Eduard Fuchs

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Eduard Fuchs
Naissance
Göppingen
Décès
Paris
Nationalité Allemande
Pays de résidence Allemagne, France
Profession
Écrivain, journaliste
Autres activités
Historien de l'art

Eduard Fuchs (1870-1940) est un écrivain, un militant politique et un critique d'art allemand, spécialiste d'Honoré Daumier et inspirateur de Walter Benjamin. Son travail qui consistait entre autres à valoriser l'image (ou l'objet de masse) dans l'approche historique, est aujourd'hui réévalué au sein des Cultural Studies.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans la région de Stuttgart, Eduard Fuchs s'engage dès 1892 dans le mouvement ouvrier des démocrates sociaux allemands. Ses pamphlets et surtout ses articles pour le journal satirique antimonarchiste et gauchiste Süddeutsche Postillon lui valent plusieurs séjours en prison.

Il part à Berlin en 1901 pour tenter de vivre de sa plume en tant qu'essayiste. Il publie son premier ouvrage important, Die Karikatur der europaïschen Völker (La Caricature des peuples européens) qui se veut la synthèse de plus de 68 000 caricatures. En 1904, il publie Das erötische Element in der Karikatur, qui, défendu par le critique Berthold Riehl, échappe à la censure. La plupart de ses ouvrages seront publiés d'abord par A. Hofmann puis par l'éditeur munichois Albert Langen.

L'une de ses études les plus intéressantes reste son catalogue raisonné de l’œuvre gravé d'Honoré Daumier. Grand collectionneur, Fuchs possédait 3 800 gravures et quelques 26 peintures de l'artiste français[1].

La Première Guerre mondiale remet Fuchs sur le chemin du militantisme politique. Il noue des contacts avec Rosa Luxembourg. Un mémorial de la révolution spartakiste fut érigé au cimetière central de Friedrichsfelde en 1926 par Ludwig Mies van der Rohe sur commande d'Eduard Fuchs et qui fut détruit par les nazis en 1935[2]. Par ailleurs, Fuchs commanda une maison à Mies van der Rohe dans laquelle il put ranger toutes ses collections.

En 1933, il quitte l'Allemagne pour venir vivre à Paris et s'installe rue d'Auteuil après avoir vendu ses toiles de Daumier.

Il meurt en 1940 âgé de 69 ans, et est enterré au cimetière du Père-Lachaise.

Publications sélectives[modifier | modifier le code]

  • Illustrierte Sittengeschichte vom Mittelalter bis zur Gegenwart, vol. 1 : Renaissance, Munich, Albert Langen, 1909.
  • Illustrierte Sittengeschichte vom Mittelalter bis zur Gegenwart, vol. 2 : Die galante Zeit, Munich, Albert Langen, 1911.
  • Illustrierte Sittengeschichte vom Mittelalter bis zur Gegenwart, vol. 3 : Das bürgerliche Zeitalter, Munich, Albert Langen, 1912.
  • Der Maler Daumier, Munich, A. Langen, 1927.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Walter Benjamin, « Eduard Fuchs, der Sammler und der Historiker » in Zeitschrift für Sozialforschung, n° 6, 1937, p.  346-381 - trad. en français par Philippe Ivernel (1978).
  • (de) Thomas Huonker, Revolution, Moral & Kunst. Eduard Fuchs: Leben und Werk, Zürich, Limmat-Verlag 1985.
  • (de) Ulrich Weitz, Salonkultur und Proletariat: Eduard Fuchs, Sammler, Sittengeschichtler, Sozialist, Stuttgart, Stöffler & Schütz, 1991.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Philippe Kaenel, « Faire revivre l'histoire dans l'imagerie vivante... » in C. Delporte, L. Gervereau, D. Maréchal (dir.), Quelle est la place des images en histoire ?, Paris, Nouveau-monde éditions, 2008, p. 314-324.
  2. Un nouveau mémorial fut construit en 1951.

Liens externes[modifier | modifier le code]