Julien Coupat

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Julien Coupat, né le 4 juin 1974 à Bordeaux, est un des fondateurs en 1999 de l'éphémère revue philosophique française Tiqqun[1]. Depuis le 15 novembre 2008, il est suspecté d'avoir formé une « cellule invisible » – selon l'expression du procureur Jean-Claude Marin – à laquelle est imputé le sabotage d'une caténaire de ligne TGV[2], action revendiquée par un groupe allemand le 9 novembre 2008[3].

Il est mis en examen pour « direction d'une association de malfaiteurs et dégradations en relation avec une entreprise terroriste » avec huit autres personnes. Incarcéré avec quatre d'entre elles, remises en liberté dans les semaines qui ont suivi et placées sous contrôle judiciaire, il est maintenu plus de six mois en détention provisoire avant d'être à son tour libéré et placé sous contrôle judiciaire le jeudi 28 mai 2009[4].

Cette affaire, qui voit une accusation de dégradation de biens qualifiée d'infraction politique[Par qui ?][réf. nécessaire], déclenche une importante polémique : des comités de soutien sont créés en France et à l'étranger, et une manifestation de soutien réunit entre 1 200 et 3 000 personnes à Paris le 31 janvier 2009[5]. Des intellectuels, des parlementaires et les autres personnes mises en cause dénoncent un montage policier et une instrumentalisation politique de l'affaire[6],[7]. Le quotidien Le Monde, dans son éditorial du 17 mars 2009, souligne qu'en l'absence de flagrant délit, d'aveux, et même d'indices, « la justice et les enquêteurs se doivent [de] répondre rapidement. Sauf à accréditer le sentiment croissant que cette affaire est artificielle, effectivement absurde, donc profondément choquante[8]. » Le 16 avril, le quotidien Libération parle de « fiasco judiciaire[9] ». Le 25 mai, Le Monde affirme : « Aucun élément indiscutable n'est venu étoffer un dossier d'instruction qui ne contient ni preuve ni aveu[10]. » Les avocats des prévenus ont déclaré vouloir obtenir un non-lieu pour leurs clients[11],[12].

Le 2 novembre 2009, l'enquête est, selon l'expression du Figaro et de Libération, « au point mort », et les avocats de Coupat ont fourni au juge d'instruction le dossier d'une « contre-enquête » remettant en cause plusieurs conclusions de l'enquête de police initiale[13],[14].

Le 3 décembre 2009, les neuf mis en cause annoncent dans une tribune commune publiée par Le Monde qu'ils cessent de respecter le contrôle judiciaire qui leur est imposé en réaction à la mise en examen, le 27 novembre, d'une dixième personne[15].

Début avril 2010, les avocats d'un des mis en examen déposent une requête en annulation de l'intégralité de la procédure, « estimant illégal le dispositif de vidéosurveillance au domicile parisien de Julien Coupat durant l'enquête préliminaire[16] ». Le 22 octobre 2010, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris rejette la demande d'annulation[17].

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Gérard Coupat, médecin, et de Jocelyne Coupat, cadre supérieur chez Sanofi-Aventis[18], Julien Coupat étudie en classes préparatoires au lycée privé Sainte-Geneviève avant d'intégrer l'ESSEC[19]. Il s'oriente ensuite vers la sociologie politique et il devient doctorant à l'EHESS. Il n'achève cependant pas son doctorat[20].

Son nom, associé aux situationnistes, est cité par Luc Boltanski[21] dans les remerciements d'un livre de 1999, Le Nouvel Esprit du capitalisme. La même année, Julien Coupat cofonde la revue Tiqqun[22] dont il reste ensuite l'un des animateurs. C'est le philosophe Giorgio Agamben, avec lequel il se lie, qui trouve un imprimeur pour la revue[23].

Julien Coupat s'établit en 2005[20] sur le plateau de Millevaches, à Tarnac (Corrèze)[19] où, avec des amis, il reprend l'épicerie du village.

Affaire des sabotages de caténaires[modifier | modifier le code]

D'après un article du magazine L'Express, se référant à un arrêt de la chambre de l'instruction de Paris du 2 décembre, la voiture de Julien Coupat et de sa compagne, Yildune Levy, filée par la police dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008, se serait arrêtée vingt minutes à Dhuisy, en Seine-et-Marne, à l'aplomb de la voie TGV où un fer à béton provoque une heure plus tard la panne du premier TGV de la journée, à cinq heures du matin[24]. Ces informations sont contenues dans un rapport de la police antiterroriste daté du 15 novembre[25].

