Rock Hudson

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Rock Hudson

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Dans Géant (Giant) (1956).

Nom de naissance Roy Harold Scherer Jr.
Surnom Fitz
Naissance
Winnetka, États-Unis
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Décès (à 59 ans)
Los Angeles, États-Unis
Profession Acteur
Films notables Le Secret magnifique, Géant, Écrit sur du vent, Confidences sur l'oreiller

Rock Hudson, de son vrai nom Roy Harold Scherer Jr., est un acteur américain né le à Winnetka, Illinois, et mort le à Beverly Hills, Los Angeles. Dans les années 1980, il est l'une des premières vedettes à déclarer publiquement être atteinte du sida, ce qui attire une grande attention sur ce fléau, mais aussi sur son homosexualité, alors totalement inconnue du grand public.

Biographie[modifier | modifier le code]

Une ascension rapide[modifier | modifier le code]

Fils unique d’une modeste employée d'origine irlandaise et d'un père d'origine allemande qui les abandonne très tôt, Roy Harold Scherer connaît une enfance difficile, au côté d’une mère dominatrice et autoritaire et d’un beau-père violent. En 1943, alors qu'il vient d'avoir 18 ans, il s’engage dans la marine. Il est démobilisé en 1946, et exerce par la suite plusieurs petits métiers (ouvrier agricole, camionneur).

Il tente sa chance à Hollywood, et attire l'attention d'un chasseur de talents, Harry Wilson. Wilson lui permet tout d’abord de faire de la figuration, puis d’obtenir des rôles secondaires, dans les films d'action et les westerns de Raoul Walsh, qui le prend sous contrat personnel : après une figuration non créditée dans Les Géants du ciel (1948), le prestigieux metteur en scène lui donnera la vedette dans Victime du destin (1952), La Belle Espionne et Bataille sans merci (1953). Mais l'athlétique débutant paraît dans une quinzaine de films avant d'accéder à ces premiers rôles, avec une nette prédilection pour le western - dont Winchester 73 et Les Affameurs d'Anthony Mann, dont James Stewart détient la vedette. Progressivement, son nom se rapproche du haut des affiches.

Douglas Sirk[modifier | modifier le code]

Sa rencontre en 1952 avec Douglas Sirk est décisive pour la suite de sa carrière. Elle lui permet de devenir une véritable star, avec des films comme la comédie Qui donc a vu ma belle ?, ou bien le mélodrame Le Secret magnifique. Rock Hudson tourne beaucoup : dans un premier temps, il s'impose dans la comédie et surtout dans le film d'action, aventures pseudo-historiques et westerns. Il interprète désormais les premiers rôles devant des acteurs confirmés (Steve Cochran dans Le Justicier impitoyable, Anthony Quinn dans L'expédition du Fort King) au côté de la jeune première Piper Laurie ou de la ravageuse Yvonne De Carlo, autre protégée de Walsh.

Rock Hudson devient l'interprète fétiche de Sirk, qui mise beaucoup sur son allure athlétique et son sourire irrésistible. On le remarque dans le western Taza, fils de Cochise (1954), dans Tout ce que le ciel permet (1956) et Écrit sur du vent (id.), des drames mondains à l'esthétique très recherchée, devenus des classiques du mélodrame. Dans Capitaine Mystère (1955), Hudson se compose un rôle de séducteur doublé d'un révolutionnaire ; pour La Ronde de l'aube (1958), un film réalisé d'après le roman Pylône de William Faulkner, il campe un intellectuel déchiré. Outre la jeune première Barbara Rush et l'excellente Jane Wyman, Hudson côtoie dans ces films Robert Stack, Dorothy Malone et la légendaire Lauren Bacall.

Star de mélo[modifier | modifier le code]

Ces années sont probablement les plus brillantes de la carrière de l'acteur. Si ses compositions n'impressionnent guère la critique (qui crie cependant au génie de Sirk), Hudson impose une présence sympathique, parfois émouvante, très subtile si l'on y prête attention, séduisante en diable. Il devient la coqueluche du public féminin, des producteurs et de cinéastes prestigieux. On le retrouve, au côté de James Dean et Elizabeth Taylor, dans Géant (1956) de George Stevens, de Sidney Poitier dans Le Carnaval des dieux (1957) de Richard Brooks, de Jennifer Jones et Vittorio De Sica dans L'Adieu aux armes d'après Ernest Hemingway, de Jean Simmons dans Cette terre qui est mienne d'Henry King, ailleurs d'Anne Baxter ou Cyd Charisse. Tous ces films, coûteux et ambitieux, ont pour objectif de battre en brèche la télévision, nouveau et redoutable concurrent.

Star de comédie[modifier | modifier le code]

Rock Hudson retrouve à partir de 1959 le registre comique en formant un duo efficace avec Doris Day dans Confidences sur l'oreiller, premier film d'une trilogie de comédies sentimentales légères, gentiment érotiques, où il se révèle drôle et attachant. Suivront Un pyjama pour deux en 1961 et Ne m'envoyez pas de fleurs en 1964. Il s'illustre dans ce registre sous la direction de Norman Jewison ou Melvin Frank, au côté de Leslie Caron ou Claudia Cardinale. Il joue également la comédie dans Le Sport favori de l'homme d'Howard Hawks (1964). La star a aussi pour partenaires Gina Lollobrigida, notamment dans Le Rendez-vous de septembre, et Gena Rowlands dans L'Homme de Bornéo, deux films réalisés par Robert Mulligan.

