Tristan Murail

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Tristan Murail

Naissance 11 mars 1947 (67 ans)
Le Havre, Drapeau de la France France
Activité principale Compositeur
Style Musique contemporaine
Années d'activité depuis 1969
Formation Conservatoire de Paris
Maîtres Olivier Messiaen
Élèves Julian Anderson, Marc-André Dalbavie, Pierre Charvet, Joshua Fineberg
Ascendants Gérard Murail
Récompenses Prix du président de la République, Académie Charles-Cros

Tristan Murail est un compositeur français né au Havre le 11 mars 1947. Il est, avec Gérard Grisey, l'un des principaux fondateurs et théoriciens de la musique spectrale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études en économie, en arabe et en sciences politiques, Tristan Murail entame ses études musicales en 1967 au Conservatoire de Paris, dans la classe d'Olivier Messiaen[1]. Il obtient un premier prix de composition en 1971. Entre 1971 et 1973, il est pensionnaire à l'Académie de France à Rome (Villa Médicis). Il y fera une rencontre cruciale : Giacinto Scelsi et sa musique. De retour à Paris, il fonde en 1973 l'Ensemble l'Itinéraire avec Roger Tessier, qui réunit interprètes et compositeurs pour diffuser et développer de nouveaux modes de jeux en utilisant notamment les instruments de musique électronique, puis l'informatique musicale.

Il a publié de nombreux articles, notamment dans la revue musicologique Entre-temps, contribuant à poser les fondements théorique et analytiques de la musique spectrale (la Révolution des sons complexes, Spectres et lutins, Questions de cible). Il y exprime tout ce que les découvertes de l'acoustique musicale et de l'informatique musicale ont de richesse à apporter aux compositeurs.

Découverte d'un nouveau monde sonore comportant l'électronique, sa musique est dans un premier temps composée sur une continuité : celle du matériau sonore. Ensuite, l'idée de « processus » qui correspond à une modification progressive d'un état sonore pour en obtenir un second, va imprégner ses œuvres. Processus qui peuvent se réduire à un son, un geste ou qui peuvent gérer d'autres processus. Les processus permettent également de concilier les contraires, d'absorber, d'intégrer.

Sa musique tend à présent vers plus de mobilité et de vigueur.

Après avoir enseigné l'informatique musicale à l'IRCAM et, à partir de 1997, la composition à l'université Columbia à New York jusqu'en 2011[2].

Tristan Murail travaille actuellement sur un cycle de musique de chambre intitulé Portulan, d'après un recueil poétique de son père Gérard Murail pour effectif varié.

Les écrivains Lorris Murail, Marie-Aude Murail et Elvire Murail sont ses frère et sœurs[3]. Les compositeurs Julian Anderson, Marc-André Dalbavie, Pierre Charvet et Joshua Fineberg font partie de ses élèves.

Ses œuvres sont éditées aux Éditions Musicales Transatlantiques et aux Éditions Henry Lemoine.

Outre Gérard Grisey et Georg Friedrich Haas, il est considéré comme le représentant le plus important de la musique spectrale.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Musique d'orchestre[modifier | modifier le code]

  • 1970, Altitude 8000
  • 1972, Au-delà du Mur du son, pour grand orchestre
  • 1974-1975, Sables
  • 1979, Les Courants de l'espace, pour ondes Martenot et petit orchestre
  • 1980, Gondwana
  • 1985, Sillages
  • 1985, Time and again
  • 1990-1991, La Dynamique des fluides
  • 1996, Le partage des eaux, pour grand orchestre
  • 2003-2004, Terre d'ombre, grand orchestre et sons électroniques
  • 2007, Contes cruels, pour 2 guitares électriques et orchestre
  • 2010, Les Sept Paroles, pour orchestre, chœur et électronique
  • 2012, Le Désenchantement du monde, concerto pour piano et orchestre
  • 2013, Reflections / Reflets I - Spleen [4]
  • 2013, Reflections / Reflets II - High Voltage / Haute tension [5]

Ensembles, de 10 à 22 instruments[modifier | modifier le code]

  • 1969, Couleur de Mer, pour 15 instruments
  • 1973, La Dérive des continents, pour alto solo et orchestre à cordes
  • 1976, Mémoire / Erosion, pour cor et 9 instruments,
  • 1982, Désintégrations, pour 17 instruments et sons électroniques
  • 1992, Serendib, pour ensemble de 22 musiciens
  • 1993-1994, L'Esprit des dunes, pour ensemble
  • 2001, Le lac, pour ensemble
  • 2005, Pour adoucir le cours du temps, pour 18 instruments et électronique
  • 2006, Légendes urbaines, pour 22 instruments
  • 2008, Liber Fulguralis, pour ensemble instrumental, synthèse électronique et vidéo
  • 2009, En moyenne et extrême raison, pour ensemble et sons électroniques
  • 2014, Un Sogno, pour ensemble et électronique

Ensembles dirigés, de 4 à 8 instruments[modifier | modifier le code]