Le 11 novembre 2008, il est arrêté par la police antiterroriste avec neuf autres personnes et mis en garde à vue[26] dans le cadre de l'enquête sur le sabotage de lignes de TGV du 8 novembre 2008. Les personnes arrêtées sont désignées par la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie comme appartenant à un groupuscule dit de « l'ultra-gauche, mouvance anarcho-autonome[27] ». Thierry Fragnoli est le juge antiterroriste chargé du dossier.

Le 15 novembre 2008, Julien Coupat est mis en examen[28] pour « direction d'une structure à vocation terroriste », « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » et « dégradations en réunion en relation avec une entreprise terroriste ». Il est placé en détention provisoire avec quatre autres suspects, tandis que quatre autres personnes sont remises en liberté sous contrôle judiciaire. Trois des personnes arrêtées en même temps que Julien Coupat sont remises en liberté le 2 décembre 2008[29]. Le 19 décembre, le juge des libertés et de la détention ordonne la remise en liberté de Julien Coupat, mais, mesure exceptionnelle, le parquet dépose aussitôt un appel suspensif via une procédure rarement employée : le référé-détention[30] ; la demande est ensuite rejetée le 23 décembre 2008 par la Cour d'appel de Paris[31], puis le 26 décembre[32] (un référé-détention du parquet bloque également la libération de sa compagne Yildune Lévy[33], libération qui a lieu le 16 janvier sur décision de la cour d'Appel[34]). Le 30 janvier, le 19 février, le 13 mars et le 12 mai 2009, les demandes de remise en liberté de Julien Coupat sont toutes rejetées par la cour d'appel[35],[36].

Le 28 mai 2009, il est libéré et soumis à un contrôle judiciaire strict : « pointage régulier dans un commissariat à une fréquence à fixer par le juge ; obligation de résider en région parisienne chez ses parents ; interdiction d'entrer en contact avec les autres personnes mises en examen[37] ». Il doit également acquitter une caution de 16 000 euros. Le Figaro précise que Julien Coupat possède en fonds commun de placement la somme de 50 000 euros (courant août 2008)[38].

Après la libération du jeune homme, le 29 mai 2009, Jean-Claude Marin, procureur de la République à Paris, déclare : « Si la mise en examen d'une personne ne préjuge en rien de sa culpabilité, sa remise en liberté au cours de l'information judiciaire ne saurait être interprétée comme le signe de l'absence ou l'insuffisance de charges contre elle ». Ces propos entendent répondre aux critiques qui soulignent combien il est surprenant et inhabituel de remettre en liberté le chef présumé d'une cellule terroriste.

En juin 2009, Julien Coupat et sa compagne Yildune Lévy décident de se marier. Les termes de leur contrôle judiciaire, en particulier l'interdiction pour ces deux personnes de se rencontrer, en sont par conséquent modifiés[39].

Les avocats de Julien Coupat et Yildune Levy ont communiqué, le 2 novembre 2009, une note au juge d'instruction : ils y stigmatisent des « anomalies » et des « incohérences » de l'enquête. Les avocats observent que contrairement à ce qui avait été affirmé par l'instruction et diffusé par les médias[40], « aucun des fonctionnaires de police chargés de la surveillance continue […] n'a déclaré avoir vu l'un d'entre eux sortir du véhicule ou y entrer, ni avoir vu personne sur la voie ferrée ». Ils remarquent que les traces de pneus relevées à proximité de la voie sabotée ne « sont pas compatibles » avec la voiture de Coupat. « Les pneus de la Mercedes 250 [de Coupat] ont une largeur de 200 mm et la distance entre les bords intérieurs des roues du train avant et du train arrière est de 1 300 mm. » Or, les traces relevées sur les lieux ont montré qu'« entre l'intérieur de chacun des deux pneumatiques, la distance est de 1 190 mm, la largeur de chaque pneumatique étant de 153 mm », indique la note.

Le 26 novembre 2009, le juge Thierry Fragnoli se rend en Loire-Atlantique pour entendre comme témoin Jean-Hugues Bourgeois. Cette nouvelle audition avait été réclamée par les avocats de la défense en raison de graves contradictions dans les dépositions successives de l'éleveur de chèvres.

