Conte philosophique

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Un conte philosophique au XVIIIe siècle est une histoire fictive, produite par l’auteur dans le but de réaliser une critique de la société et du pouvoir, le plus souvent fustigée dans toutes ses dimensions (mœurs de vie mondaine/rurale, pouvoir politique, arts, intolérance religieuse). Ce texte est rédigé en s'inspirant de la structure d'un conte, dans le but de se soustraire à la censure, tout en restant compréhensible. En effet, sous le voile de la fiction se profile la plume acérée de l'auteur, constituant l'essence même de la pensée de ce dernier. Pour s'adresser à un lectorat mondain et influent, il est nécessaire de piquer sa curiosité pour lui ouvrir les yeux sur les réalités sociales ou culturelles qu'il ne sait ou ne veut pas discerner. Étant également une manière pour les philosophes de défendre leurs idées, ce genre a été particulièrement utilisé par les philosophes des Lumières, notamment par Voltaire, dans Candide ou encore Zadig.

Historique de l'émergence d'une nouvelle forme littéraire[modifier | modifier le code]

Le conte a existé dans toutes les cultures, sous forme orale ou écrite et les contes à portée philosophique sont probablement aussi anciens que ces cultures elles-mêmes (par exemple, sous la forme de récits originels). Toutefois, la conception moderne du conte philosophique fait référence à la tradition philosophique qui a émergé entre la Renaissance et le XVIIIe siècle. L'âge d'or du conte philosophique en Europe occidentale est certainement le siècle des Lumières où de nombreuses œuvres de ce type sont parues, notamment sous la plume du philosophe Voltaire. Le conte philosophique devient parfois un conte satirique lorsque l'auteur s'y moque des travers d'individus ou de leurs idées ou bien y glisse une critique de la société contemporaine.

Un genre satirique[modifier | modifier le code]

Par les artifices liés au caractère imaginaire du récit, par exemple, au travers des êtres imaginaires venus d'ailleurs, l'auteur feint de porter un regard objectif sur les hommes, ainsi que le fit Montesquieu dans les Lettres persanes, pour mieux dénoncer ce qu'il condamne. L'auteur le plus célèbre de contes philosophiques, Voltaire invite le lecteur à prendre conscience de l'imperfection humaine et de l'omniprésence du mal sur la terre tout en s'opposant à la théorie de Leibniz caricaturé sous les traits du Docteur Pangloss dans Candide, ce qui donne aussi une dimension satirique à l'œuvre.

Le conte devient un moyen plaisant pour faire réfléchir le lecteur sur la place de l'homme dans l'univers, en réunissant la fiction et les morales philosophiques des Lumières.

Les héros de Voltaire : Candide, Zadig, Micromégas, l'Ingénu sont parés de traits de caractère enviables. On pourra donc lire ce texte à plusieurs degrés en fonction desquels l’histoire sera plus ou moins significative et profonde. Mais qui dit philosophie dit normalement haut degré d’abstraction. C’est justement ici que se crée un ajustement : le conte est philosophique, mais, pour ne pas être abstrait, enracine sa réflexion dans le monde contemporain qu’il critique. Les visées sont doubles : philosophiques et satiriques.

Principaux auteurs[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]