Couvent Sainte-Marie de La Tourette

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Couvent de La Tourette
Image illustrative de l'article Couvent Sainte-Marie de La Tourette
Façade sud du couvent Sainte-Marie de La Tourette
Présentation
Culte Catholique romain
Type Couvent
Rattachement Ordre des Prêcheurs
Début de la construction 1956
Fin des travaux 1960
Architecte Le Corbusier
Autres campagnes de travaux 1981: restauration des toitures-terrasses
Style dominant Mouvement moderne
Protection Logo monument historique Classé MH (2011)
Label « Patrimoine du XXe siècle »
Site web www.couventlatourette.com/
Géographie
Pays France
Région Rhône-Alpes
Département Rhône
Commune Éveux
Coordonnées 45° 49′ 09″ N 4° 37′ 20″ E / 45.819167, 4.622222 ()45° 49′ 09″ Nord 4° 37′ 20″ Est / 45.819167, 4.622222 ()  [1]

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Couvent de La Tourette

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Couvent de La Tourette
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Le couvent Sainte-Marie de La Tourette se situe dans la commune d'Éveux, commune limitrophe de L’Arbresle, près de Lyon en France, et non sur le territoire communal de La Tourette.

Historique[modifier | modifier le code]

Répondant à l'invitation du Révérend Père Couturier du chapitre provincial des dominicains de Lyon, Le Corbusier élabore un projet suivant les préceptes de la communauté à partir de 1953 ; il y met en œuvre les cinq points de l'architecture moderne et les proportions du Modulor. Le chantier, débuté en 1956, est confronté à des difficultés de financement. Le couvent est finalement inauguré en octobre 1960. Le couvent fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 11 décembre 1979 remplacé par un classement en date du 16 décembre 2011 incluant les dépendances du couvent au titre de la protection[2]. Il est également labélisé « Patrimoine du XXe siècle ».

Grâce à deux mécènes, Spie Batignolles et Velux, le couvent ferme en 2006 pour des travaux de restauration concernant 3 des 4 ailes. Après 4 ans de travaux il rouvre ses portes, en février 2010, aux visiteurs et aux frères.

À l'automne 2011, débutent les travaux concernant l'église, la crypte et la sacristie[3].

Architecture[modifier | modifier le code]

L'ensemble conventuel comporte une église, un cloître, une salle de chapitre, des salles de cours, une bibliothèque, un réfectoire, des parloirs, des cuisines et une centaine de cellules individuelles, tout en béton armé brut de décoffrage. La conception est le fruit d'une collaboration étroite de Le Corbusier avec son associé André Wogenscky. Iannis Xenakis, compositeur et architecte, s'est particulièrement impliqué dans la création harmonique[4] des « pans de verre ondulatoires », vitrages verticaux sertis dans des panneaux géométriques (en claustra) de béton qui illuminent certaines parties telles que les galeries du cloître. L'église à notamment été détachée du reste des bâtiments, de façon à pouvoir aérer l'espace et ne pas donner de sensation d'étouffement.

On peut noter, devant les fenêtres du couvent, des "fleurs de pierre", c'est-à-dire des formations de béton dressées en face des grandes fenêtres des couloirs, comme pour en gâcher la vue. En réalité, Le Corbusier estimait que si une fenêtre donne directement sur un paysage, on finit très vite par l'oublier et ne plus y prêter attention. Le Corbusier a ainsi eu l'idée de ces "fleurs" afin que, pour pouvoir voir le paysage, le passant dans le couloir soit obligé de se pencher à la fenêtre et ainsi fasse plus attention au paysage environnant.

Le principe hors-sol de cette construction sur pilotis permet de conjuguer l'organisation horizontale des espaces intérieurs avec la forte déclivité du terrain (cependant que la terre ainsi « libérée » est devenue une friche de terre battue, sans aucune végétation). Le couvent constitue de ce fait l'un des premiers bâtiments français en forme de pyramide renversée[5]. Le couvent, isolé, s’insère dans le paysage naturel avec une grande expressivité ; on peut en apprécier le contraste depuis le versant opposé de la vallée. Le récent lycée Germaine-Tillion à Sain-Bel, qui a justement été érigé sur la colline en face, a été conçu de façon à rappeler l'architecture du couvent qui lui fait face.

Le Corbusier déclara : « Ce couvent de rude béton est une œuvre d'amour. Il ne se parle pas. C'est de l'intérieur qu'il se vit. C'est à l'intérieur que se passe l'essentiel. »

Réalisée avec une économie drastique, l'église fait l'objet d'un programme spécifique sur la lumière. Il s'agit d'un lieu plutôt sombre, car éclairé uniquement avec des fentes horizontales murales, l'essentiel de la lumière venant elle de la crypte (sur laquelle donne l'église). Cependant, ces fentes, parées de vitraux, ont été orientées selon la position du soleil et assurent ainsi un éclairage constant de l'intérieur. De plus, le haut du mur de l'église orienté vers l'ouest est troué sur toute sa longueur d'une large fente, qui permet au soleil couchant d'été d'éclairer pleinement l'église et de teindre la moitié du plafond en orange. La crypte absidiole, adjacente à l'église (l'église domine la crypte comme un balcon) est elle relativement colorée, comparé à la sobriété des autres bâtiments. Son élégante courbure lui donnent le surnom d' "oreille" ou de "piano". Son éclairage est lui traité au moyen d'un dispositif multiple de puits de lumière, conçus comme des cheminées. Ils sont métaphoriquement appelées « canons à lumière », car ils permettent un excellent éclairage de la crypte.

Les cellules des frères dominicains mettent en application l'optimisation d'un espace individuel minimal, adaptant le principe modulaire de Le Corbusier. Disposant d'un lit, d'un espace de toilette, d'un bureau et d'une loggia qui ouvre sur le grand paysage, organisant le repos, l'activité et la méditation.

Le réfectoire destiné aux rassemblements nombreux favorise davantage la communication, disposant de larges baies lumineuses intégrant le panorama à l'architecture.

Les toitures-terrasses sont restaurées en 1981.

Le centre Thomas-More[modifier | modifier le code]

Le couvent, toujours occupé par des dominicains de la province de France, est de nos jours accessible au public. Conçu à l'origine comme studium de la province de Lyon, lieu de formation pour les jeunes entrant dans l'ordre des Prêcheurs pour leurs sept années d'études. La Tourette accueille aujourd'hui de nombreux événements culturels.

Site Internet[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sergio Ferro, Chérif Kebbal, Philippe Potié, Cyrille Simonnet, Le Corbusier : Le Couvent de La Tourette, Marseille, Parenthèses, coll. « Monographies d'architecture »,‎ 1er mars 1988, 127 p. (ISBN 2-86364-047-X et 978-2-86364-047-0)

Pierre Boulais, Luc Moreau, La Tourette : Un couvent de Le Corbusier, Le Touvet, Pierre et Etienne Boulais,‎ 21 juin 2009, 160 p. (ISBN 978-2-9511736[à vérifier : isbn invalide], présentation en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées trouvées sur Géoportail et Google Maps
  2. « Notice no PA00117761 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. Le Moniteur no 5621 du 19 août 2011.
  4. Xenakis recourut à la suite de Fibonacci pour déterminer les proportions rythmiques des séries de vitrages blancs.
  5. « Notice no PA00117761 », base Mérimée, ministère français de la Culture.