Britto-romains

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Carte montrant les différents niveaux de romanisation en Grande-Bretagne, d'après les traces archéologiques.

Les Britto-romains (romano-british en anglais) sont les Bretons insulaires romanisés à la suite de la conquête de la Grande-Bretagne par l'Empire romain au cours du Ier siècle. Ces populations celtes adoptent une partie des coutumes romaines, sans pour autant abandonner leur langue (le brittonique) et certaines de leurs coutumes.

Après la chute de l'Empire romain d'Occident (en l'an 476), les Britto-romains préservent la romanité sur la majeure partie de l'île de Bretagne, et les enclaves continentales qu'ils contrôlent sur le litus et les fleuves au nord de la Loire.
Les chroniques anciennes décrivent les soldats bretons manœuvrant toujours « à la romaine » jusqu'à une époque très tardive. Les Britto-Romains ont trois spécialités, si l'on en croit la littérature et les textes anciens : la garde maritime et fluviale, la cavalerie lourde et l'occupation des zones montagneuses.

Des deux côtés de la Manche[modifier | modifier le code]

Leur présence est attestée non seulement dans l'île de Bretagne (actuelle Grande-Bretagne) mais également sur le continent, notamment sur les côtes européennes de la Manche au golfe de Gascogne. Il s'agit alors de légions bretonnes tenant le rôle de police maritime et fluviale, occupant en particulier la péninsule armoricaine. La civilisation britto-romaine survit à la chute de l'Empire romain d'Occident, se considérant alors comme la dernière enclave romaine en Occident.

La romanisation était plus étendue au sud-est. À l’ouest de la ligne qui va de Humber au Severn, en passant par les Cornouailles et le Devon, l’acculturation romaine était presque non-existante.

Le terme culture britto-romaine correspond à la culture qui s`éveilla en Grande-Bretagne, sous l’Empire romain, après la conquête romaine de la Grande-Bretagne en 43 après J.-C. et la création de la province de Bretagne. Elle consiste en une fusion de la culture importée des romains et de celle des indigènes, les Brittons, un peuple au langage et aux coutumes celtiques. Elle survécut au Ve siècle, qui vit la fin de la loi romaine en Grande-Bretagne. Il y eut même une romanisation au niveau culturel, avec le langage parlé : le British Romance. Les érudits tel que Christopher Snyder pensent qu’au cours du Ve ‑ VIe siècles, c’est-à-dire du départ des légions romaines en 410 à l’arrivée de saint Augustin de Canterbury, le Sud de la Grande-Bretagne a su préserver une société post-romaine capable de résister aux attaques des Anglo-Saxons et utilisant même un latin vernaculaire[1].

Arrivée des Romains[modifier | modifier le code]

Les troupes romaines de l’empereur Claude, venant surtout des provinces germaniques, envahirent ce qui est aujourd’hui l’Angleterre en 43 après J.-C. Au cours des années suivantes, la province de Britannia fut créée, incluant l’intégralité de l’Angleterre, le Pays de Galles et une partie de l’Écosse[2]. Ainsi, des entrepreneurs romains et des dignitaires vinrent par milliers s’installer en Britannia. Des troupes romaines venant de toutes les provinces de l’Empire : Espagne, Syrie, Égypte, mais surtout des provinces germaniques de Batavia de Frise (Hollande actuelle), de Belgique et du Rhin étaient placées en garnison dans des villes romaines, nombreux furent les soldats se mariant à des Brittonnes. La culture et la religion de Britannia devinrent diversifiées là ou la population, au mode de vie romain, restait principalement celtique.

Plus tard, la Grande-Bretagne devint indépendante du reste de l’Empire Romain pour de nombreuses années, faisant d’abord partie de l’Empire gaulois puis, quelques décennies plus tard étant administrée par les usurpateurs Carausius et Allectus.

Citoyenneté romaine[modifier | modifier le code]

Un des aspects de l'influence romaine dans la vie brittonne était représenté par l'octroi de la citoyenneté romaine[3]. L'octroi était d'abord très sélectif: aux représentants municipaux de certaines classes sociales que la coutume romaine faisait citoyens, aux vétérans soit des légions romaines soit des unités d'auxiliaires, à un nombre de locaux ayant un patron capable de l'obtenir pour eux quelques rois brittons, tel que Togidubnus reçut la citoyenneté de cette manière. Toutefois, le nombre de citoyens augmenta progressivement avec les années, la citoyenneté étant héréditaire et toujours plus de citoyens étant nommé. Finalement, en 212, tout le monde sauf les esclaves et les affranchis furent nommés citoyens par la Constitutio Antoniniana.

