Bataille de Passchendaele

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Bataille de Passchendaele
Troisième bataille d'Ypres
Artilleurs australiens traversant un caillebotis au bois du Château de Hooge, 29 octobre 1917. Photo de Frank Hurley.
Artilleurs australiens traversant un caillebotis au bois du Château de Hooge, 29 octobre 1917. Photo de Frank Hurley.
Informations générales
Date 31 juillet - 6 novembre 1917 (3 mois et 6 jours)
Lieu Passendale, Belgique
Issue Indécise
Belligérants
Drapeau de l'Empire britannique Empire britannique
Drapeau de la France France
Drapeau de la Belgique Belgique
Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Commandants
Drapeau du Royaume-Uni Douglas Haig
Drapeau du Royaume-Uni Hubert Gough
Drapeau du Royaume-Uni Herbert Plumer
Drapeau de la France François Anthoine
Drapeau de l'Allemagne Erich Ludendorff
Drapeau de l'Allemagne Prince Rupprecht de Bavière
Drapeau de l'Allemagne Friedrich Sixt von Armin
Forces en présence
50 divisions britanniques
Ire armée française :
1re DI, 51e DI, 2e DI, 162e DI
79-83 divisions allemandes
Pertes
Contestées
200 000 - 448 614
Contestées
217 000 - 410 000
Front de l'Ouest de la Première Guerre mondiale
Batailles
Front d'Europe de l’Ouest

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Coordonnées 50° 54′ 01″ N 3° 01′ 16″ E / 50.900277777778, 3.021111111111150° 54′ 01″ Nord 3° 01′ 16″ Est / 50.900277777778, 3.0211111111111  

Géolocalisation sur la carte : Flandre-Occidentale

(Voir situation sur carte : Flandre-Occidentale)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Passchendaele.

Géolocalisation sur la carte : Belgique

(Voir situation sur carte : Belgique)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Passchendaele.

La bataille de Passchendaele, appelée aussi la troisième bataille d'Ypres eut lieu entre le 31 juillet et le 6 novembre 1917 à Passendale, en Flandre-Occidentale, pendant la Première Guerre mondiale, elle opposa l'armée britannique, l'armée canadienne et des renforts de l'armée française, à l'armée allemande.
Pour l'armée française, cette bataille est dénommée : 2e Bataille des Flandres (juillet-octobre)

Contexte[modifier | modifier le code]

Les deux premières lignes depuis la gauche (en rouge foncé) désignent la progression alliée avant la bataille de Passchendaele même.

Après le succès obtenu en juin 1917 lors de la bataille de Messines par les troupes britanniques du général Herbert Plumer, Douglas Haig, le commandant en chef du BEF (British Expeditionary Force), estime qu'une percée est possible. Pour lancer son offensive, il choisit le secteur d'Ypres au sud-ouest de la Flandre, au nord-ouest de la Belgique. Grâce à ce nouvel assaut, Haig espère atteindre les bases de U-boots situés à Bruges, à 50 kilomètres du front. En effet, à cette période de la guerre, l'offensive sous-marine allemande avait atteint son apogée et commençait à peser fortement sur l’économie britannique.

Cependant, l'objectif principal est de déloger les Allemands de leurs positions sur la crête entre Westrozebeke et Broodseinde, ce avant l'hiver, et pouvoir réaliser la très attendue percée.

Le succès de l'offensive dépend essentiellement de sa vitesse d'exécution, puisque l'on sait par expérience que, dans cette zone, il y a au mieux trois semaines d'affilée sans pluie à cette saison. Or, la pluie continuelle ralentit les mouvements et condamne quasiment toute tentative d'assaut. Elle s'abat sur le secteur d'Ypres bien plus tôt que prévu : la boue fait son apparition et les cratères d'obus se transforment en dangereux bourbiers. Malgré ce contretemps climatique, l'offensive est maintenue : le centre du dispositif est confié à la Ve armée du général Hubert Gough, la droite à la IIe armée de Plumer et la gauche à la Ire armée française ( 1er et 36e CA) du général Anthoine. C’est la IVe armée allemande qui se trouve en face.

Déroulement[modifier | modifier le code]

NLS Haig - Troops moving up at eventide - men of a Yorkshire regiment on the march.jpg

Offensive du 31 juillet[modifier | modifier le code]

L'offensive débute le 31 juillet à h 30 du matin, par un épais brouillard qui ne facilite pas la progression britannique. Rapidement, on s'aperçoit que l'avancée est plus difficile et plus lente que prévu. Toutefois, les troupes de l’Entente remportent quelques succès : au nord d'Ypres, l'armée française passe l'Yser sur vingt-neuf ponts jetés par le génie, s'empare de Steenstraate et de plusieurs lignes ennemies, dépassant ses objectifs, enlevant Bixchote (1re DI) et le fameux cabaret Korteker. Au centre, les Anglais s'enfoncent de trois kilomètres dans les lignes adverses et s'emparent de plusieurs villages organisés, entre autres celui de Saint-Julien. Cependant au sud-est, après la prise de la Basse Ville et de Hollebeke, la poussée vers la route Ypres-Menin est bloquée, notamment en raison d'une pluie incessante qui ralentit considérablement les mouvements de troupes. Ces deux semaines de pluie permettent aux Allemands de se réorganiser, et de faire face plus efficacement aux assauts britanniques.

