Tadeusz Kościuszko

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Tadeusz Kościuszko
Gravure d'après un portrait de Josef Grassi (en)
Gravure d'après un portrait de Josef Grassi (en)

Naissance 4/12 février 1746
Mereczowszczyzna (pl), République des Deux Nations
Décès 15 octobre 1817 (à 71 ans)
Soleure, Suisse
Allégeance Drapeau de la République des Deux Nations République des Deux Nations
Drapeau des États-Unis États-Unis
Grade Général
Années de service 17651794
Conflits Insurrection de Kościuszko
Guerre russo-polonaise de 1792
Guerre d'indépendance des États-Unis
Distinctions Ordre de l'Aigle blanc
Ordre militaire de Virtuti Militari
Signature
Tadeusz Kościuszko Signature.svg

Emblème

Andrzej Tadeusz Bonawentura Kościuszko[n 1] (4 ou 12 février 1746 - 15 octobre 1817) était un officier polonais qui participa à la guerre d'indépendance des États-Unis et organisa une insurrection contre la domination russe et prussienne en Pologne en 1794. Il est aujourd'hui considéré comme un héros national en Pologne, en Biélorussie, en Lituanie et aux États-Unis.

Né dans la république des Deux Nations de l'actuelle Biélorussie dans une famille de l'aristocratie polonaise, il fut diplômé de l'académie militaire de Varsovie en 1766. Il s'installa en France au début du soulèvement de la confédération de Bar pour poursuivre ses études et revint en Pologne en 1774, deux ans après le premier partage, pour devenir tuteur. Sans argent ou perspectives d'avenir, il retourna en France puis se rendit aux États-Unis après avoir appris le début de la guerre d'indépendance. Rejoignant l'armée continentale avec le grade de colonel, il participa à la bataille de Saratoga et aida à la construction des défenses du fort de West Point. En reconnaissance de ses services, il fut promu brigadier-général par le Congrès continental.

Après son retour en Pologne en 1784, Kościuszko tenta sans grand succès d'administrer la propriété familiale avant de rentrer dans l'armée polono-lituanienne. Ses succès militaires durant la guerre russo-polonaise de 1792 n'empêchèrent pas le deuxième partage de la Pologne et il organisa un soulèvement deux ans plus tard. Kościuszko fut capturé à la bataille de Maciejowice (en) et cette défaite entraîna le troisième partage de la Pologne (en) qui mit fin à son existence en tant qu'État indépendant.

Gracié par le tsar Paul Ier de Russie, Kościuszko retourna deux ans aux États-Unis où il retrouva son ami Thomas Jefferson avant de s'installer en France. Toujours dévoué à la cause polonaise, il fut déçu par Napoléon et la création du duché de Varsovie sous influence française. De même, il qualifia de « plaisanterie » le royaume de Pologne créé par le tsar Alexandre Ier en 1815. Kościuszko mourut en Suisse des complications liées à une chute de cheval en 1817 et son corps fut inhumé dans la cathédrale du Wawel de Cracovie l'année suivante.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Photographie d'une maison en bois avec un toit en chaume. Un porche et quatre fenêtres se trouvent sur la façade avant.
Maison natale de Kościuszko à Mereczowszczyzna (pl)

Kościuszko est né en février 1746 dans le village de Mereczowszczyzna (pl) (aujourd'hui Merechevschina ; Мерачоўшчына) près de la ville de Kossow Polieski en Polésie (aujourd'hui Kossava en Biélorussie). La région appartenait alors au grand-duché de Lituanie qui formait avec le royaume de Pologne, la république des Deux Nations[1],[2].

Kościuszko était le plus jeune fils du szlachta Ludwik Tadeusz Kościuszko, un officier de l'armée polono-lituanienne et de son épouse Tekla née Ratomska[1],[3]. Le jeune Kościuszko fut baptisé selon les rites orthodoxe et catholique et reçut donc les noms Andrzej et Tadeusz[4]. Sa famille était d'origine lituanienne et ruthène[5] et son ascendance remontait jusqu'à Konstanty Fiodorowicz Kostiuszko, un courtisan du roi polonais Sigismond Ier[6]. La famille de sa mère, Ratomska, était également ruthène[7]. Kościuszko se décrivit une fois comme un litvin[7], un terme désignant à l'époque un habitant polonophone du grand-duché de Lituanie quelle que soit son origine ; dans les sources modernes biélorusses, ce mot est considéré comme un précurseur du terme « Biélorusse[8] ». Kościuszko ne parlait néanmoins pas biélorusse car sa famille avait été polonisée (en) au début du XVIe siècle[9]. Au moment de sa naissance, la famille Kościuszko possédait un patrimoine modeste dans le grand-duché[5].

