Geórgios Papandréou (1952)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Papandréou.
Geórgios Papandréou
Γεώργιος Παπανδρέου
Geórgios Papandréou, en 2011, à Athènes.
Geórgios Papandréou, en 2011, à Athènes.
Fonctions
Président de l'Internationale socialiste
En fonction depuis le 30 janvier 2006
Prédécesseur António Guterres
172e Premier ministre grec
6 octobre 200911 novembre 2011
(2 ans, 1 mois et 5 jours)
Président Károlos Papoúlias
Gouvernement Papandréou
Législature 13e
Coalition PASOK (ΠΑ.ΣΟ.Κ)
Prédécesseur Kóstas Karamanlís
Successeur Loukás Papadímos
Ministre des Affaires étrangères
6 octobre 20097 septembre 2010
Premier ministre Lui-même
Prédécesseur Dóra Bakoyánni
Successeur Dimítris Droútsas
Président du Mouvement socialiste panhellénique
8 février 200410 mars 2012
Prédécesseur Kóstas Simítis
Successeur Evángelos Venizélos
Ministre des Affaires étrangères
18 février 199913 février 2004
Premier ministre Kóstas Simítis
Prédécesseur Theódoros Pángalos
Successeur Tássos Giannítsis
Ministre de l'Éducation
et des Affaires religieuses
8 juillet 199425 septembre 1996
Premier ministre Andréas Papandréou
Konstantínos Simítis
Prédécesseur Dimítrios Fatoúros
Successeur Gerásimos Arsénis
22 juin 19882 juillet 1989
Premier ministre Andréas Papandréou
Prédécesseur Apóstolos Kaklamánis
Successeur Vasileíos Kontogiannópoulos
Biographie
Nom de naissance Geórgios Andréas Papandréou
Date de naissance 16 juin 1952 (62 ans)
Lieu de naissance Saint-Paul, Minnesota
(États-Unis)
Nationalité grecque
Parti politique PASOK
Père Andréas Papandréou
Diplômé de Amherst College
London School of Economics
Profession Universitaire

Geórgios Papandréou (1952)
Premiers ministres grecs

Geórgios Andréas Papandréou (en grec : Γεώργιος Ανδρέας Παπανδρέου, souvent traduit Georges Papandréou), né le 16 juin 1952 à Saint Paul, aux États-Unis, est un homme politique grec, membre du Mouvement socialiste panhellénique (PASOK) et président de l'Internationale socialiste depuis 2006.

Fils de l'ancien Premier ministre Andréas, ministre de l'Éducation, puis des Affaires étrangères, président du Mouvement socialiste panhellénique (PASOK) de 2004 à 2012, il fut nommé Premier ministre par le président Károlos Papoúlias, à la suite de la victoire de son parti aux élections législatives d'octobre 2009. Il dut faire face, durant son mandat, à la plus importante crise économique vécue par la Grèce depuis l'après-guerre. Il quitta le pouvoir en 2011, laissant la conduite du gouvernement à l'économiste Loukás Papadímos.

Origines, études et famille[modifier | modifier le code]

L'héritier d'une dynastie politique[modifier | modifier le code]

Né en 1952 à Saint-Paul, aux États-Unis, il est le fils d'Andréas Papandréou (1919-1996), Premier ministre de 1981 à 1989 puis de 1993 à 1996, et de Margaret Chant, de nationalité américaine. Il est, en outre, le petit-fils de Geórgios Papandréou (1888-1968), qui fut également Premier ministre grec, en novembre-décembre 1963, puis de février 1964 à juillet 1965.

Une formation exclusivement étrangère[modifier | modifier le code]

Geórgios Papandréou commence sa scolarité à Toronto, au Canada. Il suit ensuite ses études au Amherst College, dans le Massachusetts, où il obtient son baccalauréat en arts, à l'université de Stockholm, à la London School of Economics, où il obtient son master en sociologie, et, enfin, à l'université Harvard.

Mariages[modifier | modifier le code]

Geórgios Papandréou épouse, en 1976, Evánthia Zisímidis, née à Chypre et résidant au Royaume-Uni. De ce mariage, naît un fils, Andréas (1982). En 1987, le couple divorce. Après avoir épousé Áda Papapánou en secondes noces, Geórgios Papandréou devient père d'une fille Margaríta-Eléna (1990).

