Hypoglycémie

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Hypoglycémie
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Glucose test.JPG
Glucomètre.
CIM-10 E16.0-E16.2
CIM-9 250.8, 251.0, 251.1, 251.2, 270.3, 775.6, 962.3
DiseasesDB 6431
MedlinePlus 000386
eMedicine emerg/272  med/1123 med/1939 ped/1117
MeSH D007003
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L'hypoglycémie (ne pas confondre avec hyperglycémie) est une concentration en sucre dans le sang (glycémie) anormalement basse, associée à des symptômes témoignant du fonctionnement anormal du cerveau, la neuroglucopénie[1]. Elle peut produire une variété d'effets et symptômes ; les effets peuvent aller de la légère dysphorie à des problèmes plus importants comme des convulsions, le coma, et (rarement mais pas impossiblement) des lésions cérébrales ou le décès[2],[3]. En pratique, il s'agit d'hypoglycémie lorsqu'un individu a conjointement des symptômes et une glycémie basse. La limite retenue pour définir l'hypoglycémie se situe habituellement entre 0,60 voire 1,10 gramme par litre.

Symptômes[modifier | modifier le code]

Les symptômes de l'hypoglycémie varient selon la sévérité[4]. Multiples, ils se divisent en symptômes témoignant du mauvais fonctionnement du cerveau (neuroglucopénie) et ceux de la réaction de l'organisme à l'hypoglycémie, essentiellement la sécrétion de catécholamines (adrénaline et noradrénaline), c'est la réaction neurovégétative. Les signes de neuroglucopénie sont toujours brutaux et témoignent du dysfonctionnement de l'ensemble ou d'une partie du cerveau  : trouble brutal du comportement (colère brutale, comportement brutalement inadapté, etc.) ; perte brutale de la capacité à exécuter une tâche, un raisonnement ; trouble brutal de la vision, de la parole, de la marche ; crise d'épilepsie ; au maximum perte de connaissance, coma. Les signes de la réaction neurovégétative sont ceux de la sécrétion brutale d'adrénaline, un moyen qu'utilise l'organisme dans les situations de danger imminent, ce sont aussi les symptômes qu'aurait un individu normal s'il était face à un danger  : sueurs, tremblements, palpitations cardiaques, pâleur, etc. Dans le cadre des premiers secours, il n'est pas possible de distinguer l'hypoglycémie de toute autre cause de perte de connaissance  : tout coma doit faire évoquer l'hypoglycémie. Cependant, le décès par hypoglycémie est tout à fait exceptionnel, si tant est que cela soit possible[2],[3]. En médecine légale, la preuve qu'une hypoglycémie est la cause d'un décès est extrêmement difficile à apporter, et les cas évoqués restent ainsi le plus souvent douteux[réf. nécessaire]. Chez les diabétiques, pourtant très exposés à l'hypoglycémie par le traitement par insuline, le taux de décès par hypoglycémie, même après injection de doses massives d'insuline, reste sujette à caution, alors que pourtant les notices de toutes les insulines signalent ce danger[réf. nécessaire]. Le diagnostic d'hypoglycémie est souvent porté à tort chez des individus qui ont des symptômes bien peu spécifiques, ou chez des individus qui ont des glycémies basses, mais sans symptôme particulier au moment du dosage. La seule preuve, parfois difficile à obtenir est la constatation simultanée des deux (symptômes et glycémie basse).

Les symptômes d'hypoglycémie peuvent se manifester durant le sommeil. Des exemples de symptômes peuvent inclure des draps humides ou des vêtements plein de transpiration. Les cauchemars ou les pleurs peuvent être un signe d'hypoglycémie. Lorsqu'un individu est réveillé, il peut se sentir fatigué, irritable, ou confus ; il peut également s'agir de signes d'hypoglycémie[5]. Une hypoglycémie significative peut accroître le risque de maladie cardiovasculaire[6].

