Loyat

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Loyat
La mairie.
La mairie.
Blason de Loyat
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Morbihan
Arrondissement Vannes
Canton Ploërmel
Intercommunalité Ploërmel communauté
Maire
Mandat
Denis Tréhorel
2014-2020
Code postal 56800
Code commune 56122
Démographie
Gentilé Loyatais, Loyataise
Population
municipale
1 597 hab. (2011)
Densité 38 hab./km2
Population
aire urbaine
14 900 hab.
Géographie
Coordonnées 47° 59′ 27″ N 2° 22′ 56″ O / 47.9908333333, -2.38222222222 ()47° 59′ 27″ Nord 2° 22′ 56″ Ouest / 47.9908333333, -2.38222222222 ()  
Altitude 42 m (min. : 32 m) (max. : 130 m)
Superficie 41,52 km2
Localisation

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Loyat [lɔja] (Louad en breton) est une commune française située dans le département du Morbihan, en région Bretagne.

Géographie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Loyat est mentionné dans un acte de donation fait, vers 1055, par Josselin, vicomte de Porhoët, en faveur de l'abbaye de Redon ou du prieuré de Sainte-Croix de Josselin. La principale seigneurie de l'endroit a son siège au château et appartient, en 1631, à Pierre Botherel, vicomte d'Apigné et de Loyat. Elle passe ensuite aux Coëtlogon, qui la conservent jusqu'à la Révolution. En 1790, Loyat perd sa trève de Gourhel et se voit ériger en commune et même en chef-lieu de canton. En 1791, son recteur, M. Texier, refuse le serment à la constitution civile du clergé et doit s'exiler. En 1801, Loyat perd son titre de canton pour faire partie de celui de Ploërmel.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

117 Loyatais sont morts sur les champs de bataille dans le nord et l'est de la France, sur une population de 2 000 habitants. L'un d'eux, peut-être le plus jeune, s'appelait Joseph Poirier, garçon de ferme à Kerbois. En avril 1915, il prit le train pour la première fois de sa vie, à la gare de Loyat pour être incorporé à la caserne de Saint-Brieuc, un autre monde. Il fut ensuite envoyé à Verdun puis dans la Somme à Maurepas, où il mourut dans un bois bombardé, en septembre 1916, il avait 19 ans. Trois des quatre frères Olivot furent tués, le dernier fut exempté du service militaire. Deux vitraux de l'église rappellent ce terrible conflit, les 2 frères François et Jean-Marie Lagnel de Trégadoret sont en photo sur un vitrail et l'abbé Eugène Simon sur l'autre vitrail.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

1940 : une armée polonaise (22 000 hommes) s'installe autour du camp de Coëtquidan, des soldats polonais sont en cantonnement à Loyat et se déplacent à cheval. Ils assistent nombreux à la messe le dimanche et chantent des cantiques polonais.

1944 : à la suite de l'assassinat d'un soldat allemand à Guilliers, 150 personnes furent raflées et rassemblées le matin du 20 janvier 1944 devant l'église, les plus jeunes furent conduits à pied à Guilliers, certains étaient en sabots. 12 jeunes Loyatais furent déportés, 7 sont morts en déportation au camp de concentration de Mauthausen (Autriche) : Léon Bougué, Fernand Harel, Roger Garaud, Pierre Gouello, Auguste Marot, Adolphe Lequitte et Pierre Querbouët.

Les 9 et 10 mai 1944, les Résistants de Ploërmel font sauter les aiguillages à la gare puis reviennent la nuit suivante, faire exploser la voie ferrée au sud de la gare. Le trafic est interrompu pendant 24 heures[1].

Loyat fut un objectif du débarquement en Normandie le 6 juin 1944. Trois parachutistes de la France libre (Henry Corta, André Bernard et Francis Folin) furent parachutés près de Loyat avec missions d'effectuer des sabotages dans le secteur. Ils devaient notamment constamment neutraliser la ligne unique de chemin de fer dans le village de Trégadoret, à l'endroit où la rivière (l'Yvel) se trouvait à 30 m en contrebas de la ligne, un lieu idéal pour un sabotage, afin de retarder l'envoi de renforts allemands, de Bretagne vers le front de Normandie.

Bien accueillis par les Loyatais des villages de Kersamson et de Kerbois, ils se fixèrent dans ce secteur, furent rejoints par d'autres parachutistes et organisèrent un maquis près de Kerbois. L'arrivée de ces Français d'Angleterre suscita l'espoir. Ils furent présentés au maire Henri Patier et à quelques Résistants. Ils reçurent même la visite du commandant du 12e bataillon F.F.I. du Morbihan, le général (en retraite) de la Morlais. Ils demandèrent par radio en Angleterre, un parachutage d'armes qui eut lieu dans la nuit du 8 au 9 juillet 1944, sur un terrain appelé la mare aux oies. Deux avions de la Royal Air Force leur parachutèrent 8 tonnes d'armes et de matériel militaire à destination des maquis de la région. Le lieutenant Corta et le commandant des parachutistes, Pierre Bourgoin (1907-1970), échappèrent de peu à la capture près de l'écluse de Guillac le 11 juillet 1944.