Kościuszko entra à l'école de Lioubechiv en 1755 mais la mort de son père en 1758 affecta les finances familiales et il dut abandonner ses études. En 1765, le roi Stanislas II fonda une académie sur le site de l'actuelle université de Varsovie pour former les officiers et les haut-fonctionnaires. Le cursus mettait autant l'accent sur les sujets militaires que sur les arts libéraux[10]. Kościuszko intégra l'établissement le 18 décembre 1765 probablement grâce au soutien de la famille Czartoryski. Diplômé le 20 décembre 1766, il fut promu au grade de Chorąży (en) (« porte-étendard ») et resta au sein de l'académie en tant qu'étudiant et instructeur ; il devint capitaine en 1768[3].

Voyages en Europe[modifier | modifier le code]

PHotographie d'un bâtiment de style néoclassique de trois étages avec des colonnades sur le fronton.
Le palais de Kazimierz à Varsovie où se trouvait l'académie militaire à laquelle étudia Kościuszko

Une guerre civile éclata dans la république des Deux Nations en 1768 lorsque la confédération de Bar tenta de renverser le roi Stanislas II. L'un des frères de Kościuszko, Józef, combattit avec les insurgés. Devant choisir en les rebelles et le roi et ses soutiens comme la famille Czartoryski, Kościuszko décida de quitter le pays. Avec un de ses collègues, Aleksander Orłowski (en), il reçut une bourse royale en 1769 et s'installa à Paris le 5 octobre. Ne pouvant suivre une éducation militaire en raison de leurs origines étrangères, ils entrèrent à l'académie royale de peinture et de sculpture[3]. Durant les cinq années de son séjour en France, Kościuszko fréquenta les bibliothèques et les académies militaires parisiennes en tant qu'externe. La pensée du siècle des Lumières et en particulier la physiocratie eut une profonde influence sur sa carrière ultérieure[11]. Il développa également ses talents artistiques et il continua de dessiner et de peindre tout au long de sa vie même s'il s'orienta vers une carrière militaire[3],[12].

Affaiblie par des tensions internes, la Pologne-Lituanie ne put s'opposer au premier partage de 1772 par lequel la Russie, la Prusse et l'Autriche annexèrent 30% de son territoire et renforcèrent leur influence sur les politiques de la république. Lorsque Kościuszko rentra dans son pays natal en 1774, il réalisa que son frère Józef avait gaspillé la plus grande partie des faibles ressources familiales et qu'il ne pouvait donc pas se payer un office dans l'armée[13]. Il devint tuteur dans la famille du voïvode et hetman Józef Sosnowski et tomba amoureux de sa fille Ludwika. Ils envisagèrent de s'enfuir mais en furent empêchés par les domestiques de la propriété[3]. Ils lui infligèrent une bonne correction et cet événement a peut-être contribué à son antipathie pour les distinctions de classe[5]. Il décida donc d'émigrer à nouveau à l'automne 1775[3].

Il envisagea de rejoindre l'armée saxonne mais fut refusé et décida de retourner à Paris[3]. Il y apprit le début de la révolte des Treize colonies américaines contre la domination britannique. Les premiers succès américains furent largement rapportés en France et la cause des insurgés était ouvertement soutenue par le peuple et le gouvernement français[14].

Guerre d'indépendance américaine[modifier | modifier le code]

Après que les diplomates américains eurent fait appel au marchand d'armes français et futur révolutionnaire, Pierre Beaumarchais, le gouvernement français décida de lui accorder un million de livres en juin 1776 pour créer une société écran sous le nom de Roderigue Hortalez & Co[15]. L'entreprise fictive devait fournir clandestinement des armes et des munitions à l'armée continentale. En juin, Kościuszko embarqua sur un navire de la Roderigue Hortalez & Co. en direction de l'Amérique du Nord avec d'autres officiers étrangers[3],[11].

Guerre dans le Nord[modifier | modifier le code]

Portrait de profil d'un homme aux cheveux blanc mi-longs portant un foulard blanc, une veste noire et une couronne de lauriers.
Portrait de Thomas Jefferson réalisé par Kościuszko

Après avoir rejoint l'armée continentale en août 1776, Kościuszko fut chargé de la construction des fortifications de Fort Billingsport à Philadelphie pour empêcher les Britanniques de franchir le Delaware[16]. Il était initialement un volontaire employé par Benjamin Franklin mais le 18 octobre 1776, le Congrès le nomma colonel[17].

Au printemps 1777, il fut affecté dans l'armée du Nord du major-général Horatio Gates et il inspecta les défenses de Fort Ticonderoga dans le nord de l'État de New York[3],[18]. Son étude topographique le poussa à recommander fortement la construction d'une batterie d'artillerie au sommet du Sugar Loaf surplombant le fort[18]. Même si cette recommandation était soutenue par les autres ingénieurs militaires, le commandant de la garnison, le brigadier-général Arthur St. Clair, décida de ne pas en tenir compte[3],[18]. Cela se révéla être une erreur tactique car lorsque l'armée britannique du général John Burgoyne arriva sur place en juillet, elle installa ses canons au sommet du Sugar Loaf[18].