Le 18 février 2011, Le Nouvel Observateur révèle qu'en février 2010 deux tubes en PVC ont été retrouvés dans la Marne par les enquêteurs à l'aplomb d'un endroit où Julien Coupat et Yildune Levy s'étaient arrêtés peu après avoir quitté le lieu du sabotage dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008. D'après la police, ces tubes auraient été assemblés pour constituer une perche rendant possible la pose d'un crochet sur le caténaire[41]. Le matériel aurait été acheté dans un magasin de bricolage des Hauts-de-Seine un peu plus tôt dans la journée. Le même jour, les avocats de Julien Coupat et ses amis révèlent qu'ils préparent un dépôt de plainte pour faux en écriture publique contre les policiers de la sous-direction antiterroriste (SDAT)[42].

Les avocats de Julien Coupat ont déposé le 16 mars 2012 une « requête en récusation », auprès du premier président de la Cour d’appel de Paris, contre Thierry Fragnoli, suite à la révélation d'un courriel envoyé à plusieurs journalistes où le juge d'instruction, qui précise qu'il parle en « off », alerte ses « amis de la presse libre », c'est-à-dire « celle qui n'est pas affiliée à Coupat/Assous »[43].

Controverse[modifier | modifier le code]

En réaction à son arrestation, un « Comité de soutien aux inculpés de Tarnac[44] » est créé par des habitants de Tarnac et des environs, demandant la « libération immédiate » des détenus.

Durant sa détention, son avocate, qui dénonce un « fiasco politico-judiciaire », va demander « à ce que la juridiction antiterroriste soit déclarée incompétente[36] ». Les huit autres mis en examen, dans une tribune publiée dans le journal Le Monde, s'adressant à la police et à la justice, déclarent après avoir expliqué leur position et exprimé leur solidarité avec Julien Coupat : « nous ne vous dirons plus rien et cela jusqu'à ce que vous le libériez, jusqu'à ce que vous abandonniez la qualification de chef pour lui et de terrorisme pour nous tous. En résumé, jusqu'à ce que vous abandonniez les poursuites[45]. »

Le 25 mai 2009, Le Monde publie un long entretien mené par écrit avec Julien Coupat[46] dans lequel celui-ci estime que la prolongation de sa détention « est une petite vengeance bien compréhensible au vu des moyens mobilisés et de la profondeur de l'échec[47] ». Le Figaro souligne de son côté « un texte empreint de situationnisme[48] ». Interrogé par les journalistes sur sa lecture en prison de Surveiller et punir de Michel Foucault, Coupat développe une réflexion sur le système carcéral et conclut : « La race des innocents est éteinte depuis longtemps, et la peine n'est pas ce à quoi vous condamne la justice : la peine, c'est la justice elle-même, il n'est donc pas question pour mes camarades et moi de “clamer notre innocence”, ainsi que la presse s'est rituellement laissée aller à l'écrire, mais de mettre en déroute l'hasardeuse [sic] offensive politique que constitue toute cette infecte procédure[46]. » Au-delà de la discussion sur la culpabilité même de Coupat dans les faits reprochés, la controverse a donc porté sur la nature de ses théories (ou sur celles du « Comité invisible » à l'origine de L'Insurrection qui vient dont il dit être un lecteur) et sur leur faculté d'entraîner sur la voie de l'action[49], mais aussi sur une éventuelle instrumentalisation par Michèle Alliot-Marie d'une mouvance « anarcho-libertaire[50] ».

La matérialité des preuves ainsi que la qualification « terroriste » des faits font l'objet de vives critiques de la part d'universitaires[51], d'habitants de Tarnac[19], d'avocats[52],[53], des parents des prévenus[54], de journalistes[55], de policiers[56] et de gendarmes[57]. Le quotidien Libération écrit ainsi que « chaque jour, la baudruche semble se dégonfler un peu plus[30] ».

Des universitaires et des juristes dénoncent l'« inconsistance » des charges retenues, le « tour clairement politique » qu'a pris l'affaire, et réclament sa libération immédiate[58]. La Ligue des droits de l'homme s'inquiète également d'« une procédure qui ne s’embarrasse pas du respect des libertés individuelles et se déroule sous l’œil de médias alimentés d’informations uniquement à la charge des personnes mises en cause[59] ».

