Offensive Broussilov

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Offensive Broussilov
avance pendant l'offensive Broussilov
avance pendant l'offensive Broussilov
Informations générales
Date 4 juin 1916
Lieu Volhynie, Ukraine
Issue Victoire russe
Belligérants
Drapeau de l'Empire russe Empire russe Drapeau de l'Autriche-Hongrie Autriche-Hongrie
Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Commandants
Drapeau de l'Empire russe Alexeï Broussilov Drapeau de l'Autriche-Hongrie Conrad von Hotzendorff
Drapeau de l'Allemagne Alexander von Linsingen
Forces en présence
40 divisions d'infanterie (573 000 hommes)
15 divisions de cavalerie (60 000 hommes)
39 divisions d'infanterie (437 000 hommes)
10 divisions de cavalerie (30 000 hommes)
Première Guerre mondiale
Batailles
Front d'Europe de l’Est

Stallupönen (08-1914) · Gumbinnen (08-1914) · Tannenberg (08-1914) · Île d'Odensholm (08-1914) · Lemberg (08-1914) · Krasnik (08-1914) · Komarów (08-1914) · Lacs de Mazurie (I) (09-1914) · Przemyśl (09-1914) · Vistule (09-1914) · Łódź (11-1914) · Limanowa (12-1914) · Bolimov (01-1915) · Bataille de Zwinin (02-1915) · Lacs de Mazurie (II) (02-1915) · Gorlice-Tarnów (05-1915) · Novogeorgievsk (08-1915) · Varsovie (08-1915) · Sventiany (09-1915) · Lac Narotch (03-1916) · Offensive Broussilov (06-1916) · Turtucaia/Tutrakan (09-1916) · Offensive Flămânda (09-1916) · Offensive Kerenski (07-1917) · Opération Albion (09-10-1917) · Marasesti (08-1917) · Traité de Brest-Litovsk (03-1918) · Bakhmatch (03-1918)


Front italien


Front d'Europe de l’Ouest


Front du Moyen-Orient


Front africain


Bataille de l'Atlantique

Le 4 juin 1916, sur le front est de la Première Guerre mondiale, les forces russes conduites par le général Alexeï Broussilov, commandant en chef du front sud-ouest, lancent une grande offensive contre les armées allemandes et austro-hongroises en Pologne et en Autriche-Hongrie. Cette offensive, initialement prévue le 15 juin, est avancée pour soulager l'Italie de la pression austro-hongroise, le haut commandement italien ayant demandé l'intervention des Russes.

L'attaque russe, qui prendra le nom d'offensive Broussilov, était prévue pour coïncider avec l'assaut britannique dans la Somme, sur le front occidental. Les attaques russe et britannique avaient pour objectif de soulager une partie de la pression exercée sur les Français à Verdun.

Contexte[modifier | modifier le code]

Après les échecs essuyés par l'Entente en 1915, les Alliés décident, au mois de décembre, lors des conférences militaires, de lancer des offensives conjointes sur l'ensemble des fronts, afin de rendre plus difficile pour les puissances centrales le transfert d'unités d'un front à l'autre. Cependant, cette coordination est partiellement remise en cause par les défaites de 1915, obligeant les Russes à attendre l'été avant d'attaquer[1].

Préparation[modifier | modifier le code]

Dans un contexte marqué par le déploiement des troupes austro-hongroises contre l'Italie, au détriment du front de l'Est[2], le commandement russe concentre face aux unités austro-hongroises quatre armées, confiées à Alexeï Broussilov, chargé de la direction des opérations[3]. La concentration des unités russes face aux troupes austro-hongroises crée un déséquilibre en faveur des Russes, aboutissant à mettre en ligne 132 000 soldats russes de plus que les unités austro-hongroises; cette concentration est cependant illusoire, les Russes ne parvenant à obtenir de supériorité écrasante nulle part, et doivent même tenir compte d'un nombre de pièces d'artillerie inférieure à celui mis en ligne par les austro-allemands. Les moyens mis en œuvre masquent cependant la préparation des artilleurs russes, formés et équipés par la France[4]

Cependant, ce déploiement ne passe pas inaperçu des services de renseignements de la double monarchie, informé des intentions russes dès les premiers redéploiements d'unités russes contre le front austro-hongrois[5].

Déroulement[modifier | modifier le code]

Lancée le 4 juin contre le front autrichien, l'offensive, conçue au départ comme une offensive de dégagement, destinée à soulager le front italien, se transforme rapidement en gigantesque opération de rupture contre le front autrichien[3].

Première phase de l'offensive : la rupture[modifier | modifier le code]

Broussilov prévoit d'avancer sur un large front de 300 km. Cependant, l'effort de son offensive se concentre sur un front de 150 km, de Tarnopol à Loutsk[6].