Les Britanniques contrôlant les hauteurs, les Américains réalisèrent rapidement que leur situation était perdue et ils abandonnèrent la forteresse presque sans combats[18]. Talonné par les troupes britanniques durant sa retraite vers le sud, le major-général Philip Schuyler commandant l'armée américaine épuisée et inférieure en nombre demanda à Kościuszko de retarder la progression de l'ennemi[19]. Ce dernier ordonna à ses hommes d'abattre des arbres, d'endiguer les cours d'eau et de détruire les chaussées et les ponts[19]. Encombrée par sa lourde logistique, l'armée britannique fut ainsi distancée par les Américains qui parvinrent à franchir sans encombre l'Hudson[19].

Peu après, Gates remplaça Schuyler et regroupa ses forces pour empêcher les Britanniques de prendre Albany. Il chargea Kościuszko d'inspecter la région entre les deux armées pour trouver la meilleure position défensive possible et la fortifier. Ayant repéré une telle position surplombant l'Hudson près de Saratoga, il entreprit de mettre en place une série de fortifications rendant le lieu quasiment presque imprenable quelle que soit la direction de l'attaque. Les défenses jouèrent un rôle décisif lors de la bataille de Saratoga[3] et Gates accepta la reddition de l'armée de Burgoyne le 16 octobre 1777[20]. La bataille fut une grave défaite britannique qui fit basculer le cours de la campagne de Saratoga[21]. Le travail de Kościuszko fut salué par Gates qui dit plus tard à son ami Benjamin Rush que « les grands tacticiens de la campagne furent les collines et les forets qu'un jeune ingénieur polonais a été assez adroit pour choisir pour mon retranchement[3] ».

À la même période, Kościuszko reçut comme assistant un Afro-Américain appelé Agrippa Hull qu'il traita comme un égal[22]. Il composa une polonaise pour clavecin qui fut nommée d'après lui et devint populaire parmi les insurgés polonais en 1830 avec des paroles de Rajnold Suchodolski[23].

Photographie d'un mur de pierre avec un talus de terre au-dessus. L'ensemble mesure environ trois mètres de haut et une petite statue au sommet d'un pilier blanc est situé au sommet.
Murs de Fort Clinton à West Point construits par Kościuszko dont la statue se trouve à l'arrière-plan.

En mars 1778, Kościuszko fut affecté à l'amélioration des défenses du bastion de West Point[24],[25]. Ce furent les fortifications de Kościuszko que Benedict Arnold tenta de livrer aux Britanniques en 1780[26]. Il y resta jusqu'à ce que George Washington n'accepte sa demande de transfert dans l'armée du Sud en août 1780[27],[28].

Guerre dans le Sud[modifier | modifier le code]

Après avoir traversé la Virginie, Kościuszko rejoignit son ancien commandant Gates en Caroline du Nord en octobre[24]. À la suite de la sévère défaite à Camden le 16 août, ce dernier fut remplacé à la tête de l'armée du Sud par le major-général Nathanael Greene[29]. Kościuszko resta l'ingénieur en chef de l'armée lorsque Greene prit officiellement son commandement le 3 décembre 1780[24].

Durant la campagne, il fut chargé de la construction de barges, de campements et de positions défensives ainsi que des missions de reconnaissance et de renseignement. Sa contribution joua un rôle décisif dans la destruction des troupes britanniques dans le Sud. Cela fut particulièrement vrai durant la fameuse « Course vers le Dan » au cours de laquelle les forces du général britannique Charles Cornwallis poursuivirent Greene sur près de 350 km entre janvier et février 1781. Grâce aux tactiques de Greene et aux reconnaissance et aux barges de Kościuszko, l'armée continentale parvint à franchir sans encombre tous les cours d'eau sur son passage dont la Yadkin (en) et la Dan[24]. N'ayant pas de navires et incapable de trouver un gué sur la Dan en crue, Cornwallis fut obligé d'abandonner la poursuite et de se replier en Caroline du Nord. Dans le même temps, l'armée continentale se regroupa au sud de Halifax en Virginie où Kościuszko avait établi un dépôt fortifié à la demande de Greene[30].

Portrait d'un homme aux cheveux châtains bouclés mi-longs portant un uniforme avec des épaulettes dorées. Il a les bras croisés et tient une feuille enroulée.
Portrait de Kościuszko par Karl Gottlieb Schweikart

Durant la « Course vers le Dan », Kościuszko avait participé au choix du site où Greene affronta Cornwallis à Guilford Court House. Bien qu'une défaite tactique pour les Américains, les Britanniques avaient subi de lourdes pertes et perdirent leur avantage stratégique dans le Sud[31]. Alors que les forces américaines repoussaient progressivement les Britanniques vers la côte, Kościuszko participa à la bataille de Hobkirk's Hill le 16 août 1781[32]. À Ninety Six (en), il organisa le siège du fort de la ville du 22 mai au 18 juin. Le siège fut un échec et Kościuszko reçut un coup de baïonnette dans les fesses lors d'un assaut des défenseurs ; ce fut sa seule blessure de la guerre[33].

