Rock Hudson

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Rock Hudson

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Dans Géant (Giant) (1956).

Nom de naissance Roy Harold Scherer Jr
Surnom Fitz
Naissance 17 novembre 1925
Winnetka (États-Unis)
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Décès 2 octobre 1985 (à 59 ans)
Los Angeles (États-Unis)
Profession Acteur
Films notables Le Secret magnifique
Géant
Écrit sur du vent
Confidences sur l'oreiller

Rock Hudson, de son vrai nom Roy Harold Scherer Jr, est un acteur américain né le 17 novembre 1925 à Winnetka, Illinois et mort le 2 octobre 1985 à Beverly Hills, Los Angeles (États-Unis). Dans les années 1980, il est l'une des premières vedettes à déclarer publiquement être atteinte du sida, ce qui attire une grande attention sur ce fléau, mais aussi sur son homosexualité, alors totalement inconnue du grand public.

Biographie[modifier | modifier le code]

Une ascension rapide[modifier | modifier le code]

Fils unique d’une modeste employée d'origine irlandaise et d'un père d'origine allemande qui les abandonne très tôt, Roy Harold Scherer connaît une enfance difficile, au côté d’une mère dominatrice et autoritaire et d’un beau-père violent. En 1943, alors qu'il vient d'avoir 18 ans, il s’engage dans la marine. Il est démobilisé en 1946 et exerce par la suite plusieurs petits métiers (ouvrier agricole, camionneur).

Il tente sa chance à Hollywood et attire l'attention d'un chasseur de talents, Harry Wilson. Wilson lui permet tout d’abord de faire de la figuration, puis d’obtenir des rôles secondaires, dans les films d'action et les westerns de Raoul Walsh, qui le prend sous contrat personnel : après une figuration non créditée dans Les Géants du ciel (1948), le metteur en scène lui donnera la vedette dans Victime du destin (1952), La Belle Espionne et Bataille sans merci (1953). Mais l'acteur débutant paraît dans une quinzaine de films avant d'accéder à ses premiers rôles, avec une nette prédilection pour le western - dont Winchester 73 et Les Affameurs d'Anthony Mann, dont James Stewart détient la vedette. Progressivement, son nom se rapproche du haut des affiches.

Consécration[modifier | modifier le code]

Sa rencontre en 1952 avec Douglas Sirk est décisive pour la suite de sa carrière. Elle lui permet de devenir une véritable star, avec des films comme la comédie Qui donc a vu ma belle ? ou bien le mélodrame Le Secret magnifique. Rock Hudson tourne beaucoup : dans un premier temps, il s'impose dans la comédie et surtout dans le film d'action, aventures historiques et westerns. Il interprète désormais les premiers rôles devant des acteurs confirmés (Steve Cochran dans Le Justicier impitoyable, Anthony Quinn dans L'expédition du Fort King) au côté de la jeune première Piper Laurie ou d'Yvonne De Carlo, autre protégée de Raoul Walsh.

Rock Hudson devient l'interprète fétiche de Sirk, qui mise beaucoup sur son allure athlétique et son physique séduisant. Il est remarqué dans le western Taza, fils de Cochise (1954), dans Tout ce que le ciel permet (1956) et Écrit sur du vent (id.), des drames mondains à l'esthétique très recherchée, devenus des classiques du mélodrame. Dans Capitaine Mystère (1955), Hudson se compose un rôle de séducteur doublé d'un révolutionnaire ; pour La Ronde de l'aube (1958), un film réalisé d'après le roman Pylône de William Faulkner, il campe un intellectuel déchiré. Outre la jeune première Barbara Rush et l'actrice confirmée Jane Wyman, Hudson côtoie dans ces films Robert Stack, Dorothy Malone et Lauren Bacall.

Ces années sont probablement les plus brillantes de la carrière de l'acteur. Si ses compositions n'impressionnent guère la critique, Hudson impose une présence sympathique, émouvante et séduisante. Il devient la coqueluche du public féminin, des producteurs et de cinéastes prestigieux. Il est présent, au côté de James Dean et Elizabeth Taylor, dans Géant (1956) de George Stevens, dans Le Carnaval des dieux (1957) de Richard Brooks, avec Sidney Poitier ainsi que dans Cette terre qui est mienne d'Henry King, avec Jean Simmons. Il connaît l'échec avec L'Adieu aux armes d'après Ernest Hemingway, dans lequel Jennifer Jones et Vittorio De Sica sont ses partenaires.

Star[modifier | modifier le code]

Rock Hudson retrouve à partir de 1959 le registre comique en formant un duo avec Doris Day dans Confidences sur l'oreiller, premier film d'une trilogie de comédies sentimentales légères, gentiment érotiques, où il se révèle drôle et attachant. Suivront Un pyjama pour deux en 1961 et Ne m'envoyez pas de fleurs en 1964. Il s'illustre dans ce registre sous la direction de Norman Jewison ou Melvin Frank, au côté de Leslie Caron ou Claudia Cardinale. Il joue également la comédie dans Le Sport favori de l'homme d'Howard Hawks (1964). La star a aussi pour partenaires Gina Lollobrigida, notamment dans Le Rendez-vous de septembre, et Gena Rowlands dans L'Homme de Bornéo, deux films réalisés par Robert Mulligan.

