Karakoram

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35° 53′ 00″ N 76° 31′ 00″ E / 35.8833, 76.5167

Page d'aide sur l'homonymie Ne pas confondre avec la ville de Karakorum en Mongolie, ancienne capitale de l'Empire mongol.
Karakoram
Vue du massif depuis la station spatiale internationale
Vue du massif depuis la station spatiale internationale
Géographie
Altitude 8 611 m, K2
Massif Himalaya
Longueur 500 km
Administration
Pays Drapeau du Pakistan Pakistan
Drapeau de l'Inde Inde
Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Géologie
Âge Crétacé
Laila Peak (6 096 m), vu du glacier Gondogoro

Le Karakoram ou Karakorum est un massif montagneux se trouvant dans la région montagneuse du Gilgit-Baltistan, au nord du Pakistan.

Géographie physique[modifier | modifier le code]

Il est situé à la frontière du Pakistan, de l'Inde et la Chine et s'étend sur une longueur de plus de 500 kilomètres. Ce massif rassemble une très forte concentration de hauts sommets et il contient entre autres le deuxième plus haut sommet du monde (le K2, 8 611 m). Il est aussi celui où l'on recense le plus de glaciers, 135 de taille importante dont l'un des plus longs hors région polaire, le glacier du Baltoro avec ses 57 km, et surtout, le Siachen, long de 75 km (80 km en 1970). On dénombre huit glaciers de plus de cinquante kilomètres de longueur, ce qui représente un stock d'eau douce vital pour toutes les régions se trouvant en aval, particulièrement arides et enclines à subir des sécheresses. La présence de ces glaciers gigantesques est à l'origine du surnom donné au Karakoram : le « troisième Pôle ». Ces eaux contribuent fortement à l'alimentation du fleuve Indus situé au sud de la région et qui arrose 130 millions de Pakistanais.

Le Karakoram a les mêmes origines géomorphologiques que l'Himalaya, à savoir la collision entre les plaques indo-australienne et eurasienne. Il possède quatre des quatorze sommets de plus de 8 000 m du globe (les dix autres sont dans l'Himalaya) : le K2 (8 611 m), le Gasherbrum I (8 068 m), le Broad Peak (8 047 m) et le Gasherbrum II (8 035 m). Les autres sommets remarquables sont le Chogolisa, le Haramosh Peak, le Kanjut Sar, L'Ogre, le Rakaposhi ou encore le Saser Kangri, tous compris entre 7 000 et 8 000 mètres d'altitude.

Le col de Khunjerab, sur la Karakoram Highway, est le passage de frontière en activité le plus élevé du monde.

Géographie humaine[modifier | modifier le code]

À cause de ses conditions de vie très rigoureuses, le Karakoram est moins habité que son grand voisin de l'est : l'Himalaya. L'aridité des fonds de vallée et des bas versants explique la quasi absence de forêts dans le Karakorum. Mais l'eau issue des glaciers est détournée dans des centaines de kilomètres de canaux d'irrigation, certains construits par les sociétés paysannes depuis plusieurs siècles, et permet une agriculture irriguée fondée sur les céréales (blé, puis dans les oasis les plus hautes orge) et l'arboriculture (abricotier surtout). L'étage alpin entre 3 000 et 4 000 m, largement occupé par les appareils glaciaires, est marqué par une pelouse rase et discontinue et exploité pour l'élevage transhumant (ovins, caprins, yaks).

Exploration du Karakoram[modifier | modifier le code]

Les explorateurs européens commencèrent son exploration au début du XIXe siècle. Le col du Muztagh fut franchi en 1887 par l'expédition du colonel Francis Younghusband et les vallées supérieures de la rivière Hunza furent explorées par General Sir George K. Cockerill en 1892. Les explorations des années 1920 et 1930 établirent la plupart de la géographie de la région.

La première expédition française de 1936[modifier | modifier le code]

La première expédition française en Himalaya, en 1936, a pour cadre le Karakoram. Il s'agissait d'affirmer la présence de l'alpinisme français en Himalaya, où les expéditions britanniques, italiennes et allemandes étaient déjà nombreuses. « C’était, depuis l’expédition de Jacquemart en 1830, la première expédition française qui se lançait à son tour, après tant de tentatives d’alpinistes anglais, américains, italiens, allemands, suisses et hollandais, à la conquête de la plus haute chaîne du monde. » (Pierre Leprohon, Le Cinéma et la montagne, éditions Jean Susse, Paris, 1944, page 108).

Dirigée par Henry de Ségogne, l'expédition française comprenait Pierre Allain, Jean Carle, Jean Charignon, Jean Deudon, Marcel Ichac (cinéaste), Jean Leininger, Louis Neltner, Jean Arlaud, Jacques Azémar. L'objectif : conquérir l'un des 14 sommets de 8 000 m du globe. La conquête du Hidden Peak (actuel Gasherbrum I, 8 086 m) échoua (Pierre Allain et Jean Leininger étant bloqués par la tempête à 7 100 m) en raison de l'arrivée précoce de la mousson.

Le film Karakoram (Marcel Ichac, 1936)[modifier | modifier le code]

Karakoram, réalisé par Marcel Ichac, est le nom du film rapporté par l'expédition française de 1936. Ce film constitue un morceau d'anthologie des grandes expéditions des années 1930 avec pour temps fort le retour sur le glacier du Baltoro des 800 porteurs, la plupart aveuglés par l'ophtalmie des neiges. Le film est l'un des tout premiers à utiliser la musique électronique avec les Ondes Martenot, musique du compositeur Pierre Vellones. Il reçut le Lion d'argent à la Mostra de Venise en 1937. Fait rarissime, ce film fut remanié et modernisé par son auteur pour le cinquantenaire de l'expédition, en 1986.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Blankonthemap Le site du Nord Cachemire
  • Karakoram ski expédition Expéditions à skis sur les grands glaciers du Karakoram. Films, articles de presse avec pratiques sur toutes les montagnes du Pakistan, cartes et galeries photos.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Karakoram, livre collectif de l'expédition française de 1936.
  • Hautes vallées du Pakistan, par Pierre Neyret et Géraldine Benestar. (Ed. Transboréal 2005). Texte et photos couvrant Hindou Kouch, Karakoram, Nanga Parbat. http://www.hautesvalleesdupakistan.com

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Karakoram réalisé par Marcel Ichac en 1936 (et aussi version de 1986).
  • Expédition du duc des Abruzzes au K2, réalisé par Vittorio Sella en 1909, premier film himalayen de l'histoire (voir l'article cinéma de montagne).

Notes et références[modifier | modifier le code]