Louis Lapicque

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Louis Édouard Lapicque, né le 1er août 1866 à Épinal et mort le 7 décembre 1952 à Paris est un médecin et physiologiste français, spécialiste du système nerveux. On lui doit en électrophysiologie le concept de chronaxie comme paramètre de l'excitabilité nerveuse.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un vétérinaire, il suit sa scolarité au collège d'Épinal où il participe en 1884 à la création du premier club de football des Vosges. Après son baccalauréat il étudie la médecine à Paris et obtient en plus de son doctorat en médecine, un doctorat en sciences.

Dès 1892, il voyage en Extrême-Orient où il mène des études sur la morphologie humaine. Grâce à ses deux doctorats, il obtient un poste de maître de conférence à la faculté des Sciences de Paris en 1899 avant d'être nommé professeur titulaire de la chaire de Physiologie générale. Étant membre de l'Académie de médecine et de l'Académie des sciences, il entreprend, dès 1903, des travaux sur l'excitabilité nerveuse humaine par le courant électrique et il contribue au développement de la neurologie.

Il publie également un article très influent en neurosciences computationnelles et théoriques[1], en introduisant le modèle « intègre et tire » (integrate and fire), toujours très utilisé à l'heure actuelle (voir la traduction en anglais de cet article à l'occasion du centenaire de sa parution[2]).

Il épousa Marcelle de Heredia (1873-1962), neurophysiologiste également, fille de Severiano de Heredia, député républicain de la Seine en 1881 et ministre des Travaux publics en 1887. Leur neveu (et fils adoptif) Charles Lapicque (1898-1988) devint après des études scientifiques un peintre connu.

Républicain et franc-maçon, il milite pour les idées socialistes, la laïcité, les libertés de culte et de pensée et les droits de la femme. Altruiste, il ne se présente cependant à aucune élection mais demande à servir comme médecin militaire en 1914-1915. Il devient ensuite médecin-chef au 53e régiment d'infanterie. Il n'oublie pas sa région natale et participe avec Maurice Pottecher, Eugène Gley et Jules Méline à l'association vosgienne de Paris. Il est également l'initiateur du journal l'Ouvrier vosgien.

Louis Lapicque est à l'origine de la « colonie » scientifique de l'Arcouest, surnommée Sorbonne-Plage, à Ploubazlanec.

Un lycée porte son nom à Épinal.

Écrits[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • L'Excitabilité en fonction du temps. La chronaxie, sa signification et sa mesure, 1926
  • La Machine nerveuse, 1943
  • L'Isochronisme neuromusculaire et l'Excitabilité rythmogène, 1947.
  • Sur le temps de réaction suivant les races ou les conditions sociales, 1901, Comptes Rendus des séances de l'Académie des Sciences, tome 132, fasc.24.
  • Lapicque L. Recherches quantitatives sur l'excitation électrique des nerfs traitée comme une polarisation. J. Physiol. Pathol. Gen. 9: 620-635 (1907)
  • Brunel N & Van Rossum MC. Lapicque's 1907 paper: from frogs to integrate-and-fire. Biol. Cybern. 97:337-339 (2007)

Préfaces[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Piéron, « L'œuvre de Louis Lapicque », Cahiers rationalistes, no 131, avril 1953, p. 3-16.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Lapicque L, « Recherches quantitatives sur l'excitation électrique des nerfs traitée comme une polarisation », J. Physiol. Pathol. Gen., vol. 9,‎ 1907, p. 620-635
  2. (en) Brunel N, Van Rossum MC, « Lapicque's 1907 paper: from frogs to integrate-and-fire », Biol. Cybern., vol. 97,‎ 2007, p. 337-339 (PMID 17968583)