Voile latine

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La voile latine est une voile triangulaire (alla trina).

Description[modifier | modifier le code]

Schéma d'une voile latine.
Une voile latine sur une barquette marseillaise.

La voile latine a été utilisée sur tous types d'embarcations, depuis les modestes pointus jusqu'aux plus lourds dromons byzantins. Son gréement est ici composé d'une vergue appelée antenne. L'antenne, longue et mince, qui croise le mât en oblique est composée généralement de deux parties qui sont liées entre elles par des roustures. Ces deux pièces sont nommées la penne et le quart encore nommé car, carneau, carnau[1]; ce dernier constitue la partie inférieure, il est plus rigide que la penne. L'antenne descend jusqu'à l'avant du bateau, où elle est fixée (point d'amure). Les bandes de ris sont hautes et parallèles à l'antenne. Il n'y a pas de bôme.Le principal avantage de la voile latine par comparaison avec des voiles carrées où à bôme est de pouvoir en actionnant le quart, fonctionner en trois dimension et en particulier se mettre par vent arrière perpendiculaire à la marche du navire.

Au virement de bord, il faudrait donc changer l'antenne de côté par rapport au mât pour conserver un bon rendement. Dans les faits, il est très difficile, voire impossible de changer l'antenne de côté lors d'un virement de bord, car la longueur de la portion de l'antenne sur l'avant du mât est pratiquement toujours supérieure à la hauteur de ce même mât. cependant cette manœuvre de changement de coté appelée "gambillage" est pratiquée sur les petites embarcations inférieures à 10 mètres: face au vent lors du virement pour les gréement où l'emplanture du mat est au 1/3 avant (vètes, barquettes, rafiots...) en empannant et en faisant passer l'écoute de la voile devant le mât pour les barques catalanes. Lorsque l'antenne se trouve au vent, la voile est plaquée sur le mât, et son rendement est alors moindre.

La voile latine est le gréement traditionnel du pourtour méditerranéen, il arme la barquette marseillaise, la barque catalane, la bette, le caïque, le chébec, le boutre, la felouque, la gourse, le mourre de pouar, le pointu et la tartane. C'est aussi le premier gréement des caravelles qui sont parties faire les grandes découvertes maritimes. La taille de l'antenne étant limitée par le poids des bois utilisés, ce seront les voiles carrées qui armeront les bateaux plus grands et qui rendront la navigation plus sûre. Bien que la forme des carènes des navires utilisateurs de la voile latine n'ait été guère favorable à la navigation au près, l'efficacité de la voile latine pour remonter le vent au près n'a pas été égalée avant l'invention de la voile bermudienne ou gréement "Marconi".

Origine[modifier | modifier le code]

Schéma d'un dromon à deux voiles latines.

La voile latine peut-être dérivée de la voile triangulaire austronésienne, et a pu arriver dans l'océan Indien avec les Austronésiens qui ont peuplé Madagascar. De là, elle aurait été introduite via la route byzantine de l'encens, des épices et des pierres précieuses en Égypte et en Méditerranée, sans doute vers 200 de notre ère[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire de marine Grüss
  2. Horridge, Adrian, "Chapter 7. The Austronesian Conquest of the Sea — Upwind", The Austronesians - Historical and Comparative Perspectives (Peter Bellwood, James J. Fox et Darrell Tryon éds.), Australian National University, 2006, p. 146

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]