Placebo (groupe)
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| Placebo | |
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Placebo en concert au Coachella Festival en avril 2007
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| Pays d’origine | |
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| Genre(s) | Rock Alternatif Glam Rock Hard Pop |
| Années actives | Depuis 1994 |
| Label(s) | Pias (Europe) Vagrant (USA) |
| Site Web | http://www.placeboworld.co.uk |
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| Membres | Brian Molko Stefan Olsdal Steve Forrest |
| Anciens membres | Steve Hewitt Robert Schultzberg |
Placebo est un groupe de rock alternatif créé en 1994 à Londres par Brian Molko et Stefan Olsdal accompagnés de Steve Forrest depuis l'été 2008.
La musique et les textes de Placebo se distinguent par une inclination romantique exacerbée. Autrefois allié à une imagerie provocante et excessive, ce romantisme exubérant s'inscrit désormais dans une attitude bien plus introvertie.
Opérant un changement progressif de son image et de sa musique, adoucissant le punk-rock de ses débuts avant d'incorporer des samples, Placebo a gagné une reconnaissance internationale et est connu du grand public pour ses titres Pure Morning, Every You Every Me, Special K, The Bitter End ou encore Meds.
Sommaire |
[modifier] Membres
- Brian Molko : chant, guitare, basse, piano, harmonica, saxophone
- Stefan Olsdal : basse, guitare, piano
- Steve Forrest : batterie (depuis 2008)
[modifier] Accompagnement
- William Lloyd : basse, guitare, clavier (depuis 1998) (studio et tournée)
- Fiona Brice : violon, clavier (depuis 2008) (studio et tournée)
- Nick Gavrilovich : clavier, guitare (depuis 2009) (tournée)
[modifier] Anciens membres
Anciens membres:
- Steve Hewitt : batterie (1996-2007)
- Robert Schultzberg : batterie (1994-1996)
Accompagnement scénique:
- Xavior Roide : clavier (2003-2005) (tournée)
- Alex Lee : clavier, guitare (2006-2007) (tournée)
[modifier] Histoire du groupe
[modifier] Essais précliniques
Les tout premiers balbutiements de ce qui deviendra Placebo se font entendre en 1994 à Deptford en Angleterre où Brian Molko (Etatsunien, Écossais), joueur de guitare autodidacte, et Steve Hewitt (Britannique), batteur déjà expérimenté grâce à sa présence au sein de petits groupes, se réunissent pour jouer par intermittence dans les pubs et partager leurs infortunes. Ces derniers se sont rencontrés au Burger King de Lewisham[1] par l'intermédiaire d'une amie de Steve Hewitt alors pensionnaire du Goldsmith's College de Londres dont Brian Molko est diplômé en 1994.
Par le plus grand des hasards, à la station de métro South Kensington de Londres, Brian Molko rencontre Stefan Olsdal (Suédois) un ancien camarade de classe à l'American School du Luxembourg devenu bassiste émérite[2]. Ils n'ont jamais eu de véritables liens au Luxembourg mais la guitare que transporte alors Stefan en bandoulière est néanmoins un sujet de discussion et mène Brian à proposer à Stefan d'assister à la prestation qu'il donne le soir même en compagnie de Steve. Celle-ci a lieu au Round The Bend et Stefan Olsdal bien que dubitatif au préalable, est conquis. Sans plus tarder, il propose alors à Brian Molko de s'associer pour composer[3].
Les deux jeunes hommes, qui auraient brièvement porté le nom Ashtray Heart (« Cœur Cendrier ») non revendiqué, vont monter des premières maquettes puis les enregistrer à l'aide d'instruments et un magnétophone de fortune en compagnie de Steve Hewitt. Mais ce dernier doit vite retrouver son premier groupe, Breed, pour une nouvelle tournée. C'est pourquoi en octobre 1994, Robert Schultzberg (Suédois), ami d'enfance de Stefan Olsdal, comble la place vacante et le trio se rebaptise Placebo.
