Maurice Feltin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Maurice Feltin
Biographie
Naissance 15 mai 1883
à Delle (France)
Ordination sacerdotale 3 juillet 1909
Décès 27 septembre 1975 (à 92 ans)
à Thiais (France)
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
12 janvier 1953 par le
pape Pie XII
Titre cardinalice Cardinal-prêtre
de S. Maria della Pace
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 11 mars 1928 par le
card. Charles-Henri Binet
Évêque aux armées françaises (France)
29 octobre 1949 – 15 avril 1967
Jean Badré Suivant
Archevêque de Paris (France)
15 octobre 1949 – 21 décembre 1966
Précédent Emmanuel Suhard Pierre Veuillot Suivant
Archevêque de Bordeaux (France)
16 décembre 1935 – 15 octobre 1949
Précédent Pierre Paulin Andrieu Paul Richaud Suivant
Archevêque de Sens (France)
16 août 1932 – 16 décembre 1935
Évêque de Troyes (France)
19 décembre 1927 – 16 août 1932
Autres fonctions
Fonction religieuse

Ornements extérieurs Cardinaux.svg
COA cardinal FR Feltin Maurice.png
« Animam pro ovibus »
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Maurice Feltin, né le 15 mai 1883 à Delle dans le Territoire de Belfort et mort le 27 septembre 1975 à Thiais, est archevêque de Bordeaux puis de Paris et cardinal.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière ecclésiastique[modifier | modifier le code]

Maurice Feltin est élève au séminaire de Saint-Sulpice de Paris et est ordonné prêtre le 3 juillet 1909. Jusqu'en 1927, il exerce son ministère dans le diocèse de Besançon. Pendant la Première Guerre mondiale, il sert comme officier dans l'armée et reçoit de nombreuses décorations militaires. Il est décoré de la Médaille militaire, de la Croix de guerre 39-45 et de la Légion d'honneur.

En 1927, Pie XI le nomme évêque de Troyes, où il érige canoniquement les Dominicaines missionnaires des campagnes ; en 1932 il devient archevêque de Sens, en 1935 archevêque de Bordeaux et en 1949 archevêque de Paris.

Pie XII le crée cardinal en 1953 avec le titre de cardinal-prêtre de S. Maria della Pace. Il prend parti en faveur de Joseph Colomb lors de l'affaire du catéchisme Colomb.

Sous l'Occupation[modifier | modifier le code]

Il a une attitude soumise face au régime de Vichy. Il approuve ainsi la Charte du Travail, à laquelle il recommande de participer[1]. Il est cependant patriote et refuse l'antisémitisme. Il participe à la déclaration des évêques de France du 17 février 1944 qui condamne : « [les] appels à la violence et [les] actes de terrorisme, qui déchirent aujourd'hui le pays, provoquent l'assassinat des personnes et le pillage des demeures »[2].

À la Libération, il fait partie des prélats que le gouvernement souhaiterait voir écartés pour leur attitude jugée conciliante[3].

Après-guerre[modifier | modifier le code]

L'épiscopat du cardinal Feltin à Paris est surtout marqué par son soutien à l'Action catholique et par sa préoccupation de l'apostolat en banlieue et dans les quartiers populaires.

En 1954 et en 1959, il prend la défense du mouvement des prêtres ouvriers, lancé dans les années 1940 par Jacques Loew, sous réserve d'un encadrement de l'Église locale, mais s'oppose à un refus de la part du Saint-Siège, qui sera cependant levé en 1965.

En juin 1962, il rend facultatif le port de la soutane[4],[5].

En 1963, il refuse les obsèques religieuses à Édith Piaf puisqu'elle avait vécu en dehors de l'Église, « en état de péché public » [6].

Le cardinal Feltin s'oppose à la doctrine de la guerre révolutionnaire (DGR) forgée par l'armée française et certains[Lesquels ?] secteurs national-catholiques de l'Église, considérant que la torture et l'assassinat d'opposants politiques vont à l'encontre de la religion catholique[7],[8]

Il prépare avec son coadjuteur, Mgr Veuillot la fondation des nouveaux diocèses de Créteil, de Nanterre et de Saint-Denis, effective en 1966, peu avant sa démission.

Il meurt le 27 septembre 1975 au monastère des Annonciades de Thiais, près de Paris et est enterré dans le caveau des archevêques de la Cathédrale Notre-Dame de Paris[9] .

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Prévotat, article Feltin (Maurice, Mgr), dans le Dictionnaire historique de la France sous l'occupation, sous la direction de Michèle et Jean-Paul Cointet, Tallandier, 2000, p. 299.
  2. cité par Michèle Cointet, article Chrétiens, dans le Dictionnaire historique de la France sous l'occupation, sous la direction de Michèle et Jean-Paul Cointet, Tallandier, 2000, p. 159.
  3. Ibidem.
  4. Luc Perrin, Paris à l'heure de Vatican II, Editions de l'Atelier, 1997, p. 69
  5. ORTF, journal de 20 heures du 29 juin 1962
  6. (en) Stuart Jeffries, The love of a poet, in The Guardian, 08/11/2003, [lire en ligne]
  7. Horacio Verbitsky, Fuerzas Armadas y organismos de derechos humanos, una relación impuesta, Pagina/12, 30 avril 2010, bonnes feuilles de La construcción de la Nación Argentina. El rol de las Fuerzas Armadas (2010)
  8. En ceci, il se démarque de certaines tendances de l'Église et de l'Armée, qui vont avoir une influence puissante en Argentine (le cardinal Antonio Caggiano et son successeur Adolfo Servando Tortolo, etc.), ce mélange entre la doctrine de la guerre révolutionnaire et le national-catholicisme devenant par la suite un des éléments moteurs de la « guerre sale » livrée par la dictature militaire argentine (1976-1983) à l'encontre de la population civile
  9. Frédéric Le Moigne, 1944-1951 : Les deux corps de Notre-Dame de Paris, in Vingtième Siècle. Revue d'histoire no 78, éd. Presses de SciencesPo, 2003/2, article en ligne

Lien externe[modifier | modifier le code]