Ruth Benedict

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Ruth Benedict
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Ruth Benedict
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Ruth FultonVoir et modifier les données sur Wikidata
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Anne SingletonVoir et modifier les données sur Wikidata
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Ruth Benedict, née Fulton le dans une ferme de la Shenango Valley dans le comté de Chenango County, (en) dans l'état de New York ou à New York, les sources divergent, et morte le dans la même ville, est une anthropologue, biographe et poétesse américaine. Connue pour ses études sur les amérindiens et la culture japonaise et sa contribution à l'école culturaliste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Ruth Benedict[1] est la fille de Beatrice Shattuck Fulton, diplômée du Vassar College, et de Frederick Fulton, un docteur en médecine. Elle a une soeur Margery sa cadette née en janvier 1889, alors que Margery est sociable et bavarde, Ruth est studieuse et timide. En 1895, alors qu'elle commence sa scolarité, on découvre que Ruth est partiellement sourde, handicap expliquant sa timidité[2],[3].

En 1905, elle entre au Vassar College, pour étudier la littérature anglaise[4], elle y obtient son Bachelor of Arts (licence) en 1909[5].

Regard sur son oeuvre[modifier | modifier le code]

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Élève du « père de l'anthropologie américaine », Franz Boas, dont elle partagea les visions égalitaristes sur l'anthropologie, et compagne d'études (puis collègue) de Margaret Mead et Marvin Opler.

Son ouvrage Patterns of Culture (1934)[6] figura pendant plusieurs années au programme d'études d'anthropologie des universités américaines et fut traduit en quatorze langues. Elle y pose les bases d'un relativisme culturel dans la conception notamment de la moralité chez les différentes civilisations.

Son nom se distingue dans un courant créé par Franz Boas qui s'appelle le culturalisme. Il ne fait d'ailleurs aucun doute pour elle que les phénomènes culturels sont collectifs, et que l'usage que des individus peuvent faire des formes pour améliorer leur position dans la hiérarchie sociale, ou encore la manière dont les formes culturelles peuvent servir à identifier et distinguer des groupes, et donc des appartenances des individus à certaines collectivités. Dans ce courant, le problème des fonctions sociales y est relativement indifférent : ce qui intéresse les culturalistes, c'est plutôt la diversité des normes et des valeurs que peuvent choisir les sociétés, et les mécanismes par lesquels ces valeurs deviennent celles des individus eux-mêmes. La science de la culture devient une science de la morale, c'est-à-dire des expériences morales.

La thèse de Ruth Benedict, que l'on peut tenir pour avoir ouvert le champ des recherches du culturalisme, est que la systématisation culturelle est orientée vers la production d'une certaine tendance psychologique fondamentale, qui est le véritable lieu d'unification de cette culture. Une particularité culturelle (tel rite de mariage, telle attitude face à la guerre ou à la mort, etc.) est donc à la fois un produit et un facteur de consolidation de ce que Ruth Benedict proposait d'appeler un Pattern of Culture :

« Une civilisation comme un individu représente un modèle plus ou moins net de pensées et d'actions. Dans chaque culture, on trouve des buts d'action caractéristiques qui ne sont forcément pas les mêmes dans d'autres types de société. En accord avec ces buts, chaque peuple ne cesse de consolider son expérience, et selon que cette manière de voir exerce une pression plus ou moins forte, les détails hétérogènes de la manière de vivre revêtent une forme plus ou moins adaptées à celle-ci. Adoptés par une culture bien établie, les actes les plus saugrenus reflètent les caractéristiques de ses buts particuliers, en subissant parfois d'incroyables métamorphoses. La forme que prennent ces actes, nous ne pouvons la comprendre qu'en comprenant d'abord les mobiles sentimentaux et intellectuels de cette société. »

— Échantillons de civilisations, Gallimard, 1950, p. 57-58

Les cultures s'empruntent certes des traits particuliers les unes aux autres, mais l'intégration de ces particularités dans des ensembles les modifient profondément. Il ne faut pas croire que le culturalisme implique forcément de ne considérer les cultures que comme des entités fermées : au contraire, il fut porté par un intérêt croissant au phénomènes inter-culturels, dans lesquels on voit que l'importation d'un trait culturel ne se fait pas dans n'importe quelle condition, que les cultures « receveuses » ne reçoivent pas n'importe quoi, et qu'elles l'adaptent souvent en modifiant l'usage qu'elles importent — bref qu'il y a des règles formelles permettant de décrire la constitution et la déconstruction des cultures. Ainsi, comprendre une culture pour Ruth Benedict, et cela à la fois dans son état présent et dans ses relations dynamiques avec les autres cultures, c'est comprendre son caractère moral singulier, la direction psychologique propre du système de valeurs qu'elle incarne.