Une carrière internationale[modifier | modifier le code]

Son activité professionnelle débute en 1972, lorsqu'il est chargé de recherches sur les problèmes des migrations à l'université de Stockholm, jusqu'en 1973. Par la suite, il devient membre du centre de recherches sur les relations internationales de Harvard de 1992 à 1993. Il parle couramment le grec, l'anglais et le suédois.

Le parcours politique[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

Geórgios Papandréou est de retour en Grèce après la chute des colonels en 1974, et adhère au Mouvement socialiste panhellénique (PASOK). Il devient membre du comité central du parti en 1984. L'année au cours de laquelle son père devint Premier ministre, en 1981, Geórgios Papandréou entra au Conseil des Grecs pour une circonscription en Achaïe, la région d'où sa famille est originaire.

Il est nommé quatre ans plus tard sous-secrétaire d'État aux Affaires culturelles.

Père et fils au sein du gouvernement[modifier | modifier le code]

Geórgios Papandréou est promu ministre de l'Éducation et des Affaires religieuses le 22 juin 1988, dans le gouvernement de son père, Andréas, mais doit renoncer à ce poste dès le 2 juillet 1989, au début d'une période d'instabilité politique pour le pays. Avec le retour au pouvoir du PASOK en 1993, il devient ministre adjoint des Affaires étrangères, puis retrouve le ministère de l'Éducation le 8 juillet 1994. Il met alors en place la discrimination positive en réservant 5 % des postes universitaires en Thrace à des musulmans, tout en créant l'enseignement universitaire à distance en Grèce.

Lorsque son père est remplacé par Kóstas Simítis à la tête du gouvernement en 1996, il retourne au ministère des Affaires étrangères en tant que ministre adjoint. Un an plus tard, il est chargé de coordonner l'action gouvernementale en vue de la candidature grecque à l'organisation des Jeux olympiques d'été de 2004.

Le 18 février 1999, Geórgios Papandréou est nommé ministre des Affaires étrangères, à la suite de la démission de Theódoros Pángalos. Il mettra alors en œuvre une politique de rapprochement avec la Turquie.

La présidence du PASOK[modifier | modifier le code]

Alors que les sondages annoncent une probable défaite pour le PASOK, le président du parti, Kóstas Simítis, démissionne en janvier 2004 de son poste et l'offre à Papandréou, homme politique le plus populaire de Grèce. Dans le but de démocratiser le mouvement, il organise des primaires pour désigner le nouveau président, même s'il n'eut aucun opposant. Il veut ainsi rompre avec la tradition des « dynasties politiques ». Il ne parvient toutefois pas à remporter les élections législatives et le PASOK perd donc le pouvoir au profit des conservateurs de Kóstas Karamanlís.

Élu vice-président de l'Internationale socialiste (IS) en mai 2005, il en devient président le 30 juin 2006, à la suite de la nomination d'António Guterres à un poste aux Nations unies.

Après une nouvelle défaite électorale du PASOK en 2007, le leadership du mouvement lui est contesté par Evángelos Venizélos et Kóstas Skandalidis, mais il réussit à se maintenir en poste.

Premier ministre[modifier | modifier le code]

La victoire aux élections législatives[modifier | modifier le code]

Le 4 octobre 2009, le PASOK obtient 43,94 % des suffrages aux élections législatives, et 160 sièges, au Conseil des Grecs, soit la majorité absolue.

Il succède à Konstantínos Karamanlís au poste de Premier ministre deux jours plus tard. Il forme son premier gouvernement, avec de fortes personnalités du PASOK, comme l'ancien ministre des Affaires étrangères, Theódoros Pángalos au poste de vice-Premier ministre, mais aussi Loúka Katséli à l'Économie et à la Marine marchande, ainsi que Giórgos Papakonstantínou aux Finances, poste stratégique du gouvernement. Par ailleurs, le grand rival historique de Papandréou au sein du PASOK, Evángelos Venizélos, est nommé à la Défense nationale. Venizélos est connu pour sa rivalité avec le nouveau Premier ministre depuis 2007, date à laquelle les deux hommes s'étaient alors affrontés pour la présidence du parti.