Le Canard enchaîné suggère que cette lutte à bon compte contre un supposé ennemi intérieur permet de faire oublier l'impuissance du gouvernement français face aux nationalistes corses et ajoute : « la hâte avec laquelle ce groupe a été supposé coupable et assimilé à la bande à Baader, à Action directe, voire à Ben Laden, témoigne d'une étrange confusion dont ne peuvent se réjouir que les terroristes, les vrais[60] ». Il s'interroge par ailleurs sur la consistance d'une accusation basée largement sur des écrits et une supposée appartenance à la « mouvance libertaire autonome » ou « anarcho-autonome[61] ». Pour Giorgio Agamben, « on cherche le terrorisme et on finit par le construire, tout ça pour répandre la peur chez les jeunes gens[23] ». Quant à Serge Quadruppani, il y voit la « farce du retour de l'épouvantail terroriste » et la « fabrication de la “mouvance anarcho-autonome”[62] » par le ministère de l'Intérieur et les médias.

Pour le mensuel CQFD, qui fustige l'accusation d'association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste — « une qualification aussi implacable qu'impalpable qui autorise toutes les interprétations et toutes les dérives » —, « un “faisceau d'indices” (en clair, une absence de preuves tangibles), des écrits, des soupçons, un témoignage sous X farfelu, voilà qui est suffisant pour jeter aux oubliettes la présomption d'innocence et maintenir des coupables idéaux en prison préventive pendant des mois, voire des années[63] ».

Selon Mediapart, le témoin « sous X » de l'affaire des sabotages qui a accusé Julien Coupat sur procès-verbal, n'est pas crédible. Ce témoin serait en effet sous le coup d'une condamnation pour « dénonciation de délits imaginaires », ce qui se révélera faux. Les journalistes de Mediapart Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme ont en fait été informés par une source au sein de la gendarmerie que le témoin sous X vivait dans le Puy-de-Dôme, et avait fait la une des médias pour des incendies et tentatives d'intimidation. Les journalistes ont donc contacté un certain François Philippe, et son avocat maître Portejoie, de Clermont-Ferrand. François Philippe avait fait l'objet d'une condamnation pour “dénonciation de délit imaginaire”[64]. Malgré les dénégations de François Philippe, le site Mediapart sort son article, mais omet, après la révélation de l'identité du vrai témoin, de revenir sur cette information. Le témoin qui a fait l'objet également d'accusations d'incendies et de menaces sera bien mis en examen pour incendie volontaire le 24 juin 2009, soit 7 mois après l'article de Mediapart. Sa mise en examen sera annulée en février 2010. Mediapart n'est jamais revenu sur sa méprise [65],[66]. Dans un reportage diffusé au journal de 20 h de TF1 le 11 novembre 2009, le témoin « sous X » affirme qu'il aurait été manipulé par les enquêteurs et que son témoignage lui aurait été extorqué[67],[68],[69].

Le Canard enchaîné a fustigé les conditions de détention d'Yildune Lévy à la maison d’arrêt des femmes de Fleury-Mérogis : la nuit, toutes les deux heures, la lampe s’allume dans sa cellule pour officiellement « la protéger d’elle-même », mais il s'agit selon l'hebdomadaire, qui cite les juges, d'« attendrir la viande » de cette « dangereuse terroriste ». L'hebdomadaire précise qu'il s'agit du mode de surveillance réservé aux « détenus particulièrement surveillés[70] ».

Julien Coupat estime pour sa part que « l'antiterrorisme est la forme moderne du procès en sorcellerie[71] ». Reprenant à son compte ce rapprochement, le journaliste Arnaud Viviant estime que « ce qui est désormais reproché à Julien Coupat, ce n'est pas d'avoir arrêté des trains dans des circonstances plus dignes d'une BD de "Lucky Luke" que d'un véritable complot terroriste international, mais d'avoir écrit un livre s'intitulant, sataniquement presque, L'Insurrection qui vient[72] ».

Réactions politiques[modifier | modifier le code]

L'affaire est rendue publique par un communiqué de Michèle Alliot-Marie qui se félicite des arrestations effectuées à Tarnac. L'ensemble de la classe politique[Qui ?] s'en félicite également, tout comme les médias, à l'exemple du journal Libération qui titre « L'ultra-gauche déraille » le 12 novembre 2008[73]. À l'exception notable des organisations libertaires, comme la Fédération anarchiste, qui publie dès le lendemain un communiqué[74] demandant leur libération sans condition.

Les Verts sont les premiers politiques à réagir au niveau national en faveur des personnes mises en examen. Fin novembre, Cécile Duflot (secrétaire nationale des Verts) dénonce une « opération disproportionnée, en l’absence de preuves formelles, menée à grand bruit médiatique » et se demande si son « but n’est pas de se construire des "ennemis de l’intérieur" à partir d’une petite communauté qui prône l’anti-consumérisme et un autre modèle de société[75] ». Elle interviendra à diverses reprises dans les médias[76] ou en étant présente au tribunal[77]. Dans le même temps, l'eurodéputé Daniel Cohn-Bendit intervient dans Libération et dénonce une « construction idéologique dangereuse » de la part de la ministre de l'Intérieur[78].