Causes[modifier | modifier le code]

Les hypoglycémies ont plusieurs ordres de cause : soit un excès d'insuline ; soit un défaut de production de glucose. L'excès d'insuline peut être endogène, le plus souvent tumoral, par une tumeur du pancréas, l'insulinome, une tumeur rare, moins d'un cas pour un million d'individus par an[réf. nécessaire]. Encore plus rarement, et presque exclusivement chez le nourrisson, par une anomalie généralisée de la sécrétion d'insuline par le pancréas (nésidioblastose). Beaucoup plus fréquemment, les hypoglycémies dues à un excès d'insuline ont une cause exogène : injection d'insuline ou prise de médicament stimulant la sécrétion d'insuline[réf. nécessaire]. L'hypoglycémie n'est pas rare chez le diabétique traité par insuline, soit que la dose d'insuline injectée ait été excessive, soit que le repas ait tardé ou été insuffisant, soit qu'un exercice physique n'ait pas été accompagné d'une baisse de la dose d'insuline ou d'une collation apportant des glucides. Certains médicaments sont responsables d'hypoglycémies[7], le plus souvent en activant la sécrétion d'insuline, c'est le cas en particulier des sulfamides hypoglycémiants utilisés dans le traitement du diabète, mais aussi des dérivés de la quinine.

La production insuffisante de glucose et de corps cétoniques peut être la conséquence d'un blocage de la synthèse de glucose ou d'une maladie des organes producteurs de glucose (foie et reins) ou de la production des hormones qui l'activent (catécholamines, cortisol, hormone de croissance et glucagon), ou d'un défaut des substrats de la production de glucose, comme par exemple dans la malnutrition extrême (famine, anorexie, maladies du tube digestif). La chirurgie de l'estomac peut être suivie d'épisodes d'hypoglycémies après les repas, liés à une vidange anarchique de l'estomac qui altère la sécrétion d'insuline. En Afrique et en Asie, les crises graves de paludisme peuvent s'accompagner d'hypoglycémie, de même que les infections bactériennes sévères. D'exceptionnelles tumeurs sécrétant un facteur de croissance, l'IGF-2 causent des hypoglycémies dont le traitement est particulièrement difficile. La médecine moderne ne connaît plus l'hypoglycémie fonctionnelle, un diagnostic autrefois souvent porté chez des individus, le plus souvent de sexe féminin, se plaignant de symptômes divers, chez qui on avait porté ce diagnostic devant la constatation de glycémies basses. Mais ni glycémie basse, ni symptômes n'ont en soi de signification, Seul compte la simultanéité des deux... jamais constatée dans ce contexte particulier de l'hypoglycémie fonctionnelle.

D'autres causes externes peuvent impliquer l'hypoglycémie. La prise d'alcool, qui en est la cause la plus fréquente[réf. nécessaire]. L'anorexie peut causer la dénutrition sévère (cachexie). Certains médicaments produisent une hypoglycémie, c'est notamment le cas des médicaments antidiabétiques, comme l'insuline et les antidiabétiques oraux chez les sujets diabétiques[7]. D'autres médicaments peuvent être mis en cause incluant aspirine (essentiellement chez le nourrisson et le petit enfant, à très forte dose), anti-inflammatoires non stéroïdiens, et quinidine. Plus rarement, l'hypoglycémie peut être révélatrice notamment : d'une pathologie endocrinienne : hypersécrétion d'insuline dans le cadre par exemple d'un insulinome, tumeur sécrétant de l'IGF1, d'antécédents de gastrectomie (ablation de l'estomac), le plus souvent après cancer gastrique, de métastases hépatiques, et d'une insuffisance surrénalienne et hypophysaire.

Signes cliniques[modifier | modifier le code]

Le niveau sanguin normal doit se situer entre 60 et 110 mg/dl (0,6 à 1,10 gramme par litre) ; en dessous de 60, il s'agit d'hypoglycémie[8],[4]. Selon la sévérité de l'hypoglycémie, le patient peut ressentir une variété de symptômes[4].

Lors d'une hypoglycémie légère ou moyenne, le patient peut ressentir : étourdissements[4],[9], fourmillements dans les extrémités (paresthésie) ou engourdissement des membres, fatigue, maux de tête[4],[9], nausées ou vomissements[9], pâleur ou cyanose, palpitations cardiaques[4],[9], sensation de faim[9], sueurs[9], tremblements[4],[9], trouble de la vision[9] ou vertiges[9]. Dans un cas plus sévère d'hypoglycémie, le patient peut ressentir : difficultés de concentration, troubles du comportement (confusion, parole difficile, excitation, énervement), convulsions (cas rare), ou perte de conscience[4].

