Alois Hitler

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Alois Hitler, père d'Adolf Hitler

Alois Hitler (né Alois Schicklgruber), né le 7 juin 1837 à Strones (hameau de Döllersheim) et mort le 3 janvier 1903 à Leonding (Autriche) est le père d'Adolf Hitler. Il était fonctionnaire des douanes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Des origines incertaines[modifier | modifier le code]

Alois est né dans le hameau de Strones, proche du village de Döllersheim dans le Waldviertel, région forestière et vallonnée, fils d'une mère paysanne non mariée de 42 ans, Maria Anna Schicklgruber[1], dont la famille vit dans la région depuis plusieurs générations. Lors de son baptême à Döllersheim, l'espace pour le nom du père est laissé en blanc sur le certificat de baptême et le prêtre inscrit "Fils illégitime" [2]. À l'époque, Maria Anna vit chez la famille Trummelschlagen[réf. nécessaire] à Strones. Elle emménage alors chez son père, Johannes Schicklgruber, quelques maisons plus loin. Alois porte le nom de sa mère, Alois Schicklgruber.

Quelques années plus tard, Johann Georg Hiedler rejoint pour des raisons inconnues les Schicklgruber à Strones et épouse Maria le 10 mai 1842, sans pour autant reconnaître le garçon[3], alors âgé de 5 ans. Selon l'historiographie nazie, Maria aurait perçu une petite rente de Frankenberger, un riche commerçant juif de Graz pour lequel elle aurait travaillé quelques années plus tôt comme femme de ménage et cuisinière[4].

À l'âge de 10 ans, ses parents étant trop pauvres pour l'élever (une autre explication est que la santé de sa mère Maria est alors déclinante)[5], Alois est envoyé à la ferme de Johann Nepomuk Hiedler, frère de Johann Georg, à Spital, et travaille pour lui. Il va à l'école, tout en prenant des cours de cordonnerie. En 1850, il le quitte pour aller travailler comme apprenti cordonnier à Vienne[6].

Ses origines incertaines sont à l'origine de conjectures sur le père biologique d'Alois Hitler : Johann Georg Hiedler, Johann Nepomuk Hiedler et Leopold Frankenberger ont été cités. La plupart des historiens actuels sont convaincus que le père biologique d'Alois était Johann Georg Hiedler[5]. L'historien Werner Maser suggère lui plutôt Johann Nepomuk, fermier marié, qui selon lui aurait eu une liaison avec Maria et l'aurait mise enceinte. La naissance d'Alois menaçant son mariage, il aurait demandé à son frère Johann Georg d'épouser Maria, en échange de quoi il s'engageait à prendre soin de son fils[7].

Des opposants politiques à Adolf Hitler ont lancé des rumeurs dès les années 1920 selon lesquelles son grand-père paternel était un Juif, le nom de Leopold Frankenberger étant alors avancé. Hitler ordonne alors à la SS en 1931 d'enquêter sur ces rumeurs, elle ne trouve aucune preuve de cette ascendance juive[8]. Après l'adoption des Lois de Nuremberg, Hitler demande alors à un généalogiste du nom de Rudolf Koppensteiner de réaliser son arbre généalogique qui est publié dans le livre Die Ahnentafel des Fuehrers (L'arbre généalogique du Fuehrer) en 1937, l'arbre montrant que la famille d'Hitler est d'origine austro-allemande de race aryenne sans ascendance juive[9].

Le responsable nazi et premier avocat d'Hitler, Hans Frank, a affirmé pendant le procès de Nuremberg que son client lui avait dit en 1930 que l'un de ses proches essayait de le faire chanter en menaçant de révéler son ascendance juive. Hitler ayant demandé à Hans Frank d'enquêter, l'avocat prétend avoir montré qu'au moment où Maria Schicklgruber a donné naissance à Alois, elle travaillait chez Frankenberger, un riche commerçant juif de Graz, et que son enfant aurait été conçu hors mariage avec le fils de la famille âgé de 19 ans, Léopold Frankenberger[10]. Cette hypothèse est aujourd'hui rejetée puisqu'il semble invraisemblable qu'une paysanne se déplace pour aller travailler jusqu'à Graz, à plus de 170 km de sa région natale, alors que le travail manuel ne manque pas dans le Waldviertel au milieu du XIXe siècle. De plus, les Juifs furent expulsés de Graz au XVe siècle et autorisés à s'y réinstaller qu'à partir de 1860[4]. Pour François Kersaudy, les rumeurs sur ses origines juives auraient été suffisamment compromettantes pour qu'Adolf Hitler fasse détruire des dossiers sur ses origines et nie ses liens de parenté avec son neveu William Patrick Hitler (ce dernier évoquant les origines de la famille Hitler dans des interviews)[11].