[modifier] Placebo, "Power Trio"
La formation choisit ce nom car le mot sonne bien, qu'il est prononçable dans plusieurs langues et surtout parce qu'un placebo n'est qu'un leurre, une façon pour le groupe de se démarquer de la tendance des années 1990 d'appeler les groupes par des noms de médicaments en référence à « The Cure » (Le remède). Les premières démos sont enregistrées au mois de mars 1995 aux studios Sound Advice de Deptford ; ainsi voient entre autres le jour Nancy Boy, Teenage Angst et 36 Degrees[4]. Avec une tendance Punkie, les compositions restent techniquement simples à l'image des courants des années 1980 prônant le Do it yourself et privilégient l'énergie et l'émotion : des caractéristiques qui resteront la marque de fabrique de Placebo qui se trouve alors aux antipodes du courant Britpop des années 1990.
Les maisons de disques anglaises subodorent la bonne affaire et se pressent pour faire signer Placebo qui préfère temporiser. Le groupe gagne sa place sur une compilation après un concours et y présente Bruise Pristine puis finit par signer pour cinq albums chez Hut Recordings, sous label de Virgin Records (EMI), en créant au passage son propre label Elevator Music Ltd.. . Quelques mois plus tard, la formation sort son premier album sobrement intitulé Placebo, le 17 juillet 1996.
L'album, produit par Brad Wood, connaît un succès d'autant plus rapide que la presse à scandale britannique s'empare des paroles subversives et provocantes ainsi que de la personnalité de leur auteur Brian Molko qui, par une androgynie dessinée au maquillage et une voix nasillarde et traînante, suscite de nombreuses réactions, aussi bien d'admiration que de rejet. Sex Drugs & Rock'n'roll, entrevues irrévérencieuses, ambiances glauques, un cocktail efficace qui, associé à un rock incisif et pressant qualifié de punk rock, conquiert le public. Auteur des paroles, Brian Molko décharge ici toute la frustration emmaganisée pendant deux années de chômage, donnant un aspect émotionnel aux compositions dégageant beaucoup d'urgence et de colère. Les textes apparaissent autobiographiques bien qu'ils soient sans aucun doute romancés.
« Placebo réconcilie le rock avec ses déserteurs : fulgurance, frustration, panache et dynamique. Depuis les Pixies et Nirvana, on n'avait pas entendu rock aussi violemment voluptueux, aussi sauvagement tendre que dans les chansons troublantes de Brian Molko, star déjà authentifiée par Bowie ou Iggy Pop. »[5]. Glamour et décadence sont les ingrédients qui séduisent les nouveaux fans. Nancy Boy deviendra un hymne symbolisant les débuts du groupe, accompagné de Teenage Angst et 36 Degrees. Sur scène, ces chansons ont le point commun de dégager un son très Noisy recouvrant la voix particulière de Brian Molko s'acharnant sur sa guitare surnommée Bitch, une Fender Jaguar rouge et blanche accordée en FBbEbG#CC (FaSibMibSol#DoDo) comme la plupart des autres guitares du groupe. A ses côtés, Stefan Olsdal ne joue alors qu'exclusivement de la basse, instrument prenant une place prépondérante dans la musique du trio formé sur le concept basse, guitare, batterie.
Cependant, le caractère haut en couleur du leader Brian Molko et celui de Robert Schultzberg ne s'accordent plus ; un différend entre les deux hommes existe depuis septembre 1995 mais, soucieux de ne pas porter atteinte à la pérennité du groupe, un consensus tacite assure la formation jusqu'à la sortie de l'album et sa promotion[6]. La situation se dégrade lors de l'été 1996 et Robert Schultzberg est alors prié de quitter le groupe le plus rapidement possible. Steve Hewitt est alors tout désigné pour prendre la relève et reprend ainsi du service à l'aube de la première véritable tournée le 13 octobre 1996[7]. La composition du groupe reste dès lors inchangée jusqu'en 2007.
