Marie-Alain Couturier

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Le père dominicain Marie-Alain Couturier, né le 15 novembre 1897 à Montbrison (Loire) et mort le 9 février 1954[1], est un artiste et, surtout, un théoricien de l'art, qui fut l'un des principaux acteurs du renouveau de l'art sacré en France au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ancien élève de Maurice Denis, dont il avait intégré les ateliers d'art sacré, il opposera au vieux maître une nouvelle vision de l'art d'église.

Chargé en 1937, avec le père Pie Raymond Régamey, de la direction de la revue L'Art sacré, il y développe la nécessité de rompre avec l'académisme pour faire appel aux plus célèbres et talentueux des artistes quelles que soient leurs pratiques religieuses :

« La décadence des arts sacrés a aussi des causes spirituelles et sociales. Mais ses causes artistiques se ramènent toutes à l'académisme, directement ou par contre-coup[2]. »

En 1950, dans un article intitulé « Aux grands hommes les grandes choses », il s'indigne que :

« Cent vingt églises ont pu être bâties autour de Paris sans qu'un seul des grands architectes français, respectés du monde entier, ait été seulement consulté[3]. » « Il vaut mieux, estime-t-il, s'adresser à des hommes de génie sans la foi qu'à des croyants sans talent[4]. »

En effet, pour lui, « tout art véritable est sacré. »

C'est donc aux plus grands artistes de son temps que le père Couturier fera appel pour décorer l'église Notre-Dame-de-Toute-Grâce du plateau d'Assy : Pierre Bonnard, Fernand Léger, Jean Lurçat, Germaine Richier, Georges Rouault, Jean Bazaine, Henri Matisse, Georges Braque, Jacques Lipchitz et Marc Chagall, entre autres.

L'audace de certaines œuvres et l'indépendance des artistes déclencheront la querelle de l'art sacré.

Il meurt des complications de la myasthénie à l’âge de 57 ans.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Notice d'autorité du catalogue général de la BNF.
  2. Cité in : Sabine de Lavergne, Art sacré et modernité. Les grandes années de la revue L'Art sacré, Paris, Cessius, 1999, p. 29.
  3. Cité in : Dominique de Ménil et Pie Duployé, Art sacré. M. A. Couturier, Menil Foundation / Herscher, 1983, p. 34.
  4. Ibid.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • A. Lion (éd.), Marie-Alain Couturier, un combat pour l'art sacré, Actes du colloque de Nice, 3-4 décembre 2004 (ISBN 2864104342)
  • Jean-Christophe Stuccilli, "À l'image de Dieu. Marcel Michaud et l'art sacré", dans Le Poids du monde. Marcel Michaud (1898-1958), sous la direction de Laurence Berthon, Sylvie Ramond et de Jean-Christophe Stuccilli, Lyon, musée des Beaux-Arts, 22 octobre 2011 - 23 janvier 2012, Lyon, Fages éditions, 2011, 320 p. (ISBN 9782849752517)
  • « Se garder libre » Journal (1947-1954) (Marie-Alain Couturier, éditions du Cerf, 1962)

Article connexe[modifier | modifier le code]