Bataille de Cambrai (1917)

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Pour la deuxième bataille de Cambrai voir Bataille de Cambrai (1918)
Bataille de Cambrai
Le front avant et après la bataille de Cambrai
Le front avant et après la bataille de Cambrai
Informations générales
Date du 20 novembre au 7 décembre 1917
Lieu sud-ouest de Cambrai, France
Issue Impasse mais l'armée britannique a pu rapidement percer la Ligne Hindenbourg
Belligérants
Drapeau du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande Royaume-Uni Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Commandants
Drapeau du Royaume-Uni Julian Byng Drapeau de l'Allemagne Georg von der Marwitz
Forces en présence
476 chars Mark IV
14 Escadrilles de la Royal Flying Corps
7 divisions d'infanterie
3 divisions de cavalerie
8 divisions d'infanterie
Pertes
45 000 morts
9 000 prisonniers
100 chars détruits
45 000 morts
11 000 prisonniers
Première Guerre mondiale
Batailles
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Coordonnées 50° 11′ N 3° 14′ E / 50.1767, 3.23556 ()50° 11′ Nord 3° 14′ Est / 50.1767, 3.23556 ()  

La bataille de Cambrai est une bataille de la Première Guerre mondiale qui s'est déroulée du 20 novembre au 7 décembre 1917 aux environs de Cambrai. Lors de cette offensive, les Britanniques ont utilisé pour la première fois en masse, des chars d'assaut (en anglais tank, « réservoir »), les Mark IV. Cette offensive, initialement une réussite, fut cependant largement émoussée par la contre-offensive allemande.

Cambrai était en 1917 un point clé pour le ravitaillement de la ligne Siegfried (Siegfried Stellung), appelée ligne Hindenburg par les Alliés, et la crête voisine du bois de Bourlon, si elle était prise, permettrait de menacer l'arrière allemand vers le nord.

Ernst Jünger, qui participa à cette bataille, a décrit dans Orages d'acier l'horreur et la fascination qu'elle lui a inspiré.

Plan de la bataille[modifier | modifier le code]

Char britannique Mark IV (Australian War Memorial, Canberra)

Une attaque sur Cambrai à l'aide de chars d'assaut avait été proposée à l'origine par J. F. C. Fuller en juin 1917 et presqu'au même moment par Henry Hugh Tudor. Les deux plans furent repris par Julian Byng, commandant de la Troisième Armée britannique. Douglas Haig approuva le plan sous le nom d'« opération GY » en septembre 1917, à la suite d'un nouvel échec à Ypres (bataille de Passchendaele). La région de Cambrai fut choisie pour différentes raisons, l'une d'elles étant l'espoir qu'un terrain crayeux, plus plat, moins creusé par les bombardements et plus ferme, serait mieux adapté aux tanks que la boue argileuse du front des Flandres.

L'objectif initial de l'attaque conçue par Fuller, tel que le rapporte Liddell Hart, était un raid destiné à « détruire… démoraliser et désorganiser… et non à conquérir du terrain », prévu sur huit à douze heures et concernant six bataillons de chars et au plus deux divisions d'infanterie ou de cavalerie. Byng soumit l'idée à Haig mais elle fut mise de côté, l'objectif principal étant alors Ypres. Quand celui-ci changea les plans, le raid était devenu une offensive à part entière.

Le plan était complexe, mais son élément essentiel était le percement de la ligne allemande par une attaque concentrée sur un front étroit d'environ 8 km entre le canal du Nord et le canal de Saint-Quentin, puis l'encerclement de Cambrai et la capture de la crête de Bourlon. Certaines tactiques mises au point récemment devaient être employées, telles que l'interdiction aérienne et l'emploi de formations mixtes infanterie-chars d'assaut. La cavalerie faisait aussi partie du plan : elle devait se déployer par un « couloir de cavalerie » vers la Sensée. Il était prévu également de ne pas faire précéder l'offensive d'une lourde préparation d'artillerie, contrairement à l'habitude, pour ménager l'effet de surprise. L'assaut devait être confié aux 19 divisions de la troisième Armée britannique, dont pas moins de 14 n'étaient pas encore remises du massacre de la troisième bataille d'Ypres. Leur commandant, Byng, était beaucoup plus optimiste que Haig sur l'issue de l'offensive. La force ennemie appartenait à la deuxième armée allemande sous les ordres du Général Georg von der Marwitz : désignée sous le nom de Gruppe Caudry (ou XIII Corps) elle comprenait initialement les 20e, 54e et 183e divisions et la 9e division de réserve.

