Marie-Anne de Neubourg

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Marie-Anne de Neubourg
Marie-Anne de Neubourg, par W.Humer, huile sur toile, Düsseldorf, Stadtmuseum.
Marie-Anne de Neubourg, par W.Humer, huile sur toile, Düsseldorf, Stadtmuseum.
Titre
Reine consort d'Espagne, de Naples et de Sicile
14 mars 16901er novembre 1700
(10 ans, 7 mois et 18 jours)
Prédécesseur Marie-Louise d'Orléans
Successeur Marie-Louise-Gabrielle de Savoie
Duchesse consort de Milan, de Brabant, de Luxembourg et de Limbourg et
comtesse consort de Flandre
14 mars 16901er novembre 1700
(10 ans, 7 mois et 18 jours)
Prédécesseur Marie-Louise d'Orléans
Successeur Marie-Louise-Gabrielle de Savoie
Duchesse consort de Bourgogne
14 mars 16901er novembre 1700
(10 ans, 7 mois et 18 jours)
Prédécesseur Marie-Louise d'Orléans
Successeur Élisabeth Christine de Brunswick-Wolfenbüttel
Biographie
Dynastie Maison de Wittelsbach
Date de naissance 28 octobre 1667
Lieu de naissance Château de Benrath, Düsseldorf (Berg)
Date de décès 16 juillet 1740 (à 72 ans)
Lieu de décès Guadalajara (Espagne)
Sépulture Escurial
Père Philippe-Guillaume de Wittelsbach-Neubourg
Mère Élisabeth-Amalie de Hesse-Darmstadt
Conjoint Charles II d'Espagne

Marie-Anne de Neubourg
Reines consorts d'Espagne

Marie-Anne de Neubourg (1667-1740) fut reine consort d'Espagne, de Sicile et de Naples, duchesse consort de Bourgogne, de Milan, de Brabant, de Luxembourg et de Limbourg et comtesse consort de Flandre par son mariage avec Charles II d'Espagne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Marie-Anne était le douzième enfant de l'électeur palatin du Rhin, Philippe Guillaume de Neubourg, et de son épouse Élisabeth-Amalie de Hesse-Darmstadt. Elle fut élevée avec ses sœurs au château de Neubourg en Allemagne. Elle était assez attirante, grande, élancée, d'un physique agréable et rousse, mais égoïste et hautaine.[réf. nécessaire]

En 1689, Marie Louise d'Orléans, la première épouse du roi Charles II d'Espagne mourut, et les ministres espagnols durent rapidement lui trouver une nouvelle épouse. Marie-Anne fut choisie parmi d'autres candidates pour être la seconde femme de ce roi à cause de la haute fertilité des femmes de sa famille (sa mère avait donné le jour à 17 enfants). De plus, elle était la sœur d'Eléonore de Neubourg épouse de l'empereur Léopold Ier renforçant ainsi les liens avec le rameau autrichien de la maison de Habsbourg. Elle est également la petite fille de Georges II de Hesse-Darmstadt.

Mariage[modifier | modifier le code]

Le mariage par procuration eut lieu le 28 août 1689 à Ingolstadt en Allemagne, en présence de son beau-frère l'empereur Léopold et de sa sœur l'impératrice Éléonore, parmi d'autres invités prestigieux. Cependant, Marie-Anne n'arriva en Espagne que plusieurs mois plus tard, à l'été 1690. Elle épousa Charles en personne le 14 mai 1690 à San Diego, près de Valladolid. Ce mariage resta stérile, selon toutes vraisemblance à cause des problèmes de santé du roi.

Pendant le règne, Marie-Anne fit subir à son époux des crises de colères et des grossesses imaginaires. De plus, elle fut également compromise dans plusieurs complots à la Cour d'Espagne, et voulait que son neveu l'archiduc Charles d'Autriche devienne le futur roi d'Espagne. Cela va sans dire, elle était en de très mauvais termes avec sa belle-mère Marie-Anne d'Autriche, la reine mère, qui voulait que son arrière-petit-fils, Joseph-Ferdinand de Bavière monte sur le trône. Après de nombreuses disputes après sa belle-fille, la reine-mère décréta que « Deux soleils ne pouvaient pas vivre dans le même ciel ».

Durant un échange plus vif que les autres, elle dit à la jeune reine

« Apprenez à vivre, Madame, et sachez une bonne fois pour toutes que des personnes beaucoup plus élevées que vous se sont inclinées devant moi, des personnes sur lesquelles vous n'avez qu'un seul avantage, vous êtes l'épouse de mon fils, un honneur que vous devez à moi seule. »

Ce à quoi, Marie-Anne, hystérique, rétorqua : « C'est pourquoi je vous hais tant ! »

La plupart des courtisans espagnols haïssaient Marie-Anne, en partie parce qu'elle usait de tout son pouvoir pour obtenir autant d'argent qu'elle le pouvait pour sa famille palatine et pour elle-même, allant jusqu'à voler des tableaux précieux des collections royales pour les envoyer à ses proches en Allemagne.

