Henri III contre ceux de la Ligue catholique. La raison en était que la Ligue était proche de l'Espagne, alliée à la République de Gênes, contre laquelle les Lenche étaient opposés. La fortune des Lenche s'est accumulée dans le commerce du corail depuis le Bastion de France (près de Bône en Afrique du Nord)[6].

En 1589 le corps d'Antonio Lenche est rapatrié en l'église San Cipriano, par ses cousins Giovani, Paolo et Orlando de Porrata.

  • Les Gaspari étaient des diplomates au service de l'Espagne. Ils aidèrent généreusement les pauvres et le couvent de Morsiglia.

Temps modernes[modifier | modifier le code]

  • 1592 - la commune est contrôlée par Gênes.
  • 1600 - Communauté de la seigneurie Da Mare, Morsiglia comptait environ 500 habitants. Les lieux habités étaient alors Mocchiete, Baragona, lo Pruno, le Jovanaccie, le Pecorile, le Pilosagie, li Stanti, Aquamorsiglia[7].

Au XVIIe siècle, Morsiglia relevait à la fois de la piève religieuse et de la piève judiciaire de Luri, composées des territoires de Centuri, Morsiglia, Meria, Pino, Luri et Cagnano. Elle relevait de la piève civile du Capocorso qui était toujours qualifiée officiellement de « fief » pour ménager les seigneurs locaux dépossédés.

Au XVIIIe siècle, Morsiglia faisait partie de la pieve de Capo Bianco qui était composée des communautés de Centuri, Ersa, Morsiglia, Rogliano et Tomino. Elle relevait de la province du Capo Corso composée de : « Ersa 604. Centuri con 4. Ville 501. Rogliani con 5. 1705. Morsiglia 539. Tomino 624. Meria 405. Cagnano 535. Luri 996. Barettoli 533. Pino 489 » - Francesco Maria Accinelli[8].

  • 1757 - Pascal Paoli contrôle Morsiglia et presque tout le Cap Corse.
  • 1789 - La Corse appartient au Royaume de France. Survient la Révolution française qui supprime la province du Cap Corse et le divise en 4 cantons : Capo Bianco (Rogliano), Seneca (Luri), Sagro (Brando) et Santa Giulia (Nonza).
  • 1790 - Le département de Corse est créé avec Bastia pour préfecture. Morsiglia se trouve dans le nouveau canton de Seneca composé de Morsiglia, Pino, Cagnano, Luri et Meria.
  • 1793 - An II. la Convention divise l'île en deux départements : El Golo (l'actuelle Haute-Corse) et Liamone (l'actuelle Corse-du-Sud) sont créés. La commune qui porte le nom de Morsiglia, passe du canton de Seneca à celui de Capobianco, dans le district de Bastia et dans le département d'El Golo.
  • 1801 - Sous le Consulat[Note 2], la commune garde le nom de Morsiglia, est toujours dans le canton de Capobianco, l'arrondissement de Bastia et le département d'El Golo.
  • 1811 - Les départements d'El Golo et du Liamone sont fusionnés pour former le département de Corse.
  • 1828 - Le canton de Capobianco prend le nom de canton de Rogliano[9].
  • Entre 1865 et 1880, ouverture de la route Macinaggio - Botticella - Nonza - Saint-Florent, tronçon de la future route D80 passant par Morsiglia.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

  • 1973 - Naissance de nouveaux cantons dont le canton de Capobianco créé avec la fusion imposée des anciens cantons de Rogliano et Luri.
  • Entre 1914 et 1918, Morsiglia avait sur sa commune un camp d'internés dans lequel étaient déportés les civils hommes allemands de métropole.
  • 1975 - La commune de Morsiglia bascule dans le département de Haute-Corse qui vient d'être créé.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 15 juillet 2012 Yves Stella DVG .
septembre 2012 en cours Honorine Nigaglioni ép. Sadowski SE .
Les données manquantes sont à compléter.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 143 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1800. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 3],[Note 4].

           Évolution de la population  [modifier]
1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
673 698 718 691 632 654 684 595 682
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
720 735 727 690 700 686 696 645 676
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
518 562 547 552 576 563 525 332 167
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011 -
137 125 119 110 123 141 146 143 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2004[10].)
Histogramme de l'évolution démographique


Enseignement[modifier | modifier le code]

Santé[modifier | modifier le code]

Cultes[modifier | modifier le code]

Le seul culte pratiqué est le catholicisme. L'église paroissiale San Ciprianu relève du diocèse d'Ajaccio.