Les problèmes posés par Ruth Benedict ouvrirent un champ de recherches et de discussion très fertile. Ces discussions portèrent essentiellement sur trois points : premièrement, ne méconnaît-on pas les fonctions proprement sociales des faits culturels, lorsque l'on se contente de les caractériser par une tendance psychologique fondamentale, et n'est-on pas dupe des mécanismes par lesquels les cultures elles-mêmes masquent les stratégies de domination d'un individu ou d'un groupe sur un autre, l'importance de la stratégie et de la diversité des statuts ? Deuxièmement, n'insiste-t-on pas trop sur la cohérence et l'unité des cultures, alors que les cas les plus fréquents sont en réalité ceux de la rencontre interculturelle, ou, bien souvent, de la juxtaposition, chez un même individu, de plusieurs cultures, en particulier dans des sociétés comme les nôtres ? De même, n'obscurcit-on pas les mécanismes internes qui font qu'une culture ne cesse de se transformer c'est-à-dire d'avoir une histoire ? Mais une troisième question est plus embarrassante : n'accorde-t-on pas finalement beaucoup trop à la psychologie, en définissant un fait collectif finalement par une tendance psychologique érigée en norme de comportement et de sensibilité ?

Car, en fin de compte, Ruth Benedict explique l'expérience de l'obligation par le fait qu'une culture ne consiste en rien d'autre qu'en une sélection d'une tendance psychologique qui devient organisatrice de l'ensemble de la vie collective : aussi ne peut-on en effet s'étonner que les individus se sentent fortement attachés à leur propre culture, qu'ils la vivent dans leur cœur, puisqu'une culture n'est rien d'autre qu'une forme typique de vie psychique, qu'un modèle de subjectivation… Mais cela ne signifie-t-il pas que les contraintes propres aux phénomènes culturels, l'idée même qu'il puisse y avoir au niveau d'explication et de causalité qui soit proprement culturel (ainsi que tel rite ou tel mythe ou telle coutume vestimentaire ne puisse être adoptée par un groupe sans être transformée ou sans être fonctionnel à certains égards) doit se dissoudre dans un appel à une psychologie de la culture ?

De fait, le culturalisme américain a débouché sur une collaboration entre psychanalyse, la psychologie humaniste (Abraham Maslow) et anthropologie.

Le Chrysanthème et le sabre[modifier | modifier le code]

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Benedict est connue non seulement pour Patterns of Culture mais aussi pour Le Chrysanthème et le sabre, son étude de la société et de la culture japonaise qu'elle publia en 1946, à la suite de ses recherches lors de la guerre américano-japonaise.

Ce livre est une œuvre d'anthropologie à distance. Benedict, dans l'incapacité de se rendre sur place, a étudié la culture japonaise à travers sa littérature, des articles de presse, films, reportages, etc. L'étude avait pour objectif de déterminer quels éléments culturels pouvaient contribuer à l'agressivité supposée des Japonais et de détecter les éventuelles faiblesses de la société japonaise.

Benedict joua un rôle majeur dans la remise en valeur de l'Empereur du Japon dans la culture populaire japonaise, et elle recommanda au Président Franklin D. Roosevelt qu'il autorise la continuation du règne de l'empereur si celle-ci était demandée lors d'une offre de reddition des Japonais.

Le livre est toujours considéré comme un classique aujourd'hui malgré les changements importants survenus dans la culture japonaise depuis l'après-guerre.

Hommage[modifier | modifier le code]

Pseudonyme[modifier | modifier le code]

Œuvres (sélection)[modifier | modifier le code]

  • (en-US) Concept of the Guardian Spirit in North America, Periodicals Service Co, (ISBN 0527005282),
  • (en-US) Tales of the Cochiti Indians, Forgotten Books, 1931, rééd 16 février 2008, 374 p. (ISBN 1605068918),
  • (en-US) Patterns of Culture, Mariner Books, 1934, rééd. 2006 (ISBN 0618619550, 320),
  • (en-US) Zuni Mythology, Ams Press Inc., 1935, rééd. 1969 (ISBN 0404505716),
  • (en-US) Race: Science and Politics, Penguin Books, 1945, rééd. 1959 (ISBN 0670000426),
  • (en-US) The Chrysanthemum and the Sword: Patterns of Japanese Culture, Mariner Books, 1946, rééd. 1989, 324 p. (ISBN 0395500753),
  • (en-US) In Henry's Backyard: The Races of Mankind, Henry Schuman, Inc., ,
  • (en-US) co-écrit avec Margaret Mead, An Anthropologist at Work: Writings of Ruth Benedict, Greenwood Press, , 583 p. (ISBN 0837195764).