Les IIIe et VIIIe armées russes ont pour ordre d'attaquer la IVe armée austro-hongroise par le sud des marais du Pripet. Plus au sud, la VIIe armée russe est dirigée contre la VIIe armée austro-hongroise, rapidement mise en déroute[6].

L'opération débute par un bombardement de près de 2 000 pièces d'artillerie russes, cependant limité par les stocks d'obus[4]. Les premiers résultats de la percée russe confirment les espoirs placés dans l'attaque[5], le front de Galicie s'écroulant devant l'avance russe.

Deuxième phase : l'exploitation[modifier | modifier le code]

La rupture du front austro-hongrois obtenue, Broussilov, surpris par l'ampleur de la rupture obtenue, engage ses réserves, afin de lancer ses unités dans la brèche qu'une contre-offensive allemande, lancée dans la région de Kovel avec des unités rappelées du front de l'Ouest, échoue à enrayer la ruée des troupes russes[3].

Renforcé par l'apport d'unités allemandes et turques, le front de Galicie est cependant débordé au cours d'une attaque lancée à partir du 28 juillet, menaçant l'ensemble du front austro-hongrois, Conrad tentant à plusieurs reprises de ralentir l'avance russe avec les seules unités austro-hongroises, rameutées d'Italie[5]. Les unités austro-hongroises parviennent cependant à s'accrocher sur les contreforts de Carpathes, appuyées sur les fortifications mises en place au cours de l'hiver 1914-1915 et par une aviation supérieure, empêchant les reconnaissances aérienne russes[7].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Cette offensive s'inscrit dans le cadre d'un plan concerté défini à la fin de l'année 1915[8]. Son relatif succès a d'importantes conséquences sur les puissances centrales.

Les puissances centrales face aux succès russes[modifier | modifier le code]

En effet, elle entraîne tout d'abord un changement dans le commandement militaires des puissances centrales, Erich von Falkenhayn étant remplacé par Paul von Hindenburg et Erich Ludendorff à la tête du grand état-major allemand[9], à la demande expresse du chancelier du Reich, Bethmann-Hollweg, qui a manigancé le départ de Falkenhayn[10].

Dans la double monarchie, la structure du haut-commandement n'est pas remise en cause; cependant, l'archiduc Joseph-Ferdinand est relevé de son commandement[5], tandis que le prestige de Conrad est remis en cause auprès de l'Empereur[11].

Par ailleurs, à partir des premiers succès russes, le Reich, par la voie de son chancelier, tente de relancer sa politique de création d'un État polonais fortement lié au Reich[12], notamment pour disposer de capacités pour lever des troupes[13], mais cette politique se heurte aux sentiments germanophobes de la population et des responsables polonais[12].

Sur les autres fronts[modifier | modifier le code]

Elle a aussi entraîné l'arrêt d'une offensive austro-hongroise en Italie, tout en permettant au commandement italien de lancer son offensive sur des unités austro-hongroises[8], affaiblies par de vastes transferts en direction de la Galicie[14], menacée, mais comme les Russes, échoue dans la phase d'exploitation à obtenir la rupture recherchée[8].

Pertes[modifier | modifier le code]

Au cours de cette campagne, Alexeï Broussilov affirme que ses troupes ont fait 378 000 prisonniers allemands et austro-hongrois[7], auxquels s'ajoutent un nombre comparable de tués[11].

De plus, les Russes affirment s'être emparés de 400 pièces d'artillerie, 1 300 canons et avoir conquis (ou reconquis) 38 000 km2 de territoires[7]. Les pertes russes s'élèvent à 550 000 hommes. La plupart de ces soldats étaient très fidèles au tsar Nicolas II, mais ceux qui les remplacent se montrent moins enclins à le soutenir.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Fritz Fischer (trad. Geneviève Migeon et Henri Thiès), Les Buts de guerre de l’Allemagne impériale (1914-1918) [« Griff nach der Weltmacht »], Paris, Éditions de Trévise,‎ , 654 p. (notice BnF no FRBNF35255571)
  • (fr) Pierre Renouvin, La Crise européenne et la Première Guerre mondiale, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Peuples et civilisations » (no 19),‎ (réimpr. 1939, 1948, 1969 et 1972) (1re éd. 1934), 779 p. (notice BnF no FRBNF33152114)
  • (fr) Max Schiavon, L'Autriche-Hongrie la Première Guerre mondiale : La fin d'un empire, Paris, Éditions SOTECA, 14-18 Éditions, coll. « Les Nations dans la Grande Guerre »,‎ , 298 p. (ISBN 978-2-9163-8559-4)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]