Volaille de Bresse
Volaille de Bresse, variété Blanche. | |
| Région d’origine | |
|---|---|
| Région | |
| Région d'élevage | Ain, Saône-et-Loire, Jura |
| Caractéristiques | |
| Plumage | Blanc |
| Statut FAO (conservation) | Non menacé |
| Autre | |
| Utilisation | chair |
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La volaille de Bresse, incluant le poulet de Bresse, le chapon de Bresse et la poularde de Bresse, est un ensemble de productions avicoles défini par une appellation d'origine contrôlée (AOC) française précisant une zone, des pratiques d'élevage et une origine[1]. Cette loi confirme l'aire de production déterminée par un jugement du tribunal civil de Bourg-en-Bresse de 1936 : la volaille de Bresse est produite dans un terroir assez limité (100 km sur 40 km) à cheval sur les départements de l'Ain, de la Saône-et-Loire et du Jura. Elle est la seule volaille française bénéficiant d'une appellation d'origine contrôlée (AOC), depuis 1957 ; elle bénéficie également d'une appellation d'origine protégée (AOP) depuis 1996. Le poulet de Bresse, la poularde et le chapon de Bresse sont des produits agricoles destinés à l'alimentation humaine. Cette appellation agroalimentaire concernant la viande de volaille de Bresse utilise une race ancienne dite « gauloise blanche », élevée selon un cahier des charges élaboré et régulé par le Comité Interprofessionnel de la volaille de Bresse.
Description
[modifier | modifier le code]L'appellation « volaille de Bresse » a une aire de répartition géographique bien définie. Elle s'applique à des animaux de race gauloise blanche, laquelle se distingue de la race gauloise dorée par une crête tombante chez le poulet. Ce sont des gallinacés de type méditerranéen, caractérisés par des oreillons blancs, une ossature fine et une crête simple et régulière.
Les animaux sont élevés en lignée pure par un centre de sélection et d'accouvoir, afin de préserver leur patrimoine génétique et d'améliorer leurs qualités tout en sélectionnant les sujets conformes au standard.
Origine
[modifier | modifier le code]Quatre variétés de l'espèce Gallus gallus ont peuplé les basses-cours de Bresse :
- la race blanche, dite de Bény, seule à être exploitée commercialement et reconnue comme AOC par la loi de 1957 ;

Standard
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- crête simple, rouge et bien formée
- oreillons blancs
- yeux noirs
- pattes bleues
- tarses gris ardoise
- variétés de plumage (de la plus ancienne à la plus récente) : la grise, la noire, la blanche et la bleue.
- œufs à couver : min. 60 g, coquille blanche.
- diamètre des bagues : coq : 18 mm ; poule 16 mm.
Le caractère pattes bleues est essentiel, le décret de 1995 fixant les paramètres de couleur permettant d'obtenir le label AOP.

- Communes totalement intégrées.
- Communes partiellement intégrées.
Les dispositions de 1957 concernent des animaux de l'espèce Gallus gallus, mais depuis 1976 existe aussi une AOC pour la dinde de Bresse ; il en existe aussi une AOP depuis 1996. Le même niveau d'appellation existe aussi pour le dindon noir de Bresse, mais pas pour la pintade, qui bénéficie cependant d'une indication géographique protégée et d'un label rouge Pintade de l'Ain.
La loi de 1957 met en place un Comité Interprofessionnel de la volaille de Bresse (CIVB), seul habilité à fabriquer et à répartir les signes d’identification de l’origine et de la qualité[1]. Depuis les années 1990, ce comité est présidé par Georges Blanc, chef étoilé au Guide Michelin.
Généralités
[modifier | modifier le code]L'exploitation avicole dans la Bresse repose indirectement sur la nature argileuse du sol bressan, riche en eau et donc particulièrement adapté à la culture du maïs. La volaille de Bresse gagne sa saveur en vaquant librement dans les cours et les prés à la recherche de sa nourriture. Elle est réputée pour sa qualité.
Caractéristiques
[modifier | modifier le code]- la volaille de Bresse doit vivre en liberté et en plein air les 3/4 de sa vie (minimum 10 m2 de verdure par volatile[2]) ;
- l'abattage répond également à des normes strictes[2] ;
- son alimentation est principalement constituée à base de maïs. À la fin des années 1980, certains membres de la filière, voulant augmenter la productivité, ont voulu introduire du soja pour remplacer le lait, mais le débat avait conduit, en 1991, à l'exclure[2].