Une grave crise économique et sociale à gérer[modifier | modifier le code]

Onze jours après son arrivée au pouvoir, il annonce, dans un souci de transparence, que l'état réel des finances grecques avait été caché par le précédent gouvernement[1],[2],[3],[4]. Il fait rétablir les véritables données économiques, dont un déficit équivalent à 12,5 % du PIB pour la seule année 2009. La Commission européenne confirmera cette falsification des données quelques semaines plus tard[5]. Il décide donc renoncer à son programme de campagne. Il mène alors une politique d'austérité. Les mesures qu'il souhaiterait faire adopter comprennent une diminution des investissements publics, ainsi qu'une baisse des primes accordées aux fonctionnaires, et des pensions accordées aux retraités, avec un recul de cinq ans, à 65 ans, de l'âge légal de départ en retraite. Les mesures prévoient également la création de nouveaux impôts, et l'augmentation de deux points de la TVA[6]. Elles ont pour objectif d'économiser 30 milliards d'euros en trois ans, et de faire passer le déficit public de 13,6 % en 2009[7], à 2,6 % en 2014[6].

Papandréou obtient le soutien du FMI et de la zone euro, sous forme d'un prêt de 110 milliards d'euro sur trois ans, à la fin de l'année 2010.

Le 15 juin 2011, la Grèce est fortement touchée par une vague de protestation qui s'étend dans tout le pays, en particulier à Athènes, la capitale. Les Grecs manifestent alors contre les différents plans d'austérité du gouvernement Papandréou et demandent la démission de Giórgos Papakonstantínou, le ministre des Finances. Sous pression, isolé, dans ce contexte de crise économique et sociale, Geórgios Papandréou propose de démissionner et de former immédiatement un gouvernement d'unité nationale, dans le but d'apaiser la colère de ses concitoyens[8]. Mais après le refus du parti d'opposition, le Premier ministre annonce dans une déclaration télévisée qu'il formera un nouveau gouvernement dès le lendemain avec des personnalités issues du PASOK et qu'il demandera la confiance dans les jours à venir. Malgré ces annonces, deux députés du PASOK, Georges Floridis et Hector Nasiokas[9], annoncent leur démission, ce qui met en cause l'autorité de Papandréou sur ses troupes, qu'il réunit le jour-même au sein du Parlement hellénique.

Le 17 juin, Papandréou annonce la composition de son cabinet remanié : son grand rival au sein du PASOK, le ministre de la Défense nationale, Evángelos Venizélos est nommé au poste stratégique et important en ces temps de crise de ministre des Finances et obtient également le titre de vice-Premier ministre[10]. Il s'agit, selon le presse hellénique et européenne, d'une belle revanche pour Venizélos, qui rêvait d'occuper un poste clé du nouveau gouvernement; le ministre des Finances sortant, Giórgos Papakonstantínou, qui ne voulait pas quitter le cabinet, est nommé quant à lui à l'Environnement. Au ministère de l'Intérieur, Yánnis Ragoússis, nommé ministre des Transports et des Infrastructures, est remplacé par le ministre de la Justice et des Droits de l'Homme, Háris Kastanídis ; le Premier ministre annonce également la scission entre le portefeuille ministériel de l'Intérieur et celui de l'Administration électronique, jusque-là, occupés tous les deux par un seul ministre.

La fin du mandat[modifier | modifier le code]

Il décide, le 31 octobre, d'organiser un référendum sur le plan de sortie de crise approuvé cinq jours plus tôt par l'Eurogroupe et qui prévoit notamment une diminution de 50 % du montant de la dette grecque détenue par le secteur bancaire privé[11]. Ce référendum devait être une réponse apportée aux Grecs qui manifestaient depuis plusieurs mois contre les différentes réformes « imposées » par des institutions internationales[12],[13],[14]. Cette annonce entraîne une importante chute des Bourses européennes dès le lendemain[15]. Ce choix est critiqué par l'opposition, qui y voit un moyen d'éviter des élections législatives anticipées[16].

Devant la pression des dirigeants européens, il renonce à la tenue d'un référendum. Il plaide pour un gouvernement d'unité nationale et obtient de justesse la confiance du Parlement le 4 novembre 2011. Deux jours plus tard, il parvient à un accord avec Antónis Samarás, président de la Nouvelle démocratie, prévoyant la nomination d'un nouveau Premier ministre, le 7 novembre, et la formation d'un nouveau gouvernement[17]. Il remet sa démission au président Károlos Papoúlias le 9 novembre, sans que le nom de son successeur ne soit connu. C'est finalement l'ancien vice-président de la Banque centrale européenne et ex-gouverneur de la Banque de Grèce, Loukás Papadímos, qui lui succède deux jours plus tard. Après avoir quitté la villa Maximos, il se rend au siège du PASOK, où une fête est donnée pour lui rendre hommage.

