François Morellet

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François Morellet en 1995.

François Charles Alexis Albert Morellet, dit François Morellet, est un artiste contemporain français, peintre, graveur et sculpteur, né le à Cholet (Maine-et-Loire)[1]. Il est considéré comme l’un des acteurs majeurs de l’abstraction géométrique de la seconde moitié du XXe siècle et un précurseur du minimalisme. Il fut également industriel de 1948 à 1975.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dès la fin des années 1940, la peinture de François Morellet s'efforce d'évacuer la subjectivité individuelle en obéissant à des préoccupations collectives. Après une courte période figurative (1947-1950), il amplifie cette évolution vers un art délivré de tout romantisme en choisissant l'abstraction en 1950, sous l'influence de Pierre Dmitrienko (1925-1974) : il adopte alors un langage géométrique très dépouillé, marqué par l'exemple de Mondrian, composé de formes simples (lignes, carrés, triangles), dans un nombre limité de couleurs, assemblés dans des compositions élémentaires sur deux dimensions. Ces recherches sont marquées par l’œuvre de Max Bill et l’Art concret, découverts lors d’un voyage au Brésil en 1951, et par les motifs géométriques de l’Alhambra de Grenade, admirés en 1952.

Jusqu'en 1960, Morellet établit les différents systèmes d'arrangement des formes qu'il emploie (superposition, fragmentation, juxtaposition, interférences…), en créant notamment sa première « trame », un réseau de lignes parallèles noires superposées selon un ordre déterminé.

De 1961 à 1968, il est l’un des créateurs et protagonistes de l'Art cinétique au sein du Groupe de recherche d'art visuel (GRAV) avec cinq autres artistes : Francisco Sobrino, Horacio Garcia Rossi, Julio Le Parc, Yvaral et Joël Stein, ainsi que François et Vera Molnar[2]. Il participe également au mouvement international de la Nouvelle Tendance. Il cherche dans ce contexte à créer un art expérimental qui s'appuie sur les connaissances scientifiques de la perception visuelle et qui soit élaboré collectivement.

En 1963, Morellet commence à créer des œuvres avec des tubes de néon, comme l'artiste américain Dan Flavin.

Après 1970, débute pour lui une troisième période marquée par la création d'œuvres de plus en plus dépouillées, qui jouent avec leur support et l'espace qui les environne. Il réalise alors un grand nombre d'intégrations architecturales, depuis sa première intervention monumentale sur le plateau de la Reynie (Paris, Beaubourg) en 1971.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Sphère - trames (1962) de François Morellet, au Museum Abteiberg.

Pour Morellet, l’œuvre d’art ne renvoie qu’à elle-même. Son titre, généralement sophistiqué (l’artiste aime les jeux de mots), indique la règle du jeu qui a présidé à son élaboration.

Morellet entend contrôler le processus de création et démystifier la mythologie romantique de l'art et de l'artiste, en justifiant chacun de ses choix par un principe établi au préalable, qui peut d'ailleurs aller jusqu’à faire intervenir le hasard dans certaines composantes de l’œuvre. Ainsi, il multiplie les références mathématiques dans son travail, dont certains titres expriment l'idée que ses œuvres sont construites sur la base d'équations et de systèmes numériques (généralement complètement inventées)[3]. Des inspirations avec les arts de l'islam ont été évoquées[4].

L’application rigoureuse des notions de géométrie, apporte au fil des années une approche spatiale qui le situe d’emblée à l'avant garde de l'art concret ou art minimal. Trois artistes américains, Ellsworth Kelly, Frank Stella et Sol LeWitt ont poursuivi des recherches similaires à celles de François Morellet. Cela aboutit à une création d’où le sentiment est absent :

« Une expérience véritable doit être menée à partir d'éléments contrôlables en progressant systématiquement suivant un programme. Le développement d'une expérience doit se réaliser de lui-même, en dehors du programmateur[5]. »

Cette recherche de la neutralité active conditionne le propos de François Morellet et l’inscrit dans une contemporanéité certaine qui peut se définir par des expérimentations comme les Répartitions aléatoires et les Trames depuis les années 1950, les Désintégrations architecturales depuis 1971, les Géométrees depuis 1983, les Défigurations depuis 1988, les Déclinaisons de pi depuis 1998.

Artiste à forte réputation internationale usant de multiples supports comme matériaux (toiles, tableaux, adhésifs, néons, surfaces de bâtiments, etc.), il jouit d’une grande considération en France et en Allemagne se manifestant par un nombre important de commandes publiques et privées ainsi que dans de nombreux pays européens comme la Suisse, la Grande-Bretagne, l’Italie, les Pays-Bas de même qu'aux États-Unis. Son intervention sur le lieu au travers d’une pratique in situ lui fait explorer les domaines de l’installation et de l’environnement.

Du 20 juin au 16 septembre 2007, il propose au musée d’art moderne de la Ville de Paris un projet d’exposition « Blow-up 1952-2007 », posant la question de l’agrandissement et de la reprise d’œuvres antérieures.

Second artiste à voir de son vivant une œuvre exposée au Louvre, François Morellet a inauguré le 27 janvier 2010 un décor pérenne commandé par le musée du Louvre, L'Esprit d'escalier. Il a investi les baies et oculi de l'escalier Lefuel (aile Richelieu), édifié au milieu du XIXe siècle, et « s'amuse à fragmenter et déstabiliser les vitrages en ferrailles un peu frustes, en les confrontant à leur propre image réalisée grâce à une technique ancienne et précieuse des maîtres verriers. »


Liste d'œuvres[modifier | modifier le code]

Biblio-filmographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • 1984 : Jean-Paul Arrivé, « Geométrees », 23 minutes. Production DAP, Association des Amis du musée de La Roche- sur-Yon
  • 1987 : Jean-Pierre François et Hervé Dresen, « François Morellet et la clé de Saint-Pierre », 13 minutes. Production DAP, Secrétariat Général du Groupe Central des Villes Nouvelles, Vidéox, les ateliers d'été de Cergy-Pontoise
  • 1990 : Christophe Loizillon, "François Morellet", 26 minutes. Production DAP, Centre Georges Pompidou, la Sept-Arte, Lazennec tout court Distribution: Lazennec tout court
  • 1997 : Claude Guibert « François Morellet », 13 minutes. Encyclopédie audiovisuelle de l'art contemporain, production Imago
  • 1999 : Camille Guichard, « François Morellet », avec la participation de Daniel Soutif, 52 minutes. Production Terra Luna Films, France 5, France 3 Ouest, Centre Georges Pompidou
  • 2010 : Claire Laborey, série documentaire « L'Art et la Manière » de Jean-Paul Boucheny diffusée sur Arte, épisode « François Morellet », 26 minutes (diffusion à 17h15 le dimanche 22 janvier 2012).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir sur academieroyale.be.
  2. Ceux-ci quitteront très rapidement le groupe. Voir sur fondation-salomon.com.
  3. Rétrospective de François Morellet 2011 au Centre Pompidou.
  4. Véronique Rieffel, Islamania, De l’Alhambra à la burqa, histoire d’une fascination artistique, éd. Beaux-Arts Magazine, 2010 (ISBN 978-2-842-78785-1).
  5. François Morellet, Pour une peinture expérimentale programmée, 1962

Liens externes[modifier | modifier le code]