La sénatrice verte Dominique Voynet, après avoir rendu visite fin décembre 2008 à Julien Coupat à la prison de la Santé, dénonce quant à elle « les conditions de l'interpellation, la qualification invraisemblable des faits ainsi que la durée de la détention provisoire[79] ». Le 11 décembre, une conférence de presse à l'Assemblée nationale réunit les députés Patrick Braouzec (PCF), Noël Mamère, Martine Billard (Verts) et la sénatrice de Corrèze Bernadette Bourzai (PS). Le 16 décembre 2008, Noël Mamère évoque le problème dans une question à l'Assemblée. La ministre de l'Intérieur lui répond que « des personnes sont mises en examen et devront répondre de leurs actes devant la justice[80] ».

Des manifestants anarchistes en Grèce déclarent soutenir Julien Coupat à plusieurs reprises[81].

Fin décembre, Martine Aubry évoque prudemment les atteintes à la présomption d'innocence, mais n'évoque pas le fond de l'affaire[82]. Le 15 janvier 2009, François Hollande prend position en faveur des mis en examen et dénonce « l’hystérie sécuritaire[83] ». Le député André Vallini, qui avait présidé la commission parlementaire d'Outreau, estime le 17 janvier 2009 que « les leçons d'Outreau ne semblent décidément ne pas avoir été retenues par la justice française. Les décisions des juges du siège se succèdent et se contredisent et le parquet semble recevoir ses instructions du ministère de l'Intérieur autant que du ministère de la Justice[84] ». Jean-Claude Marin, procureur de la République de Paris, répond publiquement à André Vallini sur RTL, ce qui est inhabituel : « Je pense que M. Vallini a une connaissance très complète du dossier de l'instruction qui lui permette de prendre cette position. J'ai une lecture assez complète de ce dossier et je n'arrive pas à la même conclusion. [...] Ce dossier n'est pas vide, c'est totalement inexact de le dire. Je ne dis pas que M. Coupat est coupable, il est encore présumé innocent. Le juge d'instruction est en train de voir si les éléments qui sont dans le dossier sont à charge ou pas suffisamment à charge à l'égard de ce garçon et d'autres[85] ».

Toutefois, seules Bernadette Bourzai et Martine Roure signent au Parti socialiste la tribune « Tarnac ou l’antiterrorisme à grand spectacle » parue dans Le Monde le 2 février 2009 cosignée par plusieurs communistes, Verts et responsables associatifs[86]. Le 11 mars 2009, Ségolène Royal refuse de donner son avis sur « un sujet » qu'elle ne « maîtrise pas[87] ». Le 17 mars, le NPA publie un communiqué national demandant la libération de Julien Coupat, revenant sur ses déclarations du mois de novembre[88].

Au mois de mai, cinq militants sont placés en garde-à-vue, dont le fils d'Huguette Bouchardeau et un militant Vert, à cause d'un tract d'appel à la mobilisation contre la justice d'exception[89]. Ils sont relâchés à l'issue de la garde-à-vue, aucune charge n'étant retenue contre eux. Une tribune de soutien, cosignée par Cécile Duflot, Dominique Voynet et Noël Mamère est publiée sur le site Rue89[90].

Le 28 mai, jour de la remise en liberté de Coupat, le député Arnaud Montebourg publie une tribune dans laquelle il déclare notamment « Julien Coupat, le romantique de Tarnac, coupable de ce qu'il pensait et de ce qu'il avait dans la tête, plutôt que de ce qu'il a fait, symbolise désormais la victime des abus judiciaires du régime », et demande la démission de Michèle Alliot-Marie[91].

Publications[modifier | modifier le code]

Écrits de Julien Coupat[modifier | modifier le code]

Le nom de Julien Coupat a été associé à plusieurs publications[22] :

  • Tiqqun, Organe conscient du Parti Imaginaire - Exercices de Métaphysique critique, 162 pages, auto-édition, 1999
  • Tiqqun, Organe de liaison au sein du Parti Imaginaire - Zone d'Opacité Offensive, 292 pages, Les Belles Lettres, 2001 (ISBN 2913372112)

En effet, Julien Coupat a fait partie du comité de rédaction de cette revue de 1998 à 2001. Il est aussi auteur ou coauteur de plusieurs articles publiés dans les deux numéros.