Une vie sur la frontière[modifier | modifier le code]

En 1854, Alois achève son apprentissage de cordonnier. À cette époque, le gouvernement autrichien propose un recrutement dans la fonction publique pour les jeunes ruraux : après son service militaire, en 1855, il entre dans les douanes. Il a alors dix-huit ans. Dans les premiers temps, il change sans cesse de bureau et parcourt ainsi toute l'Autriche[6].

Vers 1860, il atteint le grade de Finanzwach Oberaufseher (sous-officier) à Wels avant d'être nommé Kontroll-Assistent en 1864. En 1871, il est envoyé à Braunau am Inn, comme contrôleur. Au même moment, il connaît sa première aventure, avec une certaine Thelka, dont on ne sait rien, excepté qu'il en aura un enfant illégitime[12].

Peu de temps après, il fait la rencontre d'Anna Glassl (1823-1883), fille adoptive d'un haut fonctionnaire des douanes, avec qui il se marie en 1873. On pense qu'il s'agit d'un mariage d'intérêt, puisque Anna provient d'une famille aisée : elle est de quatorze ans son aînée, et est déjà malade et invalide. Aucun enfant n'est né de cette union, probablement à cause de l'invalidité d'Anna[12].

En 1875, Alois Schicklgruber est nommé inspecteur des douanes à Braunau. L'année suivante, il demande la permission d'utiliser le nom de Hiedler (ou Hüttler), afin de bénéficier de l'héritage de Johann Nepomuk. Celui-ci sera son témoin, et le prêtre consentira à sa demande. Elle est enregistrée à Mistelbach le 6 janvier 1877 : il devient alors officiellement Alois Hitler, et non Hiedler, la graphie des noms n'étant pas fixée à cette époque[12].

Peu de temps après ses noces avec Anna, Alois entame une relation avec une jeune fille de dix-neuf ans, Franziska Matzelberger (1861-1884), une servante qui travaille à Braunau. Le 7 novembre 1880, Alois et Anna se séparent d'un commun accord. Cependant, le divorce étant interdit par l'Église, il ne peut épouser Franziska. Jalouse, cette dernière lui demande de limoger Klara Pölzl, la dernière femme de ménage qu'il a embauchée en 1876[12].

Le 13 janvier 1882, naît à Vienne Alois Matzelberger, fils illégitime du couple. À la mort d'Anna, ils se marient enfin, à Braunau, et légitiment le jeune Alois. En 1884, naît Angela (mère de Geli Raubal), mais cet événement a pour conséquence des complications pulmonaires, et la mère décède peu de temps après, le 10 août, à Ranshofen, à l'âge de vingt-trois ans. Alois se rapproche alors de Klara, sa petite cousine ou, si l'on retient l'hypothèse qu'il est le fils de Johann Nepomuk, sa nièce[13].

Ils se marient le 7 janvier 1885 au cours d'une courte cérémonie. Pour que le mariage ait lieu, Alois et Klara durent au préalable demander une dispense ecclésiastique, du fait de leur lien de parenté officiel. Insistant sur le fait que Klara avait été la nourrice de ses beaux-enfants et dissimulant qu'elle était déjà enceinte d'Alois, ils purent l'obtenir. De leur union naissent six enfants, dont deux seulement survivent. Le 20 avril 1889, naît Adolf et, le 21 janvier 1896, sa sœur Paula.

Les dernières années[modifier | modifier le code]

Canapé sur lequel meurt Alois Hitler, toujours visible dans l'auberge.
Tombe des parents d'Adolf Hitler photographiée vers 1984.

En 1890, Alois est nommé à Gross-Schenau. Il aime qu'on l'appelle « Herr Oberoffizial ». En 1892, il est nommé Zolloberamstoffizial à Passau (rang de Capitaine). Enfin, en 1895, il devient Leiter der Zollabteilung der Finanzdirektion Linz. À sa retraite, le 25 juin 1895, il touche la confortable pension de 1100 Gulden par an. Cela lui permet d'acheter une ferme de 4 hectares nommée Rauscher Gut, et située, selon les sources, à Hafeld ou Fischlam, près de Lambach au sud-ouest de Linz. Pourtant, la terre se révèle stérile et le prix du foncier dégringole, c'est un véritable fiasco.

