Germaine Krull

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Germaine Krull
Naissance
Décès
Nationalité
Allemande
Activités
photographe, photographe de guerre, photojournaliste +
Formation
Lehr-und Versuchsanstalt für Photographie

Germaine Krull est une photographe allemande, née le à Wilda, un quartier de Poznań (alors dans l'Empire allemand, aujourd'hui en Pologne) et morte le à Wetzlar (Hesse).

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille de parents allemands, Germaine Krull est éduquée par des précepteurs.

En 1916, elle étudie la photographie à la Lehr-und Versuchsanstalt für Photographie (« Institut d'enseignement et de recherche sur la photographie ») à Munich. Elle fréquente la bohème munichoise et rencontre un anarchiste russe, Towia Axelrod (de), qu'elle épouse en 1919. Elle s'implique dans les luttes révolutionnaires de cette époque[1]. L'assassinat le 21 février 1919 de Kurt Eisner, secrétaire du Parti social-démocrate indépendant d'Allemagne (USPD) et premier ministre de Bavière par un étudiant nationaliste, intensifie les troubles et violences politiques. Un éphémère gouvernement insurrectionnel d'inspiration communiste, la République des conseils de Bavière parvient au pouvoir, puis son écrasement s'accompagne d'une féroce répression des militants d'extrême-gauche par les contre-révolutionnaires. Arrêtée et condamnée à mort, Germaine Krull échappe in extremis à son exécution. Elle s'enfuit à Berlin.

Germaine Krull ouvre un atelier de portrait près du Kurfürstendamm. Elle poursuit ses activités politiques, vend sous le manteau des portraits de Lénine et fréquente les dadaïstes berlinois et les expressionnistes. Elle rencontre le cinéaste Joris Ivens avec qui elle s'installe aux Pays-Bas. Elle expérimente la photographie d'architecture et collabore aux revues i-10 et De Filmliga (nl) (créée en 1927).

En 1925 ou 1926, Germaine Krull s'installe à Paris. Son approche « objective » de la photographie, sa fascination pour la machine et son « détournement poétique et graphique », l'architecture métallique et le monde industriel, et la modernité de ses sujets lui valent le surnom de « Walkyrie de fer » ou « Walkyrie de la pellicule »[2]. La Nouvelle Revue française publie alors une petite monographie dans une collection intitulée Photographes nouveaux. Influencée par le photographe László Moholy-Nagy, elle fréquente les surréalistes et rencontre Éli Lotar et Florence Henri. Elle collabore ensuite au nouveau magazine français VU.

Elle collabore par des photographies, tandis que les textes en sont rédigés par Georges Simenon, aux deux premiers ouvrages de la collection à fort tirage « Phototexte », éditée par Jacques Haumont, des livres policiers populaires dont le concept novateur, qui peut être considéré comme précurseur du roman-photo, consiste en la combinaison de textes et d'images. Mais seul le titre La Folle d'Itteville est édité en août 1931. L'ouvrage suivant, L'Affaire des 7 également cosigné par Georges Simenon et Germaine Krull, dont la publication prochaine est annoncée sur le dernier plat de la couverture de La Folle d'Itteville, ne paraît pas comme prévu, faute de succès commercial du premier ouvrage de la collection.

Elle s'installe en 1935 à Monaco, où elle travaille jusqu'en 1940 pour le casino, photographiant les célébrités[3].

En 1940, Germaine Krull quitte la France pour les États-Unis. Elle est à Rio de Janeiro en 1941, puis elle rejoint Brazzaville, le chef-lieu de l'Afrique-Équatoriale française ralliée dès août 1940 à la France libre, où elle dirige le service de propagande local de celle-ci. Après un passage à Alger, elle accompagne le 6e Groupe d'armées des États-Unis lors du débarquement des Alliés en Provence en août 1944, puis la 1re armée française jusqu'à la fin de la guerre. Lors de la campagne d'Alsace, elle participe à la libération du camp de concentration du Struthof, puis de Vaihingen (une annexe du Struthof située près de Stuttgart). Ses photographies paraissent dans l'ouvrage La Bataille d'Alsace, accompagnées d'un texte de Roger Vailland.

En 1946, elle part en Indochine comme correspondante de guerre. Parcourant l'Asie du Sud-Est, elle en rapporte plus de deux mille photographies sur l'art bouddhique. Germaine Krull entreprend également des recherches sur la photographie en couleurs. Elle appelle ses réalisations des « silpa-grammes[2] ».

Après avoir vécu en Inde dans un âshram, elle rentre en Allemagne en 1955.

En 1967, André Malraux, alors ministre de la Culture et son ami de longue date, lui consacre une exposition au Palais de Chaillot, à Paris.

Se confiant rarement, Germaine Krull n'a laissé aucun recueil d'entretien ni de souvenirs. Quand on lui a demandé pourquoi elle faisait des nus : « parce que c'est beau depuis toujours et qu'un matin d'été ça m'a plu. »[2]

Durant son existence, ses engagements sont aussi anti-colonialistes et féministes.

Publications[modifier | modifier le code]

. Recueil de photographies avec des textes de Jean Cocteau, Paul Morand, Georges Simenon et André Suarès :

  • Métal, 1927
  • 100 x Paris, 1929
  • Le Valois, 1930
  • Études de nus, 1930
  • La Route-Paris-Biarritz, 1930
  • La Folle d'Itteville, texte de Georges Simenon, août 1931
  • Marseille, 1935
  • La Route-Paris-Méditerranée
  • La Bataille d'Alsace, texte de Roger Vailland
  • Bangkok. Siam City of Angels, texte de Dorothea Melchers, Londres, 1964
  • Tales from Siam, texte de Dorothea Melchers, Londres, 1966

Expositions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alessandro Bertolotti, Livres de nus, Éditions de la Martinière, Paris, 2007 (ISBN 978-2732435886)
  • Christian Bouqueret, Germaine Krull. Photographies 1924-1936, 1988, catalogue d'exposition, Musée Réattu, Arles
  • Pierre Mac Orlan, Germaine Krull, Gallimard, Paris, 1931
  • Elvire Perego, « Germaine Krull », in Beaux Arts magazine, no 68, mai 1989, p. 108
  • Germaine Krull, 1967, publication de la Cinémathèque française

Liens externes[modifier | modifier le code]