Kościuszko participa ensuite à la fortification de bases américaines en Caroline du Nord[34]. Il mena également des actions limitées dans la dernière année du conflit pour harceler les opérations de ravitaillement britanniques près de Charleston ; Il commandait deux escadrons de cavalerie et une unité d'infanterie et combattit pour la dernière fois le 14 novembre 1782 près de James Island ; ses troupes furent sévèrement battues et il faillit être tué lors de cet affrontement[35]. Un mois plus tard, Kościuszko fit partie des troupes continentales qui réoccupèrent Charleston après l'évacuation de la ville par les Britanniques. Il y passa le reste de l'année et organisa un feu d'artifice pour célébrer la signature du traité de Paris[36].

Fin du conflit[modifier | modifier le code]

À la fin du mois de mai 1783, Kościuszko décida de demander son salaire car durant ses sept années de service ininterrompu dans l'armée américaine, il n'avait jamais été payé[37]. Le 4 juillet, le Congrès continental lui demanda de superviser les feux d'artifices pour les festivités à Princeton dans le New Jersey[38]. Le 13 octobre 1783, Kościuszko fut promu brigadier-général mais n'avait toujours pas été payé ; cette situation était à l'époque partagée par de nombreux autres officiers et soldats[39]. Incapable de financer un retour en Europe, Kościuszko et d'autres officiers vivaient grâce à de l'argent prêté par le banquier juif-polonais Haym Solomon (en) en attendant leur paye. Il reçut finalement un certificat de 12 280 $ (environ 285 000 $ de 2012[40]) à 6% d'intérêt payable le 1er janvier 1784 et le droit à un terrain de 500 acres (202 ha) s'il choisissait de rester aux États-Unis[41]. Durant l'été 1783-1784, il fut invité à rester dans la résidence de son ancien commandant Greene[42]. Il fut également admis au sein de la société des Cincinnati[24].

Retour en Pologne-Lituanie[modifier | modifier le code]

Portrait d'un homme portant une veste blanche et tenant un sabre devant lui.
Kościuszko par Kazimierz Wojniakowski

Le 15 juillet 1784, Kościuszko embarqua pour l'Europe et s'arrêta à Paris le 26 août. Du fait de la poursuite de l'instabilité en Pologne, il ne parvint pas à obtenir d'office dans l'armée. Il s'installa à Siechnowicze aujourd'hui en Biélorussie[24]. Son frère Józef avait dilapidé la plus grande partie de la fortune familiale dans de mauvais investissements mais avec l'aide de sa sœur Anna, Kościuszko parvint à obtenir une partie de ses terres[43]. Peu après, Kościuszko décida de limiter le servage de ses paysans à deux jours par semaine tout en exemptant complètement les femmes des corvées. Ses propriétés cessèrent cependant rapidement d'être rentables et il contracta des dettes[24]. Sa situation fut aggravée par le fait qu'il ne reçut pas l'argent promis par le gouvernement américain à savoir les intérêts sur le paiement de ses sept années de service[44]. Kościuszko se rapprocha de certains activistes libéraux et Hugo Kołłątaj lui offrit un poste de maître de conférence à l'université jagellonne de Cracovie mais il déclina la proposition[45].

Pour adopter les réformes nécessaires à la restauration de la souveraineté polonaise, un Grand Sejm (en) fut organisé à Varsovie de 1788 à 1792 et il approuva la création d'une plus grande armée pour défendre les frontières de la Pologne contre ses voisins agressifs. Kościuszko vit cela comme une chance de revenir dans l'armée et de servir son pays au combat. Il resta à Varsovie pour participer aux débats entourant le Sejm et proposa la création d'une milice basée sur le modèle américain[24],[46]. Devant les pressions grandissantes pour accroître la taille de l'armée, le roi accorda un office de général à Kościuszko[24]. Il reçut ainsi un important salaire de 12 000 złotys par an qui mit fin à ses difficultés financières. Il demanda son transfert au sein de l'armée lituanienne qui lui fut refusé et il fut affecté à une unité en Grande-Pologne. Il arriva à Włocławek le 1er février 1790 et prit le commandement de plusieurs unités de cavalerie et d'infanterie dans la région entre le Bug et la Vistule. En août, il fut déployé en Volhynie et stationné près de Starokostiantyniv dans l'actuelle Ukraine[24]. Bien qu'officiellement subordonné au prince Józef Poniatowski, ce dernier lui laissa une grande autonomie car il reconnaissait sa plus grande expérience militaire et en fit son commandant en second[47].

