Patrick d'Irlande

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Saint Patrick, Saint-Patrick et Patrick.
Saint Patrice ou Saint Patrick
Image illustrative de l'article Patrick d'Irlande
Saint
Naissance v. 389
Cumberland
Décès 461 
Glamorgan
Vénéré à Abbaye de Glastonbury, Armagh
Vénéré par Église catholique
Église orthodoxe
Communion anglicane
Église luthérienne
Fête 17 mars (Fête de la Saint-Patrick)
Saint patron Irlande, Nigeria, Montserrat, Archidiocèse de New York, Boston, Loíza, Murcie, ingénieurs, paralégaux, Archidiocèse de Melbourne
Invoqué contre les serpents, les péchés et la sorcellerie
Statue de Saint Patrick sur la colline de Tara dans le comté de Meath

Saint Patrick (ou Saint-Patrice en français ; Patrick étant la forme anglophone du prénom Patrice) (vers 385–461) est un saint chrétien fêté le 17 mars[1]. Il est considéré comme l'évangélisateur de l'Irlande et comme le fondateur du christianisme irlandais.

Légende de saint Patrick[modifier | modifier le code]

D'origine britto-romaine, Patrick (dont le prénom de naissance était Maewyn Succat) serait né aux environs de 387 en Bretagne insulaire, à Bannaven Taberniae (ou Banna Venta Berniae), localité située probablement près de Carlisle en Cumbrie. Son père, Calpurnius, était diacre et employé de l'administration, mais n'était pas considéré comme un homme très religieux, sa situation aisée provenant de la collecte de taxes. Tandis que son grand-père était prêtre (à l’époque, le clergé occidental n’était pas encore soumis à l’obligation de célibat), sa grand-mère était originaire de Touraine, en France.

Selon la légende, en 405, à l'âge de seize ans, Maewyn Succat est enlevé par des pirates irlandais, dont Niall « aux neuf otages », qui le vendent comme esclave. Durant ses six années de captivité (dans une cage), près du bois de Fochoill, en Mayo, il est berger pour le compte d'un chef de clan irlandais. Peu religieux avant sa capture, il rencontre Dieu et devient un chrétien dévot.

En 411, il parvient à s'échapper après que Dieu lui a dit, dans un de ses rêves, de rejoindre le rivage et de s'embarquer sur un bateau, supposé à 200 km de Waterford ou Wexford. Après trois jours de mer, il débarque sur les côtes de Bretagne insulaire, et peu après les côtes gauloises, où il devient prêtre. À l’âge de trente et un ou trente deux ans, Maewyn Succat retrouve donc sa famille. Elle l’accueille chaleureusement et le supplie de ne plus la quitter. Mais un peu plus tard, pendant la nuit, il a des visions et entend « les voix » de ceux qui habitent à côté du bois de Focult à proximité de la mer occidentale, qui crient d’une seule voix : « Nous t’implorons saint jeune homme, de venir parmi nous. » « Rendons grâce à Dieu », ajouta-t-il, « qu’après plusieurs années le Seigneur a répondu à leur appel ». Il gagne ensuite les îles de Lérins, près de Cannes en Gaule, et s'installe au monastère de Saint-Honorat où il se consacre à des études théologiques pendant deux années. Puis, auprès de saint Germain d'Auxerre, il devient diacre puis évêque.

En 432, il se rend en Irlande qu'il commence à évangéliser à la demande du pape Célestin[2]. Il sillonne toute l'Irlande prêchant, enseignant, construisant églises, monastères et écoles. Il est réputé pour son courage héroïque, son humilité et sa bonté.

Au Rock de Cashel, lors d'un sermon, il montre une feuille de trèfle : « Voilà la figure de la Trinité sainte. Les figures de triades étaient familières à la religion celtique : le trèfle deviendra ainsi le symbole de l'Irlande, grâce à Maewyn Succat ». Selon certaine sources (les moines de Lérins en particulier), Patrick aurait représenté la chapelle de la Sainte-Trinité de l'île Saint-Honorat, qui présentait une forme architecturale proche du trèfle (une nef et trois chapelles circulaires), afin de représenter la Trinité[réf. nécessaire]. Il est ordonné évêque et prend le nom de Patricius en latin (qui désignait à l'époque un membre de l'aristocratie : « patricien », « patrice » ou « noble »). En langue gaélique, Patrick s’écrit : Pãdraig.