Il est l'auteur d'une contribution intitulée "Science du C.R.A.S.H." publiée dans la Revue_d'esthétique 33 de 1998, et dans lequel la critique du film de David Cronenberg est un prétexte au développement de la thèse ainsi acronymisée : Comment le Réel Avance Sans l'Homme.

Article détaillé : Tiqqun.

Écrits attribués[modifier | modifier le code]

D'autres écrits lui ont été attribués sans preuve formelle :

  • Appel, 2003. Le texte est anonyme. Le Point évoque de possibles parallèles idéologiques entre ce livre et L'Insurrection qui vient[92]. La quatrième de couverture de "L'insurrection qui vient" est un extrait de la proposition I de "Appel". De même, certaines phrases mises en exergue de paragraphes de "L'insurrection qui vient" sont issues de cet opuscule. Il en est également annoncé une traduction en langue italienne dans la postface datée de mars 2004 de l'essai Théorie du Bloom paru aux éditions La fabrique (p.151).
  • L'insurrection qui vient, La Fabrique, 2007 (ISBN 2-913372-62-7).
    • Ce livre, rédigé par un « comité invisible », est attribué par la police[93] à Julien Coupat. Cependant, selon l'éditeur et ami de Julien Coupat, Éric Hazan, « Julien n'a jamais fait partie du comité d'auteurs, qui m'a demandé un anonymat que je respecte. Le pointer ainsi du doigt est une pure construction policière participant à l'intoxication générale de l'opinion publique[94]. » Avant le déclenchement de l'affaire, le livre s'était vendu à 8 000 exemplaires[95]. Le 9 avril 2009, Hazan a été entendu par la sous-direction de l'anti-terrorisme de la police judiciaire qui souhaite pouvoir établir que Coupat est bien l'auteur de ce texte[96].