Dans le même temps, il se rapprocha de la faction réformiste représentée entre autres par Kołłątaj et Julien-Ursin Niemcewicz[48]. Kościuszko affirma que les paysans et les Juifs devraient recevoir la pleine citoyenneté car cela les motiverait pour défendre la Pologne en cas de conflit[49]. Les réformateurs remportèrent finalement une importante victoire lors de l'adoption de la constitution du 3 mai 1791. Kościuszko considérait le texte comme un pas dans la bonne direction mais fut déçu par le maintien de la monarchie et le manque de soutien aux groupes les moins privilégiés de la société comme les paysans et les Juifs[50]. Les voisins de la république des Deux Nations virent ces réformes comme une menace pour leur influence dans les affaires intérieures polonaises. Le 14 mai 1792, les magnats conservateurs se soulevèrent lors de la confédération de Targowica et demandèrent à la tsarine Catherine II de Russie de les aider à abroger la constitution. Le 18 mai, une armée russe de 100 000 hommes franchit la frontière polonaise en direction de Varsovie ce qui marqua le début de la guerre russo-polonaise de 1792[51].

Guerre contre la Russie[modifier | modifier le code]

Peinture d'un homme à cheval tenant un sabre. Plusieurs cavaliers le suivent et des fantassins chargent avec des lances à l'arrière-plan.
Kościuszko à Racławice en 1794 par Juliusz Kossak

Les Russes alignaient 98 000 hommes contre 37 000 Polonais et étaient plus expérimentés[52]. Avant l'invasion russe, Kościuszko avait été nommé commandant en second de la division d'infanterie de Józef Poniatowski stationnée en Ukraine occidentale. Lorsque Poniatowski devint commandant en chef de l'ensemble de l'armée polonaise le 3 mai 1792, Kościuszko reçut le commandement d'une division près de Kiev[53].

Les Russes attaquaient avec trois armées sur un large front et Kościuszko proposa de concentrer toutes les forces polonaises pour engager une des armées russes avec l'égalité numérique afin de renforcer le moral des soldats polonais avec une victoire rapide ; le plan fut cependant rejeté par Poniatowski[52]. Les forces russes entrèrent en Ukraine où étaient stationnés Kościuszko et Poniatowski le 22 mai 1792. L'armée polonaise fut jugée trop faible pour affronter les quatre colonnes adverses progressant en Ukraine occidentale et elle se replia avec Kościuszko commandant l'arrière-garde sur la rive occidentale du Boug méridional[53],[54]. Les Russes furent battus par Poniatowski lors de la bataille de Zieleńce (en) le 18 juin tandis que la division de Kościuszko couvrant l'arrière-garde ne rejoignit le gros des troupes que dans la soirée. En récompense de sa protection de l'arrière et des flancs de l'armée polonaise, Kościuszko reçut une Virtuti Militari, la plus haute distinction polonaise. L'historien Strożyński suggère que cette médaille lui fut remise pour sa victoire lors de la bataille de Dubienka[53],[55]. Le repli polonais se poursuivit et le 7 juillet, les forces de Kościuszko retardèrent la progression russe à Volodymyr-Volynskyï. Arrivée sur le Bug, l'armée polonaise fut divisée en trois pour couvrir le fleuve ; cette décision fut critiquée par Kościuszko car l'armée perdait ainsi sa supériorité numérique[53].

L'unité de Kościuszko fut affectée à la protection du flanc sud du front s'étendant jusqu'à la frontière autrichienne. À la bataille de Dubienka du 18 juillet, Kościuszko repoussa une armée cinq fois supérieure en nombre en utilisant adroitement la topographie et les fortifications[53],[56]. Il fut néanmoins obligé de se replier pour éviter d'être encerclé par des forces russes ayant traversé la frontière autrichienne[56]. Après la bataille, le roi Stanislas II le promut lieutenant-général et le nomma à l'ordre de l'Aigle blanc[57]. Les nouvelles de la victoire se répandirent en Europe et le 26 août, il fut fait citoyen d'honneur par l'assemblée nationale française. Alors que Kościuszko considérait que la guerre n'était pas perdue, le roi Stanislas II rejoignit la confédération de Targowica pro-russe le 24 juillet 1792 et ordonna aux forces polonaises de cesser le combat[53],[58]. Kościuszko envisagea d'enlever le roi mais le plan fut rejeté par Poniatowski. Le 30 août, il quitta son commandement et resta brièvement à Varsovie où il reçut sa promotion et sa paye ; il refusa la proposition du roi de rester dans l'armée et commença à souffrir de jaunisse à cette période[53].

Deuxième partage[modifier | modifier le code]

Carte de la Pologne après le deuxième partage.

