Angelina Weld Grimké

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Angelina Weld Grimké
Description de l'image Angelina Weld Grimké.jpg.
Naissance
Boston, Massachusetts, États-Unis
Décès (59 ans)
New York, État de New York, États-Unis
Nationalité Américaine
Profession
écrivain, journaliste
Autres activités
dramaturge, poétesse
Formation
Ascendants
Archibald Grimké (en), Sarah Stanley Grimké
Famille

Angelina Weld Grimké (27 février 188010 juin 1958) était une journaliste et poétesse afro-américaine, née à Boston (États-Unis). Elle fut l'une des figure de la Renaissance de Harlem et l'une des premières femmes afro-américaine dont une pièce de théatre fut jouée publiquement[1].

Famille[modifier | modifier le code]

Angelina est née à Boston, Massachusetts, en 1880 dans une famille métisse[2]. Son père, Archibald Grimké (en), était un avocat noir diplômé de Harvard. Il était le second afro-américain à avoir obtenu un diplôme de cette université et deviendra plus tard vice-président de la NAACP[2]. La mère d'Angelina, Sarah Stanley Grimké, était issue d'une famille abolitionniste de la classe moyenne blanche du Midwest. Elle était écrivain[2]. Les parents d'Angelina vivaient à Boston où son père avait ouvert un cabinet d'avocat.

Le grand-père paternel d'Angelina était Henry Grimké. Il était issue d'une grande et riche famille de planteurs basée à Charleston en Caroline du Sud qui possédait des esclaves. Sa grand-mère paternelle était Nancy Weston, une esclave métisse avec laquelle Henry entretiendra une relation après la mort de sa femme. Ils vivront ensemble et auront trois fils: Archibald, Francis et John (né après la mort de son père en 1852). Henry enseignera à Nancy et à ses fils à lire et à écrire. Ses deux sœurs, opposées à l'esclavage, avaient quitté le Sud avant qu'il n'entretienne une relation avec Nancy Weston.

Ces dernières, Sarah Moore Grimké et Angelina Emily Grimké, sont devenus des militantes abolitionnistes notables au Nord. Après le décès de Henry et Nancy, c'est elles qui élèveront Archibald et ses frères. Ce dernier nommera sa fille Angelina en référence à la tante qui l'avait élevé.

L'oncle d'Angelina, Francis James Grimké (en), sera diplômé de l'Université Lincoln et deviendra un ministre presbytérien à Washington. Il épousera Charlotte Forten (en), afro-américaine issue d'une grande famille abolitionniste de Philadelphie et personnalité importante de ce mouvement.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le Mariage d'Archibald Grimké et Sarah Stanley fut l'objet d'une forte opposition de la part de la famille de Sarah. Ils se sépareront en 1883, peu de temps après la naissance d'Angelina. Sarah retournera s'installer dans le Midwest avec sa fille âgée de 3 ans[2]. Quelques années plus tard, son activité d'écrivain étant devenue plus consistante, Sarah confiera Angelina (alors âgée de 7 ans) à Archibald avant de partir s'installer en Californie. Elle s'impliquera là-bas dans des mouvements spirituels non chrétiens avant de se suicider en 1898[3]. Angelina et sa mère ne se reverront jamais et n'entretiendront pas ou peu de contact[2].

De l'âge de 14 à 18 ans, son père occupera le poste de consul en République Dominicaine (1894 et 1898). Archibald jugera préférable que sa fille ne l'accompagne pas à Saint-Domingue et la confiera à Francis et Charlotte. Les nombreux récits qu'Archibald fera à sa fille de la vie là-bas feront de son consulat un événement marquant de la vie d'Angelina[4],[N 1].

Angelina étudiera à la Boston Normal School of Gymnastics, établissement qui deviendra par la suite le Wellesley College. Ses études terminées, Angelina et son père déménageront à Washington pour se rapprocher de leur famille.

Elle commence à enseigner l'anglais en 1902 à la Armstrong Manual Training School (en) puis obtient un poste en 1916 à la Dunbar High School (en), établissement renommé où elle comptera parmi ses élèves le futur poète et dramaturge afro-américain May Miller (en). Pendant l'été elle prend des cours à l'Université de Harvard.

Angelina fut impliquée en 1913 dans un accident de train qui laissera sa santé précaire. Elle s'occupera néanmoins de son père, tombé malade en 1928, jusqu'à sa mort en 1930. À la suite de cet événement elle quittera Washington pour New York et vivra paisiblement à Brooklyn avec sa famille, menant une vie semi-recluse[5]. Elle mourra en 1958.

Carrière littéraire[modifier | modifier le code]

Angelina est décrite par certains comme appartenant à une époque qui précéda la Renaissance de Harlem[6] et par d'autres comme une figure de transition entre des écrivains de tradition plus ancienne et ceux de ce mouvement[7]. Elle sera néanmoins considérée comme l'une des figures du mouvement, et ce bien qu'elle ait vécu à Washington pendant cette période.