Sur l'affaire de Tarnac[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « L’aventure théorique de Julien Coupat », Libération, 22 avril 2009.
  2. « Sabotage à la SNCF : Coupat maintenu en détention », nouvelobs.com, 24 décembre 2008.
  3. « Ce que contient le dossier d’instruction de l’affaire Tarnac », Le Monde, 25 mars 2009.
  4. « Julien Coupat remis en liberté cet après-midi », Le Figaro, 28 mai 2009.
  5. « Soutien aux inculpés de Tarnac : les autonomes font le plein », Rue89, 31 janvier 2009.
  6. Voir par exemple cette tribune : « Tarnac ou l'antiterrorisme à grand spectacle », Le Monde, 2 février 2009.
  7. « La police a fait “un pur montage” », Mediapart, enquête vidéo, 15 décembre 2008.
  8. « Terroristes ? », Le Monde, 17 mars 2009.
  9. « La fabrique d’un présumé coupable », Libération, 16 avril 2009.
  10. « Tarnac, le point sur un dossier aux zones d'ombre troublantes », Le Monde, 25 mai 2009.
  11. « Tarnac : les avocats des prévenus réclament un non-lieu », Le Monde, 29 mai 2009.
  12. « Le camp Coupat soigne son droit », Libération, 30 mai 2009.
  13. « Tarnac : une contre-enquête versée au dossier », Le Figaro, 2 novembre 2009.
  14. « Tarnac : la contre-enquête qui dérange », Libération, 2 novembre 2009.
  15. « Tarnac : “Pourquoi nous cessons de respecter les contrôles judiciaires” », Le Monde, 3 décembre 2009.
  16. « Tarnac: la défense demande l'annulation des premiers éléments d'enquête », NouvelObs.com, 2 avril 2010.
  17. « Tarnac : demande d'annulation de l'enquête rejetée », 20minutes.fr, 22 octobre 2010.
  18. Appointments at the Communications Department of the sanofi-aventis Group, PR News Wire, 22 septembre 2004
  19. a, b et c « Julien Coupat, étudiant brillant et chef présumé des saboteurs », NouvelObs.com, 18 novembre 2008.
  20. a et b « SNCF : Julien Coupat, itinéraire du supposé saboteur », Le Point, 2 décembre 2008.
  21. Luc Boltanski, Ève Chiapello, Le Nouvel Esprit du capitalisme, Gallimard, Paris, 1999 (ISBN 9782070749959).
  22. a et b Chloé Leprince, « On a retrouvé les écrits du gardé à vue pour sabotages à la SNCF », Rue89, 13 novembre 2008.
  23. a et b « Les neuf de Tarnac », Le Monde, 20 novembre 2008.
  24. Eric Pelletier et Anne Vidalie, Tarnac, les sept clés de l'enquête - L'Express, 16 décembre 2008
  25. Rapport de la sous-direction antiterroriste de la direction centrale de la police judiciaire au procureur de Paris - 15 novembre 2008, sur le site de Mediapart [PDF]
  26. « TGV sabotés : les secrets de l’enquête » - Le Parisien, 13 novembre 2008
  27. « Sabotages: Trois suspects libérés » - Maud Pierron, Le JDD, 2 décembre 2008
  28. « Sabotages à la SNCF : le responsable présumé de la “cellule invisible” mis en examen et écroué » - Le Nouvel Observateur, 15 novembre 2008
  29. « Sabotages SNCF : trois suspects remis en liberté » - Le Monde, 2 décembre 2008
  30. a et b « Un pas vers la liberté pour Julien Coupat » - Libération, 20 décembre 2008
  31. « SNCF : la demande de libération de Julien Coupat rejetée » - Le Monde, 23 décembre 2008
  32. « Sabotages à la SNCF : Julien Coupat maintenu en détention » - Le Monde, 26 décembre 2008
  33. « Le juge ordonne la libération de Yildune Levy » - Libération, 14 janvier 2009
  34. « Sabotages SNCF : Yildune Levy, libre  » - Le Figaro, 16 janvier 2009
  35. « Coupat : La charge explosive de la cour d’appel » - Bakchich, 30 janvier 2009
  36. a et b « Affaire Tarnac : Julien Coupat reste en détention » - Le Monde, 13 mars 2009
  37. « Affaire de Tarnac : la libération de Julien Coupat imminente » - Le Monde, 28 mai 2009.
  38. Information d'« une source proche du dossier » reprise dans l'article du Figaro, « Une caution de 16 000 euros pour sortir de la Santé » (édition du 29 mai 2009, Rubrique France/Société, page 9).
  39. « Julien Coupat va épouser Yldune Lévy » - Le Monde, 15 juin 2009.
  40. Tarnac : lorsque les éclaircissements policiers jettent le trouble - Le Nouvel Observateur, 1er septembre 2010
  41. Affaire Tarnac : les tubes qui accusent Coupat - Le Nouvel Observateur, 18 février 2011
  42. Tarnac : les avocats préparent une plainte pour faux contre la police - Le Nouvel Observateur, 20 février 2011
  43. Quand le juge de Tarnac interloque - Libération, 16 mars 2012
  44. Site du Comité de soutien aux inculpés de Tarnac
  45. « Face à un pouvoir toujours plus absurde, nous ne dirons plus rien » - Le Monde, 16 mars 2009
  46. a et b « Julien Coupat : “La prolongation de ma détention est une petite vengeance” » - Le Monde, 25 mai 2009
  47. « Julien Coupat “lecteur” mais pas “auteur” de “l'Insurrection qui vient” » - Libération, 25 mai 2009
  48. « Coupat : “ma détention est une petite vengeance” » - Le Figaro, 25 mai 2009
  49. « Groupe de Tarnac Comité invisible : idées et actes »
  50. « Coupat l'ultragauche et la politisation du renseignement » - Rue89, 11 mai 2009
