Claude Catherine de Clermont

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Claude Catherine de Clermont
Image illustrative de l'article Claude Catherine de Clermont

Titre duchesse de Retz
pair de France
Autre titre dame de Vivonne
dame de Dampierre
dame de Machecoul
Prédécesseur Jean d'Annebault, baron de Retz
Successeur Albert de Gondi, duc de Retz
Distinctions gouvernante des Enfants de France
Autres fonctions salonnière
Biographie
Dynastie Maison de Clermont-Tonnerre
Nom de naissance Claude Catherine de Clermont
Surnom la « Maréchale de Retz »
Naissance
à Paris
Décès (411 ans) (à 60 ans)
à Paris
Père Claude de Clermont
Mère Jeanne de Vivonne
Conjoint Jean d'Annebault (1561)
Albert de Gondi (1565)
Enfants Charles de Gondi
Henri de Gondi
Philippe-Emmanuel de Gondi
Jean-François de Gondi
et six filles

Claude Catherine de Clermont (parfois dite "Claudine"), dame de Vivonne et de Dampierre, baronne puis comtesse puis duchesse de Retz, dame de Machecoul, pair de France, dite « la Maréchale de Retz », née en 1543 à Paris, où elle est morte le , est une salonnière française.

Méconnue aujourd'hui, elle fut en son temps une grande dame de savoir et de sciences, brillante par l’étendue de sa culture. Elle aurait écrit des poésies, aujourd’hui disparues, et a laissé à la postérité un recueil de textes écrits par les gens de lettres qui fréquentèrent son salon littéraire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dame de Retz[modifier | modifier le code]

Claude-Catherine de Clermont était la fille unique de Claude de Clermont (????-1545), baron de Dampierre[1], et de Jeanne de Vivonne (????-1583), dame de Vivonne[2].

Elle épousa, à l'âge de 18 ans en 1561, Jean d'Annebault (????-1562), baron de Retz, seigneur de Machecoul, d'Annebault et de La Hunaudaye, gentilhomme de la chambre de Charles IX, capitaine de Conches et d'Évreux[3], et qui la laissa veuve et sans enfant à 20 ans, à peine deux ans plus tard, lorsqu'il fut tué à la bataille de Dreux en 1562. Catherine de Clermont acquit alors en toute propriété la baronnie de Retz de son défunt mari, « tant par composition de douaire que par donation et remboursement de deniers dotaux »[4].

Elle se remaria ensuite à l'âge de 22 ans le avec Albert de Gondi (1522-1602), seigneur du Perron, comte puis marquis de Belle-Île et des Îles d'Hyères, pair de France, Général des Galères de France et maréchal de France[5], de 20 ans son aîné, et dont elle eut 10 enfants (voir plus bas). Par son mariage, Albert de Gondi devint ainsi le nouveau seigneur de Retz ; c'est sous sa tutelle que la baronnie de Retz devint duché de Retz en 1581.

Dame de la cour[modifier | modifier le code]

Claude-Catherine de Clermont

D'une grande beauté et fort courtisée, Catherine de Clermont fut nommée dame d'honneur de la reine Catherine de Médicis, puis de Marguerite de Valois et d'Élisabeth d'Autriche (épouse de Charles IX), et gouvernante des enfants de France. Elle fut mêlée aux intrigues de cour et s'immisça même à plusieurs reprises en politique.

Salonnière et dame de savoir[modifier | modifier le code]

Si le nom de Claude-Catherine de Clermont est parvenu jusqu'à aujourd'hui, ce n'est pas tellement en tant que duchesse de Retz ou dame de la cour. C'est plutôt à cause de son « salon vert de Dictynne », salon mondain qu'elle tint (après son second mariage) à Paris, face au Louvre, et où se réunirent les plus beaux esprits de l'époque, surtout des poètes, mais aussi des peintres, des musiciens, des philosophes et des hommes politiques : Philippe Desportes, Rémy Belleau, Jean Antoine de Baïf, Pierre de Ronsard, Étienne Jodelle, Pontus de Tyard, Amadis Jamyn, Jean de La Gessée, Siméon-Guillaume de La Roque, Antoine de Laval, Flaminio de Birague, Étienne Pasquier, Scévole de Sainte-Marthe, Jean Bertaut, Nicolas Rapin, l'organiste du roi Guillaume Costeley, etc. Tous fréquentèrent son salon, lui dédièrent leurs œuvres et lui adressèrent leurs vers, dans lesquels ils la chantèrent même sous les noms de Dictynne ou de Pasithée.

Autour d'elle, tournoyait également toute une cour de femmes belles et brillantes : Henriette de Clèves, Mademoiselle d'Aquaviva, Hélène de Donsèque de Surgères, Madeleine de L'Aubépine, Madeleine de Bourdeille, Gilonne de Goyon, etc., toutes célébrées sous des surnoms issus de la mythologie.

Catherine de Clermont fit recopier et rassembler dans un manuscrit[6] les vers que ses nombreux admirateurs et louangeurs lui consacrèrent : 173 pièces écrites en français pour la plupart, mais aussi en italien et en latin, mêlant tous les genres, depuis le sonnet jusqu'à la « villanelle », en passant par l'élégie, le cartel ou les rimes tierces, textes tous anonymes, à l'exception de 21 qui ont été identifiés et 3 attribués probablement. Ce recueil a une valeur documentaire sur la vie de cour, sur la situation politique et religieuse de l'époque, sur l'essor des salons mondains, et témoigne des goûts poétiques d'alors, marqués par le néo-pétrarquisme.