Angelina écrit depuis sa plus tendre enfance mais seulement une petite portion de ses écrits sera publiée. Ses premières publications seront des essais, nouvelles et poèmes dans plusieurs magazines ou journaux noir-américains comme The Crisis, le journal de la NAACP, et les journaux de la Renaissance de Harlem. Ses poèmes les plus connus sont The Eyes of My Regret, At April, Trees et The Closing Door. Ses textes seront par la suite réunis dans les anthologies de la Renaissance de Harlem[N 2]. C'est à cette époque, en fréquentant les personnalités de ce mouvement, qu'elle se lie d'amitié avec la poétesse Georgia Douglas Johnson (en).

Angelina écrira ensuite Rachel (en)[N 3], l'une des toutes premières pièces de théâtre à protester contre le lynchage et les violences raciales[9],[N 4]. Ce drame en 3 actes fut écrit à la suite d'un appel de la NAACP à rédiger des œuvres qui permettraient de rallier l'opinion publique contre le film Naissance d'une nation. Sorti en 1915, ce film fut accusé de glorifier le Ku Klux Klan et de présenter une vision raciste des noirs et de leur rôle durant la guerre de sécession et la reconstruction du Sud. Rachel sera produite en 1916 à Washington et New-York, avec un casting exclusivement afro-américain. L'accueil fait à la pièce est bon[8].

Rachel dépeint la vie d'une famille afro-américaine dans le Nord au début du XXe siècle. Le personnage-titre, Rachel, est une jeune mère afro-américaine dont on suit l'évolution et les questionnements alors que, victime de la ségrégation, elle élève son enfant dans la peur du lynchage. Chaque rôle de la pièce exprime une réponse différente à la discrimination raciale[10]. Les thèmes de la maternité et de l'innocence des enfants, présents dans la pièce, sont des thèmes importants de l'œuvre d'Angelina. Rachel sera par la suite éditée en 1920.

Angelina écrit ensuite une seconde pièce dénonçant le lynchage, Mara, dont certaines parties ne seront jamais publiées, et une nouvelle intitulée Goldie dont l'histoire est basée sur un lynchage réel qui se déroula en Géorgie en 1918. L'essentiel des écrits de fiction d'Angelina traiteront du thème du lynchage[11].

Écrits[modifier | modifier le code]

  • To Theodore Weld on His 90th Birthday (1893),
  • Longing (1901)
  • Beware Lest He Awakes (1902),
  • El Beso (1909),
  • To Keep the Memory of Charlotte Forten Gimké (1915),
  • To the Dunbar High School (1917)
  • The Closing Door (1919),
  • Rachel: A Play in Three Acts (Produite en 1916 puis éditée en 1920),
  • The Black Finger (1923)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Angelina affirmera: « Il a été jugé préférable de ne pas m'y emmener (à Saint-Domingue), mais les récits qu'on me faisaient si souvent de la vie là-bas étaient tellement vivants et précis que j'ai l'impression d'y avoir été »
  2. Dans l'anthologie The New Negro, Caroling Dusk, and Negro Poets and Their Poems, Albert and Charles Boni, New York, 1925
  3. Initialement nommée « Blessed Are the Barren », Béni sont les stériles[8]
  4. La NAACP déclarera au sujet de la pièce: « This is the first attempt to use the stage for race propaganda in order to enlighten the American people relating to the lamentable condition of ten millions of Colored citizens in this free republic », Ceci est la première tentative d'utiliser la scène afin d'éclairer le peuple américain sur l'état lamentable dans lequel se trouvent dix millions de citoyens de couleur dans cette république libre

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • (en) Ann Allen Shockley, Afro-American Women Writers 1746-1933 : An Anthology and Critical Guide, New Haven, Connecticut, Meridian Books, (ISBN 0-452-00981-2)
  • (en) Audrey Lorde, A burst of light : Living with cancer, Ithaca, état de New-York, Firebrand Books, Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Patrick Bowen, A History of Conversion to Islam in the United States, Volume 1 : White American Muslims before 1975 (Muslim Minorities), Brill, , 404 p. (ISBN 978-9004299948, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Brian Roberts, Artistic Ambassadors : Literary and International Representation of the New Negro Era, Charlottesville, University of Virginia Press, (ISBN 978-0813933689) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Mark Perry, Lift Up Thy Voice : The Grimke Family's Journey from Slaveholders to Civil Rights Leaders, New-York, Viking Penguin, (ISBN 978-0-14-200103-5) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Paul Reuben, Perspectives in American Literature : A Research and Reference Guide, California State University, (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Trudier Harris, Dictionary of Literary Biography : African-American Writers Before the Harlem Renaissance. Vol. 50., Détroit, Gale Research Company, Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Bernard L. Jr. Peterson, Early Black American Playwrights & Dramatic Writers, New York, Greenwood Press, Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Carolivia Herron, The Selected Works of Angelina Weld Grimké, New York, Oxford University Press, (ISBN 0195061993, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]