À côté de ce cycle léger et séducteur, Rock Hudson sauve son public masculin grâce aux westerns El Perdido de Robert Aldrich (avec Kirk Douglas) et Les Géants de l’Ouest d'Andrew McLaglen (avec John Wayne), grâce aussi aux films de guerre Tobrouk d'Arthur Hiller, avec George Peppard, et Destination : Zebra, station polaire de John Sturges, dont la distribution comprend Ernest Borgnine et Patrick McGoohan. Mais le déclin cinématographique de Hudson est amorcé dès qu'il s'éloigne de la comédie romantique, tel l'échec sans appel du sombre L'Opération diabolique de John Frankenheimer

Déclin[modifier | modifier le code]

Rock Hudson retrouve pourtant son créneau favori lorsque Blake Edwards le dirige avec Julie Andrews en 1970 dans le musical Darling Lili. Malgré cette collaboration, la carrière de l'acteur marque le pas sur grand écran pour lequel il tourne toujours régulièrement, sous la direction de Roger Vadim par exemple, s'essayant à la science-fiction (Embryo), rivalisant avec Dean Martin (dans Duel dans la poussière de George Seaton), avec dans ses bras toujours les plus charmantes actrices : Angie Dickinson, Barbara Carrera ou Mia Farrow. Mais toutes ces productions sont secondaires. Sa célébrité durant cette décennie se maintient plutôt grâce à la série télé McMillan (1971-1977) avec Susan Saint James et, plus tard, Détroit d'après Arthur Hailey et Chroniques martiennes (1980) de Michael Anderson d'après Ray Bradbury. Sur petit écran, Hudson affronte James Coburn et continue de collectionner les partenaires féminines : Lee Remick, Gayle Hunnicutt et Deborah Shelton.

En 1980, Rock Hudson retrouve trois gloires des années 1950, son amie Elizabeth Taylor, son ancien concurrent Tony Curtis et Kim Novak, dans une adaptation d'un roman d'Agatha Christie, Le miroir se brisa. Au cinéma, il ne revient que pour L'Ambassadeur : Chantage en Israël de J. Lee Thompson, au côté de Robert Mitchum en 1984. À la télévision, il demeure très actif : il joue dans des téléfilms avec Suzanne Pleshette, Melanie Griffith, Sharon Stone, incarne le président de son pays dans La Troisième Guerre mondiale, et tient la vedette avec Jack Scalia dans les treize épisodes de Devlin Connection en 1982. Son dernier rôle sera l'amant de Linda Evans dans neuf épisodes de la saga Dynastie (1984-1985), rôle écourté à cause de son état de santé.

La maladie[modifier | modifier le code]

Rock Hudson avec Nancy et Ronald Reagan à la Maison Blanche en 1984

Le 25 juillet 1985, Rock Hudson révèle qu'il est atteint du sida, et marque les esprits en révélant son visage décharné par un sarcome de Kaposi[1]. Lors d'un séjour à Paris, Rock Hudson décide d'annoncer sa maladie. Yanou Collart, son attachée de presse et amie, est dans l'obligation de débourser 300 000 dollars pour louer un 747 afin de rentrer à Los Angeles parce qu'aucune compagnie ne veut le transporter[2].

Dès le mois suivant, son homosexualité est ouvertement évoquée dans la presse [3]. Rock Hudson meurt le 2 octobre 1985. Le grand public constate à cette occasion combien l'image publique des vedettes, telle que les studios la construisent, peut se révéler éloignée de la réalité, Rock Hudson étant devenu l'archétype du jeune premier désirable, gendre idéal et hétérosexuel.

Postérité[modifier | modifier le code]

Après son décès, sa succession donnera lieu à un procès où la vie privée de l'acteur sera étalée. Phyllis Gates, son ancienne femme, écrira un livre sur leur mariage arrangé par leurs patrons communs et finalement un téléfilm sera réalisé : Rock Hudson : La double vie d'une star.

Rock Hudson, la vie secrète d'un play-boy dans le placard est un documentaire présenté en 2009 au festival de Berlin et diffusé sur Arte sous le titre Rock Hudson, beau ténébreux.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Rock Hudson dans Écrit sur du vent (1956)

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Voix françaises[modifier | modifier le code]

et aussi :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Rock Hudson: His Story by Rock Hudson and Sara Davidson (1986)
  • My Husband, Rock Hudson by Phyllis Gates (1987)
  • Rock Hudson, Friend of Mine by Tom Clark (1990)
  • Rock Hudson by David Bret (2006)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. Site lepoint, consulté le 12 mai 2013.
  2. The Long Goodbye: Rock Hudson 1925-85, par Scot Haller sur people.com
  3. [http://www.people.com/people/archive/article/0,,20091477,00.html Rock Hudson: His Name Stood for Hollywood's Golden Age of Wholesome Heroics and Lighthearted Romance—Until He Became the Most Famous Person to Die of Aids, People, 12 août 1985