  51. « Sabotage : « Sans coupables, la police en fabrique » » - Propos de Sébastien Schifres recueillis par Aziz Zemouri, Le Figaro, 13 novembre 2008 : « Aujourd'hui, un intellectuel est en garde à vue pour ses idées. Il n'y a aucun élément matériel pour appuyer la thèse de la police. Et évidemment, quand la police ne trouve pas de coupables, elle les fabrique. En Julien Coupat elle a donc trouvé un faux coupable sous prétexte qu'il a écrit dans une revue révolutionnaire. »
  52. Positions de Mes Dominique Valles, Cédric Alépée et Irène Terrel dans « SNCF : cinq des neuf autonomes placés en détention provisoire après leur audition » - Le Monde, 16 novembre 2008
  53. « Libérez Julien Coupat ! » par Irène Terrel, Le Monde, 28 avril 2009.
  54. Gérard Coupat sur Europe 1 et RTL, 18 novembre 2008 [écouter en ligne].
  55. Le Canard enchaîné du 19 novembre 2008 titre : « Vandalisme à la SNCF : des zozos qualifiés de “terroristes” : la justice pique une crise… de caténaires. »
  56. Texte du syndicat Sud Intérieur Penser Tarnac et la récession qui vient du 29 avril 2009 [1]
  57. Un officier a déclaré « cette histoire de caténaire, ce n'est jamais que du vandalisme », Le Journal du dimanche, 23 novembre 2008
  58. « Non à l'ordre nouveau », Le Monde, 27 novembre 2008.
  59. « Sabotage SNCF: des intellectuels et la LDH dénoncent la législation antiterroriste », Libération, 27 novembre 2008.
  60. « Les briseurs de caténaires font dérailler la justice », Le Canard enchaîné, 19 novembre 2008, p. 3.
  61. «Caténaires de la guerre », Le Canard enchaîné, 17 décembre 2008, p. 8.
  62. Serge Quadruppani, « Extrême gauche : on fabrique un épouvantail médiatique », Rue89, 18 novembre 2008.
  63. « Tarnac résiste à l'arnaque », CQFD, décembre 2008, p. 11.
  64. http://www.africamaat.com/Le-KKK-s-implante-t-il-en-France.
  65. « Tarnac: le témoin à charge contre Coupat serait un mythomane », Mediapart, 22 janvier 2009.
  66. « Tarnac: le témoin contre Coupat serait un mythomane », Libération, 22 janvier 2009.
  67. « Tarnac: le témoin qui ne colle pas », TF1, 11 novembre 2009.
  68. « Tarnac: le témoin sous X manipulé par la police», Lepost, 13 novembre 2009]
  69. «  Tristan Waleckx. L'entretien exclusif avec le témoin sous X »,
  70. « Caténaires de la guerre », Le Canard enchaîné, 17 décembre 2008, p. 8.
  71. « Des neuf interpellés pour terrorisme, un seul est toujours incarcéré », Le Monde, 26 mars 2009.
  72. « Julien Coupat ou les nouveaux sorciers », Rue89, 27 avril 2009.
  73. Libération du 12 novembre 2008
  74. http://anarchie23.centerblog.net/6412750-Tarnac-communique-de-la-Federation-Anarchiste
  75. L’affaire des irlandais de Tarnac ?, Site des Verts
  76. Intervention sur RTL, 26 décembre 2008
  77. Le Jura libertaire
  78. Podcast sur liberation.fr
  79. « Voynet rend viste à Coupat », Le Figaro, 31 décembre 2008.
  80. Compte rendu de la 2e séance du 16 décembre 2008
  81. Julien Coupat héros grec - Le Point, 12 mars 2009
  82. Libération, 25 décembre 2008
  83. La Télé libre
  84. « Détention de Julien Coupat : la justice oublie « les leçons d'Outreau » » - Le Nouvel Observateur, 18 janvier 2009
  85. « Tarnac: Affrontement politico-judicaire » - Le Journal du dimanche, 23 janvier 2009.
  86. Tarnac ou l'antiterrorisme à grand spectacle, Le Monde, 2 février 2009.
  87. Retransmission vidéo de l'interview donnée à France inter
  88. Non à la détention arbitraire de Julien Coupat, Site du NPA
  89. Le jura libertaire
  90. Tarnac : maintenant ça suffit !, sur le site Rue89.
  91. Arnaud Montebourg, « Ce romantisme de Tarnac qu'on a jeté en prison » - Rue89, 28 mai 2009
  92. Le petit livre beige des saboteurs de la SNCF. Selon l'article, « le petit livre beige de 2005 ne figure pas parmi les documents saisis […] ».
  93. Rapport de la Sous-Direction Anti-Terroriste de la Direction Nationale de la Police Judiciaire au Procureur de Paris Citation : « [...] tel qu’il est mentionné au sein du pamphlet intitulé L’Insurrection qui vient signé du "comité invisible", nom du groupe constitué autour de Julien Coupat »
  94. « SNCF: l'étrange itinéraire du saboteur présumé », Le Figaro, 19 novembre 2008.
  95. Éric Hazan précise : « Avant cette affaire, on en avait vendu 8 000. Entre nos mains, une vente pareille c’est bien. Maintenant je ne sais pas où on est en. Ça n’a pas doublé, mais enfin on en a vendu pas mal depuis cette affaire, ça c’est sûr ! Depuis le début nous en sommes à deux réimpressions », « L’Insurrection qui vient est en avance sur l’horaire », AgoraVox, 12 décembre 2008.
  96. « Affaire Coupat : un éditeur entendu par l'antiterrorisme », Rue89, 9 avril 2009.
  97. Site du livre.

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notices[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]