Catherine de Clermont parlait couramment l'italien, savait parfaitement le latin et le grec, et connaissait plusieurs autres langues étrangères. En 1573, lorsque les ambassadeurs de Pologne vinrent demander le duc d'Anjou, futur Henri III, pour roi, elle leur répondit publiquement en latin pour la reine mère, et son discours l'emporta sur ceux du chancelier René de Birague et du comte Philippe Hurault de Cheverny, qui répondaient pour Charles IX et le duc d'Anjou.

Extrêmement cultivée, Catherine de Clermont acquit ainsi une grande réputation par ses réalisations intellectuelles, qualifiée de « dixième muse » et de « quatrième grâce ». Elle mérita, dit La Croix du Maine, « d'être mise au rang des plus doctes et mieux versées tant en la poésie et art oratoire qu'en philosophie, mathématiques, histoire et autres sciences. » Son savoir étonnant, son immense culture, bien au-delà d'une personne de son sexe pour l'époque, ses connaissances des langues, ses compositions et poésies aujourd'hui perdues, son goût pour les sciences, sa passion pour la musique (elle chantait et jouait du luth) lui valurent une immense admiration, au point qu'elle fut admise aux séances de l'Académie du Palais. Elle fit aussi œuvre de mécène en soutenant la fondation de l'Académie de musique et de poésie de Jean Antoine de Baïf en 1570.

Enfin, Catherine de Clermont joignait également le courage à la science : pendant l'absence de son époux, les ligueurs menacèrent ses terres ; elle assembla des troupes à ses frais, se mit à leur tête, et força les factieux à prendre la fuite.

Famille et descendance[modifier | modifier le code]

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Après avoir épousé en 1561 Jean d'Annebault qui la laissa veuve à 20 ans, Claude-Catherine de Clermont épousa en secondes noces le 4 septembre 1565 l'italien Albert de Gondi, dont elle eut 10 enfants et de nombreux descendants (dont les ducs de Retz – descendants de ses fils Charles et Philippe-Emmanuel – et le célèbre Cardinal de Retz, mais aussi, par les femmes, les familles de Neufville-Villeroy, Cossé-Brissac, Blanchefort-Créquy, etc.) :

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Sources[modifier | modifier le code]

  • Ferdinand Hoefer, Nouvelle Biographie générale, t. 10, Paris, Didot, 1854, p. 842.
  • Roland Guillot, Bulletin de l'Association d'étude sur l'humanisme, la réforme et la renaissance, 2005, vol. 60, n° 1, p. 104-105.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources imprimées[modifier | modifier le code]

  • Catherine de Clermont, maréchale de Retz, Album de poésies (Manuscrit français 24255 de la BNF), Colette H. Winn et François Rouget (éd.), Paris, Honoré Champion, collection « Textes de la Renaissance » (série « Éducation des femmes », dirigée par Colette H. Winn), 2004, 288 p.

Travaux historiques[modifier | modifier le code]

  • Emmanuel Buron, « Le mythe du salon de la maréchale de Retz. Éléments pour une sociologie de la littérature à la cour des derniers Valois », Isabelle de Conihout, Jean-François Maillard et Guy Poirier (s.d.), Henri III mécène des arts, des sciences et des lettres, Paris, Presses de l'Université Paris-Sorbonne (PUPS), 2006

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Fils de Jacques de Clermont, baron de Dampierre, et de Claudine de Saint-Seigne.
  2. Fille d'André de Vivonne, baron de La Châtaigneraie.
  3. Fils de Claude d'Annebault (1495-1552), seigneur d'Annebault et de Saint-Pierre, maréchal de France et amiral de France, et de Françoise de Tournemine, dame de La Hunaudaye, baronne prétendante de Retz.
  4. Du Paz – Histoire généalogique de plusieurs maisons de Bretagne, 232.
  5. Fils d'Antònio II Guidobaldo Gondi (1486-1569), seigneur du Perron, banquier à Lyon, maître d'hôtel d'Henri II, et de Marie-Catherine de Pierrevive (????-1574), gouvernante du futur Charles IX.
  6. Catherine de Clermont, maréchale de Retz, Album de poésies (Manuscrit français 24255 de la BNF), Colette H. Winn et François Rouget (éd.), Paris, Honoré Champion, collection « Textes de la Renaissance » (série « Éducation des femmes », dirigée par Colette H. Winn), 2004, 288 p.
  7. Fille de Léonor d'Orléans-Longueville (1540-07/08/1573 à Blois), duc de Longueville et d'Estouteville, comte de Neuchatel, de Tancarville et de Montgomery, baron de Varenguebec, pair de France, grand chambellan de France, connétable et chambellan de Normandie, et de Marie de Bourbon (30/05/1539-07/04/1601), duchesse d'Estouteville, comtesse de Saint-Pol, comtesse de Gacé, de Hambye et de Bricquebec.
  8. Fille d'Antoine de Silly (????-1609), comte de La Rochepot, et de Marie de Lannoy.

Chronologie[modifier | modifier le code]

Précédé par Claude Catherine de Clermont Suivi par
Jean d'Annebault
Ornements extérieurs Duc et pair de France.svg
Blason Clermont-Tonnerre.svg

Duchesse de Retz
(1562-1603)

Albert de Gondi