[modifier] Without You I'm Nothing
Après deux années de concerts incessants notamment aux côtés de David Bowie au Madison Square Garden pour fêter son cinquantième anniversaire en Janvier 1997 et en première partie de U2 en Septembre 1997, l'album Without You I'm Nothing («Sans Toi Je Ne Suis Rien») produit par Steve Osborne sort le 12 Octobre 1998. Contrairement à son prédécesseur qui faisait la part belle aux provocations et à l'exubérance propre à la frustration adolescente, Without you I'm nothing met l'accent sur l'intimité, l'amour et l'amitié principalement inspirées des frasques relationnelles du leader Brian Molko, qui trouve un malin plaisir à explorer des sentiments plus adultes tels que ce que Charles Baudelaire appelait spleen notamment sur le titre Without You I'm Nothing. Le meneur démontre son savoir faire en matière d'écriture et pose une voix bien plus sûre que par le passé. Musicalement, les compositions évoluent vers plus de finesse et entrent dans le Rock alternatif, mélange moderne de punk, de pop et de rock, inspiré des groupes "indépendants" des années 80. L'arrivée de Steve Hewitt a incontestablement recadré le groupe et lui a insufflé une grande bouffée d'expérience. Pour la nouvelle tournée qui s'annonce, William Lloyd, véritable ami, jusque là homme à tout faire chez Placebo, monte sur scène pour donner de l'ampleur aux nouvelles compositions en tant que guitariste ou bassiste, permettant ainsi à Stefan Olsdal d'alterner entre ces deux instruments sur scène.
Apparaissant comme un lendemain de fête le second album est l'occasion pour Placebo de faire table rase de ses excès de jeunesse et de dévoiler toutes ses qualités musicales et artistiques avec des morceaux comme Pure Morning. Le morceau Without You I'm Nothing sera l'occasion d'accueillir la voix de David Bowie qui aura soutenu et aidé Placebo depuis les tout débuts de leur carrière et les invitera à nouveau à chanter avec lui aux Brit Awards 99. Une "filiation" toute désignée car Placebo arbore un look résolument provocateur et androgyne : robes, jupes, collants et maquillage sont les attributs du look Placebo sur scène ; ce qui vaut parfois au groupe une affiliation au Glam rock. Stefan Olsdal et Brian Molko sont alors au paroxysme de l'époque "travestie" de Placebo ; ce dernier ayant fait du théâtre il exploite au maximum l'image pour créer un aspect dramatique et retranscrire sur scène, lors de la nouvelle tournée, l'ambiance douloureuse qui caractérise les chansons de l'album comme My Sweet Prince ou la sensualité d'Every You Every Me qui devient un tube ainsi que la bande originale du film Sexe intentions. Toujours dans ce registre, Steven Hewitt, Brian Molko et Stefan Olsdal participent au tournage du film Velvet Goldmine sur le Glam rock et y tiennent chacun un rôle en y interprétant 20th century boy des T. Rex.
Placebo prouve tout simplement ici qu'il n'a rien d'un leurre, accouchant d'un album souvent considéré comme le meilleur du groupe jusqu'à présent et exhibant une attitude et une musique tout à fait singulières: luxure, androgynie, musique et textes chevillés au corps, riches dans le fond et la forme. "De 1996 à 1998 inclus, Placebo a été le meilleur groupe de rock du monde. À son crédit, un premier essai ravageur, des faces B entrées dans l'Histoire, des concerts incandescents et un deuxième effort appelé à rester un classique des années 90, Without You I'm Nothing"[8].
[modifier] Black Market Music
En deux albums, Placebo s'est imposé dans le paysage musical et a prouvé que le rock n'était pas mort face à l'hégémonie de la techno en cette fin des années 1990. A cet égard il suscite un grand espoir quant au renouveau de la scène britannique. Dépositaire d'un son et d'une attitude qui a fait scandale, même s'il s'est toujours défendu de nourrir les clichés du rock, Placebo et notamment Brian Molko entretient des relations impudentes avec la presse et le New Musical Express. Mais fort du succès rencontré par son second album, Placebo s'en va défendre bec et ongle son troisième, Black Market Music («Musique Du Marché Noir»), écrit à la fin de l'année 1999, enregistré en 2000 sous la production de Paul Corkett aux studios Olympic de Londres et sorti le 09 octobre 2000.
