Confédération de Targowica

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La confédération de Targowica est une union contre la constitution polonaise du 3 mai 1791, cette dernière ayant pour but de mettre un terme à l'anarchie causée par les institutions. Le 24 avril 1792, de grands magnats polonais (Branicki, Rzewuski, Kossakowski...) menés par le comte Stanislas Potocki, se rendent en mars 1792 à Saint-Pétersbourg pour signer l’acte de Confédération de Targowica et retourner à l'ancien ordre polonais qui leur assurait des privilèges, notamment celui de juridiction sur leurs paysans.

Le texte de l'acte fondateur de la Confédération a été écrit par le général russe Vassili Stepanovich Popov, chef d'état-major du prince Grigori Alexandrovitch Potemkine. Cet acte fut proclamé dans la petite ville de Targowica (aujourd'hui située dans l'oblast de Kirovohrad, Ukraine) le 14 mai 1792. Quatre jours plus tard, deux armées russes envahirent l'Union polono-lituanienne formelle sans déclaration de guerre.

Chronologie[modifier | modifier le code]

La guerre russo-polonaise de 1792.

Le comte Potocki fait savoir par lettre en juillet 1791 au prince Potemkine qu'il s'oppose à la nouvelle constitution et demande à la Russie de s'y opposer aussi. Mais Catherine II, qui est alors en pleine guerre contre l'Empire ottoman, ne se décide ni d'un côté, ni de l'autre. Les confédérés de Targowica se rendent à Saint-Pétersbourg, et attendent la signature du traité de paix avec la Turquie pour se réunir et signer un plan prévoyant l'intervention de la Russie, sur les conseils du comte Branicki. Ceci est fait en grand secret, et l'ambassadeur de Pologne à Saint-Pétersbourg n'en est pas informé. Ainsi, le 14 mai 1792, ils réclament « au nom de la nation » une aide de la Russie pour mettre fin à la rébellion qui « menace la sécurité de l’État ». Ils présentent de cette manière leur demande comme une intervention à la demande de la nation polonaise, et l’armée russe entre en Pologne. Rzewuski et Potocki, quant à eux, rentrent en Podolie.

Cinq colonnes russes stationnées en Bessarabie entrent en Pologne le 18 mai 1792 avec le général-en-chef Kachowski (1734-1800) à leur tête, et les confédérés tentent de détruire le système gouvernemental, ce qui plonge le pays dans le chaos. Le siège de la confédération est à Tulczyn, domaines du comte Potocki, depuis le 9 juin 1772.

Le 24 juillet 1792, le Conseil d’État déclare que le roi est obligé de signer l’accord de confédération de Targowica (ou Targowitz)[1]. C’est à ce moment que bon nombre de dignitaires donnent leur démission et émigrent.

Vers la fin de l’hiver 1792, les Prussiens décident d’occuper le nord de la Pologne. La confédération de Targowica fut vite compromise à la fois aux yeux de la nation et à ceux de ses envahisseurs, notamment à cause des nombreuses tentatives de résistance.

Elle perdit ainsi raison d’être, tout en ayant été l’élément déclencheur du deuxième partage de la Pologne.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Petite ville située en Nouvelle Russie, près d'Elisavetgrad.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Recueil des traités, conventions, actes diplomatiques etc. relatifs à la Pologne, de 1762 à 1862.
  • Conrad Malte-Brun, Léonard Chodźko, Joachim Lelewel, Michał Podczaszyński, Tableau de la Pologne ancienne et moderne sous les rapports géographiques, statistiques..., 1830.
  • Leonard Chodźko, Histoire des légions polonaises en Italie, sous le commandement du général Dombrowski.
  • Charles-Hippolyte Barault-Roullon, Dangers pour l'Europe origine, progrès et état actuel de la puissance russe ; question d'Orient au..., 1854.