La trahison du roi affecta profondément Kościuszko car il n'avait perdu aucune bataille durant le conflit. Au mois de septembre, il s'était résigné à quitter le pays et partit d'abord vers l'est. Il s'arrêta à la cour de la famille Czartoryski à Sieniawa où se trouvaient également d'autres mécontents. Il passa deux semaines à Lwów où il fut célébré par la population ; depuis la fin de la guerre, sa présence engendrait des rassemblements spontanés d'admirateurs qui voulaient voir le célèbre commandant. L'aristocrate Izabela Czartoryska (en) discuta même d'un mariage avec sa fille Zofia[53],[59]. Les Russes se préparaient à l'arrêter s'il entrait dans les territoires sous leur contrôle tandis que les Autrichiens, qui occupaient Lwów depuis 1772, lui proposèrent un poste dans leur armée mais il refusa[60]. Il planifièrent alors de l'expulser mais Kościuszko avait déjà quitté la ville et il s'arrêta à Zamość dans la propriété de la famille Zamoyski où il rencontra Stanisław Staszic puis à Puławy[53],[60]. Il poursuivit sa route vers l'ouest et s'arrêta à Cracovie le 12 décembre et à Wrocław le 17 avant de quitter les territoires polonais et de s'installer à Leipzig où de nombreux commandants et politiques polonais s'étaient réfugiés[53]. Kościuszko et quelques autres dont Ignacy Potocki (en) et Hugo Kołłątaj commencèrent rapidement à préparer un soulèvement contre la domination russe[61]. Même les préparatifs d'une insurrection avaient commencé avant l'arrivée de Kościuszko, le soutien de ce dernier fut décisif car il était alors parmi les personnages les plus connus de Pologne[62].

Après être resté deux semaines à Leipzig, Kościuszko se rendit à Paris pour essayer d'obtenir le soutien de la France lors du soulèvement à venir. Il y resta jusqu'à l'été mais les Français refusèrent de s'engager[61]. Kościuszko en conclut que le gouvernement français ne s'intéressait à la Pologne que pour défendre ses intérêts et fut de plus en plus déçu par l'évolution de la Révolution française[63].

Le 23 janvier 1793, la Prusse et la Russie signèrent le deuxième partage de la Pologne qui fut ratifié en juin par le Sejm de Grodno (en) convoqué de force[64],[65]. Le texte abrogeait la constitution du 3 mai 1791 et privait la Pologne de près de la moitié de son territoire et de sa population ; elle ne comptait plus qu'environ quatre millions d'habitants[64] sur un territoire de 200 000 km2[66]. La Pologne devenait ainsi de fait un protectorat de la Russie. Une telle issue fut un choc pour les membres de la confédération de Targowica qui estimaient avoir agi en défense des privilèges centenaires des magnats mais étaient à présent considérés par des traîtres par la plus grande partie de la population polonaise[65],[67].

Même s'il doutait des chances de succès d'un soulèvement, Kościuszko rentra à Leipzig en août 1793 pour préparer l'insurrection[68]. En septembre, il traversa clandestinement la frontière polonaise pour reconnaître le terrain et rencontrer des officiers supérieurs partisans de sa cause au sein de l'armée polonaise. Les préparatifs en Pologne furent lents et il décida de différer le début du soulèvement. La situation polonaise évoluait cependant rapidement car les gouvernements russe et prussien avaient décidé de dissoudre la plus grande partie de l'armée polonaise tandis que les unités restantes devaient être intégrées à l'armée russe. De même, des agents russes prirent connaissance du soulèvement à venir et commencèrent à arrêter les hommes politiques et les officiers impliqués. Kościuszko fut donc obligé d'exécuter son plan plus tôt que prévu et le 15 mars 1794, il se mit en route vers Cracovie[61].

Insurrection de Kościuszko[modifier | modifier le code]

Kościuszko portant une veste rayée tient un sabre à l'horizontal et lève deux doigts pour prêter serment devant plusieurs dignitaires en costume de cérémonie. Des soldats en uniforme se tiennent à l'arrière-plan devant des bâtiments de style néoclassique.
Kościuszko prête serment sur la place centrale de Cracovie ; peinture de Wojciech Kossak.
Article principal : Insurrection de Kościuszko.

Ayant appris que la garnison russe avait quitté Cracovie, Kościuszko entra dans la ville dans la nuit du 23 mars. Le lendemain matin, sur la place centrale, il annonça le début du soulèvement[61]. Il reçut le titre de Naczelnik (« commandant en chef ») de toutes les forces polono-lituaniennes combattant contre l'occupation russe[69]. Kościuszko commença à mobiliser la population et espérait lever suffisamment de volontaires pour affronter l'armée russe plus grande et plus expérimentée ; il chercha également à éviter l'intervention de l'Autriche et de la Prusse et découragea donc toute action dans les territoires occupés par ces pays. Kościuszko rassembla une troupe de 4 000 réguliers et 2 000 nouvelles recrues et marcha sur Varsovie[61]. Les Russes assemblèrent une force plus rapidement que prévu et mais il parvint à les battre lors de la bataille de Racławice le 4 avril 1794 au cours de laquelle il mena personnellement une charge d'infanterie composée de paysans armés de faux de guerre. Malgré leur défaite, les Russes se regroupèrent rapidement et obligèrent Kościuszko à se replier vers Cracovie. Près de Połaniec, il reçut quelques renforts et rencontra d'autres responsables du soulèvement. Il publia une proclamation d'inspiration libérale abolissant partiellement le servage et accordant plus de libertés aux paysans[70]. Dans le même temps, les Russes promirent une prime pour la capture ou la mort de Kościuszko[71].