En automne 1897, le couple revend la ferme et la famille déménage une fois encore à Leonding où Alois achète une maison avec un jardin. C'est ici qu'il exerce une vieille passion, l'apiculture : il installe des ruches dans son jardin. Au cours des années 1899-1900, Adolf Hitler a une dizaine d'années et les relations avec son père sont de plus en plus tendues.

Âgé de 65 ans, Alois décède le 3 janvier 1903, à l'auberge Gasthaus Stiefler alors qu'il buvait son verre de vin quotidien matinal dans un grand canapé en cuir et qu'il lisait son journal. Il meurt probablement d'une hémorragie pleurale. Adolf Hitler écrit dans Mein Kampf qu'il est mort d'une « attaque d'apoplexie » et qu'il respectait son père bien qu'il fût en conflit avec lui, Alois voulant qu'il devienne fonctionnaire alors qu'Adolf Hitler ambitionnait d'être peintre[12].

La tombe d'Alois Hitler et de sa femme Klara (morte quatre ans après son mari d'un cancer du sein et qui repose selon sa volonté aux côtés de son mari) dans le cimetière de Leonding devient un lieu de pèlerinage pour les milieux d'extrême-droite, notamment des néo-nazis. La sépulture est entretenue par les héritiers de la tombe, jusqu'à ce que la petite-fille d'Angela Raubal soit choquée à la Toussaint 2011 lorsqu'un vase est déposé dessus, avec l'inscription en allemand unvergeSSlich (inoubliables), avec le sigle des SS. Elle accepte d'abandonner ses droits et de faire retirer la pierre tombale le 27 mars 2012 sans aucune cérémonie[14]. L'emplacement de la tombe alors couvert d'un carré de gravier blanc et marqué par un arbre distinctif, reste cependant facile à localiser[15].

Descendance[modifier | modifier le code]

De ses trois épouses, Alois Hitler a eu huit enfants, plus semble-t-il un enfant adultérin avant ces mariages, sans que la chose soit totalement avérée et que l'on connaisse avec certitude le nom de la mère ni le nom de l'enfant.

De sa relation avec Franziska Matzelberger sont issus :

De sa relation avec Klara Pölzl sont issus :

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Schicklgruber signifie, en dialecte local, « celui qui creuse des puits »
  2. (en) Ian Kershaw, Hitler, 1889–1936 : Hubris, W. W. Norton & Company,‎ 2000, p. 3–9
  3. (en) John Toland, Adolf Hitler, Doubleday & Company,‎ 1976, p. 3-5
  4. a et b (en)John Toland, op. cité, p. 246-7
  5. a et b (en) Frank McDonough, Hitler and the rise of the Nazi Party, Pearson Education,‎ 2003, p. 20
  6. a et b (en) Rupert Colley, Hitler In An Hour, History In An Hour,‎ 2010 (lire en ligne), p. 38
  7. (en) Werner Maser, Hitler : Legend, Myth and Reality, Harper & Row,‎ 1973, 433 p.
  8. (en) Jack Fischel, The Holocaust, Greenwood Publishing Group,‎ 1998, p. 137
  9. (de) Rudolf Koppensteiner, Die Ahnentafel des Führers, Zentralstelle für Deutsche Personen- und Familiengeschichte,‎ 1937, 159 p.
  10. (en) Ron Rosenbaum, Explaining Hitler, Random House,‎ 1998, p. 20–21
  11. François Kersaudy, chapitre « Le mystère des origines », Les secrets du IIIe Reich, Perrin, 2013 (ISBN 978-2262037529), [EPUB] (ISBN 9782262041694), emplacements 69-421 sur 6948.
  12. a, b, c, d et e Marlis Steinert, Hitler, Fayard,‎ 1991, 722 p. (lire en ligne)
  13. (en) Walter C. Langer, The Mind of Adolf Hitler, Basic Books Inc.,‎ 1972, p. 114
  14. « La tombe des parents d'Hitler retirée », sur Le Figaro,‎ 30 mars 2012
  15. (en)« Adolf Hitler parents' tombstone in Austria removed », sur BBC,‎ 30 mars 2012

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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