Offensive du 16 août[modifier | modifier le code]

Le 16 août, Haig lance une nouvelle offensive. La Ve armée de Gough est lancée contre la ligne Geluveld-Langemark. Les troupes françaises franchissent le Steenbeck et conquièrent la tête de pont de Drie-Gratchen. Les Anglais s'emparent de Langemark, mais l'avancée s'arrête là. Le moral des soldats britanniques s'effondre.

Offensive du 20 septembre[modifier | modifier le code]

Étant donné l'échec de l'assaut du général Gough, Haig ordonne à la IIe armée de Plumer d'attaquer le plateau de Geluveld au nord de ses positions, mais au sud d'Ypres. La troisième offensive de la bataille de Passchendaele débute le 20 septembre à h 40 : quatre divisions, dont deux australiennes incluant un régiment sud-africain, se lancent à l'assaut d'un front de six kilomètres entre Klein Zillebeke et le Westhoek. La progression des Britanniques se fait mètre par mètre et ceux-ci subissent les constantes contre-attaques des troupes allemandes. Pour la première fois dans un conflit, celles-ci utilisent du gaz moutarde, plus tard baptisé ypérite, du nom de la ville d'Ypres (22 avril 1915[1]). Les victimes de ce gazage ne se comptent pas seulement dans les troupes anglaises, mais aussi dans les troupes belges qui tiennent la voie ferrée Ypres-Roulers d'où leur artillerie soutient la progression anglaise. Une division anglaise atteint presque le village de Geluveld et le bois du Polygone est conquis. Au nord, la Ve armée progresse jusqu'à Zonnebeke.

Offensive du 6 novembre[modifier | modifier le code]

L'ultime offensive, fixée le 6 novembre à six heures, est confiée au Corps canadien de Currie et a pour objectif les villages de Passchendaele (actuellement Passendale) et de Mosselmarkt, et la crête au-delà. Les 1re et 2e divisions, appuyées par un puissant barrage d'artillerie, enlèvent les deux villages en deux heures avec des pertes s'élevant à 2 238 hommes.

Enfin, le dernier assaut du 10 novembre permet d'atteindre le reste des hautes terres surplombant Ypres, et de les prendre malgré les tirs allemands. La bataille de Passchendaele, connue également sous le nom de troisième bataille d'Ypres, s'arrête là.

Les Canadiens à Passchendaele[modifier | modifier le code]

À l'automne 1917, après le grand succès de l'armée canadienne à la bataille de la crête de Vimy en avril de la même année, on envoie celle-ci dans le sud de la Belgique.

Au début du mois d'octobre, les Canadiens sont envoyés pour prendre la relève de l'ANZAC et participer à l'offensive visant à prendre Passchendaele.

Le 26 octobre, l'offensive canadienne commence. La réussite de la bataille amère de Passchendaele tient à l'héroïsme des hommes qui sont parvenus à franchir les zones ennemies malgré la résistance farouche qu'on leur opposait. L'avancée dans la boue et sous les tirs ennemis est lente, et les pertes sont lourdes. Malgré l'adversité, les Canadiens atteignent les abords de Passchendaele le 30 octobre, à la fin de la seconde attaque, sous une pluie battante.

Bilan[modifier | modifier le code]

La bataille de Passchendaele a finalement permis de soulager la pression sur l’armée française et le saillant d'Ypres (en) a été enfoncé de huit kilomètres. Mais les pertes (morts, blessés et disparus) s'élèvent à environ 8 500 Français, 4 000 Canadiens, 250 000 Britanniques, dont au moins 40 000 disparus, le plus souvent noyés dans la boue, et 260 000 Allemands.

Décoration[modifier | modifier le code]

  • FLANDRES 1917 est inscrit sur le drapeau des régiments cités lors de cette bataille.

Divers[modifier | modifier le code]

  • Douglas McKie, historien des mathématiques, blessé à Passchendaele, interrompt sa carrière dans l'infanterie des suites de sa blessure.
  • Dave Gallaher (joueur de rugby à XV, capitaine des « Originals » néo-zélandais) est décédé le 4 octobre 1917 au combat à Passchendaele.
  • Le groupe de heavy metal Iron Maiden a composé une chanson traitant de cette bataille sur leur album Dance of Death : Paschendale.
  • Le musicien irlandais Chris de Burgh a également écrit une chanson relatant la lettre qu'un soldat anglais écrit à sa belle, lettre qui est en fait une mélodie pour oublier la peur et l'horreur de cette bataille qui vient (This Song for You, sur l'album Spanish Train and Other Stories (en), 1975).
  • La chanson The Price of a Mile, sur l'album The Art of War du groupe de métal suédois Sabaton parle elle aussi de cette bataille.
  • God Dethroned, groupe de death/black néerlandais, a composé un album entier sur cette bataille : Passiondale (2009).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Daniel Riche, La Guerre chimique et biologique, Belfond, Paris, 1982 (ISBN 2-7144-1518-0), p. 104.