Villa Savoye

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Villa Savoye
Villa Savoye
Villa Savoye
Présentation
Période ou style Mouvement moderne
Type Villa
Architecte Le Corbusier
Destination initiale Villa de week-end
Propriétaire État français
Destination actuelle Musée
Protection Logo monument historique Classé MH (1965)[1]
Label « Patrimoine du XXe siècle »[1]
Site web villa-savoye.monuments-nationaux.fr
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Yvelines
Commune Poissy
Localisation
Coordonnées 48° 55′ 28″ N 2° 01′ 42″ E / 48.92444, 2.0283348° 55′ 28″ Nord 2° 01′ 42″ Est / 48.92444, 2.02833  

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Villa Savoye

La villa Savoye (photo) est une villa construite de 1928 à 1931 par l'architecte Le Corbusier, sur la commune française de Poissy, dans les Yvelines. Située sur un terrain de huit hectares, cette construction, baptisée « les Heures claires » par ses propriétaires et de « machine à habiter » par son architecte, achevait la période dite des villas blanches de l'architecte. Elle est constituée d'un parallélépipède blanc soutenu par de fins pilotis, couvert de fenêtres en bandeau et surmonté de toits-terrasses. Elle mesure 9,40 m de haut, 21,50 m de long et 19 m de large.

Présentation[modifier | modifier le code]

Villa de week-end pour la famille Savoye (Pierre, cofondateur à Lille en 1907 de la société de courtage d'assurance Gras Savoye[2] et son épouse Eugénie) qui accepte le projet, c'est un manifeste de modernité qui affirme une volonté architecturale satisfaisant « à l'intérieur, tous les besoins fonctionnels ».

Le Corbusier décrit les Savoye comme des clients « dépourvus totalement d'idées préconçues : ni modernes ni anciens »[3]. La villa est une « boite en l'air »[4] située dans une pelouse entourée de prairies et de vergers dominant la vallée de la Seine. Elle est la parfaite illustration issue des recherches formelles sur la théorie des cinq points de l'architecture moderne formulée par le concepteur suisse en 1927, pour théoriser les principes fondamentaux du Mouvement moderne : les pilotis, les toits-terrasses, le plan libre, la fenêtre en bandeaux et la façade libre.

Visite[modifier | modifier le code]

A 15 mn du RER-A Poissy, visite tous les jours sauf le lundi, de 10h à 17h (7,50 €). Voir la fiche des Monuments nationaux (ici).

Plan de la villa[modifier | modifier le code]

La Villa Savoye est construite sur pilotis. Ils soutiennent le premier étage qui est le véritable espace de vie de la maison. Le rez-de-chaussée est destiné aux domestiques et au garage. Il y a également un solarium sur le toit. On accède au premier étage par une rampe en pente douce depuis l'entrée ou par un escalier en colimaçon. Une grande partie du premier étage est occupée par la terrasse qui donne sur une autre rampe qui mène au solarium. Les pièces de l'étage sont disposées autour de cette terrasse, à commencer par le grand séjour, séparé de la terrasse par une baie vitrée. Derrière ce séjour se trouve la cuisine fonctionnelle, avec des plans de travail et des robinets intégrés. De cette cuisine à l'angle, on peut accéder à un patio. De l'autre côté de la terrasse, on accède aux chambres: la chambre d'ami, la chambre du fils et celle des parents. Sur le côté de cette dernière se trouve un petit salon qui donne sur la terrasse.

L'aménagement de la villa a été pensé de manière à faciliter la vie en son sein. Certains éléments du bâtiment sont incorporés à l'ensemble comme la terrasse qui est une sorte de cour intérieure, ou encore le garde-corps de l'escalier. Mais surtout, les rangements ont été pensés lors de l'élaboration du plan; de telle manière que tous les placards sont intégrés aux pièces. Les Savoye, malgré leur absence totale d'idées préconçues, ont voulu une résidence fonctionnelle. Le Corbusier a créé une maison fonctionnelle en illustrant les cinq points d'une architecture nouvelle qu'il avait publiée un an auparavant.

Historique[modifier | modifier le code]

Les Savoye habitent la villa de 1931 à 1940. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle est occupée successivement par les Allemands puis les Alliés qui l'ont gravement endommagée. En 1958, la ville de Poissy exproprie les Savoye ; la propriété est alors amputée de six hectares pour la construction d'un lycée et la villa est utilisée comme Maison des jeunes et de la culture.