En juin, les Prussiens décidèrent de soutenir activement les Russes et le 6 juin, Kościuszko mena une bataille défensive contre les forces coalisées à Szczekociny mais la défaite entraîna la chute de Cracovie[70]. Contraint de se replier à Varsovie, il défendit la ville pendant plusieurs semaines et le siège fut levé le 6 septembre lorsque les forces prussiennes se retirèrent pour réprimer un soulèvement en Grande-Pologne. Durant une sortie contre une nouvelle attaque russe, Kościuszko fut blessé et capturé lors de la bataille de Maciejowice (en) le 10 octobre. Il fut emprisonné à Saint-Pétersbourg dans la forteresse Pierre-et-Paul[72]. L'insurrection prit fin peu après avec la bataille de Praga le 4 novembre et le massacre de près de 20 000 habitants de Varsovie par les troupes russes[73]. Le 25 octobre 1795, la Russie, la Prusse et l'Autriche démembrèrent (en) ce qui restait de la Pologne et celle-ci cessa d'exister en tant qu'État souverain jusqu'en 1918[74].

Fin de vie[modifier | modifier le code]

Statue en bronze de Kościuszko portant un bicorne et tenant un parchemin.
Statue de Kościuszko à Varsovie

La mort de la tsarine Catherine II le 17 novembre 1796 entraîna un changement de la politique russe envers les Polonais[72]. Le 28 novembre, le nouveau tsar Paul Ier gracia Kościuszko et le libéra après que ce dernier lui ait promis sa loyauté. En échange de son serment, Paul Ier promit de libérer tous les prisonniers politiques polonais détenus dans les prisons et déportés en Sibérie. Le tsar accorda 12 000 roubles à Kościuszko qui tenta en 1798 de les rendre après avoir dénoncé son serment de loyauté[75].

Kościuszko partit pour les États-Unis en passant par Stockholm en Suède et Londres avant de prendre la mer à Bristol le 17 juin et d'arriver à Philadelphie le 18 août 1797[75]. Même s'il fut accueilli par la foule, il était considéré avec méfiance par le gouvernement américain contrôlé par les fédéralistes qui ne l'appréciaient pas du fait de ses associations précédentes avec les républicains-démocrates. Mal à l'aise aux États-Unis, il décida de retourner en France après avoir laissé un testament dédiant une partie de ses biens à la libération des esclaves. Il arriva à Bayonne le 28 juin 1798 et rejoignit les groupes d'immigrés polonais. Il refusa néanmoins une proposition pour commander les légions polonaises servant au sein de l'armée française[75]. Il rencontra Napoléon Bonaparte le 17 octobre et le 6 novembre 1799 mais ne parvint pas un accord avec le premier consul qui considérait Kościuszko comme un « bouffon... surestimant son influence en Pologne[76] ». De même, Kościuszko détestait les ambitions dictatoriales de Napoléon qu'il qualifiait de « fossoyeur de la république [française] ». En 1801, il s'installa à La Genevraye près de Paris dans la résidence de l'ambassadeur suisse et se mit à distance des questions politiques[75].

Kościuszko considérait que Napoléon ne restaurerait pas la Pologne sous une forme durable[77]. Lorsque les forces napoléoniennes approchèrent des frontières polonaises, il écrivit une lettre à Napoléon pour lui demander des garanties sur la mise en place d'une démocratie parlementaire et la création d'un territoire viable[76]. Les demandes furent ignorées et Kościuszko conclut que le duché de Varsovie ne fut créé en 1807 que car il servait les intérêts français et non car Napoléon soutenait la souveraineté polonaise[78]. Il ne rejoignit donc pas le nouveau pays et son armée[76].

Après la chute de l'Empire en 1814 et 1815, il rencontra le tsar Alexandre Ier une première fois à Paris puis à Braunau en Suisse[76]. Le tsar espérait convaincre Kościuszko de revenir en Pologne où il envisageait de créer un État polonais allié de la Russie. Ce dernier demanda des réformes sociales et la restauration de la souveraineté polonaise jusqu'à la Daugava et au Dniepr[76]. Cependant, Kościuszko apprit que le royaume de Pologne créé par le congrès de Vienne serait encore plus petit que le duché de Varsovie et il qualifia cette entité de « plaisanterie[79] ». Ses lettres au tsar restant sans réponses, il quitta Vienne et s'installa en Suisse à Soleure dont son ami Franciszek Zeltner était maire. Le 2 avril 1817, il émancipa les serfs de ses dernières propriétés en Pologne[76] mais le tsar s'y opposa[5]. Souffrant d'une médiocre santé et de vieilles blessures, Kościuszko succomba à un accident vasculaire cérébral le 15 octobre 1817 quelques jours après être tombé de cheval[80].