Dès 1998, Placebo avait prévenu ses fans qu'il se sentait l'envie d'intégrer de nouveaux styles à sa musique et c'est chose faite dans ce dernier opus. Car ici le groupe n'hésite pas à incorporer de l'electro et du hip-hop voire des ambiances jazz. Poussé par le contexte économique et social de fin de siècle, Placebo oublie un instant son nombril pour jeter un regard sur la société qui l'entoure. L'album est donc bien plus hétérogène que son prédécesseur : ballades pop à textes polémiques pour Slave To The Wage ou Blue American, et titres rock à souhait pour Special K, se mêlent équitablement aux titres cafardeux et romantiques. Contrairement à l'accoutumée, les textes de Brian Molko ne sont plus dirigés à son encontre mais à celle du genre humain : une nouvelle thérapie pour Placebo. Neuf mois ont été nécessaires à l'enregistrement de cet album au son plus métallique que ses prédécesseurs et volontairement provocateur à l'égard de la religion et de la politique.
Les critiques rencontrées par ce troisième opus sont bien moins dithyrambiques que pour Without You I'm Nothing. "Pour Placebo, l'heure est aux lendemains de cuite, et il faut compter les dents qui restent. Bilan : les gencives tiennent toujours le coup, mais il serait temps de changer ses plombages."[9]
La tournée débute le 20 Juillet 2000 au Zodiac Club d'Oxford pour un concert privé réservé au fan club Silver Rocket. S'en suit la plupart des festivals estivaux et des concerts jusqu'en Octobre 2001, de part le monde, où sur scène, Brian Molko et Stefan Olsdal ont troqué leurs robes et collants pour des pantalons et manteaux de cuir assortis à l'ambiance qui s'impose sur Black Market Music.
[modifier] Sleeping With Ghosts
L'année 2002 est consacrée à l'écriture et à l'enregistrement du quatrième album. Cependant Brian Molko se fait remarquer en tant que DJ et participe au projet Trash Palace de Dimitri Tikovoi: collaboration éclectique d'artistes visant à remettre le "trash" à la mode, dans une ambiance de bordel.
Placebo revient au devant de la scène le 24 mars 2003 avec Sleeping With Ghosts («Dormir Avec Des Fantômes») produit par Jim Abiss. L'électronique expérimentée depuis le Pure Morning de Without You I'm Nothing, fait maintenant partie intégrante de presque tous les morceaux et pousse le groupe à engager un musicien supplémentaire afin d'exploiter au mieux les nouveaux aspects de sa musique. C'est Xavior Roide, membre du groupe Dex Dexter, qui avait joué au côté de Placebo dans Velvet Goldmine qui est engagé pour les claviers et les effets. Cependant, dès les premiers concerts de la tournée, les titres de Sleeping With Ghosts revêtent un timbre beaucoup plus rock que dans leur version studio.
Le rock caustique de Placebo est devenu un rock épuré. Avec des morceaux comme The Bitter End, This Picture ou encore Protect Me From What I Want (Protège-moi dans la version française, qui deviendra la bande-son du film français Hell), Placebo tourne en boucle sur les radios européennes, continent sur lequel le groupe devient l'un des acteurs majeurs de la scène rock, en cultivant son ambiguïté. Les ventes explosent, dopées par une promotion sans égale dans la carrière du groupe, surtout en France où il rencontre un très net succès depuis ses débuts: Sleeping With Ghosts se classe respectivement douzième et quinzième des albums les plus vendus en France en 2003 et 2004[10].
C'est également à ce moment que s'effectue un renouvellement du public du groupe: les fans de la première heure désabusés par la commercialisation de Placebo s'en vont et de nouveaux arrivent, aguichés par les passages récurrents des nouveaux tubes de Placebo sur les ondes. Du côté de la presse, on déplore que Placebo fasse du "sur place" depuis son deuxième album et ne parvienne pas à en trouver un digne successeur dans l'innovation plutôt que dans l'imitation: "Au nom de ces glorieux faits d'armes et en souvenir de ces débuts fulgurants, on a très tôt décidé de ne pardonner à Placebo aucune facilité, aucune baisse de régime"[8].