En 1962 la ville de Poissy cède la maison à l'État. La prise de conscience de la dimension universelle de la villa conduit à sa restauration à partir de 1963. La procédure de classement est entamée du vivant de Le Corbusier. Le bâtiment est classé au titre des monuments historiques par arrêté du 16 décembre 1965[1] quelques mois après le décès de son créateur[5]. Après des années d'abandon, sous l'impulsion du ministre de la Culture de l'époque, André Malraux, des travaux de restauration sont effectués et durent jusqu'en 1997. La maison est désormais ouverte au public ; elle est située au 82, rue de Villiers.

Quelques dates[modifier | modifier le code]

  • 1928 : Pierre Savoye et son épouse choisissent Le Corbusier pour la construction de leur maison de week-end. La construction d'une « boîte sur pilotis » est acceptée par les propriétaires.
  • 1928 : Début de la construction.
  • 1931 : Les Savoye emménagent. Des travaux de reprise de l'étanchéité et du chauffage sont nécessaires.
  • 1940-1945 : La maison est occupée par les Allemands puis les Alliés et se retrouve gravement endommagée.
  • 1958 : La ville de Poissy exproprie les Savoye pour construire un lycée sur une partie du terrain. Il est envisagé de démolir la villa.
  • 1962 : La ville cède la villa à l'État qui prend des mesures conservatoires.
  • 1963 : Début de la restauration générale de la villa par l'architecte Jean Dubuisson, puis par Jean-Louis Véret entre 1985 et 1992.
  • 1997 : la villa est rouverte au public.

Héritage[modifier | modifier le code]

Imitation en noir de la Villa Savoye dans l'hémisphère sud, à Canberra, Australie

La Villa Savoye fut un bâtiment très influent dès les années 1930 et de nombreuses imitations ont été réalisées partout dans le monde[6]. Le bâtiment est en vedette de deux livres extrêmement influents de l'époque : The International Style écrit par Henry-Russell Hitchcock et Philip Johnson (publiées en 1932), et The Modern House de F. R. S. Yorke (publié en 1934), ainsi que le deuxième volume de la série de Le Corbusier lui-même Les Œuvres complètes. Dans son essai de 1947 The Mathematics of the Ideal Villa, Colin Rowe a comparé la Villa Savoye à la Villa Rotonda de l'architecte Andrea Palladio[7].

La liberté laissée à Le Corbusier par les Savoye a conduit à une habitation davantage régie par ses cinq principes que par les besoins des occupants. Et c'est la dernière fois que ces préceptes ont autant marqué, et d'une façon si complète, son architecture ; de là en découle la fin d'une série de bâtiments dominés par la couleur blanche[8],[9]. Ces cinq points ont d'ailleurs été critiqués d'un point de vue général et plus spécifiquement pour la Villa Savoye[10] :

  • le pilotis de soutiens ont tendance à être plus symbolique que représentant de la structure réelle.
  • le toit fonctionnel se trouve plus être une source de fuite d'eau pour les étages inférieurs.

L'aile ouest de l'Australian Institute of Aboriginal and Torres Strait Islander Studies à Canberra, conçue par Ashton Raggatt McDougall, est une réplique exacte de la Villa Savoye, à l'exception de sa couleur noire, « une sorte d'inversion, une réflexion, mais aussi une sorte d'ombre » selon l'architecte[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Notice no PA00087573 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. Ellen Guineheux, « Gras Savoye maîtrise le risque depuis 101 ans », Les Échos, 1er août 2008. Consulté le 12 octobre 2008.
  3. [PDF] Bruno Marchand, Théorie de l'architecture, Laboratoire de théorie et d'histoire, EPFL, vol. IV : « La période héroïque du Mouvement moderne : Les années 1910, 1920 et 1930 », chap. 3 : « Le plan libre : Le Corbusier et les cinq points de l'architecture moderne », p. 40.
  4. [PDF] « Villa Savoye : Un manifeste de la modernité », sur le site du Centre des monuments nationaux : document de visite.
  5. Line Touzeau, La protection du patrimoine architectural contemporain. Recherche sur l'intérêt public et la propriété en droit de la culture, L'Harmattan, 2011, p. 112
  6. Curtis (2006), p98
  7. Rowe (1987), p13
  8. Gast (2000), p66
  9. Curtis (2006), p108-112
  10. Gast (2000), p71
  11. Macarthur, John: Australian Baroque, in Architecture Australia, March/April 2001

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]