Moïse et le monothéisme

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Moïse et le Monothéisme
Auteur Sigmund Freud
Genre Psychologie
Pays d'origine Drapeau de l'Autriche Autriche
Lieu de parution Vienne Amsterdam Londres
Éditeur Imago / De Lange / Hogarth Press
Date de parution 1937-1939
Chronologie
Précédent Un mot à propos de l’antisémitisme

L'homme Moïse et la religion monothéiste est le dernier ouvrage de Sigmund Freud, paru en 1939, année de sa mort. Non seulement c'est le dernier livre de Freud mais son histoire et sa composition le particularise parmi les plus importants de son auteur.

Histoire de la publication[modifier | modifier le code]

Der Mann Moses und die monotheistische Religion[1], commencé à Vienne dès 1934, est achevé durant l'exil à Londres en juin 1938, alors que les deux premiers articles (sur trois) sont parus dans la revue "Imago" en 1937. Le livre paraît alors simultanément à Amsterdam (en allemand) et à Londres (en anglais, sous le titre Moses and Monotheism) en mars 1939. On trouve au dos de la première traduction française: «Dans ce dernier ouvrage, le fondateur de la psychanalyse examine les origines du monothéisme en Égypte au moment de la révolution religieuse et esthétique du pharaon Akhenaton et expose une théorie nouvelle sur les origines de Moïse et de la religion juive.»

Traductions françaises[modifier | modifier le code]

Le livre est publié en français par Gallimard en 1948 (traduit de l’allemand par Anne Berman sous le titre Moïse et le monothéisme).

Dans un article daté de 1978 et republié en 1995[2]), le docteur Claude Taïeb a signalé que la traduction d'Anne Berman, seule référence du Moïse pour la psychanalyse francophone pendant près de 40 ans, présente la particularité d'avoir supprimé la fin de la première phrase. Là où on lit dans le texte français : « Déposséder un peuple de l'homme qu'il célèbre comme le plus grand de ses fils est une tâche sans agrément et qu'on n'accomplit pas d'un cœur léger. », Freud a écrit en réalité : « Déposséder un peuple de l'homme qu'il célèbre comme le plus grand de ses fils est une tâche sans agrément et qu'on n'accomplit pas d'un cœur léger, surtout quand on appartient soi-même à ce peuple. »

La seconde traduction (1986), toujours chez Gallimard, est l´oeuvre de Cornelius Heim. Depuis que les écrits de Freud sont tombés dans le domaine public, ont paru la traduction de l´équipe des PUF (volume 20 des Oeuvres Complètes de Freud, 2010) et celle de Jean-Pierre Lefebvre (Seuil, 2012)

Préhistoire de l'ouvrage[modifier | modifier le code]

Dans son témoignage à Lou Andreas Salomé, Freud indique que "la solution de ce problème (...) m'a poursuivi tout au long de ma vie".[réf. insuffisante][3]

État des connaissances sur Akhenaton au début du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le nom et l'existence d'Akhénaton étaient ignorés des historiens jusqu'à la mise au jour, à compter de 1887, des tablettes d'Amarna. Dans sa thèse parue à Berlin en 1894, le jeune égyptologue américain, James Henry Breasted souligne l'importance de l'étude de la révolution monothéiste d'Akhenaton pour la compréhension du monothéisme biblique. En 1910, Arthur P. Weigall associe plus étroitement encore Akhenaton et le récit biblique[4]. Le pharaon monothéiste vécut au 14e siècle avant le début du calendrier chrétien, ce qui rend possible une influence sur le monothéisme biblique.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Après Moïse et le monothéisme, la seconde traduction française révisée porte le titre de L'homme Moïse et la religion monothéiste - Freud ayant employé en allemand dans son titre le mot der Mann qui désigne « l'homme » de sexe masculin.
  2. Freud et l'hébreu
  3. Andreas-Salomé, Lou: Correspondance avec S. Freud, lettre du 6 janvier 1935
  4. Jan Assmann, Moïse l'Égyptien, 1997, trad. française, Flammarion, Coll. Champs, 2003, p.52