Économie[modifier | modifier le code]

Vue de vignes
  • Bar/station-service/journaux 7 jours sur 7 : "Chez Mimi et Angèle" au hameau de Baragogna
  • Épicerie : "u Mercatellu" au hameau de Baragogna. C'est un des rares commerces ouverts à l'année sur le littoral occidental du Cap Corse
  • Viticulture : production de vins muscat "Domaine de Pietri" à Morsiglia
  • Négoce des vins : AOC Patrimonio "Pascal Paoli" - rouge/rosé/blanc et pétillant de muscat dont le siège est sis à Morsiglia
  • Club de plongée et un camping au hameau de Mute.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La commune de Morsiglia recèle des œuvres diverses remarquables, certaines classées[11].

Couvent de l’Annonciation[modifier | modifier le code]

Le couvent de l’Annonciation (Annunziata) avec son église (élément protégé), est inscrit à l’inventaire des monuments historiques par arrêté du 24 janvier 1995. (Notice no PA00135327). Il est situé au milieu d'une yeuseraie, loin de toute habitation. Une route goudronnée de moins d'un kilomètre permet d'y accéder. La commune de Morsiglia est connue pour abriter le Couvent de l'Annonciation (fondé en 1479), l'un des plus anciens monastères de Corse, où se tiennent très régulièrement des expositions d'art contemporain.

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Ensemble paroissial Saint-Cyprien[modifier | modifier le code]

Église Saint-Cyprien (San Ciprianu)

Situé au hameau de Muchieta l'ensemble comprend l'église paroissiale Saint-Cyprien (San Ciprianu), la chapelle de la confrérie des pénitents de la Sainte-Croix (Santa Croce) des XVIe siècle ; XVIIe siècle ; XVIIIe siècle ; XIXe siècle et le clocher (élément protégé), classé aux monuments historiques par arrêté du 9 juillet 1996. (Notice no PA2B000002). L'église Saint-Cyprien renferme :

un fauteuil de célébrant en bois taillé, cuir et cuivre du XVIIe siècle, type de fauteuil rare en Corse. œuvre classée monument historique par arrêté du 7 octobre 2005 (Notice no PM2B000762).
un tableau d'autel Saint Christophe portant l'Enfant Jésus et Notre-Dame du Mont Carmel, remettant le scapulaire à saint Erasme et son cadre, daté et signé Giuseppe Badaracco F. 1642 classé monument historique le 24 juillet 2002. (Notice no PM2B000726).

Autres patrimoines religieux[modifier | modifier le code]

  • Chapelle Saint-Jean-Baptiste à Pecorile. Elle renferme un fauteuil de célébrant en bois taillé ajouré du XVIIe siècle ; œuvre classée monument historique par arrêté du 7 octobre 2005 (Notice no PM2B000761).
  • Chapelle Notre-Dame des Grâces située à 400 m d'altitude à l'Est du village. Une route en cul-de-sac permet d'y accéder depuis la D35, route traversant latéralement le Cap et reliant Morsiglia à Meria.
  • Chapelle Sainte-Lucie située au sud de Sundi, en contrebas de la route D35.

Jardins de la villa Stella[modifier | modifier le code]

Le jardin de la villa Stella à Percorile Baragogna, propriété d'une personne privée, est inscrit à l'Inventaire général du patrimoine culturel (documentation préalable)[12].

Jardin du palais Guelfuggi[modifier | modifier le code]

Le jardin à Percorile, détruit, est inscrit à l'Inventaire général du patrimoine culturel (documentation préalable)[13].

Tour de Saint-Jean[modifier | modifier le code]

Au XVe siècle, les habitants du Cap Corse élèvent trente-deux tours pour se protéger. Ces tours de guet sont souvent rondes. Celles de Morsiglia sont carrées, édifiées par les notables pendant la période de transfert de souveraineté de Pise à Gênes. La tour de Saint-Jean fait partie des quatre qui protégeaient le hameau de Pecorile. Haute de seize mètres, elle est couronnée de mâchicoulis soutenant une terrasse. Le tout est construit en moellons de schiste liés par de l'argile. La porte donne sur une terrasse aménagée plus tardivement.

La tour, ses façades et sa toiture, propriété d'une personne privée, est inscrite à l’inventaire des monuments historiques par arrêté du 30 janvier 1990[14].

Autres patrimoines civils[modifier | modifier le code]

  • Les moulins à vent et à eau.
  • les maisons d'américains

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

ZNIEFF[modifier | modifier le code]

Chênaies vertes du Cap Corse

Morsiglia est l'une des 15 communes concernées par la Zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (2e génération) (ZNIEFF940004078) appelée « Chênaies vertes du Cap Corse » couvrant une superficie de 4 112 ha. Ces chênaies vertes s'étendent depuis la commune de Farinole, à la base du cap, jusqu'à la commune de Rogliano au nord-est et à la commune de Morsiglia au nord-ouest.

