Onan

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Onan (de l’hébreu : אוֹנָן) est un personnage biblique. Second fils de Juda, frère d'Er, il doit, selon les coutumes du lévirat (que Juda est donc le premier personnage biblique à appliquer) prendre pour épouse Tamar, la femme d’Er, à la mort de celui-ci, Er n’ayant pas fait d’enfant.

Onan refuse, préférant « laisser sa semence se perdre dans la terre » (le récit issu de la Genèse -- Vayeshev, ne dit pas comment) et est frappé de mort par YHWH.

Sommaire

Histoire d'Onan [modifier]

Onan est un personnage de la Bible, du livre de la Genèse. Onan est le fils du patriarche Juda. a. On y apprend qu'il s'est marié à une Cananéenne dont il a eu trois fils : Er, Onan et Chêla. Juda marie Er à une femme du nom de Thamar.

Er meurt et, en vertu de la loi du lévirat (Deutéronome 25,5), Thamar est donnée pour femme à Onan.

Onan refuse de donner des enfants à Thamar, en pratiquant le coït interrompu (pratique consistant à ne pas accomplir l'acte sexuel jusqu'à l'éjaculation). Son attitude déplaît à Dieu et il meurt.

Interprétations [modifier]

Interprétation juive [modifier]

Selon les Sages d’Israël, il ne s’agit pas de la masturbation ni du coït interrompu : contrairement à celui-ci, il n’y a pas rétention de la matière séminale mais dispersion à l’extérieur (adapté de Rachi sur Genèse 38:9).

Les Sages d’Israël condamnent vigoureusement l’onanisme, passible de la peine de mort et outrage au Créateur (traité Nidda 13b, où l’épisode d’Onan est cité afin de proscrire aussi bien la masturbation que le coït interrompu).

Rachi déduit du récit qu’Er se livrait probablement aux mêmes pratiques qu’Onan, afin de ne pas flétrir la beauté de sa femme par la grossesse, ce qui contribue à accréditer la thèse.

Néanmoins, Samuel Eidels, le Maharsha, fait remarquer que la peine de mort, appliquée par le tribunal divin et non humain, n’aurait pu s’appliquer à Onan, ni à son frère, dont les Sages calculent qu’ils étaient assez jeunes (Seder Olam, II) si leur père, Juda, n’avait pas été coupable de son côté d’avoir pris la décision de vendre Joseph, causant l’affliction et la discorde au sein de la maison de Jacob.

Cette mort ne serait donc pas la rétribution d’un péché sexuel mais la malédiction qui atteint le coupable jusqu’à la quatrième génération.

Interprétation chrétienne [modifier]

Le texte de la Genèse, au chapitre 38, concernant Onan, et ce qui sera appelé le « crime d'Onan » sera le fondement théologique de la condamnation de la contraception chez les commentateurs biblique chrétiens.

« Alors Juda dit à Onân : Va vers la femme de ton frère, remplis avec elle ton devoir de beau-frère et assure une postérité à ton frère. Cependant Onân savait que la postérité ne serait pas sienne et, chaque fois qu'il s'unissait à la femme de son frère, il laissait perdre à terre pour ne pas donner une postérité à son frère. Ce qu'il faisait déplut à Yahvé, qui le fit mourir lui aussi. »[1]

Selon Jean-Louis Flandrin l'interprétation du crime d'Onan de manière très sévère doit en grande partie à l'influence greco-romaine des premiers siècle du christianisme. Dans un contexte où la société est très marqué par l'hédonisme et le malthusianisme avec la pratique de l’infanticide[2]. Dans ce contexte d'une grande influence de la philosophie stoïcienne, le crime d'Onan est alors vite analysé et condamné dans les textes des premiers chrétiens[3]. L'onanisme, représentant non pas la masturbation, mais le coït interrompu, c'est-à-dire une pratique afin d'éviter les naissances est considéré comme un crime et un péché très grave.

De Saint Augustin jusqu'au début du XXe siècle, le crime d'Onan est condamné fermement[4]. Le Concile de Trente considérant que ceux qui empêchent la procréation sont des personnes dénaturées et homicides, en 1885 la Congrégation de la Sacrée Pénitencerie qualifie le crime d'Onan comme étant un « vice abominable », le moraliste Arthur Vermeerch le décrit comme un péché « intrinsece et graviter malus »[5]

Les commentateurs catholiques médiévaux interprétèrent également l’intervention divine comme une condamnation de la masturbation et/ou de la contraception, et toutes leurs interprétations s’attachèrent à condamner encore plus ce dernier point.

Évolution de l'interprétation par certains exégètes modernes

La plupart des exégètes modernes pensent que la faute d’Onan fut surtout d’enfreindre les règles du lévirat, c'est à dire de refuser de donner une descendance à la femme de son frère.

Les exégètes considèrent que le crime d'Onan n'est pas tant dû à la pratique de la contraception, mais au non respect par Onan de la loi du lévirat en refusant de donner une descendance à la femme de son frère[6]. Ils estiment que le passage ne fait pas référence à la masturbation mais au coïtus interruptus, tous deux aboutissant tout de même à empêcher la conception. Or, la conception étant le début de la vie, Onan empêchait ainsi la vie. La charge principale reste la violation des lois du lévirat, qui est une loi divine, alors que ni la masturbation ni le coït interrompu ne sont expressément condamnés par les Écritures.

Onanisme [modifier]

Article détaillé : Onanisme.

Le terme Onanisme est créé au XVIIIe siècle par un chirurgien anglais, et désigne la pratique de la masturbation et des conséquences médicales qui peuvent en découler.

Source [modifier]

Pour l'interprétation juive

Commentaire de Genèse 38 :7 et 9, in La Voix de la Thora, Elie Munk, Fondation Samuel et Odette Lévy, édition février 1998.

Pour l'interprétation chrétienne

Voir aussi [modifier]

Notes et références [modifier]

  1. http://www.biblia-cerf.com/BJ/gn38.html Extrait du chapitre 38 de la Genèse, traduction de la Bible de Jérusalem
  2. id=EC|Eglise et Contraception|Jean Louis Flandrin|2008|p24
  3. id=EC|Eglise et Contraception|Jean Louis Flandrin|2008|p26
  4. L'affaire Humanae Vitae L’Église catholique et la contraception, Martine Sevegrand, Edition Karthala, collection Disputatio, p12/162, ISBN 978-2-8111-0007-0
  5. L'affaire Humanae Vitae L’Église catholique et la contraception, Martine Sevegrand, Édition Karthala, collection Disputatio, p11/162, ISBN 978-2-8111-0007-0
  6. L'affaire Humanae Vitae L’Église catholique et la contraception, Martine Sevegrand, Édition Karthala, collection Disputatio, p12/162, ISBN 978-2-8111-0007-0