Funérailles[modifier | modifier le code]

Photographie d'une boite cubique noire avec quatre aigles dorés formant les pieds.
Urne contenant le cœur de Kościuszko conservée au château royal de Varsovie

Les funérailles de Kościuszko furent organisées le 19 octobre dans une ancienne église jésuite de Soleure. Une série de messes et de services funéraires furent tenus en Pologne à l'annonce de son décès[81]. Son corps fut embaumé et placé dans une crypte de l'église. Ses viscères, retirés durant le processus d'embaumement, furent enterrés séparément dans une tombe de la ville voisine de Zuchwil. Son cœur fut quant à lui placé dans une urne funéraire spécialement conçue[76],[81]. Le 11 avril 1818, le corps fut transféré à Cracovie dans l'église Saint-Florian et le 22 juin[81], il fut inhumé avec tous les honneurs dans une crypte de la cathédrale du Wawel où reposent les monarques et les héros polonais[76],[81]. Le cœur de Kościuszko qui avait été préservé par le musée polonais de Rapperswil en Suisse fut rapatrié avec les autres possessions du musée en 1927 et est aujourd'hui conservé au château royal de Varsovie[76]. Ses autres viscères sont toujours enterrés à Zuchwil où un mémorial de pierre a été érigé en 1820[81].

Héritage[modifier | modifier le code]

Photographie d'un monticule recouvert de gazon avec un chemin circulaire menant au sommet.
Le tertre Kościuszko (en) à Cracovie

Avant de quitter les États-Unis en 1798, Kościuszko rédigea un testament par lequel il nommait Thomas Jefferson son exécuteur testamentaire et lui demandait d'utiliser ses propriétés et son argent en Amérique pour affranchir des esclaves afro-américains et les préparer à une vie indépendante[82]. Quelques années après la mort de Kościuszko, Jefferson, alors âgé de 77 ans, déclara qu'il n'était plus capable, en raison de son âge et de la complexité du dossier, de rester l'exécuteur. Il indiqua qu'il voulait éduquer les esclaves avant de les libérer or cela était interdit par la législation de Virginie[83]. Il y avait également des considérations politiques car les tensions entre les États du Nord et du Sud des États-Unis au sujet de l'esclavage entraînaient une forte instabilité politique. Jefferson considérait donc que si un personnage aussi influent que lui respectait les demandes de Kościuszko, cela déstabiliserait encore plus la situation. La question des possessions américaines de Kościuszko fut présentée à trois reprises devant la cour suprême des États-Unis. En 1852, cette dernière attribua finalement les possessions d'une valeur de 50 000 $ (environ 1,5 millions de dollars de 2012[40]) aux proches de Kościuszko en Europe malgré la volonté initiale de ce dernier[84].

L'historien polonais Stanisław Herbst a indiqué dans l'édition de 1967 du dictionnaire biographique polonais (en) que Kościuszko était peut-être le Polonais le plus connu en Pologne et dans le monde[76]. De nombreux monuments ont été construits en son honneur dont le tertre Kościuszko (en) érigé à Cracovie entre 1820 et 1823. Quasiment chaque ville polonaise possède une place ou une rue nommée d'après lui. L'École polytechnique de Cracovie a reçu le nom de Tadeusz Kościuszko en 1976 pour son 30e anniversaire. La 303e escadrille de chasse polonaise et la 1re division polonaise portaient son nom durant la Seconde Guerre mondiale[85]. Le paquebot SS Kościuszko et la frégate ORP Generał Tadeusz Kościuszko portent également son nom. À l'occasion du centenaire de la bataille de Racławice, les peintres Jan Styka et Wojciech Kossak réalisèrent le panorama de Racławicka aujourd'hui exposé à Wrocław.

La plus haute montagne d'Australie, une île d'Alaska, un comté de l'Indiana, plusieurs villes dont Kosciusko dans le Mississippi et un pont de New York ont été nommé d'après lui[76]. La maison que Kościuszko occupa à Philadelphie durant son séjour aux États-Unis en 1796-1797 appartient aujourd'hui au National Register of Historic Places et est gérée par le parc national historique de l'indépendance. La fondation Kościuszko est une fondation américaine dédiée à la promotion de l'héritage polono-américain.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Tadas Kosciuška en lituanien et Тадэвуш Касцюшка (Tadevuš Kaściuška) en biélorusse ; Prononciation

Références[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

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