« Sur les communes de Centuri et de Morsiglia, entre la côte et la pointe de Torricella culminant à 463 mètres, ce boisement s'infiltre entre les villages de 20 à 450 mètres d'altitude. Elle repose sur des ophiolites et des schistes lustrés. Elle est traversée par les routes D35 et D80. Elle n'est composée que de chênes verts. »[15].

Crêtes asylvatiques du Cap Corse

Vingt communes sont concernées par cette ZNIEFF940004076 - (2e génération) d'une superficie de 6 387 ha. La zone englobe la quasi-totalité de la crête centrale du Cap Corse. La limite sud de la ZNIEFF est identifiée par le col de Teghime (Barbaggio) ; la limite septentrionale correspond à la Punta di Gulfidoni au nord du col de Santa Lucia (Morsiglia et Meria).

« Les incendies sont la principale si ce n’est la raison unique du caractère asylvatique des crêtes du Cap Corse... La ZNIEFF est recouverte de maquis, fruticées, pelouses et milieux rupestres. Ces milieux naturels offrent des conditions biotiques et abiotiques favorables à une faune et une flore patrimoniales... La ZNIEFF « Crêtes asylvatiques du Cap Corse » comporte une faune et une flore classée comme déterminantes avec 25 espèces végétales, une colonie de reproduction de petit rhinolophe (Rhinolophus hipposideros), deux couples d’aigle royal (Aquila chrysaetos), et du lézard de Fitzinger (Algyroides fitzingeri) »[16].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Joseph Pianelli, Corsi e Turchi : les barbaresques et la Corse, Ajaccio, Association Arte e storia,‎ 2003
  • Michel Vergé-Franceschi, Histoire de Corse : le pays de la grandeur, Paris, éd. du Félin,‎ 1996
    2 vol., tome I : Des origines au XVIIe siècle, tome II : Du XVIIe siècle à nos jours
  • Stéphane Massiani, La Corse … et ses chapelles romanes, Imprimé sur les presses de l’imprimerie A. Robert, 13011 Marseille,‎ mai 1991
    Morsiglia : Chapelle San’Agostino, p. 27
  • M. Delaugerre, M. Cheylan, Atlas de répartition des batraciens et reptiles de Corse, Parc Naturel Régional de Corse et École Pratique des Hautes Études,‎ 1992, 128 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. les fiume di Giuncula, fiume d'Alisu, fiume di l'Algaju et ruisseau de Meria ne sont pas répertoriés dans le SANDRE
  2. La loi du 28 pluviôse an VIII (19 février 1800) porte sur l'administration locale. Elle conserve les départements hérités de la Révolution mais elle redécoupe les divisions intérieures. Les districts deviennent des arrondissements, la commune est définie et le canton créé. À chaque niveau on trouve un fonctionnaire public (nommé) ainsi qu'une assemblée consultative (élue)
  3. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  4. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Fascinant Cap Corse de Alerius Tardy 1994
  2. Sandre, « Fiche cours d'eau - Ruisseau Guadi (Y7420500)) » (consulté le 31 juillet 2014)
  3. IGN Rando Corse
  4. Sandre, « Fiche cours d'eau - Ruisseau Guadi (Y7420500)) » (consulté le 31 juillet 2014)
  5. Sandre, « Fiche cours d'eau - Ruisseau de Santuariu (Y7421020)) » (consulté le 31 juillet 2014)
  6. Vergé-Franceschi (Michel), Chronique maritime de la France d'Ancien Régime, Paris, Sedes, 1998, p.240
  7. Base Infcor
  8. Francesco Maria Accinelli in L’histoire de la Corse vue par un Génois du XVIIIe siècle - Transcription d’un manuscrit de Gênes - ADECEC Cervioni et l’Association FRANCISCORSA Bastia 1974
  9. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, « Notice communale Morsiglia », École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) (consulté le 17 juillet 2012)
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  11. Morsiglia : Bases Mérimée, Palissy, Mémoire sur le site officiel du ministère français de la Culture
  12. « Notice no IA2B001295 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  13. « Notice no IA2B001294 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  14. « Notice no PA00099266 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  15. Fiche ZNIEFF940004078 - Chênaies vertes du Cap Corse - Commentaires
  16. Fiche ZNIEFF940004076 - Crêtes asylvatiques du Cap Corse - Commentaires