Après le pouvoir[modifier | modifier le code]

Remplacé, le 18 mars 2012, par Evángelos Venizélos, ministre des Finances et son principal opposant interne, à la présidence du PASOK[18], il est réélu député, dans la circonscription d'Achaïe, lors des élections législatives du 6 mai suivant[19]. À partir d'octobre 2012, il effectue une série de séminaires sur la crise politico-économique à Harvard. Le montant de son salaire, 46 000 euros par mois, suscite de multiples commentaires dans la presse et la population grecque[20].

Il fait son retour en politique près de trois ans plus tard, en décembre 2014 : il annonce la création prochaine d'un nouveau parti progressiste situé au centre-gauche, opposé au populisme, au néolibéralisme, à l'étatisme et à la corruption ; à cette occasion, il critique durement la coalition au pouvoir, dont fait partie le PASOK, estimant qu'elle ne recherche que son maintien au pouvoir et non l'intérêt général[21]. Le 23 de ce mois, à la suite du deuxième tour infructueux de l'élection présidentielle, il rencontre Venizélos, qui critique vertement sa décision de quitter le parti socialiste et lui propose, sans succès, que tous deux s'opposent lors d'un congrès qui serait convoqué en janvier 2015[22].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) http://www.desmos-grece.com/athenes.php?page=177 : Notes du 19 octobre 2009 « Papaconstantinou: Regain de la confiance perdue en matière de finances publiques » et « Vénizélos annonce une réduction drastique [sic] des dépenses d’armement » consultées le 6 novembre 2011, en page 177 à cette date (plus loin après cette date, du fait de l'archivage sur le site)
  2. (fr) "Le marasme grec enfin fini?" sur le site du Taurillon
  3. (fr) « L'erreur de Berlin et de Paris », Le Nouvel Observateur
  4. (fr) « La Grèce menacée, l'Euro en danger » sur un blog lié à l'Express, 2009
  5. (fr) « La Grèce épinglée pour ses statistiques économiques truquées », Courrier International, 2009
  6. a et b (fr) Le détail des mesures d'austérité en Grèce, Le Nouvel Observateur. Consulté le 2 mai 2010
  7. (fr) La Grèce impose une révision drastique (sic) de la gouvernance de l’Europe, Le Monde. Consulté le 2 mai 2010
  8. Grèce : Remanier pour apaiser, euronews, 16 juin 2011
  9. Grèce : démission de deux députés socialistes, tempsreel.nouvelobs.com, 16 juin 2011
  10. Georges Papandréou remanie son gouvernement et change son ministre des Finances, euronews, 17 juin 2011
  11. (fr) « Grèce : un referendum sur le sommet européen », Le Figaro, 31 octobre 2011
  12. (fr) « La Grèce abandonne son référendum sur la zone Euro », L'Humanité, 2011
  13. (fr) « Athènes joue l'Euro à pille ou face », Libération, Novembre 2011
  14. (fr) « La démocratie de la zone Euro sujette à caution »; Libération, Novembre 2011
  15. (fr) « Les Bourses européennes dévissent après le revirement grec », lemonde.fr avec AFP, le 1er novembre 2011
  16. (fr) « Les Grecs se prononceront par référendum sur le plan d'aide européen », lemonde.fr, 31 octobre 2011
  17. (fr) « Grèce: accord pour une coalition », Le Figaro, avec AFP, le 6 novembre 2011
  18. « Grèce : Evangélos Vénizélos élu à la tête du Pasok », Les Échos, le 19 mars 2012
  19. « La Grèce à bout mise tout sur Hollande, le "Roosevelt européen" », Le Point, le 10 mai 2012
  20. Les cours de Papandréou à Harvard révoltent les Grecs, Le Figaro, 24 octobre 2012.
  21. (en) « George Papandreou to Launch New Political Party », Greek Reporter, le 19 décembre 2014
  22. (en) « George Papandreou to Announce New Party by Year-End », Greek Reporter, le 23 décembre 2014

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]