Néanmoins, l'économie du royaume était loin d'être bonne et même Marie-Anne dut faire des sacrifices financiers. Elle fut notamment forcée de mettre en gage ses propres bijoux pour couvrir des dépenses que son mari n'avait pas les moyens d'assumer. Elle s'en plaint à sa famille, écrivant que ses sœurs avaient une meilleure dot qu'elle.

Sa colère s'accrut quand elle entendit que l'épouse précédente de son mari, Marie-Louise d'Orléans, avait emporté avec elle de magnifiques bijoux quand elle avait épousé Charles. Sa mère, Élisabeth Amalia, écrit à ce propos :

« Ce n'est pas vrai que la reine avait une dot plus petite que ses sœurs. Ni l'impératrice, ni la reine du Portugal, ni la princesse de Pologne n'ont reçu plus qu'elle. Bien sûr, elle ne peut pas se comparer à la fille du Duc d'Orléans, qui est la nièce du monarque le plus riche du monde, mais, d'un autre côté, je pense que c'est une honte qu'elle ait dû mettre en gage ses bijoux pour couvrir les dépenses de son époux. »

Veuvage[modifier | modifier le code]

Son mari mourut le 1er novembre 1700 à Madrid, et il demanda par testament que sa veuve reçoive une rente correcte chaque année, et qu'elle fût traitée avec respect par son successeur. Cependant, le nouveau roi, Philippe V, ordonna que Marie-Anne quitte Madrid avant son entrée dans la capitale.

La reine n'eut pas d'autre choix que de se réfugier dans la cité voisine, Tolède, où elle habita dans le vieil et sinistre Alcazar. Elle écrivit plusieurs lettres à sa famille, en Allemagne, la suppliant de l'aider. Au début de l'année 1701, son frère aîné, Jean-Guillaume, princé-électeur du Palatinat, écrivit à l'impératrice Éléonore cette lettre : « En ce qui concerne la reine d'Espagne, je suis sincèrement désolé pour cette pauvre dame, mais, à dire vrai, tout ce qu'elle subit est de sa faute, à cause de son mauvais comportement, et je pense que ce qu'elle demande à Votre Majesté est plus illusoire que réaliste. Mais si vous pouviez aider cette pauvre femme et la réconforter dans cette situation difficile, ce serait aussi une grande faveur pour moi… »

Malgré tout, Marie-Anne dut se résigner à demeurer dans le palais de l'Alcazar, où sa situation continua d'être très difficile. Fin 1704, la reine écrivit à sa mère, se plaignant en ces termes « Je suis complètement abandonnée, on ne me donne pas ma rente, ou, du moins, on en m'en donne que le tiers… par conséquent je n'ai que très peu de serviteurs, je ne peux pas en avoir car je n'ai pas d'argent pour les payer, et parfois je n'ai même pas assez de nourriture… je suis si malheureuse que je ne peux faire confiance à personne et j'ai peur que tout le monde m'abandonne. »

Deux ans plus tard, en 1706, son destin changea lorsque son neveu, l'archiduc Charles d'Autriche occupa la ville de Tolède avec l'armée impériale. Naturellement, Marie-Anne en fut ravie et l'accueillit avec joie, ce qui provoqua la colère du roi Philippe V qui l'expulsa d'Espagne quelques années plus tard. Elle se rendit à Bayonne, où elle vécut les décennies suivantes rue Montaut[1], oubliée de tous. En 1721, Saint Simon, ambassadeur spécial, en route pour Madrid, lui présenta des lettres du jeune Louis XV et du Régent, le duc d'Orléans, et nota dans ses Mémoires l'état de pauvreté de la douairière. En 1739, vieille et malade, elle fut finalement autorisée à retourner en Espagne. Elle s'installa dans le Palais de l'Infant à Guadalajara, où elle mourut le 16 juillet 1740. Elle est enterrée à l'Escurial.

Anecdote[modifier | modifier le code]

Elle a été mise en scène par Victor Hugo dans son drame romantique Ruy Blas, en 1838, où elle est nommée seulement « La Reine ». Ce drame a lui même très librement inspiré la comédie La Folie des grandeurs réalisée par le cinéaste français Gérard Oury en 1971 et dans laquelle « La Reine » est incarnée par Karin Schubert.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Édouard Ducéré, Histoire topographique et anecdotique des rues de Bayonne, tome 1, Bayonne, 1887-1889 (réimpression Marseille, 1978), pages 134 et 136.

Annexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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Sources[modifier | modifier le code]