La tournée qui s'en suit est un véritable succès et c'est Paris qui est choisie pour y enregistrer le premier album live du groupe, Soulmates Never Die («Les Ames Soeurs Ne Meurent Jamais») , commercialisé en DVD en 2004. Saisissant l'opportunité, la maison de disques sort une compilation de singles intitulée Once More with Feeling («Une fois de Plus, Avec Sentiment») , accompagnée de deux nouveaux titres. L'opération pousse Placebo à poursuivre sa tournée jusqu'au mois d'Avril 2005 en Amérique du Sud.
Trois mois après la fin de sa tournée sud américaine, Placebo remonte sur scène le 2 juillet à Paris à l'occasion du Live 8 puis s'accorde une période de repos avant l'enregistrement du cinquième album. Le repos est de courte durée car 2005 et 2006 sont des années très riches en collaborations. Ainsi, Brian Molko a pu apparaître aux côtés de Jane Birkin, Timo Maas et Indochine ; Stefan Olsdal a quant à lui pu s'investir dans son projet personnel Hotel Persona. Placebo a également participé à une compilation en souvenir de Serge Gainsbourg, en réinterprétant The Ballad of Melody Nelson.
[modifier] Meds ou "la mort du nancy boy"
Après avoir composé la plupart des nouveaux titres dans le sud de la France, le groupe se réunit aux studios RAK de Londres et entame l'enregistrement du prochain album qui ne durera que quatre mois: une des raisons pour lesquelles ce cinquième album, Meds («Médocs»), est annoncé comme un réel retour aux sources car enregistré à l'instinct, sans fioriture ni ordinateur qui avaient livré le précédent sous anesthésie. Celui-ci se veut plus accessible et universel, beaucoup moins ésotérique que ses prédécesseurs. Sorti le 13 mars 2006 il est produit par Dimitri Tikovoi avec qui le groupe avait déjà enregistré différentes Face B et qui a produit Trash Palace, album sur lequel Brian Molko était apparu.
Fini la provocation et les gadgets, la drogue et le sexe : changement d'orientation ou de stratégie donc, le groupe veut faire oublier son image de travestis. L'album se clôt sur le titre Song To Say Goodbye dans lequel Placebo tire un trait sur son passé sous forme d'une lettre d'adieu. Dans un documentaire intitulé The Death Of Nancy Boy («la mort de l'effeminé»), le groupe explique comment ce nouvel album marque un nouveau départ en "[tuant] la chose pour laquelle [il] est le plus célèbre". Encensé par la presse grand public mais ne rencontrant pas le succès commercial escompté, Meds est loin de faire l'unanimité dans la presse spécialisée ni parmi les fans qui pour certains le trouvent assurément insipide et accompagné de textes bien moins sophistiqués que par le passé. Mais maintenant que le groupe a refermé les portes sur son passé, celui-ci semble fin prêt à se tourner vers l'avenir. A ce sujet Stefan Olsdal confie au tout début de l'année 2007 : "Le meilleur album de Placebo n'a pas encore vu le jour. Si on le fait, ce sera le jour où nous arrêterons"[11]. Sur scène, Xavior Roide cède sa place à Alex Lee (Britannique), ancien membre du groupe Suede. Alors que Xavior Roide ne s'occupait que des claviers, Alex Lee joue également de la guitare et s'occupe notamment des effets et parties rythmiques, portant à trois le nombre de guitares sur scène pour certains titres.