La légende raconte que c'est à ce moment-là qu'il chasse tous les serpents du pays, action qui symbolise la conversion du peuple irlandais : les serpents représentent l'« antique ennemi », c'est-à-dire Satan, rendu responsable de l'ignorance du Dieu véritable.

Après de longues années d'évangélisation, durant lesquelles il fonde notamment le diocèse d'Armagh en 445 (ce qui en fait le plus ancien des diocèses constitués dans les îles Britanniques), il se retire à Downpatrick où il meurt le 17 mars 461. Il y est enterré aux côtés de sainte Brigitte et de saint Columcille (Colomba), tous deux également patrons de l'Irlande.

Lorsque meurt saint Patrick en 461, l'Irlande est majoritairement chrétienne sans avoir compté un seul martyr, et les monastères y sont très nombreux.

Saint Patrick a laissé deux textes écrits en latin, l'un intitulé Confession et une Lettre à Coroticus, dont l'authenticité n'est pas mise en doute. La Confession est reproduite dans le Livre d'Armagh (un manuscrit enluminé du IXe siècle), et un colophon précise qu'elle a été recopiée de l'autographe de Patrick lui-même. La Lettre à Coroticus (un riche personnage dont les hommes de main se livraient à des exactions sur de nouveaux convertis chrétiens) est conservée dans cinq manuscrits. Une prière lui est attribuée, Faed Fiada (Le Cri du daim), ou Canon de saint Patrick.

Patronage[modifier | modifier le code]

Pour les catholiques, saint Patrick est le saint patron de l'Irlande et des ingénieurs.

Ce patronage fut confirmé par un décret de la Congrégation pontificale pour les Sacrements du 3 décembre 1962. Il fut également désigné deuxième patron du Nigeria le 11 avril 1961, le jour même où la Vierge Marie en était proclamée première patronne au titre de « Reine du Nigeria ».

Son patronage pour le diocèse de Boston fut confirmé par Jean-Paul II par lettre apostolique en date du 15 octobre 1994.

Les douze périls de Patrick[modifier | modifier le code]

Le motif de la souffrance de saint Patrick selon les écritures, relève de ses « douze périls  » par lesquels le salut de son âme a été mis en danger. Il est significatif qu'il se réfère à ces douze expériences dans le contexte de ses expériences mystiques, de ce fait les liant inséparablement.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. saint Patrick ou saint Patrice, sur le site larousse.fr, consulté le 17 mars 2014
  2. Jean Guiffan, Histoire de l'Irlande, Hatier 1992, p.45

Annexes[modifier | modifier le code]

Saint Patrick prêchant devant les rois (cathédrale de Carlow, vitrail de Franz Mayer)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie-Louise Jacotey, Patrick, saint patron de l'Irlande : l'île des saints. – Langres : D. Guéniot, 2005, Non paginé 56 p. (ISBN 2-87825-261-6).
  • Blaise Pons, Saint Patrick, Flerus, Paris, 1989, non paginé 22 p. (ISBN 2-215-00578-5)
  • Patrick Mey, Saint Patrick (390-461) Nouveau druide ou apôtre éclairé ? Coop Breizh 1997, 160 pages, (ISBN 2-909-92481-5)
  • Annonciade Coleno, Saint Patrick, éditions du Rocher, Paris, coll. « Régine Pernoud présente », 1996, (ISBN 2-268-02362-1)
  • Frédéric Kurzawa, Petite vie de saint Patrick, Desclée de Brouwer, coll. « Petites Vies », 1995, 215 pages, (ISBN 2-220-03698-7)
  • Confession et Lettre à Coroticus , Editions du Cerf par Saint Patrick
  • [lire en ligne] Saint Patrick: apostle of Ireland in the third century...: with an appendix ... Par R Steele Nicholson