Bibliographie (sélection)[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

  • (en-US) Margaret Mead, Ruth Benedict, Columbia University Press, , 192 p. (ISBN 0231035195),
  • (en-US) Judith Schachter Modell, Patterns of the Life, University of Pennsylvania Press, , 355 p.[8],[9],
  • (en-US) Margaret Mary Caffrey, Ruth Benedict : stranger in this land, University of Texas Press, , 456 p. (ISBN 0-292-74655-5, lire en ligne),
  • (en-US) Hilary Lapsley, Margaret Mead & Ruth Benedict., University of Massachusetts Press, , 382 p. (ISBN 1-55849-181-3, lire en ligne)[10],
  • (en-US) Lois W. Banner, Intertwined Lives: Margaret Mead, Ruth Benedict, and Their Circle, Vintage, , 576 p. (ISBN 0679776125),
  • (en-US) Charles Lindholm, Culture and Identity: The History, Theory and Practice of Psychological Anthropology, Oneworld Publications, , 480 p. (ISBN 1851685286).

Articles de revues[modifier | modifier le code]

  • (en-US) Li An che, « Zuni, some observations and queries », American anthropologist, Volume39,1,‎ , p. 62-76 (lire en ligne),
  • (en-US) Dorothy Lee, « Ruth Fulton Benedict (1887-1948) », The Journal of American Folklore, Vol. 62, No. 246,‎ , p. 345-347 (lire en ligne),
  • (en-US) Margaret Mead, « Ruth Benedict », Science, New Series, Vol. 129, No. 3362,‎ ,
  • (en-US) Abraham H. Maslow & John J. Honigmann, « Synergy: Some Notes of Ruth Benedict », American Anthropologist, New Series, Vol. 72, No. 2,‎ , p. 320-333 (lire en ligne),
  • (en-US) Virginia Wolf Briscoe, « Ruth Benedict Anthropological Folklorist », The Journal of American Folklore, Vol. 92, No. 366,‎ , p. 445-476 (lire en ligne),
  • (en-US) Victor Barnouw, « Teaching II: Ruth Benedict », The American Scholar, Vol. 49, No. 4,‎ , p. 504-509 (lire en ligne),
  • Augustin Berque, « Ruth Benedict, Le Chrysanthème et le sabre », Le Débat n° 23,‎ , p. 99-108. (lire en ligne),
  • (en-US) Judith Modell, « 'It Is besides a Pleasant English Word': Ruth Benedict's Concept of Patterns », Anthropological Quarterly, Vol. 62, No. 1,‎ , p. 27-40 (lire en ligne),
  • (en-US) Barbara A. Babcock, « "Not in the Absolute Singular": Re-Reading Ruth Benedict », Frontiers: A Journal of Women Studies, Vol. 12, No. 3,‎ , p. 39-77 (lire en ligne),
  • (en-US) Pauline Kent, « Misconceived Configurations of Ruth Benedict », Japan Review, No. 7,‎ , p. 33-60 (lire en ligne),
  • (en-US) John Lie, « Ruth Benedict's Legacy of Shame: Orientalism and Occidentalism in the Study of Japan », Asian Journal of Social Science, Vol. 29, No. 2,‎ , p. 249-261 (lire en ligne),
  • (en-US) Elson Boles, « Ruth Benedict's Japan: the Benedictions of Imperialism », Dialectical Anthropology, Vol. 30, No. 1/2,‎ , p. 27-70 (lire en ligne),
  • Pierre-François Souyri, « « Le Chrysanthème et le Sabre » de Ruth Benedict », L'Histoire, N° 442,‎ , p. 94 à 95 (lire en ligne),

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Ruth Benedict | American anthropologist and author », Encyclopedia Britannica,‎ (lire en ligne, consulté le 21 novembre 2017)
  2. (en-US) « Benedict, Ruth (1887–1948) | Encyclopedia.com », sur www.encyclopedia.com (consulté le 9 novembre 2019)
  3. (en-US) « Ruth Benedict », sur www.nndb.com (consulté le 9 novembre 2019)
  4. (en-US) « Ruth Fulton Benedict Facts », sur biography.yourdictionary.com (consulté le 9 novembre 2019)
  5. (en-US) Louis Menand, « How Cultural Anthropologists Redefined Humanity », The New Yorker,‎ (ISSN 0028-792X, lire en ligne, consulté le 9 novembre 2019)
  6. (en) « Ruth Benedict - Anthropology - Oxford Bibliographies - obo », sur www.oxfordbibliographies.com (consulté le 9 novembre 2019)
  7. (en-US) Pauline Kent, « Misconceived Configuratiions of Ruth Benedict », Japan Review, No. 7,‎ , p. 33-60 (lire en ligne)
  8. (en-US) George W. Stocking Jr, « Character as Culture », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 9 novembre 2019)
  9. (en-US) Richard Handler, « Review: Ruth Benedict, Margaret Mead, and the Growth of American Anthropology », The Journal of American History, Vol. 71, No. 2,‎ , p. 364-368 (lire en ligne)
  10. (en-US) « Margaret Mead and Ruth Benedict | University of Massachusetts Press », sur www.umass.edu, (consulté le 9 novembre 2019)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]