De par le monde, le public est au rendez-vous d'une tournée dont les prestations sont pourtant données avec de moins en moins d'entrain, révélant une véritable lassitude sur scène et au sein du groupe. Au cours de l'année 2007, Placebo participe au festival itinérant Projekt Revolution Tour à travers les États-Unis où on le voit relégué en première partie de premières parties devant des publics clairsemés visiblement peu intéressés par le groupe agacé donnant des concerts expéditifs et qui s'efforce en vain depuis des années à percer outre-atlantique. Quelques mois plus tard, alors que des rumeurs courent sur d'éventuels projets solitaires de Steve Hewitt et Brian Molko, le départ de Steve Hewitt est révélé le 1er octobre 2007. Presque onze ans jour pour jour après son arrivée au sein du groupe, le batteur s'en va pour "raisons de divergences musicales et personnelles"[12]. Brian Molko confie alors qu' "être dans un groupe, c'est comme être marié, dans un couple; un trio en l'occurence. Les gens finissent par s'éloigner au fil du temps. Ce n'est pas qu'ils ne s'aiment plus, car ils restent attachés à tout ce qu'ils ont traversé ensemble. Mais arrive un moment où ils réalisent qu'ils n'attendent plus la même chose de leur relation et que vivre sous le même toit devient compliqué, pour parler ainsi.".
En 2009, Brian Molko et Stefan Olsdal reviendront sur cette séparation. "Pendant l’enregistrement de Meds…Nous sommes sortis du studio sans fierté, désunis, lessivés. Mais il y avait une tournée à assumer, alors nous sommes partis au front, comme si de rien n’était."[13]. Brian Molko analyse que c'était "juste la retombée d'une idée qui avait fait son temps et des relations personnelles devenues pourries. On avait plus envie d'être créatifs ensemble, l'idée qui nous menait depuis des années était franturée et bancale.[...] On avait soudain choppé le sentiment d'aller au boulot et ce n'était pas la raison pour laquelle nous avions créé Placebo"[14] car en effet "Placebo n'était plus un groupe (band), mais une marque (brand)."[15]. Et pour Stefan Olsdal, "c'était le début d'un groupe qui commençait à être malade. C'était un groupe qui n'était pas en bonne santé. Les sessions d'enregistrement de Meds et la tournée ont vu la fin de Placebo chapitre deux. Brian et moi nous sommes retrouvés à la fin de la tournée Meds et on s'est dit: «Écoute. Ce groupe est en mauvaise posture pour parvenir à faire de plus belles choses, pour devenir un meilleur groupe.»"[16]
[modifier] Battle For The Sun, "Placebo 3e génération"
Le momentané duo disparaît des esprits et l'on parle même de la fin de l'entité Placebo. Pendant ce temps, Stefan Olsdal concrétise son projet personnel au sein du groupe Hotel Persona par la sortie d'un premier album. Ce n'est qu'en août 2008 que le groupe dévoile le nouveau batteur : il s'agit de Steve Forrest (Etatsunien,Californien), ancien batteur du groupe rock Evaline qui avait eu l'occasion d'ouvrir pour Placebo lors de leur tournée américaine en octobre 2006[17]. Choisi non seulement pour son talent mais aussi pour sa jeunesse et son enthousiasme, Steve Forrest, de quatorze et douze ans le cadet de ses partenaires et alors âgé de 22 ans, symbolise la renaissance salvatrice de Placebo. Suite à cette annonce, à l'invitation du producteur David Bottrill, le groupe se rend à Toronto, dans les Studios Metalworks, pour procéder à l'enregistrement du sixième album.
Le 7 décembre 2008, Steve Forrest officie pour la première fois sur scène, à l'occasion d'un concert caritatif visant à sensibiliser l'opinion au sujet de l'exploitation des humains, donné sur le site du temple d'Angkor Wat au Cambodge. À l'occasion de ce concert exotique, Placebo a entièrement revisité quelques-uns de ses titres et joué en compagnie de la violoniste Fiona Brice qui s'est occupée des cordes pour l'enregistrement de Meds et du nouvel album.
Au travers de Battle for the Sun («Combat Pour Le Soleil»), sorti le 8 juin 2009, Placebo compte définitivement sortir des troubles des trois dernières années de la plus belle des manières. Son contrat avec Virgin Records ayant pris fin à la sortie de Meds, au terme de cinq réalisations, Placebo a décidé d'autofinancer ce sixième album de manière à en posséder les droits et le diffusera en Europe à travers le label indépendant Pias et sous son propre label Dream Brother qui tire son nom du refrain de la chanson titre de l'album. En réaction au précédent album jugé a posteriori trop claustrophobe, Battle for the Sun, par ses accents "hard pop" et épiques, s’avère effectivement plus coloré que son prédécesseur.
