Marc Antoine Louis Claret de La Tourrette

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Marc Antoine Louis Claret (de Fleurieu) de La Tourrette (ou de Latourrette) est un botaniste français, né le 11 août 1729 à Lyon et mort en 1793.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père, Jacques-Annibal Claret de La Tourrette (1692-1776), qui appartient à la magistrature lyonnaise, fut anobli par Louis XV.

D'abord conseiller à la Cour des Monnaies, Marc-Antoine-Louis consacre ses loisirs à l'histoire naturelle et se constitue un important herbier. Mais après vingt années d'exercice il renonce à ses fonctions pour se consacrer entièrement à ses études sur l'histoire naturelle et plus particulièrement à la botanique, en gardant aussi une place à l'archéologie et à l'histoire.

Dès 1763, il entreprend d'installer le jardin botanique de l'École vétérinaire de Lyon, prévu sur les pentes de la Croix Rousse, et cela avec l'aide de l'abbé Rozier. Puis il installe pour lui un jardin d'acclimatation important sur les pentes de Fourvière. En 1766, c'est dans le parc de la Tourrette qu'il organise un parc botanique où l'on comptera bientôt plus de 3000 espèces, arbres et plantes et arbres étrangers. Son herbier de plus de 1000 plantes est au parc de la Tête d'Or. Il fait de nombreux voyages pour enrichir ses collections, autour de Lyon mais aussi à l'étranger comme en Italie.

Le 20 janvier 1767 et malgré ses occupations, il devient secrétaire perpétuel de l'Académie de Lyon pour la section des Sciences (dont il est membre depuis ses 25 ans), jusqu'à sa mort en 1793. Son père Jacques-Annibal était aussi de l'Académie mais dans la section Lettres.

Marc-Antoine Louis termine sa carrière tranquillement à l'âge de 64 ans. Né d'une faible complexion, il n'avait cependant pas éprouvé de grandes maladies ; sa sobriété et sa tempérance l'ont conduit sans infirmité à un âge avancé. Depuis quelques années il avait éprouvé de gros rhumes et était devenu sujet à des anxiétés, accompagnées d'une forme de jaunisse. À l'automne 1793, les fatigues et les inquiétudes que le siège de Lyon rendent communes à tous les habitants, lui causent une péripneumonie qu'il néglige ; dès le quatrième jour les signes de la gangrène se développent, il ne recourt aux secours de la médecine qu'au moment où il ne peut plus rien en attendre. Il succombe sous les atteintes d'une maladie dont il n'était plus temps d'arrêter les progrès.

Travaux[modifier | modifier le code]

Il rencontre ou entre en correspondance avec les botanistes de son époque : Carl von Linné (1707-1778), Albrecht von Haller (1708-1777), Jean-Emmanuel Gilibert (1741-1814), Bernard de Jussieu (1699-1777) et Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), son ami, sans oublier l'abbé Rozier. La correspondance entre Rousseau et La Tourrette fut d'ailleurs publiée.

Le plus important travail laissé par Marc-Antoine-Louis est Démonstrations Élémentaires de Botanique (Lyon 1766, 2 vol. in-8), parfois attribué exclusivement à tort à l'abbé Rozier. Le succès fut certain malgré l'époque défavorable : 4 éditions en 18 ans. L'abbé Rozier prêta son concours pour la première édition, et la quatrième fut augmentée par Jean-Emmanuel Gilibert, autre botaniste qui fut médecin et Maire de Lyon. Cet ouvrage était destiné à l'instruction des élèves de l'École vétérinaire.

Il est membre de l’Académie des sciences en 1772. Il est notamment l’auteur de Chloris lugdunensis (1785). Il publie en 1761, un Mémoire sur les végétaux. Il étudie les mousses et les champignons de la région lyonnaise. Il étudie l'influence du climat, des engrais et des labours sur les végétaux qui croissent sous ses yeux, et s'efforce, par l'alliance de l'histoire naturelle, de la chimie et de la physique, d'augmenter la valeur du sol exploité. Marc-Antoine ne fut pas seulement un amateur érudit mais réellement un savant. En botanique il innova en étudiant, avant les autres, les lichens, y compris les espèces habituées à d'autres climats. Il rassembla aussi une collection d'insectes et une collection de minéraux.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Mémoire sur les végétaux, 1761
  • Démonstrations élémentaires de botanique, contenant les principes généraux de cette science, l’explication des termes, les fondemens des méthodes, et les élémens de la physique des végétaux ; la description des plantes les plus communes, les plus curieuses, les plus utiles, rangées suivant la méthode de M. de Tournefort et celle du chevalier Linné, leurs usages et leurs propriétés dans les arts, l’économie rurale, dans la médecine humaine et vétérinaire ; ainsi qu’une instruction sur la formation d’un herbier, sur la dessiccation, la macération, l’infusion des plantes…, 1766 ; 2e éd., Lyon : chez Bruyset, 1773, 2 vol. in-8° ; 3e éd. (corrigée et considérablement augmentée), Lyon : chez Bruyset, frères, 1787, 3 vol. in-8° ; 4e éd. en 1793, 4 vol. ; Lyon : Bruyset aîné, 1796, 2 vol. in-4°
  • Voyage au mont Pilat dans la province du Lyonnais, contenant des observations sur l'histoire naturelle de cette montagne, & des lieux circonvoisins ; suivi du catalogue raisonné des plantes qui y croissent, Avignon : Regnault, 1770
  • Chloris lugdunensis, 1785

Sources[modifier | modifier le code]

  • Pierre Jacquet, « Un botaniste lyonnais méconnu du dix-huitième siècle : Marc-Antoine Claret de La Tourrette (1729-1793) », Bulletin mensuel de la Société linnéenne de Lyon, 1999, 68 (4), p. 77-84.
  • M. de Bory, « Éloge de M. de Fleurieu », in Antoine-François Delandine, Manuscrits de la bibliothèque de Lyon ou notices sur leur ancienneté, 1776
  • Aimé de la Rohe, Almanach astronomique et historique de la ville de Lyon et des provinces, 1787, p. 88

Liens externes[modifier | modifier le code]

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