Héros d'action[modifier | modifier le code]

À côté de ce cycle léger et séducteur, Rock Hudson sauve son public masculin grâce aux westerns El Perdido de Robert Aldrich (avec Kirk Douglas) et Les Géants de l’Ouest d'Andrew McLaglen (avec John Wayne), grâce aussi aux films de guerre Tobrouk d'Arthur Hiller, avec George Peppard, et Destination : Zebra, station polaire de John Sturges, dont la distribution comprend Ernest Borgnine et Patrick McGoohan. Mais le déclin cinématographique de Hudson est amorcé dès qu'il s'éloigne de la comédie romantique - voir l'échec sans appel du sombre L'Opération diabolique (Seconds) de John Frankenheimer

Télévision[modifier | modifier le code]

Rock retrouve pourtant son créneau favori lorsque Blake Edwards le dirige avec Julie Andrews en 1970 dans le musical Darling Lili. Malgré cette collaboration, la carrière de l'acteur marque le pas sur grand écran pour lequel il tourne toujours régulièrement, sous la direction de Roger Vadim par exemple, s'essayant à la science-fiction (Embryo), rivalisant avec Dean Martin (dans Duel dans la poussière de George Seaton), avec dans ses bras toujours les plus charmantes actrices : Angie Dickinson, Barbara Carrera ou Mia Farrow. Mais toutes ces productions sont secondaires. Sa gloire durant cette décennie se maintient plutôt grâce à la série télé McMillan (1971-1977) avec Susan Saint James et, plus tard, Détroit d'après Arthur Hailey et Chroniques martiennes (1980) de Michael Anderson d'après Ray Bradbury. Sur petit écran, Hudson affronte James Coburn et continue de collectionner les partenaires féminines les plus plaisantes : Lee Remick, Gayle Hunnicutt et Deborah Shelton.

Les derniers rôles[modifier | modifier le code]

En 1980 Rock Hudson retrouve trois gloires des années 1950 - son amie Elizabeth Taylor (près de 30 ans après Géant), son ancien concurrent Tony Curtis (chez Sirk par exemple) et Kim Novak - dans une adaptation d'un roman d'Agatha Christie, Le miroir se brisa. Au cinéma, il ne revient que pour L'Ambassadeur : Chantage en Israël de J. Lee Thompson, au côté de Robert Mitchum en 1984. À la télévision, il demeure très actif : il joue dans des téléfilms avec Suzanne Pleshette, Melanie Griffith, Sharon Stone, incarne le président de son pays dans La Troisième Guerre mondiale, et tient la vedette avec Jack Scalia dans les treize épisodes de Devlin Connection en 1982. Son dernier rôle sera l'amant de Linda Evans dans neuf épisodes de la saga Dynastie (1984-1985), rôle écourté à cause de son état de santé.

La maladie[modifier | modifier le code]

Rock Hudson avec Nancy et Ronald Reagan à la Maison Blanche en 1984

Le , Rock Hudson révèle qu'il est atteint du sida, et marque les esprits en révélant son visage décharné par un sarcome de Kaposi[1].

Lors d'un séjour à Paris, Rock Hudson décide d'annoncer sa maladie. Yanou Collart, son attachée de presse et amie, est dans l'obligation de débourser 300 000 dollars pour louer un 747 afin de rentrer à Los Angeles parce qu'aucune compagnie ne veut le transporter[2].

Dès le mois suivant, son homosexualité est ouvertement évoquée dans la presse [3]. Rock Hudson meurt le 2 octobre 1985.

Le grand public constate à cette occasion combien l'image publique des vedettes, telle que les studios la construisent, peut se révéler éloignée de la réalité, Rock Hudson étant devenu, comme James Dean en son temps, l'archétype du jeune premier désirable, gendre idéal, et, bien évidemment, hétérosexuel.

Postérité[modifier | modifier le code]

Après son décès, sa succession donnera lieu à un procès où la vie privée de l'acteur sera étalée. Phyllis Gates, son ancienne femme, écrira un livre sur leur mariage arrangé par leurs patrons communs et finalement un téléfilm sera réalisé : Rock Hudson : La double vie d'une star.

Rock Hudson, la vie secrète d'un play-boy dans le placard est un documentaire présenté en 2009 au festival de Berlin et diffusé sur Arte sous le titre Rock Hudson, beau ténébreux.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Rock Hudson dans Écrit sur du vent (1956)

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Doublage français[modifier | modifier le code]


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Rock Hudson: His Story by Rock Hudson and Sara Davidson (1986)
  • My Husband, Rock Hudson by Phyllis Gates (1987)
  • Rock Hudson, Friend of Mine by Tom Clark (1990)
  • Rock Hudson by David Bret (2006)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. Site lepoint, consulté le 12 mai 2013.
  2. The Long Goodbye: Rock Hudson 1925-85, par Scot Haller sur people.com
  3. [http://www.people.com/people/archive/article/0,,20091477,00.html Rock Hudson: His Name Stood for Hollywood's Golden Age of Wholesome Heroics and Lighthearted Romance—Until He Became the Most Famous Person to Die of Aids, People, 12 août 1985