Diagnostic[modifier | modifier le code]

L'hypoglycémie est un diagnostic biologique car elle se définit par un taux bas de sucre dans le sang (moins de 0,5 g/l)[10]. Dans le cadre des premiers secours, il est impossible de distinguer le malaise hypoglycémique d'un autre type de malaise ; tout malaise, ou coma, doit faire évoquer l'hypoglycémie. Dans le cadre médical, la mesure de la glycémie fait partie du bilan de base de tout malaise mais n'a de sens que si elle est obtenue au moment même du malaise. Il faut traiter une hypoglycémie le plus rapidement possible : la baisse d'attention qui l'accompagne pourrait en effet être mortelle lors de la conduite d'un véhicule ou de la pratique d'un sport (alpinisme en particulier...) ; pour cette raison les personnes hypoglycémique doivent toujours avoir avec eux une dose leur assurant rapidement 15 grammes de glucides : trois biscuits, ou trois morceaux de sucre, etc. Lorsque l'hypoglycémie arrive chez soi, même si elle débouche sur une perte de connaissance, ses conséquences sont moins graves en général, car l'organisme du diabétique refabrique spontanément du glucose au bout de quelques heures et le patient recouvre spontanément ses esprits[réf. nécessaire]. Elle ne doit pas moins en être évitée dans la mesure du possible.

Dans un premier temps, le corps réagit à la baisse de la glycémie par une décharge d'adrénaline (par rétrocontrôle negatif car l'adrénaline est une hormone hyper glycémique qui induit la glycogénolyse) (réponse hormonale adrénergique, sécrétion de catécholamine endogène par les glandes surrénales), qui provoque : accélération cardiaque (d'où les palpitations), élévation de la pression artérielle (vasoconstriction), ou autres mécanismes de défense sont mis en jeu ; ils impliquent le glucagon, le cortisol et l'hormone de croissance (hormone somatotrope).

Traitement[modifier | modifier le code]

Le traitement de référence est le resucrage par voie orale chez un sujet conscient ou intraveineux en cas de coma (soluté glucosé à 30 %) est le traitement indispensable et suffisant de l'hypoglycémie. Une alternative pratique chez le diabétique traité par insuline est l'injection (sous-cutanée ou intramusculaire) de glucagon. Le glucose sanguin peut augmenter en quelques minutes en ingérant (ou s'injectant) 10 à 20 grammes de glucide[11]. Ce glucide peut provenir de la nourriture ou de boissons sucrées et peuvent être ingérée si l'individu est conscient. 100–120 ml sont contenus dans des fruits comme les oranges, les pommes, et les raisins.

Dans un second temps, la cause de l'hypoglycémie doit être comprise (bilan des prises médicamenteuses, alcoolémieetc.) afin de prévenir sa récidive.

Prévention[modifier | modifier le code]

Chez le diabétique traité : apprendre à reconnaître sur soi les signes d'hypoglycémies ; avoir toujours 15 grammes environ de sucre sur soi, sous une forme ou sous un autre : trois biscuits, deux pâtes de fruits, trois morceaux de sucre… ; savoir adapter traitement et alimentation aux situations qui nécessitent des ajustements : repas, activité physique, stress, etc. ; adapter le traitement médicamenteux du diabétique avec le médecin traitant.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Stedman, Thomas Lathrop, « Stedman's Medical Dictionary », Lippincott Williams & Wilkins,‎ décembre 2005 (ISBN 0-7817-3390-1), p. 2100.
  2. a et b (en) « Hypoglycemia Symptoms »
  3. a et b (en) « Hypoglycemia ».
  4. a, b, c, d, e, f, g et h (en) « What Is Hypoglycemia? What Causes Hypoglycemia? », sur Medical News Today,‎ 9 août 2009 (consulté le 1er septembre 2013).
  5. (en) « Hypoglycemia – National Diabetes Information Clearinghouse », Diabetes.niddk.nih.gov (consulté le 10 mars 2012)
  6. (en) Atshushi Goto, « Severe hypoglycaemia and cardiovascular disease: systematic review and meta-analysis with bias analysis », BML,‎ 2013 (DOI 10.1136/bmj.f4533)
  7. a et b « Hypoglycémie. Quelles sont les causes des hypoglycémies par maladie d’organes ? », sur le Figaro (consulté le 1er septembre 2013).
  8. (en) « What Is Hypoglycemia? », sur WiseGeek (consulté le 1er septembre 2013).
  9. a, b, c, d, e, f, g, h et i « L'hypoglycémie chez les patients traités (Définitions et symptômes) », sur diabete.qc.ca (consulté le 1er septembre 2013).
  10. (fr) « Hypoglycémie. Qu’est-ce que c’est ? », sur le Figaro (consulté le 1er septembre 2013).
  11. (en) « Diabetes and Hypoglycemia », Diabetes.co.uk (consulté le 10 mars 2012)