Les forces en présence

Les divisions des IIIe et IVe corps britanniques devaient conduire l'attaque. Le IIIe corps attaquerait au sud (sur la droite) entre Crèvecœur et Bonavis, des divisions de cavalerie étant prêtes à exploiter la tête de pont constituée autour de Marcoing et Masnières. Le IVe Corps devait avancer vers le nord (sur la gauche) et capturer Havrincourt, Flesquières, Graincourt-lès-Havrincourt et Cantaing avant de laisser les divisions de réserve et de cavalerie prendre l'importante crête de Bourlon. Le Ve Corps avait reçu pour mission de suivre l'avance pour occuper le terrain jusqu'à la Sensée et en assurer le passage. Le Corps de chars d'assaut sous les ordres du général de brigade Hugh Elles (corps qui devait bientôt être renommé Royal Tank Regiment) était au complet, avec plus de 350 chars de combat Mark IV pour le premier jour de la bataille et 476 en tout pour les jours suivants. 216 chars devaient prendre part à l'avance initiale, 96 étant en réserve. Certains des chars étaient équipés de grosses fascines de bois pour faciliter la traversée des tranchées (les chars travaillant par groupe de trois, le premier jetterait une fascine dans la tranchée pour permettre le passage des deux autres et ainsi de suite) ou de « grapnels » (grappins) spéciaux pour sectionner les barbelés. Les premiers assauts consistaient en une combinaison d'infanterie et de chars en formation de combat, avec un rang de chars pour ouvrir la marche suivi, 50 mètres en arrière, de sections d'infanterie en deux files, à raison de huit sections par char pour nettoyer les tranchées. Quatorze escadrilles du Royal Flying Corps participaient à la bataille, pour mitrailler les tranchées et couvrir le bruit de l'avancée des chars.

Déroulement de la bataille[modifier | modifier le code]

La troisième armée britannique du général sir Julian Byng ouvre la bataille de Cambrai. La principale attaque conduite par des chars Mark IV tombe sur une section de la ligne Hindenburg défendue par la deuxième armée allemande du général Georg von der Marwitz. Le plan de Byng vise à percer les positions allemandes entre le canal de l'Escaut et le canal du nord. La cavalerie doit avancer rapidement sur Cambrai, tandis que les unités d'infanteries et les tanks prennent la crête de Bourlon avant d'avancer au nord-est sur Valenciennes.

Char britannique Mark IV à Wailly

La bataille débute par un bref barrage de la ligne Hindenburg de 1 000 pièces d'artilleries qui n'ont pas été réglées sur leurs cibles. L'attaque principale est emmenée par 476 chars d'assaut, première utilisation massive de tanks dans la guerre. Les tanks sont suivis par 6 des 19 divisions de Byng et avancent de 8 km sur le front. Les premières attaques sont particulièrement fructueuses: la ligne Hindenburg est percée par endroits de 9 à 12 km, sauf à Flesquières où les Allemands qui résistent avec acharnement arrivent à neutraliser plusieurs tanks. En outre, la mauvaise coordination de l'infanterie et des tanks britanniques contribue à ralentir leur progression.

Ligne de front après l'attaque britannique

Malgré les grands progrès réalisés le premier jour de la bataille, les Britanniques rencontrent beaucoup de difficultés à progresser à ce rythme. De nombreux chars d'assauts connaissent des défaillances mécaniques, s'embourbent dans les fondrières ou sont détruits par des tirs d'artillerie allemande à courte portée. La bataille se concentre autour de la crête de Bourlon, à l'ouest de Cambrai.

Le 30 novembre, les troupes allemandes engagées contre la IIIe armée britannique du général sir Julian Byng, commencent à lancer leurs contre-attaques afin de regagner le terrain perdu la veille lors de l'ouverture de l'offensive par les tanks. Le prince consort Rupprecht de Bavière, commandant du secteur menacé, a dépêché des renforts considérables au secours de la IIe armée du général Georg von der Marwitz qui, jusque-là, a essuyé le gros de l'attaque.

La situation du front après la contre-offensive allemande

Les contre-attaques allemandes sont très efficaces, principalement pour trois raisons : l'utilisation d'un tir de barrage bref, l'emploi de nouvelles unités de soldats d'assaut et le soutien apporté par des avions à basse altitude aux unités en première ligne. Les Britanniques, trop déployés et manquant de réserves immédiates, sont contraints, les jours suivant d'abandonner une grande partie du territoire durement gagné. Le 3 décembre, Haig donne l'ordre de retrait du saillant et le 7 décembre tout le terrain conquis par les britanniques est abandonné à l'exception d'une partie de la ligne Hindenburg autour d'Havrincourt, de Ribécourt et de Flesquières. En échange de cette perte les Allemands avaient gagné une bande de terrain au sud de Welsh ridge.

Le jour du lancement de la contre-attaque allemande à Cambrai arrive en France la 42e division américaine Rainbow (arc-en-ciel), ainsi surnommée car elle rassemble des soldats originaires de tous les États américains. Le chef d'état-major de la division, qui deviendra son commandant, est le général Douglas MacArthur.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Le cimetière britannique de Flesquières et le bois de Bourlon

Le nombre des victimes s'éleva à 45 000 de chaque côté. 11 000 Allemands et 9 000 Britanniques furent faits prisonniers.

En termes de gains territoriaux les Allemands récupérèrent un peu plus que ce qu'ils avaient initialement perdu. Malgré ce résultat, la bataille apporta la preuve que les tranchées les mieux défendues ne pouvaient résister à une attaque massive de chars d'assaut. Les Britanniques virent le parti qui pouvait être tiré des blindés tandis que le commandement allemand constatait de son côté le potentiel des nouvelles tactiques appliquée à l'infanterie, telles que les Sturmtruppen.

Un régiment de l'armée indienne, le Hodson's Horse, avait participé à la bataille ; Il existe toujours et fête encore le « Cambrai Day ».

Galerie[modifier | modifier le code]

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