  • 1972 (rév. 1992), L'attente, pour 7 instruments
  • 1978, Ethers, pour flûte et ensemble instrumental
  • 1978, Treize couleurs du soleil couchant, pour 5 instruments
  • 1988, Vues aériennes, pour cor, violon, violoncelle, piano
  • 1989, Allégories, pour 6 instruments et sons électroniques
  • 1996, Bois flotté, pour piano, trombone, trio à cordes, sons de synthèse et dispositif électronique
  • 1998, Feuilles à travers les cloches, extrait de «Portulan», pour flûte, violon, violoncelle et piano
  • 1993, La Barque mystique, pour cinq instruments
  • 2000, Winter fragments, pour flûte, clarinette, piano, violon, violoncelle et dispositif électronique
  • 2006, Seven Lakes Drive, extrait de «Portulan», pour flûte, clarinette, cor, piano, violon et violoncelle
  • 2011, La Chambre des cartes, extrait de «Portulan», pour 8 instruments
  • 2011, Lachrymae, pour flûte en sol et quintette à cordes
  • 2011, Paludes, extrait de «Portulan», pour flûte en sol, clarinette, violon, alto et violoncelle
  • 2012, The Bronze Age, pour flûte, clarinette, trombone, violon, violoncelle et piano

Musique de chambre[modifier | modifier le code]

  • 1970, Où Tremblent les Contours, pour 2 altos
  • 1971, Mach 2,5, pour deux ondes Martenot
  • 1971, Les Miroirs étendus, pour ondes Martenot et piano
  • 1973, Les Nuages de Magellan, pour 2 ondes Martenot, guitare électrique et percussions
  • 1974, Tigre de verre, pour ondes Martenot et piano
  • 1986, Atlantys, pour 2 synthétiseurs DX7 Yamaha, extrait de Random Access Memory
  • 1986, Vision de la Cité Interdite, pour 2 synthétiseurs DX7 Yamaha, extrait de Random Access Memory
  • 1990, Le Fou à pattes bleues, pour flûte (sol et ut) et piano
  • 2006, Les Ruines circulaires, extrait de «Portulan», pour clarinette et violon
  • 2008, Garrigue, extrait de «Portulan», pour flûte basse (ou flûte en sol), alto, violoncelle et percussions
  • 2011, Dernières nouvelles du vent d'ouest, extrait de «Portulan», pour alto, cor, piano et percussions

Solos[modifier | modifier le code]

  • 1972, Estuaire, 2 pièces pour piano
  • 1976, C'est un jardin secret, ma sœur, ma fiancée, une fontaine close, une source scellée pour alto solo
  • 1977, Tellur, pour guitare
  • 1977, Territoires de l'oubli, pour piano
  • 1982, La Conquête de l'Antarctique, pour ondes Martenot
  • 1984, Vampyr !, pour guitare électrique, extrait de Random Access Memory
  • 1992, Attracteurs étranges, pour violoncelle
  • 1992, Cloches d'adieu, et un sourire... in memoriam Olivier Messiaen, pour piano
  • 1993, La Mandragore, pour piano
  • 1994, C'est un jardin secret, ma sœur, ma fiancée, une fontaine close, une source scellée pour violoncelle
  • 1995, Unanswered questions, pour flûte
  • 1998, Comme un œil suspendu et poli par le songe... , pour piano
  • 2002, Les Travaux et les Jours pour piano

Musique vocale[modifier | modifier le code]

  • 1995-2004, ...amaris et dulcibus aquis..., pour chœur mixte et son électroniques,

Récompenses et distinctions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Thierry Alla, Tristan Murail, La couleur sonore, Paris, Michel de Maule 2008.
  • Julian Anderson, Tristan Murail : Mémoire/Erosion, Ethers, C’est un jardin secret…, Les Courants de l’espace, texte de présentation, CD Accord 202122, MU 750, collection Musique française d’aujourd’hui
  • Sébastien Beranger, La musique spectrale se suffit-elle à elle-même ? Analyse d'« Éthers » de Tristan Murail, In Dissonanz/Dissonance n°95, Nyon, septembre 2006
  • Tristan Murail, Modèles et artifices, Presses universitaires de Strasbourg, 2004.
  • Dominic Garant, Tristan Murail : une expression musicale modélisée, Paris, L’Harmattan, 2001 ISBN 2747501817
  • Eric Humbertclaude, La Transcription dans Boulez et Murail : de l’oreille à l’éveil, Paris, Harmattan, 1999 ISBN 273848042X
  • Tristan Murail, Questions de cible, In : revue Entretemps n°8, dossier Grisey-Murail, Paris, 1989
  • Vingt-cinq ans de création musicale contemporaine : l’Itinéraire en temps réel, Paris, L’Itinéraire/L’Harmattan, 1998 (2e édition) ISBN 2738467237

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Julian Anderson, Livret de Tristan Murail, Compositeurs d'aujourd'hui, Ensemble Intercontemporain, 1996
  2. http://www.tristanmurail.com/fr/biographie.html
  3. Incidemment : Tristan Murail fut aussi le traducteur en français d'un roman de Michael Bishop, Le bassin des cœurs indigo (1977) et aussi d'Entretien avec un vampire, d'Anne Rice (1978), tous deux publiés aux éditions Jean-Claude Lattès, où son frère Lorris travaillait à l'époque.
  4. publication: Éditions Henry Lemoine, Paris, 2013 (ISMN: 979-0-2309-9099-8)
  5. publication: Éditions Henry Lemoine, Paris, 2013 (ISMN: 979-0-2309-9160-5)

Liens externes[modifier | modifier le code]