Vasectomie

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La vasectomie ou ligature des canaux déférents[1] est une opération chirurgicale utilisée comme méthode de stérilisation. Elle consiste à sectionner ou bloquer les canaux déférents qui transportent les spermatozoïdes chez des individus mâles.

Vasectomie chez l'être humain[modifier | modifier le code]

Diagramme de l'anatomie humaine reproducteur mâle et l'emplacement de l'intervention chirurgicale pour une vasectomie

La vasectomie a un caractère irréversible[2] qui l'exclut a priori des méthodes de contraception : c'est une méthode de stérilisation. Ce n'est pas non plus une castration car elle n'implique ni l'ablation ni la destruction des testicules[3]. Il n'y a donc, en principe, aucune modification de l'activité hormonale et du comportement sexuel[3]. L'opération se fait sous anesthésie locale, la sédation ou l'anesthésie générale restent cependant possibles selon les cas[4]. Les spermatozoïdes persistent dans les canaux déférents et dans la vésicule séminale pendant plusieurs semaines (l'OMS recommande 3 mois)[4]. Plusieurs éjaculations sont nécessaires pour évacuer les spermatozoïdes produits avant la vasectomie, après au moins une semaine d'abstinence suivant immédiatement l'opération afin de permettre la cicatrisation des canaux déférents[4]. Seule la réalisation d'un spermatogramme un certain temps après l'opération permet de garantir la stérilité du patient (observation d'une azoospermie), en attendant l'utilisation d'autres méthodes contraceptives (préservatif, pilule...) doit être poursuivie[4]. Le risque de grossesse après une vasectomie est d'environ 0,05%[4].

Les risques de complications ou de mortalité résultant d'une vasectomie sont très faibles (en 1977 entre 2 et 4% des opérations ont provoqué des complications essentiellement peu graves (hématomes et infections localisés)[3]. Lors d'une campagne de vasectomisation effectuée en Inde, 5 décès par tétanos sont survenus sur un total de 62 000 hommes opérés[3].

Contrairement au préservatif masculin ou féminin, la vasectomie ne permet en aucune façon une protection contre les infections sexuellement transmissibles.

En France[modifier | modifier le code]

En France, la Haute Autorité de santé considère la vasectomie comme une stérilisation à visée contraceptive, choisie lorsque d'autres méthodes de contraception ont échoué[4]. L'initiative vient souvent de la partenaire et la prise de décision prend du temps (souvent au moins un an)[4]. Comme toute intervention chirurgicale le patient est informé des risques que comportent l'opération, de ses conséquences et des soins post-opératoires afin de permettre un consentement éclairé[4]. La décision se fait en concertation avec un médecin après un délai de réflexion d'au moins quatre mois[4]. Le Code de la santé publique précise que des mineurs ne peuvent faire l'objet d'une vasectomie (ou d'une ligature des trompes chez les mineures), et qu'« elle ne peut être pratiquée que si la personne majeure intéressée a exprimé une volonté libre, motivée et délibérée en considération d’une information claire et complète sur ses conséquences »[4].

Vasectomie chez les animaux[modifier | modifier le code]

Les souris mâles sont souvent stérilisées dans le cadre d'expériences scientifiques.

Les souris, les rats et les lapins font souvent l'objet de vasectomies lorsqu'il n'est pas attendu de populations qu'elles se reproduisent naturellement (c'est notamment le cas des souris transgéniques comme la souris knock-out)[5]. Dans le cadre expérimental biomédical ces opérations sur des animaux doivent respecter des normes éthiques de contrôle et de réduction de la douleur[5] (notamment la directive européenne EU 2010/63)[5],[6] ; si des animaux sont vasectomiés ils font l'objet de traitements anti-douleur.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Kramer Robert, « Lucidité (Insight) et aveuglement : les « visions » de Rank », Le Coq-héron, no 187,‎ , p. 11-51 (DOI 10.3917/cohe.187.0011, lire en ligne)
  2. Kalampalikis Nikos et Buschini Fabrice, « La contraception masculine médicalisée : enjeux psychosociaux et craintes imaginaires », Nouvelle revue de psychosociologie, no 4,‎ , p. 89-104 (DOI 10.3917/nrp.004.0089, lire en ligne)
  3. a, b, c et d Sardon Jean Paul, « La stérilisation dans le monde. I. Aperçus médicaux et législatifs. Revue et synthèse », Population, no 2,‎ , p. 411-437 (DOI 10.2307/1531666, lire en ligne)
  4. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Contraception chez l'homme et chez la femme, Haute Autorité de Santé,‎ , 247 p. (ISBN 978-2-11-138044-8, lire en ligne), p. 60-64
  5. a, b et c Matthew C. Leach, Kristel Klaus, Amy L. Miller, Maud Scotto di Perrotolo, Susana G. Sotocinal et Paul A. Flecknell, « The Assessment of Post-Vasectomy Pain in Mice Using Behaviour and the Mouse Grimace Scale », PLOS ONE,‎ (DOI 10.1371/journal.pone.0035656, lire en ligne)
  6. « Directive 2010/63/UE du Parlement européen et du Conseil du 22 septembre 2010 relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques », Journal officiel de l'Union européenne,‎ (lire en ligne).