Charles-Édouard Brown-Séquard
Charles-Édouard Brown-Séquard, né le 8 avril 1817 à Port-Louis (île Maurice) et mort le 2 avril 1894 à Sceaux (France), est un physiologiste et neurologue français de nationalité britannique.
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[modifier] Patronyme et Nationalité
De père américain (Brown) et de mère française (Séquard), Brown-Séquard est né à l'île Maurice pendant l'administration anglaise. Il a donc la nationalité britannique, et pour nom Brown. Son père est disparu en mer avant sa naissance, il a donc été élevé par sa mère et fut de culture française (il a appris l'anglais tard et le parlait avec un fort accent), et aimait accoler le nom de jeune fille de sa mère au sien. Mais en raison de sa nationalité, il a toujours eu du mal à trouver un poste correct en France, où il a pourtant obtenu ses résultats qui ont fait sa gloire. Il a finalement été admis au collège de France à la suite de Claude Bernard après avoir obtenu sa naturalisation française et la reconnaissance officielle du nom Brown-Séquard.
Ses multiples voyages (dizaines de traversées pour l'île Maurice, Paris, Londres, Dublin, États-Unis, où il a occupé de multiples postes) reflètent cette nationalité incertaine. Après sa naturalisation, il ne quitta plus la France.
[modifier] Biographie
Charles-Édouard Brown-Séquard fait ses études de médecine à Paris. En 1846, il retourne à l'île Maurice pour y pratiquer. Il se rend ensuite en Amérique du Nord en 1852, puis à Paris, et enfin à Londres en 1859. Il y devient médecin à l'hôpital national pour les paralysés et les épileptiques (National Hospital for the Paralysed and Epileptic), où il se fait connaître pour ses cours sur les pathologies du systèmes nerveux.
En 1864, il retourne aux États-Unis pour y être professeur de physiologie et de neuropathologie à Harvard. Ce poste est abandonné en 1867, et il devient professeur à la faculté de médecine de Paris en 1869. En 1873, il pratique la médecine à New York. De retour en France, il succède à Claude Bernard en 1878 à la chaire de médecine expérimentale au Collège de France. Il est élu membre de l'Académie des sciences en 1886.
[modifier] Travaux
Charles-Édouard Brown-Séquard fut surtout un expérimentateur. Il participa notamment à l'étude du sang et de la chaleur animale.
Il travailla aussi sur le système nerveux, notamment la moelle épinière, montrant qu'elle est composée d'un faisceau de nerfs. On nomma suite à ses travaux le syndrome de Brown-Séquard, qui correspond à une hémisection de la moelle épinière.
Il étudia aussi les sécrétions internes des organes, ce qui permit de développer des traitements contre le myxœdème.
En 1889 à la fin de sa carrière, constatant une baisse de sa vigeur sexuelle et sa force musculaire, il réalise une injection hypodermique d'extraits de testicule de chien et de cochon d'Inde et décrit lors d'une réunion scientifique la variété d'effets bénéfiques qu'il en a tirée. Il commercialise alors ces extraits testiculaires sous forme d'une solution, la « séquardine », grâce à laquelle il prétend pouvoir prolonger la vie humaine. Son remède est tourné en dérision par les scientifiques qui le baptisent « élixir de Brown-Séquard », d'autant plus que des recherches ultérieures montrèrent que ces extraits contenaient des Stéroïdes anabolisants mais n'avaient aucune activité hormonale, son escroquerie ne marchant que par l'effet placebo[1].
Il publia principalement dans les Archives de physiologie qu'il contribua à fonder en 1868.
[modifier] Documents
- Charles-Édouard Brown-Séquard : Recherches expérimentales sur la transmission croisée des impressions sensitives
- André Role, La vie étrange d'un grand savant, le professeur Brown-Séquard, Plon, 1977, (ISBN 2-259-00240-4) (préface de Robert Debré)
[modifier] Notes et références
- (en) J. Hoberman, C. Yesalis, « The history of synthetic testosterone », dans Scientific American, vol. 272, no 2, 1995, p. 76–81 [lien PMID]