62 Loyatais s'engagèrent dans les F.F.I., certains reçurent l'ordre de se rendre au maquis de Saint-Marcel. Ils participèrent avec les parachutistes, à la bataille du 18 juin 1944. Il y avait deux officiers de la Résistance à Loyat, le capitaine F.F.I. Joseph Jigorel (1913-2003) et le lieutenant F.F.I. Joseph Perraud (1919-1996) qui avaient tous les deux participé à la guerre en 1940. Ils furent faits prisonniers : Joseph Jigorel fut libéré mais Joseph Perraud parvint à s'évader d'Allemagne et revint à Loyat, un exploit. Il était séminariste et devint prêtre. Les lieutenants F.F.I. Perraud et F.F.L. Corta devinrent copains et complices.

Début août 1944, au moment de la Libération, les parachutistes basés à Loyat et les maquisards attaquèrent un groupe de soldats allemands près de Lézonnet. Le bilan fut de cinq morts : deux Français (Alain Adelis, 19 ans de Taupont et Ange Mounier, 39 ans de Ploërmel) et trois Allemands, probablement tués par la grenade que leur lança le lieutenant Corta. Un autre maquisard Jean Cherel de Loyat, fut tué près de la gare.

Parmi la centaine d'Allemands qui occupait Loyat, il y avait un Alsacien enrôlé de force dans l'armée allemande, Georges Fritz, originaire de Lembach dans le Bas-Rhin. Contacté par les maquisards, il accepta de les renseigner. Ce Français, en uniforme allemand, fut présenté aux parachutistes français en uniforme britannique. Pendant l'été 1944, il voulut déserter : il laissa une lettre aux Allemands leur annonçant son intention de se suicider, il abandonna ses vêtements près de la rivière et rejoignit le maquis. Il participa ensuite aux combats contre les Allemands sur le front de la Vilaine pendant l'hiver 1944-45 face à la poche de Saint-Nazaire.

Près de 50 ans après la guerre, le Vendéen Henry Corta (1921-1998) et l'Alsacien Georges Fritz (décédé en 1999) revinrent l'un et l'autre à quelques mois d'intervalle, en visite de souvenir à Loyat. Ils furent reçus à la mairie par les anciens combattants dont le maire Lucien Harel (1921-1997).

Lucien Harel et son frère, Alphonse (séminariste tout comme Joseph Perraud), furent les principaux acteurs de l'aide apportée à Georges Fritz et tous les trois prirent le maquis. Ces événements scellèrent une amitié qui dura jusqu'au décès du dernier des trois en 1999.

Henry Corta, qui devint religieux et artisan d'icônes, écrivit 2 livres sur l'histoire des parachutistes : les bérets rouges (1952) et Qui ose gagne (1997)[2] dans lesquels il évoqua son arrivée en France, à Loyat et l'accueil bienveillant reçu des Loyatais. Des milliers de lecteurs ont dû chercher Loyat sur la carte de Bretagne.

Blasonnement[modifier | modifier le code]

Blason ville fr Loyat (Morbihan).svg

Les armoiries de Loyat se blasonnent ainsi :

De sable à trois aigles d’argent.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1965 René Simon
1965 1977 Pierre Mounier
1977 1983 André Coquantif
1983 1995 Lucien Harel
1995 2008 Odile Santier
2008 2014 Denis Tréhorel
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 597 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 000 1 933 1 868 1 995 2 062 2 148 2 130 2 135 2 173
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 054 2 081 2 160 2 029 1 985 2 133 2 079 2 085 2 042
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 985 2 095 2 122 1 974 1 935 1 902 1 870 1 887 1 770
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
1 702 1 563 1 465 1 420 1 465 1 442 1 439 1 597 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Château de Loyat, XVIIIe siècle, visitable, populetum expérimental. Le château est construit sur les plans de l'architecte vannetais Olivier Delourme, pour René Charles Elisabeth de Coëtlogon, vicomte de Loyat, neveu du Marechal de Coëtlogon.
  • La chapelle de Trégadoret, la chapelle de Crétudel, l'église (le clocher date de 1961), le vieux pont, le manoir (privé) de Lézonnet près de l'étang, l'ancien moulin à eaux de Trégadoret.
  • Le monument des deux guerres mondiales, de l'Indochine et de l'Algérie (128 Loyatais morts pour la France de 1914 à 1959), le monument aux Déportés (7 Loyatais morts pour la France en 1944 et 1945 en Autriche), la plaque avec les noms des 12 déportés loyatais, la plaque sur le mur de l'église en souvenir de la rafle du 20 janvier 1944, le monument de Lézonnet, le monument sur la voie verte en souvenir de Jean Cherel et le monument du maquis à Kerbois.
  • Le calvaire au centre du cimetière est classée monument historique.
  • L'aérodrome de Ploërmel - Loyat.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le Morbihan en guerre 1939-1945 de Roger Leroux, imprimerie de la manutention Mayenne, 1990, page 404.
  2. Henry Corta, Marie Chamming's, Joseph Jégo, Noël Créau et Philippe Reinhart, Qui ose gagne (France-Belgique 1943-1945, les parachutistes du 2e RCP / 4th SAS), Service historique de l'armée de terre,‎ 1997, 296 p. (ISBN 978-2863231036).
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Archives[modifier | modifier le code]

  • Vicomté de Loyat à Loyat, XIVe - XVIIe, cotes 23 J 396 à 23 J 420 > Fonds de La Bourdonnaye-Montluc (23 J), Archives I&V.
  • Comptes de la fabrique de 1527 à 1603, cote 23 J 399.
  • Mandement de l'évêque de Saint-Malo pour l'inhumation des morts de la peste à Loyat, 1626, cote 23 J 950.

Articles connexes[modifier | modifier le code]