Les trois qualités que sont la race, le mode d'élevage et l'alimentation déterminent la qualité de la chair, réputée comme étant de qualité supérieure.
C'est l'une des rares races françaises à figurer parmi les 108 races reconnues du British Poultry Standard.
Sélection et accouvage
[modifier | modifier le code]Le centre de sélection et accouveur est situé à Saint-Étienne-du-Bois (Ain)[3].
La race Gauloise blanche est la seule reconnue comme une volaille de Bresse par l'AOP. Les variétés noire, bleue et grise sont quant à elles représentatives de la Bresse et de son histoire, mais sont plus connues pour la ponte. La blanche représente le meilleur rapport en termes de rapport à la viande et à la facilité d'élevage. Elle a donc eu la préférence des éleveurs. Par ailleurs, la loi de 1957 dispose que :
« Seules ont droit à l'appellation « volaille de Bresse » les volailles de race Bresse blanche, produites sur le territoire délimité de la région bressane et satisfaisant par ailleurs à toutes conditions propres à assurer leurs qualités traditionnelles[1]. »
Toutefois, il s'avère que les meilleures poules pondeuses naturelles sont celles de race noire, d'aspect bien particulier.
Élevage
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On compte environ 100 éleveurs qui assurent la production d'environ 650 000 volailles de Bresse[3].
Aujourd'hui, les poussins sont élevés dans un lieu clos, près d'une couveuse artificielle, pendant une durée maximale de cinq semaines. Ils sont alors nourris avec des aliments composites. Naguère, ils étaient élevés dès leur naissance en plein air, avec un mélange de farine de maïs blanc, de riz cuit et de mie de pain délayée dans du lait écrémé[2]. Après une période en liberté d'au minimum 9 semaines, durant laquelle se forme la chair, la période d'engraissement (de 10 à 15 jours) s'effectue dans une enceinte close en épinette[2]. Chaque poulet est alors bagué.
Chapons et poulardes restent plus longtemps en extérieur [2]. L'alimentation est très surveillée et nécessite un travail de précision[2]. Du maïs blanc est parfois utilisé pour ces volailles fines[2]. L'abattage des chapons et des poulardes tout comme le poulet de Bresse, est réalisé par les abattoirs accrédités ou par les éleveurs abatteurs accrédités par le CIVB. C'est une opération délicate et très soignée[2]. Le « roulage » constitue la dernière opération[2].

Abattage
[modifier | modifier le code]Quatre volaillers assurent l'abattage annuel des volailles de Bresse. Désormais, des éleveurs possèdent également leurs propres structures d'abattage accréditées par le Comité Interprofessionnel de la volaille de Bresse.
Économie
[modifier | modifier le code]La production, s'élevant à environ 840 000 poussins élevés par an en 2024, est assurée par 144 éleveurs[4].
Les volailles ne peuvent être abattues avant une période et un poids minimums :
- poulets (cinq mois et d'un poids minimum de 1,3 kg),
- poulardes (six mois et 1,8 kg),
- chapons (neuf mois et 3 kg).

Critiques
[modifier | modifier le code]Certaines associations de défense du bien-être animal, comme Welfarm ou CIWF France, ne recommandent pas les poulets de Bresse car le cahier des charges impose une période de finition en épinette dans des locaux sombres[6],[7].
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Jean Meunier, « Le poulet de Bresse », Images de Saône-et-Loire, n° 2, , p. 5-7.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- Loi no 57-866 du 1er août 1957 relative à la protection de l'appellation "volaille de Bresse", Légifrance.
- Sandra Frossard-Urbano, « La volaille de Bresse : un « objet parfait » », Terrain, no 16 - Savoir-faire (mars 1991), mis en ligne le 6 juillet 2007.
- Site du Poulet de Bresse.
- ↑ « Plan spécifique « Volaille de Bresse AOP » », sur auvergnerhonealpes.fr, (consulté le ), p. 3.
- ↑ [1] france3.
- ↑ « Les vol'aïe de fêtes », sur Welfarm, (consulté le ).
- ↑ « Les volailles festives : quand la magie des fêtes cache la réalité des élevages », sur ciwf.fr (consulté le ).
