L'Adoration des mages (Botticelli, Florence)

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L'Adoration des mages
Image illustrative de l'article L'Adoration des mages (Botticelli, Florence)
Artiste Sandro Botticelli
Date vers 1475
Technique Tempera sur bois
Dimensions (H × L) 111 × 134 cm
Localisation Galerie des Offices, Florence (Italie)
Autoportrait du peintre
Laurent, Politien et Pic de la Mirandole

L'Adoration des mages (Adorazione dei Magi en italien)[1] est un tableau exécuté autour de 1475 par Sandro Botticelli (qui en a peint plusieurs sur ce thème[2] et en laissera une, inachevée, à sa mort en 1510).

Histoire[modifier | modifier le code]

Cette peinture réalisée en tempera sur bois de 111 cm × 134 cm, conservée[3] aujourd'hui au musée de la Galerie des Offices de Florence a été commissionnée par Giovanni di Zanobi del Lama, un banquier florentin, courtisan de la cour des Médicis, pour être le retable de la chapelle Lami de l'église Santa Maria Novella.

Thème[modifier | modifier le code]

L'Adoration des mages est l'épisode de la vie de Jésus qui s'inscrit juste pendant la Nativité, un des thèmes de l'iconographie chrétienne. Il montre Jésus enfant qui vient de naître, entouré de sa mère Marie, de son père Joseph, souvent en retrait. Les rois mages, que l'on peut reconnaître à leur âge respectif[4], sont accompagnés de leur cortège et c'est aussi le prétexte à exposer les personnages importants et influents du temps de la réalisation de l'œuvre peinte[5].

Description[modifier | modifier le code]

Contrairement à beaucoup de tableaux sur ce thème, ici, Marie présentant Jésus à l'Adoration, est placée au centre du tableau en position élevée dans le décor, dans un enchevêtrement de grotte, de ruines, de cabane en bois, en une sorte de trône dominant non architecturé et les seules architectures visibles sont des ruines antiques à la gauche du tableau, extérieures à la scène proprement dite du sujet. Des monts au loin dans le fond se perdent dans une perspective atmosphérique.

Des personnages nombreux participent au défilé et sont placés dans deux groupes à droite et à gauche laissant une trouée permettant de voir le plus vieux des mages agenouillé, le turban à ses pieds, et à qui est présenté Jésus ; les deux autres nous tournent le dos mais on les identifie à leur présents dorés et à leur coiffes posées sur le sol.

Les cortèges s'étalent en deux groupes distincts ramassés à droite et à gauche sans profondeur, mis à part deux ou trois personnages éloignés dans les ruines de gauche.

Analyse[modifier | modifier le code]

La perspective fuyante est clairement évacuée sur les ruines extrêmes : à droite par le seul mur sur lequel un paon est perché, rendant sa tranche plus fuyante encore ; sur la gauche par une enfilade de colonnes embrumées. Même les troncs servant de piliers au toit de planches défient les fuyantes verticales. et la grotte abritée n'offre aucune ligne de fuite. Le cortège lui-même est ramassé sur le premier plan et seuls quelques personnages lointains à gauche donnent une indication spatiale.

Son principal intérêt documentaire tient au fait de la présence dans le tableau de nombreux portraits de personnalités des Médicis (d'où quelquefois son titre en français[1]) dans une composition anachronique (d'autant plus que le peintre y est présent, à droite, regardant vers le spectateur).

Personnes identifiées[modifier | modifier le code]

  • Cosme de Médicis (dit l'Ancien) figurant en roi mage agenouillé devant Marie,
  • son fils Pierre de Médicis dit le Goutteux, en second mage drapé d'une cape rouge, agenouillé au centre, vu de dos.
  • Jean de Médicis, frère de Pierre, à côté de celui-ci, en troisième mage.
  • le jeune Laurent de Médicis dit le Magnifique (fils de Pierre, petit-fils de Cosme), à gauche au premier niveau, une épée droite entre les jambes
  • Julien de Médicis, le frère de Laurent qui fut assassiné pendant la conjuration des Pazzi, au côté opposé, vêtu de noir, à côté de Jean.
  • Politien à côté de Laurent, qui lui désigne la scène
  • Pic de la Mirandole, à côté de Politien le regard tourné vers lui
  • Filippo Strozzi, banquier et membre de la riche famille italienne, les Strozzi, peint en vieil homme à cheveux blancs et à robe longue bleu-clair, regardant l'observateur et pointant sa direction de sa main droite.
  • Botticelli lui-même, en autoportrait, à l'extrême droite, regardant l'observateur du tableau.

Quant à Joseph, en pleine méditation en arrière-plan élevé (le personnage placé le plus haut dans le tableau), il ressemble étrangement à Platon.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b dite Médicis ou médicéenne suivant les descriptions.
  2. vers 1472, vers 1473 et vers 1475, celle-ci
  3. et restaurée en 1981
  4. codification confirmée par La Légende dorée de Jacques de Voragine.
  5. comme dans la Chapelle des mages de Benozzo Gozzoli du palais Medici-Riccardi de Florence

Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

« On ne saurait décrire la beauté que Sandro mit dans ces têtes : elles sont montrées dans des attitudes variées, les unes de face, les autres de profil, certaines de trois-quarts ou encore inclinées, offrant une grande variété d'expressions et d'attitudes chez les jeunes et les vieux, et cette extravagance dans les détails qui l'apanage de ceux qui ont atteint la parfaite maîtrise de leur art. »

— Traduction nouvelle d'après l'édition Giuntana de 1568 (École Normale Supérieure de Pise) par Bernard Lebleu, de L'Encyclopédie de L'Agora [1].