Les autres habitants de la Grande-Bretagne, qui ne bénéficiaient pas de la citoyenneté, les « pérégrins », continuaient à vivre selon les lois de leurs ancêtres. L'inconvénient principal était qu'ils ne pouvaient posséder de terre avec un titre de propriété latin, ils ne pouvaient pas non plus servir dans l'armée en tant que légionnaire (bien qu'ils pouvaient servir dans les unités d'auxiliaires et devenir citoyen romain). Enfin, ils ne pouvaient hériter d'un citoyen romain. Pour la majeure partie des habitants britanniques, des paysans attachés à leurs terres, avoir la citoyenneté ne transformait pas drastiquement leurs conditions de vie au jour le jour.

Départ romain de Grande-Bretagne[modifier | modifier le code]

Britannia devint une des provinces les plus loyales de l'Empire jusqu'à son déclin, quand la main-d’œuvre commença à être dispersée dans des guerres civiles. Finalement, l'empereur Honorius ordonna le retrait des troupes pour repousser les invasions barbares. L'empereur occidental Constantin III se rebella contre Honorius, emmena des troupes en Gaule mais fut plus tard dénoncé comme usurpateur.

Après le départ romain d'Angleterre, les Brito-romains reçurent l'ordre d'Honorius de « se défendre par leurs propres moyens ». Une demande écrite du général Flavius Aëtius, connue comme le « grognement des Britons », a pu recevoir une assistance navale d'un Empire romain d'Occident déclinant. Ils étaient néanmoins livrés à eux-mêmes.

Campements britons au VIe siècle

Période post-romaine[modifier | modifier le code]

Dans les premières années, les basses terres et les cités ont pu avoir quelque organisation ou « conseil » et l'évêque de Londres apparaît comme ayant joué un rôle clé. Ils étaient cependant divisé politiquement: anciens soldats, mercenaires, nobles, dignitaires et fermiers s’autoproclamant rois, combattant les uns contre les autres et laissant la Grande-Bretagne ouverte aux invasions. Deux factions semblent avoir émergé : une faction pro-romaine et une faction indépendante. Un des leaders de l'époque, connu sous le nom de Vortigern, a pu avoir pour titre High King. Les ravages causés par les Pictes au Nord et par les Scots en Irlande forcèrent les Britons à demander l'aide des tribus germaniques païennes des Angles, des Saxons et des Jutes, elles décidèrent par la suite de s'établir sur l'île. Des populations brito-romaines migrèrent alors en Bretagne, en Galice et en Irlande.

Les Anglo-Saxons obtinrent le contrôle de l'Est de l'Angleterre au Ve siècle. Mi-VIe siècle, ils commencèrent à se répandre dans les Midlands, puis au VIIe siècle leur expansion se dirigea vers le Sud-Ouest et le Nord de l’Angleterre. Les parties non conquises du Sud du pays, le Pays de Galles notamment, conservèrent leur culture brito-romaine et le christianisme.

Des légendes anglo-saxonnes font référence au peuple brito-romain par le terme de welsh, cette dénomination est un mot du vieil-anglais signifiant « étranger » et faisant référence aux habitants originels du Sud de l'Angleterre[4]. Historiquement, le Pays de Galles et la péninsule du Sud-Ouest étaient connus comme étant, respectivement, le Pays de Galles du Nord et de l'Ouest.

Les luttes durant cette période ont donné lieu aux légendes de Uther Pendragon et du roi Arthur. Il existe de nombreuses théories mais on affirme souvent que Ambrosius Aurelianus, le leader des forces brito-romaines, fut le modèle de la première légende tandis que la cour du roi Arthur à Camelot est un souvenir idéalisé gallois et cornouaillais de la civilisation brito-romaine pré-saxonne.

Littérature galloise[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jones, Michael (1996) The End of Roman Britain. Ithaca: Cornell University Press
  • Myres, John (1960) Pelagius and the End of Roman Rule in Britain. In: Journal of Roman Studies, 50, 21-36.
  • Pryor, Francis (2004) Britain AD: a Quest for Arthur, England and the Anglo-Saxons. Londres, Harper Collins ISBN 0-00-718186-8
  • Radford, C. A. Ralegh (1939) Tintagel Castle. Londres, H.M.S.O. (Reprinted by English Heritage 1985)
  • Thomas, Charles (1993) Tintagel: Arthur and Archaeology. Londres, English Heritage