Etrenné au printemps sur des concerts intimistes au cours desquels Steve Forrest gagne rapidement sa place dans le cœur des fans, Battle for the Sun ne perd rien de sa complexité en live puisque Fiona Brice, présente pour l’enregistrement de l’album, accompagnera désormais le groupe sur scène et jouera notamment les cordes aux côtés de Nick Gavrilovich qui, lui, succède à Alex Lee.
Placebo, dorénavant composé de six membres pour ses apparitions, est programmé cet été pour une longue série de festivals puis une tournée européenne à l’automne.
[modifier] Discographie
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[modifier] Notes et références
- ↑ Sébastien Michaud, Placebo-Des cadences et des maux, Camion Blanc, avril 2005 (ISBN 2-910196-96-8) p.14-15
- ↑ Sébastien Michaud, Placebo-Des cadences et des maux, Camion Blanc, avril 2005 (ISBN 2-910196-96-8) p.15-16
- ↑ Sébastien Michaud, Placebo-Des cadences et des maux, Camion Blanc, avril 2005 (ISBN 2-910196-96-8) p.17-18
- ↑ Sébastien Michaud, Placebo-Des cadences et des maux, Camion Blanc, avril 2005 (ISBN 2-910196-96-8) p.21
- ↑ Anne-Claire Norot, Les Inrockuptibles, 14 août 1996 - Placebo - Découvrez l'album - LesInrocks.com
- ↑ Sébastien Michaud, Placebo-Des cadences et des maux, Camion Blanc, avril 2005 (ISBN 2-910196-96-8) p.58-61
- ↑ Sébastien Michaud, Placebo-Des cadences et des maux, Camion Blanc, avril 2005 (ISBN 2-910196-96-8) p.62
- ↑ a b Vincent Théval, Magic !, Mars 2003 - [1]
- ↑ Estelle Chardac, Magic !, Octobre 2000 - [2]
- ↑ http://www.ifop.com/europe/banque/resulalbums.asp
- ↑ * b i o n i c - p l a c e b o *
- ↑ PlaceboWorld
- ↑ Brian Molko dans Inrockuptibles numéro 704, 26 Mai 2009
- ↑ Brian Molko dans Rollingstone juin 2009
- ↑ Brian Molko dans Making Of Battle For The Sun
- ↑ Stefan Olsdal pour ilikemusic.com mai 2009
- ↑ PlaceboWorld, site officiel
[modifier] Articles connexes
[modifier] Liens externes
- (en) Site officiel
- (fr) Xsofplacebo : Fansite Français
- (fr) Placebo City : Forum, Articles, Discographie et autres contenus traduits en Français
- (fr) Site spécialisé sur les paroles et traductions de Placebo
| Placebo |
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| Membres |
| Brian Molko - Stefan Olsdal - Steve Forrest William Lloyd |
| Albums studio |
| Placebo - Without You I'm Nothing - Black Market Music - Sleeping With Ghosts - Meds - Battle For The Sun |
| Autres disques |
| Soulmates Never Die (Live) - Once More with Feeling (compilation) |
| Simples |
| Bruise Pristine - Come Home - 36 Degrees - Teenage Angst - Nancy Boy - Pure Morning - You Don't Care About Us - Every You Every Me - Without You I'm Nothing - Burger Queen Français - Taste in Men - Slave To The Wage - Special K - Black Eyed - The Bitter End - This Picture - Special Needs - English Summer Rain - Protège-moi - Twenty Years - Because I Want You - Song To Say Goodbye - Infra-red - Meds - For What It's Worth |
| Articles liés |
| Steve Hewitt (ancien membre) - Ashtray Heart - Discographie de Placebo |
| Site officiel : http://www.placeboworld.co.uk/ |

